Créé le: 15.08.2024
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Vivre à corps et à cris
Le lin et le pin
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On ne sait plus de quoi était décédé le dernier humain, annonça Mathusalem, mais à l’époque, lorsqu’une personne s’en allait, les survivants avaient le choix entre l’incinérer ou l’ensevelir dans un cercueil.
L’ancêtre n’avait pas terminé sa phrase que les questions s’assourdissaient les unes les autres : mais où allait-elle ? comment l’ensevelir si elle était partie ? on la brûlait vivante ? qui étaient les survivants ? pourquoi on les appelait ainsi ?
Le conteur d’un jour tâcha d’y répondre, mais certaines restaient muettes : pourquoi mettre des vivants dans une boîte en pin ? Où pouvaient bien aller ceux qui s’en allait dans un linceul ? Ce qui était certain c’est qu’ils partaient seuls, le lin était bien pour une personne seule !
Nous revîmes à la réalité d’une vie pas toujours gaie, le temps pouvant être vraiment long. Nous avions tous fêtés notre bicentenaire et la crise des deux cents ans était passée par là, c’est pourquoi nous nous astreignions à ne pas rater les rituels qui aidaient à dévorer les siècles : ces questions resteraient sans réponse, il était temps de manger.
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Commentaires (1)
Starben Case
28.09.2026
A la relecture de ce texte, j'en découvre les subtilités. L'idée qu'en regardant l'horizon, on bute sur un cercueil, point de démarrage d'un récit étrange et vraisemblable si on intègre la longévité et même l'immortalité à l'espèce humaine. La finalité est bien ce qui donne de la valeur à la vie, malheureusement on ne dirait pas que le vivant est précieux aux yeux des sapiens. Merci Jean.
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