Créé le: 25.10.2026
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Résistance poussive – Chroniques de la P-26, 1985-1986
Prologue
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Un recueil de chroniques, en partie historiques, en partie parodiques et
toujours légères, qui prennent pour prétexte l’affaire de la P-26, armée secrète suisse active durant la Guerre froide.
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Un matin moyennement beau de 1990, la Suisse se réveilla en constatant qu’elle disposait depuis plusieurs années d’une organisation armée secrète – nom de code P-26 – vraisemblablement destinée à poursuivre le combat en cas d’invasion du pays et de neutralisation de l’autre armée, l’officielle. Vu la nature clandestine de cette organisation, elle avait largement échappé à la surveillance des autorités politiques et encore davantage à la connaissance des citoyens, si bien que, lorsque son existence fut révélée, elle suscita une certaine émotion de Genève à Romanshorn et de Bâle à Chiasso. D’autant plus que sa mise en lumière se fit dans le contexte turbulent du « Scandale des fiches », autre sujet délicat agitant le pays à cette époque. Durant des décennies, en effet, près d’un million de Suisses avaient été fichés, non pour avoir chipé une barre de Chokito chez Usego ou fumé de l’herbe au bord d’un des nombreux lacs propices à ce genre de pratique, mais bien pour leurs opinions politiques ou leurs agissements : participation à des mouvements associatifs, activités artistiques ou littéraires, business avec des pays de l’Est, etc. Alors que l’Europe communiste craquait dans tous les sens à la vitesse d’une fusée Soyouz, la Suisse vivait une révolution à sa mesure, avec la double révélation d’un système de surveillance à grande échelle, que les esprits chagrins comparèrent rapidement à la Stasi, et d’un bras armé évoquant à choix l’OAS ou la CIA.
Pour certains, orientés à gauche, la fonction de la P-26 était tout à fait claire : assurer la survie d’une élite bourgeoise en cas de coup dur, en matant le gauchiste. Pour ceux de l’autre bord, il s’agissait plutôt de l’ultime garde-fou, constitué exclusivement de fidèles inconditionnels de la Constitution helvétique, offrant un dernier rempart en cas d’effondrement de tous les précédents. Le travail d’enquête des parlementaires, historiens et journalistes permit de mieux comprendre le fonctionnement et l’organisation de ce corps. Mais la magie du caviardage, les classifications secrètes et le mutisme des personnes suspectées d’avoir intégré la P-26 ne laissèrent filtrer que peu d’information sur les actions réellement menées, ouvrant le champ aux spéculations. Ce flou historique a ainsi servi de terreau à l’élaboration des équipées de Claude-Alain Cuendet. Ce jeune Vaudois devenu vingtenaire au début des années huitante intégra les rangs de l’armée secrète, sans trop comprendre pourquoi ni comment, et se retrouva mêlé de près ou de loin aux événements majeurs qui émaillèrent le mitan de cette décennie, agitée comme celles qui l’ont précédée ou suivie.
Pour le lecteur pressé ou butineur, hormis le premier chapitre, qui plante le décor et dresse le portrait des principaux protagonistes, ces chroniques des années 1985 et 1986 peuvent se lire dans le désordre.
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