Créé le: 29.04.2026
6 0 1
Tous à bord !

Nature Environnement, Patrimoine, Voyage

a a a

© 2026 a VERO

Daan

10

Jour 9

 

Lundi 7 juillet, en mer

 

Il était 19 h. Le théâtre était plein. Du Pont 3 au Pont 5, presque tous les sièges étaient occupés. Lumières tamisées. Scène baignée par un projecteur rouge, dans lequel il entra aux premiers accords de Fai rumore de Diodato. Il avait discipliné ses cheveux bouclés, enfilé un costume rouge très élégant. Mais sa chemise colorée et ses baskets blanches donnaient à son allure un air jeune et branché. Daan chantait enfin seul sur la grande scène. Son travail et sa détermination avaient payé. Pendant encore six mois, il sillonnerait les mers et vivrait de sa passion.

Chanson après chanson, le public était réceptif, joyeux, tapait dans les mains. Daan dansait, chantait. Il se sentait de mieux en mieux, porté par les applaudissements et les regards de ses collègues danseurs, venus l’encourager depuis la salle, heureux – pour une fois – d’être assis dans le public plutôt que sur scène. Il enchaînait les succès. Pour les Allemands, et tout particulièrement les Autrichiens, Komm mit mir de Hansi Hinterseer. Pour les Italiens, Volare de Domenico Modugno. Et pour les Néerlandais, le titre qui l’avait fait connaître à Amsterdam : Zoutelande, tube du groupe BLØF et de la chanteuse Geike Arnaert.

Sous les applaudissements nourris, Daan descendit les marches éclairées et désigna, au premier rang, un homme d’une soixantaine d’années, élégant dans sa chemise blanche et son jean noir.

― Il me faut maintenant un volontaire ! Venez, cher monsieur !

Il lui prit la main et l’emmena sur scène. Tandis qu’il le confiait à un technicien dans les coulisses, il s’adressa au public.

― Il faut toujours suivre ses rêves. Cet après-midi, je suis arrivé à destination. Et j’ai voulu partager cette joie avec mes parents, qui font partie de cette croisière.

Il désigna à nouveau le premier rang et attendit que les applaudissements s’apaisent avant de poursuivre :

― Je n’ai que 31 ans, mais j’ai traversé beaucoup d’épreuves. Mon père m’a toujours encouragé. Il me répétait : « Il faut suivre ses rêves ! » Je vous présente mon père !

Surpris, le public se leva pour applaudir l’homme qui sortait des coulisses. Il portait un gilet scintillant, des bottes de cow-boy bleues, et, micro en main, entama Blue Suede Shoes d’Elvis Presley. Sa voix caverneuse conquit instantanément la salle. Daan, ému, sourit à sa mère, radieuse, qui filmait la scène, les larmes aux yeux. Père et fils enchaînèrent les plus grands classiques du King. Quand Daan raccompagna son père à son siège, l’assemblée l’acclama à grands cris. Certains durent penser que le père venait de voler la vedette au fils.

Daan, à la demande du public et du directeur de la croisière, lequel lui fit comprendre avec un simple clin d’œil qu’il était ravi du succès, accepta de chanter une dernière chanson. Il choisit un medley en espagnol : un peu de soleil au cœur d’un océan glacé ferait du bien à tout le monde.

Lire le chapitre suivant

Commentaires (0)

Cette histoire ne comporte aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire