Créé le: 24.01.2015
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Mon ami le roi

Roman

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© 2015-2022 André Birse

Les cloches de Bâle

7

Pleine ligne

 

Ce fut plaisant à regarder bien qu’un peu préparé. Le livret par avance écrit et le personnage mythique est entré en scène pour sa 100ème victoire en tournoi. Certains gestes étaient superbes. A lui seul,  sa superbe. Quelques coups droit et une volée basse inoubliable. Entre une porte et une armoire, m’y exerçant, jamais, même doucement, sans raquette ni balle – pas d’autre adversaire que soi-même –  je ne parviens pas à m’approcher de cette facilité, sinon par un biais fantasmatique, corps-éclair, Roger Federer.

 

2020, il en sera. Jusqu’où dans l’année il ne sait pas. Préfère ne pas y penser. Il est inimitable, je me casse le dos à le comprendre et sa retraite est la nôtre. Curieuse, l’aura de Roger, plus que Roger lui-même qui se sort ordinairement de ces situations mythiques. Cent fois, photos repassées, au moment de la victoire, avec les coupes.  Je les ai toutes regardées, suis dans l’histoire qui déjà m’a échappé.

 

Irréversibilité de ses succès, pas à pas, à longueur de bras, lèvres contractées, joues contre joues avec personne, Marie Stuart dans les tribunes. Ah, si elle avait vu Roger jouer son propre destin aurait été moins cruel. Elle en serait venue à l’apprécier. Ce sort absurde, se serait trouvé un maître. J’irai voir ce film qui sort maintenant, parallèlement au centième succès de Roger. Bien fait, entre les lignes ou en plein dessus. Comme un cousinage dans la grandeur. On ne lui conteste plus rien, à Roger. En ce moment, c’est la longévité, la référence à l’âge.

 

Il doit s’en passer des choses dans sa tête

 

Puis ce sera autre chose. Ces finales regardées, son jeu connu et reconnu. Regard contre regard, aucun dans le vide. Une complicité de tous les instants avec des armées de damnés. Sa place sans la civilisation dont on peut si facilement être évincé. Il parle des jeunes et revoit avec nous ces images.

 

Si souvent entendues, ces phrase journalistiques, le commentaire du commentateur commentant, là, sur le moment, dont la tête n’est peut-être pas tout à fait libre de choses qui s’y passent aussi. Les derniers pas vers le sommet, du blues, du business, de l’art ou de l’Everest. Quand on y arrive avec un dernier si à écarter. Puis, le sommet du monde ce sera toi. Il s’en est passé des choses dans nos têtes, sans que l’on puise dire exactement quoi.

 

Roger est à nouveau dans le désert en Californie, avec ses potes, ses collègues et peut-être certains de ses amis. Il entre dans un couloir, accompagné d’un organisateur, ressort sur un balcon, consent une interview, recommence. Chacun est unique, lui se fait multiple, même sourire, encore de la spontanéité. Il revient dans les bâtiments, avec son accompagnateur, consent une séance photo “quand tu demandes le challenge”. Il le demande. Se fait vrai, consent le faux sourire unique, nécessairement. S’est entraîné sur le court voisin de celui de Rafa.

 

Douceur du combat. Retour des calendes de mars. Roger comprend que l’on croit qu’il tout inventé. En début de semaine, s’est appliqué à dire qu’il n’est pas superman.  Nous demande de le croire et le prouvera en gagnant encore.

 

Quand tu joues aux ricochets

Tu cherches un truc, pour penser à autre chose, la vieille chanson d’un chanteur qui va mal et se détruit. Où en est-il ? Qui reprend ses chansons ? Tu crois trouver, continues automatiquement, un peu fatigué, le week-end a été reposant, mais le sommeil te rappelle à lui. Tu cliques encore et une pub te fera attendre. Ça va, c’est Roger, qui prépare des pâtes Barilla, mieux que personne. Une foule musicale, aimante et audacieuse, le demande, l’entoure, et se laisse surprendre par ses talents culinaires.

 

C’est une « story telling » publicitaire. Dernier plan, une femme. Sublime évidemment. Un absolu de beauté, les bras, le corps. Un regard de braise. Pas d’échange autorisé, le geste seulement, qui préfigure le don, pas celui dont on serait pourvu, lui particulièrement, mais la donation. Ce qui va à l’autre. en l’occurrence, un plat de Barilla servi à la sublimante femme Et la pub s’arrête là. Avec Roger, quand tu joues aux ricochets, la pierre ne retombe jamais.

 

Plusieurs fois peut-être

Je suis allé vérifier. En fin d’interview, il a bien dit « plusieurs fois » (many more times) en parlant de ses confrontations possibles avec Rafa. Leur 39ème n’a pas eu lieu en demi-finale d’Indian-Wells. Rafa est blessé à un genou. Tout son poids, toute sa force et son énergie, à chaque frappe devenue vitale autant que virale, ça use. Il n’a pas l’air de le comprendre. C’est vrai pour tous, à nos degrés différents de viralité et de vitalité. Roger a aussi observé que ce pouvait être, qu’il espère que ça ne le soit pas, leur dernière possibilité de rencontre en compétition. Leur fameuse histoire, suivie échange par échange. Ils ont tué le temps en tapant sur les cordes de leurs raquettes dont nos nerfs étaient le prolongement. Les retranscriptions des propos de Roger sur les sites ne font plus mention de plusieurs mais de quelques fois. Sa langue n’aura pas fourché. Il s’applique à dire la vérité aux autres et à lui-même. Cette objectivité de langage, radieuse et optimiste, tirant le meilleur des mots et de la situation, caractérise le savoir-faire de Roger en salle de presse.

 

Je me vois, en scène, dire à cinquante journalistes venus m’écouter ce qu’il faut penser de l’agressivité de cet ami ou du silence ininterprétable de celle-ci. L’adéquation de nos comportements, les promesses à tenir, les jours de défaite, ce qui est important face à la disette et là où nous estimons avoir triomphé. Personne en salle de presse, aucun arbitre sur la chaise, tribunes vides, pas de lignes, ni de filet, aucun adversaire absolument désigné. Ma vallée de Coachella, mes autres vallées sans nom, boulevards vides, passages sous les ponts, au bout, une télévision: Roger est en finale à Indian Well contre Dominique Thiem.

 

Douceur du combat. Retour des calendes de mars. Roger comprend que l’on croit qu’il tout inventé. En début de semaine, s’est appliqué à dire qu’il n’est pas superman.  Nous demande de le croire et le prouvera en gagnant encore.

 

Entre quoi et quoi

 

Un autre vivant dimanche de pluie avant le match de Roger qui fait le lien avec les présents, les passants et les disparus. Ça va loin cette histoire et personne ne peut en dire l’exacte entièreté. C’était un plaisir, pourrait-on dire à Roger. Au fil de ces années, ces silences, avec attentes, leurs cris, ses mots, il faut encore observer que le tout implique ou revêt une certaine complexité. L’une des pistes de réflexions serait à mes yeux, ce que cette non-violence dit de la violence dont elle nous préserve. Mais ce n’est qu’une piste, mal entamée, comme un cow-boy qui faisait demi-tour entre deux pans de rocher dans la vallée de Coachella. J’ai souvent été celui-là.

 

N’oublions pas le commentaire de “sgi” sur l’Equipe aujourd’hui. Au milieu des louanges et parmi les posts hostiles, il vient rappeler l’essentiel à ses yeux: “Voilà encore une sacrée chance pour le GOAT ! Rêvons du prochain tournoi où il se prendra une bonne râclée par Djokovic et qu’il se retire définitivement avec ses millions et Barilla”. Sgi avec d’autres, n’apprécie pas Roger, mais alors pas du tout. La bagarre a aussi lieu sur les réseaux, depuis deux jours, l’horreur digitalisée de Christchurch vient nous le rappeler d’assommante façon. Etre au mieux de sa forme dans le stade des Dieux, adulé par des millions de suiveurs et l’un d’entre, viralement, joue à autre chose et part à l’assaut. Roger n’y peut rien évidemment. Il ressent cet absurde, cherche lui aussi à faire le lien entre quoi et quoi,  jouera physiquement cette nuit dans le soleil de Californie pour gagner une fois encore. Suprématie dans la vallée et au-delà.

 

Les cloches de Bâle

 

Son visage sur nos murs, les ombres du regard, la face nord de son nez, modèle en puissance, top au ralenti. Il est l’icône de la 5G que les marchés s’apprêtent à nous proposer. Depuis la naissance de Roger, le monde a changé. 2.0 n’avait pas encore la signification qu’il n’a plus. La 1G, faisait son apparition, histoires parallèles de sa vie. Les tensions dans le monde différaient de celles d’aujourd’hui. Bienveillance et empathie n’avaient pas encore vieilli. Inimitié était bien cachée, gloire s’impatientait et Narcisse en redemandait. Roger n’a pas tous les pouvoirs, il le sait bien. Ses admirateurs un peu moins.

 

La finale, est à 23.30. Je ne devrais pas la regarder. Audience police demain à 9h00. Je ne sais pas encore comment je vais m’organiser. ça vaut le coup, cette incertitude qui semble mener à la gloire d’on ne sait exactement qui, celle de Roger étant acquise.

 

Je me suis comme naturellement réveillé pour regarder les deux derniers sets. Roger a perdu. Deux fois son service à ce que j’ai vu, puis le match. Deux balles amorties qui ne lui ont pas réussi et auparavant deux montées aventureuses au filet. On lui pardonne tout. Lui aussi se pardonne beaucoup. Roger jouant, parlant ou se taisant, une même personne qui nous livre sa cohérence et ses contradictions.

 

En fin de compte, il est là où tant d’autres voudraient être et demeure performant. Par cette présence au long cours, il affirme autant qu’il interroge. Cette émotion, quand c’est perdu et quand c’est gagné, qui est-elle ? Que fait-elle ? C’est une valorisation de chaque individu par le combat gagné d’un autre individu performant et doué. Plus encore, une nouvelle promission, oui une terre, une conquête, la suprématie que l’on osait plus demander. On apprécie encore son aura autant que sa modestie. Comme vous et moi il est et il sera.

 

On s’étonne, il ne s’explique pas. Ses choix étranges sur certains points comme Gaël son ami. Roger entre dans une autre dimension qui n’était pas au programme. Une intériorisation de la gloire hors des sentiers battus de l’intériorité. Les fans rugissent. Le regard clair et admiratifs des supérieurs hiérarchiques tout en haut de l’affiche, dont les VIP sont les subordonnés. Roger les a ensorcelés sans le vouloir. Il dit n’être pas Superman sans se rendre compte qu’il se pose en Batman. N’enlèvera pas le masque bien qu’il ait déjà changé d’habit. Jamais lu les Cloches de Bâle de Louis Aragon. Je ne sais même pas de quoi ça parle. Il faut dire à Roger de ne pas les perdre de l’ouïe.

 

Dissonance

 

Radu Albot, joueur moldave de 29 ans, plus petit que la moyenne de ses collègues adversaires, a perdu 5-7 au tie break du troisième set hier soir à Miami contre Roger qui l’admire et qu’il admire. Réciprocité dans l’inégalité de leurs parcours respectifs. « Maintenant que j’ai joué contre lui pour plus de deux heures, je ressens sur ma peau tout ce qu’il peut faire », a déclaré Albot, ravi malgré la défaite. « Il peut manœuvrer là où il le souhaite, créer des angles, des hauteurs, de l’effet », ainsi décrit-il la magie de Roger qui hier soir m’a paru quelque peu lourd et fatigué, comme emprunté, ce qui est un comble s’agissant de lui, une dissonance.

 

Roger prend le tout très au sérieux, ce surplus de règne qu’il entend vivre comme un bonheur. Les extraits de ses performances sur ces vingt-dernière années lui sont servis et resservis. S’il joue, c’est qu’il est jeune avec les jeunes qui lui rappellent qu’il ne l’est plus tout à fait. Les lois de l’univers et du milieu. La force de l’âge qui se décline en déclinant, images à l’appui. « C’était hier et c’est demain ».

 

Dans son box, son épouse et sa mère, si attentives et sérieuses. Après, je crois, le premier set, Lynette, la maman, a offert la paume de sa main tendue vers le ciel  à un ami voisin qui voulait avec elle saluer ainsi ce bout de triomphe. Chaque point continue de compter. Une vue aérienne de ces stades de Miami, d’un rose violet surprenant, des terrains de jeu à n’en plus finir, puis de compétition, et les stands pour les personnalités, le jaune et le mauve des chaises, bancs et sièges. Un cuir de circonstance aux premiers rangs qui ont essaimé dans notre société.

 

Je suis quelqu’un d’autre à Miami, ne crains pas l’avion, regarde avec le peuple mais suis seul devant, calfeutré dans mon simili avec mon smartphone et mon inattention pour regarder jouer Federer mieux que n’aura su le faire son moldave adversaire. Si la caméra vient sur moi, je ne la fixerai pas, ne ferai aucun signe. Etranger à la douceur du monde, je ne concéderai aucun sourire. Il doit s’en passer des choses dans ma tête. La caméra ne m’a pas vu mais Roger lit dans mes pensées.

 

Il joue à Miami dans un quart d’heure, le début du match est repoussé, de quart d’heure en quart d’heure. Nous attendons. La curiosité est là. Que fera-t-il face à son prochain adversaire. Encore un peu de gloire. A côté de l’écran, resté là depuis un dimanche de lecture, Nietzche (qui a enseigné à Bâle un siècle avant la naissance de Roger), au troisième traité de sa généalogie de la morale, sur la signification des idéaux ascétiques, cite en latin le tout dernier désir de gloire des saints, une formule empruntée à Tacite, « même pour les sages la passion de la gloire est la dernière dont on se dépouille » (livre de poche p. 182).

 

5G de la morale

 

Dans ce traité, Nietzsche, semble malsain à tous ceux dont je suis qui,  sans explications de tiers et valeureux auteurs, le comprendront mal, voire pas du tout. Il décrit « la conspiration de ceux qui souffrent contre les réussis et les victorieux, on y hait l’aspect du victorieux ». Il ajoute, « et quelle attitude mensongère pour ne pas avouer cette haine comme haine » (p. 217). Il oppose ceux qui à ceux qui. Nomme, en les opposants les « malades » et les « réussis ». Je continuerai de le lire avec l’appui de « ceux qui » me permettent de donner à cette colère les repères et la fluidité utiles à sa compréhension. Pour l’heure, je ferme ce livre, « Ces ratés ; quelle noble éloquence déverse leurs lèvres ! Quelle soumission sucrée, mielleuse, humble flotte dans leurs yeux » (p. 217), le ferme vraiment. Il va me faire rater le début du match de Roger. Un raté qui réussit à regarder son réussi à ne pas rater son entame de match. Un ace, deux coups droits, une volée basse. Nous verrons.

 

Et Roger a joué avec beaucoup d’application, visage assombri, entouré de son clan comme un junior qui en veut. Il a gagné, solide sur ses jambes laissant partir son coup droit avec cette épaule qui fait le tour de son corps. Autour d’une table entre amis, nous avons apprécié et personne ne trouvait à redire. Miami 2019, contre et avec les jeunes.  Ceux de la génération 5G pour laquelle Roger s’affiche en grand alors que la mise en œuvre de cette nouvelle étape magnétique est de plus en plus contestée. Etre d’accord avec tous sur tout n’est pas psycho-socio-émotico-possible. Nous apprendrons tous, tous les jours, et Roger et très fort pour trouver des angles.

 

En mars 2004 à Miami, il a joué contre un très jeune apache aux jambes vives et au buste d’acier. Ils venaient tous les deux de chez Nike, Roger promu premier, Rafa prometteur qui, ce soir-là, le battit. Deux sets gagnants, deux sets gagnés. Nos nuits américaines en Europe, perchés en-dedans de soi, un linge à la main. Le lui lancer entre les points dans cet univers rectangulaire. C’était déjà maintenant et ce pouvait l’être toujours. Les yeux sentent battre le cœur qui voit la balle venir. La première de leur petite quarantaine de rencontres au sommet de l’histoire du sport, comptabilisables, de battants, brillants, dont seuls quelques-uns seront et que nous aurons regardé avec une étrange et inconditionnelle passion. Roger a superbement tenu, 15 ans plus tard contre un très jeune canadien qui n’était pas né quand il commença de jouer et qui depuis longtemps déjà ans l’admire. Deux sets gagnants, deux sets gagnés. Si solide en son corps avec sa panoplie de coups variés. Oublions la lettre ouverte que lui a adressé une mère sensible aux forces magnétiques et réticente à la 5G pour laquelle, en Suisse, il fait de la publicité. Oublions que l’évènement qu’il a organisé à Genève en septembre connaît un étouffant succès avec des transferts d’argent qui le sont tout autant. Les piques faciles et empoisonnées que lui lance un éditorialiste malicieux de notre coin de pays.

