Créé le: 25.10.2026
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Résistance poussive – Chroniques de la P-26, 1985-1986
L’Affaire Élisabeth
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Juillet 1986
L’esprit léger et satisfait, Bertrand Gallile descendait l’avenue de Rosemont après avoir quitté les bureaux d’Edipresse situés dans la tour du même nom. En réunion avec le patron du groupe, une représentante du service cantonal de la culture, splendide de mutisme, et le critique de cinéma Freddy Buache, il avait obtenu un crédit substantiel pour la réalisation d’une série de moyens-métrages sur les personnalités marquantes du canton. Dans l’atmosphère chaude et enfumée par les Select Ultra-Light de la fonctionnaire et la pipe de Buache, la décision tomba après une succession d’odes aux beautés du Pays de Vaud, à la sagesse séculaire de ses élites et à la nécessité de transmettre ce patrimoine immatériel aux générations futures. Baptisé Les Vaudois au ralenti, ce projet ambitionnait de donner du temps au temps et de laisser aux heureux élus toute la latitude pour s’exprimer, par des paroles mais également par des silences. Au passage, Gallile avait habilement obtenu un épisode entièrement dédié à sa propre personne.
Laissant l’avenue de Rosemont, il se retrouva sur la portion est de l’avenue de la Rasude, où une antique Lada vert pâle aux plaques genevoises, avec un autocollant antinucléaire à côté du feu arrière gauche cassé, le tira de ses narcissiques anticipations. Amusé, il reconnut immédiatement la caisse de Claude Torracinta, signe extérieur évident et fièrement brandi des convictions prolétariennes de son propriétaire. Dépassant la voiture du peuple soviétique, il remarqua une enveloppe de papier marron coincée sous les essuie-glaces. Il ne s’agissait pas d’une amende d’ordre car, malgré son esprit rebelle, Torracinta avait correctement disposé son disque de stationnement. Bertrand Gallile observa la rue, saharienne à cette heure de l’après-midi. Tiraillé entre sa déontologie et la curiosité propre à tout journaliste, il hésita pendant plusieurs secondes entre poursuivre son chemin et intensifier ses investigations. Le vilain Belzébuth de la convoitise et de l’envie inavouée d’espionner un confrère genevois bien établi à la Télévision Suisse Romande l’emporta. Se tournant à 360 degrés, inspectant les étages du mini building Edipresse afin d’y repérer d’éventuels regards, il s’empara subrepticement de l’enveloppe, puis regagna sa propre voiture garée un peu plus loin.
L’indiscrétion en valait le coup ! Le contenu de l’enveloppe se limitait à un Polaroïd et un mot rédigé en lettres capitales : « SI VOUS EN VOULER D’AUTRE, RDV JEUDI 3 JUILLET A 23 HEURE DEVANT CHEZ GOUTTE SUR L’AVENUE SEVELIN ». Gallile ne s’arrêta pas longtemps sur le message à l’orthographe vacillante, pour se concentrer davantage sur la photo. Malgré la piètre qualité propre au format, on distinguait une joyeuse assemblée vêtue de toges pseudo-gréco-romaines attroupée autour d’un tonneau couché sur le sol. Chevauchant le fût, il reconnut sans peine le conseiller fédéral en charge des affaires militaires, hilare, le torse nu et luisant, le bras fièrement levé brandissant une channe en étain. Le meilleur se trouvait toutefois derrière le ministre, en la personne de sa collègue du Département de justice et police, assise en croupe et tout aussi dépoitraillée.
* * *
Accusant trois bons quarts d’heure de retard sur le rendez-vous fixé, le chef du Département militaire fédéral déboula dans son bureau où l’attendaient sagement trois agents romands de la P-26.
– Salut, Eglou, dit le conseiller fédéral en entrant, confirmant la rumeur selon laquelle il avait le « tu » facile. On doit donc causer de cette histoire de photo. Tu me présentes ces messieurs ?
– Jean-Pierre Eschmann, alias Mecarillo, et Claude-Alain Cuendet, alias Rössli. Des camarades de la P-26.
– Voici donc notre armée secrète qui l’est pour pas grand monde. Vous avez des sacrés sobriquets dans cette équipe. Et toi, tu t’appelles Gauloise Bleue ou bien ?
– Brissago, mon nom de code est Brissago, répondit Eglou, légèrement vexé par l’ironie de son ministre de tutelle à l’égard de leur génial concept de codification des noms d’agents.
– Ravi de vous accueillir à Berne en tout cas ! Vous buvez quoi, lavaux, chablais ou la côte ? Je ne vous propose pas du vully, j’ai beau être un patriote vaudois, faut pas pousser ! Et encore moins du perlan de Genève, hein, Eglou !
– Euh, comme vous, monsieur le conseiller fédéral, bredouilla le respectueux Mecarillo.
– Vreni, vous nous amenez une bouteille de Renard avec quatre verres, siouplait ! hurla le jovial ministre à une secrétaire un peu étroite et très dévouée.
Convoqué d’urgence par Mecarillo le matin même, Rössli avait quitté son bureau de l’Office central fédéral des imprimés et du matériel et rejoint son collègue ainsi que Brissago qui les attendait sur la Place fédérale, après s’être discrètement éclipsé des travaux parlementaires dans lesquels il était impliqué, en qualité de représentant du canton de Genève. Il leur expliqua rapidement qu’un journaliste lausannois de ses connaissances lui avait transmis des documents à caractère compromettant, impliquant les plus hautes sphères de l’État, raison pour laquelle les trois agents se dirigeaient vers le cœur de la Confédération helvétique et plus précisément de la partie en charge de la défense.
– Quel bol on a eu, poursuivit le conseiller fédéral après avoir absorbé une généreuse gorgée de dézaley. Imaginez un peu si ce coco de Torracinta avait eu cette photo comme c’était apparemment prévu. Il est bien, ce Gallile !
– Docile comme un bon Vaudois, répliqua Brissago avec une impertinence toute genevoise.
– Ouais, il faudra lui renvoyer l’ascenseur. Je préfacerai un de ses bouquins. En attendant, je me demande qui a pris cette photo. Parce que je vous l’avoue entre ces quatre murs, c’est pas un trucage ! Et le problème, c’est qu’il y en a vraisemblablement d’autres.
– Le message placé dans l’enveloppe le laisse craindre, confirma Brissago.
– Eh bien, messieurs, vous allez nous prouver que vous êtes des vrais agents secrets en me coinçant cette taupe, ou plutôt ce rat, et en détruisant ces Polas.
Mecarillo, soldat discipliné, fidèle et respectueux des institutions démocratiques et des strates hiérarchiques, semblait contrarié par la tournure des événements. Sifflant son verre de blanc pour se donner du courage, il décida d’intervenir :
– Monsieur le conseiller fédéral, sauf votre respect, il me semble que l’affaire en question concerne davantage le Parti radical que la sécurité de l’État pour laquelle nous sommes habilités à intervenir, j’entends.
– Vous avez raison. La section vaudoise du parti, organisatrice de cette petite sauterie somme toute bien innocente, a merdé et ils vont se prendre une torgnole. En attendant, si l’affaire sort dans la presse, c’est deux conseillers fédéraux qui vont morfler, dont la première femme qui accède à cette fonction et qui bénéficie d’une image de sérieux et de rigueur. Si on gicle, c’est le gouvernement qui tombe avec nous. Vous savez, la Suisse et le Parti radical, c’est un peu la même chose.
D’obédience démocrate-chrétienne, Mecarillo avait un peu de peine à avaler les arguments du bouillant ministre mais il n’osa pas surenchérir.
En quittant le bureau du Palais fédéral, Brissago donna pour mission à ses deux acolytes de se rendre, le 3 juillet, dans le quartier des entrepôts à Lausanne, pour coincer le mystérieux photographe, tout en précisant qu’ils agissaient de manière parfaitement secrète et sans aucun soutien officiel quel qu’il soit.
* * *
Bien qu’essentiellement occupé par des bâtiments industriels et des entrepôts plus ou moins abandonnés, le quartier de Sévelin, proche de l’ancienne gare de Sébeillon, était très vivant, notamment les soirs d’été. Il fait partie du périmètre dans lequel la prostitution est tolérée sur le territoire communal et ces dames et leurs clients turbinaient à plein régime. Mecarillo et Rössli arrivèrent à pied depuis la rue de Genève où ils eurent droit à de nombreuses propositions de prestations, dont certaines assez exotiques. Sourds à ces appels voluptueux, ils se dissimulèrent près de l’entrepôt de l’entreprise Goutte récupération évoquée dans le message, à l’angle de l’avenue Sévelin et de l’avenue… Sévelin, les toponymistes lausannois n’ayant pas fait l’effort de différencier les rues d’un lieu aussi malfamé.
– L’individu pense qu’il va rencontrer Claude Torracinta, chuchota Mecarillo. On va lui dire qu’il ne souhaite pas prendre le risque d’être repéré dans ce quartier et qu’il nous a délégués pour la prise de contact, j’entends.
– Et s’il ne marche pas et ne veut pas nous donner les photos ?
– Nous serons contraints de passer à la manière forte. Nous sommes deux, et souviens-toi des cours de combat rapproché suivis en Angleterre.
Plusieurs minutes s’étaient écoulées depuis vingt-trois heures. Deux ou trois véhicules et un piéton s’attardèrent devant le hangar de Goutte, mais tous avec un but bien précis : une beauté à la peau brune et au fessier généreux stationnée à une dizaine de mètres des deux agents.
– Triste spectacle, commenta le prude Mecarillo.
À vingt-trois heures vingt, alors que le doute s’installait sur la venue du gaillard, un vélomoteur surgissant d’entre les entrepôts s’arrêta en face des deux hommes. Apparemment peu porté sur l’artisanat local, il se tenait éloigné des principaux pôles d’attraction et ne semblait pas leur accorder une attention particulière.
– C’est peut-être notre homme, murmura Rössli.
– Il me paraît bien jeune, mais on va tenter le coup.
Ils s’approchèrent discrètement. Le cyclomotoriste tenait fermement sous son bras une sacoche en toile. Tout juvénile en effet, avec un bonnet Crédit Suisse enfoncé sur la tête, il les repéra.
– On vient de la part de Torracinta, lança Mecarillo.
– Il est où ? demanda le jeunot, méfiant.
– Il n’a pas pu venir, mais on est au courant de l’affaire, ne vous inquiétez pas. Vous avez les photos ?
– Alors, les cougne-pets, on vient se mettre le boutefas au chaud avec de la chair fraîche ? fit une voix tonitruante jaillie de l’autre côté de la rue, de Sévelin évidemment.
– Police judiciaire de Lausanne, ajouta une seconde voix toute proche de la première, on bouge pas et on sort ses papiers.
Deux individus approchèrent au petit trot. L’adolescent au bonnet, resté assis sur la selle de son boguet, démarra comme l’éclair et fonça sur l’avenue Sévelin.
– Cours-lui après, Brechbühl ! Moi je m’occupe de ces deux asticots, ordonna la première voix.
Le nommé Brechbühl se mit à galoper mais, malgré la modeste dotation cubique de la monture du fuyard, ses chances de le rattraper apparurent vite très limitées.
– Vous feriez mieux d’aller à Montriond pour vos bricolages, poursuivit celui qui s’annonça être le caporal Crottaz de la Brigade des mœurs. En attendant, on va aller faire un petit contrôle d’identité à la Cité. Je vais appeler une auto.
Le passage des deux agents dans les locaux de la Police judiciaire fut une épreuve pénible, surtout pour Mecarillo touché dans sa propre estime. Ils étaient tiraillés entre l’envie de justifier des véritables raisons de leur présence aux entrepôts et la nature secrète de la mission. Finalement, aidés par l’esprit imaginatif du caporal Crottaz et soucieux de maintenir intacte leur couverture, ils avouèrent d’obscurs penchants pédérastes qui firent bien marrer Crottaz et peinèrent beaucoup Mecarillo.
* * *
Après avoir fait leur rapport à Brissago, qui le relaya au ministre de la Défense, ils furent à nouveau convoqués mais cette fois sur le bateau de ce dernier, qu’il barrait avec une magnifique prestance sur les eaux calmes et scintillantes de son cher Léman. Cette belle embarcation lui servait de refuge, loin des affaires de l’État. Elle était joliment décorée avec des reproductions de Bocion et des photos de famille et d’amis.
– Brechbühl et Crottaz, les plus grands tâdiés de la police de Lausanne. Et pourtant la concurrence est rude ! J’en sais quelque chose pour avoir été syndic de cette bonne ville, dit le conseiller fédéral présentement capitaine de vaisseau. Ça n’arrange pas tellement nos boilles, cette histoire.
– Effectivement, poursuivit Eglou qui avait aussi embarqué. Notre bonhomme se méfie maintenant et s’il reprend contact, ce sera directement avec Torracinta.
– Aïe, répondit le chef de département. Et après Torracinta va barjaquer avec son copain Jean Ziegler et on est parti pour la révolution.
Tout en écoutant la conversation et dégustant l’aigle bien frais servi par leur hôte, Rössli regardait le lac aussi effervescent que le vin blanc, et s’attardait distraitement sur les photos disposées tout autour de la cabine de pilotage. L’une d’elles attira soudainement son attention.
RÖSSLI : C’est lui !
Toute la cabine se tourna vers lui, surprise par le contraste entre l’habituelle attitude placide et taiseuse de Rössli et son soudain cri du cœur.
BRISSAGO : Qui ça lui ?
RÖSSLI : Le petit jeune de l’avenue Sévelin. En tout cas il lui ressemble beaucoup !
Sur une des photos, Rössli montrait un adolescent aux côtés du maître des lieux et d’un grand sec à lunettes.
MECARILLO : Effectivement, la ressemblance est frappante.
LE CONSEILLER FÉDÉRAL : C’est le gamin à Francis Badoux, le conseiller d’État. Vous êtes sûr de votre affaire ?
MECARILLO : Mais oui, il y a très peu de doutes.
RÖSSLI : Je persiste.
La déclaration de Rössli appuyée par Mecarillo plongea le chef de la défense nationale dans un océan de perplexité. Il essayait de faire de l’ordre dans ses pensées, en soliloquant et enchaînant les verres de blanc.
– La petite cérémonie lors de laquelle les photos ont été prises s’est déroulée au Vieux Lausanne, dit-il. C’est le stamm de la société d’étudiants Helvetia, la fine équipe qui nous avait fait les préparatifs. Même s’il est un peu jeune pour faire partie de cette bande, je crois que Badoux avait souhaité que son gamin vienne donner un coup de main. L’envie de lui transmettre les valeurs et l’état d’esprit des radicaux, sans doute.
– Et tu penses que le fiston aurait pris les photos et les aurait transmises à Torracinta ? Mais pourquoi ? demanda Brissago.
– Pour l’emmerder. Je sais que ce bon Francis a des problèmes dans l’éducation de ses rejetons. Il est plus raide que la justice de Berne et son Christian est du genre loubard. Mais de là à prendre des photos des collègues de parti pour les transmettre aux journaux, ça, c’est tordu. Une fois de retour sur la terre ferme, j’appellerai Badoux pour vérifier et voir ce qu’on fait.
* * *
Plaçant la raison d’État au-dessus de la protection de la sphère familiale et soucieux de donner une bonne leçon à son rejeton remuant, Francis Badoux autorisa les hommes de la P-26 à cueillir le jeune Christian à la sortie de son école privée huppée pour le conduire dans un petit local situé au sous-sol de la caserne de Lausanne. Il s’agissait bien du jeune homme croisé à Sévelin. Il ne fit d’ailleurs pas de mystère en reconnaissant les deux hommes.
– Des flics, vous étiez donc des flics, dit-il. J’ai bien fait de me barrer.
– Écoutez, jeune homme, votre attitude est déplorable mais eu égard à votre jeunesse, nous sommes disposés à ne pas ébruiter cette histoire, pour autant que vous nous remettiez gentiment toutes les photos restées en votre possession, j’entends, lui répondit Mecarillo.
– Vous pouvez gentiment aller vous faire foutre.
Et paf ! une grosse baffe atterrit tel un B-52 sur la joue gauche du gamin, administrée par Steve Nydegger. Le conseiller fédéral avait insisté pour que Nydegger, député UDC uranais et adjudant de carrière, participe à l’interrogatoire. Dans un premier temps, la raison de ce renfort qui bredouillait à peine trois mots de français avait échappé aux deux Romands. Ils comprirent qu’il n’hésitait pas à recourir à des méthodes de Waldstätten pour faire avancer les choses.
– Mais vous êtes malade, continua le petit Badoux. Je vais tout dire à mon père.
Brutal mais soucieux d’équité, Nydegger lui colla un gnon sur la joue droite. Si l’on considère l’adolescence comme la phase de transition entre l’enfance et l’âge adulte, Christian fit une fulgurante régression vers ses tendres années et se mit à sangloter. Mecarillo et Rössli étaient secoués par la tournure des événements alors que Nydegger n’y voyait que des méthodes éducatives aptes à faire le plus grand bien à cette jeunesse romande frivole et paresseuse comme des Grecs.
– Arrêtez, c’est bon, je vais vous les donner, ces photos. Elles sont chez moi, dit le petit entre deux sanglots.
Rössli et Mecarillo durent déployer des efforts de psychologie et de suisse allemand pour faire comprendre à Nydegger qu’ils avaient obtenu ce qu’ils voulaient et qu’il n’était pas nécessaire d’aller plus avant dans l’interrogatoire.
* * *
Le conseiller fédéral contemplait une dizaine de Polaroïds disposés sur son grand bureau du Palais fédéral. Prévenante, sa secrétaire Vreni avait déjà disposé une bouteille de saint-saphorin, quatre verres et des flûtes au sel sur la table de réunion.
– On est sûr qu’elles sont toutes là ? demanda l’homme d’État.
– Je pense que oui, répondit Mecarillo. Les méthodes de votre ami Nydegger ont passablement remué notre jeune ami et je crois qu’il nous a remis tout ce qu’il avait en sa possession, j’entends.
– Nydegger n’est pas mon ami, il est de la bande à Blocher. Il faut savoir les utiliser à bon escient ces sauvages.
– Je constate qu’on ne s’ennuie pas trop chez les radicaux, fit Brissago en regardant les photos.
La collection d’images était effectivement assez débridée. Le ministre avoua, goguenard, que le thème de la soirée était la Fête des Vignerons. On pouvait reconnaître différentes tentatives plus ou moins réussies de reconstitution des scènes mythologiques, avec un accent donné à la dimension bachique et luxurieuse. On identifiait plusieurs parlementaires fédéraux et surtout la cheffe du Département de justice et police qui, selon toute apparence, s’était engagée âme et surtout corps pour que la soirée soit inoubliable.
Après avoir bien ri, le conseiller fédéral prit soin de ramasser toutes les photos et de les introduire dans une choucrouteuse. Puis il se tourna vers les trois agents, le verre à la main.
– Merci, messieurs, grâce à vous, on a échappé à l’Affaire Élisabeth !
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