 

Roger sur son court, prince des solitudes, empereur des foules tout à la fois vaincues et triomphantes. Roger, c’est Roger et c’est demain soir à 19h00. Un écran, un fauteuil, un tabouret, de bar, de bureau ou de salon, je devrais en être, j’y serai.

 

Miami 2019

 

Les mots d’un autre pour dire ce je tente de mettre en mots « Il n’est pas comme les autres. C’est une vérité connue mille fois établie, mille fois vérifiée sur un court de tennis depuis vingt ans. Roger Federer a traversé deux décennies, il est tombé parfois mais aujourd’hui il règne encore. A Miami depuis une semaine, c’est comme si la vie de cet homme-là était reliée par un fil à l’éternité. Le sablier se vide pour lui comme pour les autres. Le temps grignote érode et fait son œuvre. Et pourtant, Roger Federer est là en majesté. Le buste droit, le regard intense et toujours cette invraisemblable légèreté, ce jeu comme un poème, guidé par la douceur et toute les grâces » (David Loriot, l’Equipe 31 mars 2019, p. 28).

 

On le voit arriver sur le plateau de ESPN, comme s’il allait dire bonjour au voisin. Bien dans son monde et dans sa peau, il dit qui il est en tant que personne et comment il devient en tant que joueur, c’est intéressant. Il gagne plus de matchs qu’on le croit, vainc aussi ses contempteurs en étant lui-même comme il sait l’être avec détermination, simplicité naturelle et brillance. Roger dans son cycle, ses boucles, dans le circuit, se place en tête du classement sur l’année. C’est toujours la dernière fois. Il a cloué le bec de l’éditorialiste qui est en moi. Miami 2019, c’est gagné, comme 2005 aussi, nuit verte et profonde contre Rafa, vu au pub il y a 3650 jours, demain toujours recommencé. Le point suivant, à gagner, tension, regards, immédiateté, comme une dépendance par lui vécue librement.

 

Leonard Euler

 

La permanente intensité de la seconde à venir. Le calme entre les tempêtes. Lucide, le garçon. Plus qu’on ne le croit et plus encore que je ne le craignais. Il répond avec aplomb et décontraction comme s’il avait inventé le monde dans lequel il évolue. « I was down », j’étais en bas, touché.  Après sa défaite contre Juan Martin l’an passé à Indian Wells. Nous l’étions aussi. Il était marqué et s’est mis à douter. Son retour semble de retour. Il vient de gagner Miami. Pourquoi joue-t-on plus longtemps de nos jours?  Moins de vie rock and roll répond-il, les bains glacés aussi, et toutes ces choses-là. Le montant des prix est une autre raison, plus de motivation pour voyager. Il regarde les journalistes dans les yeux, exerce sa modestie sans faux-fuyants. On l’appelle. Un mec de l’organisation. D’autres plateaux l’attendent. Il regarde, acquiesce, et suit immédiatement la logique de son parcours médias du jour. La fatigue, de début de soirée, tensions, réflexion, action, attente, échanges, calculs et raccompagnements. Un peu paumé, au-devant d’elle qui me saisit, la fatigue, je regarde une première vidéo. Vulgarisation scientifique, protons, bosons, les ondes qui sont ce qu’elles sont et deviennent ce que le corpuscule était. Après 13 minutes, je passe à une autre vidéo. Exercice d’arithmétique à partir d’une formule considérée comme essentielle et belle, de Leonard Euler, un autre bâlois. Un e, un i, et aussi 1 et 0.  Intéressant, je tiens, puis lâche au bout de 5 minutes. Le grand Pan numérique me propose les 15 plus beaux points de Federer, dont quelques-uns que je ne connais, pas, tous nommés, en anglais.

 

L’éternité plus un jour

 

Et tout soudain, la fatigue, les sources d’énergie, la vulgarisation et ces suites de chiffres condensés, se mêlent aux images des mouvements de Roger. Sans le vouloir, intemporellement, je vis un instant poétique, de vidéaste désaltéré, une poésie à coups de neutrons, accessible par la magie des mouvements de Roger et la stupéfaction de ses adversaires. Ce n’est pas gagné, c’est magicalisé.

 

Dans l’air du temps, nous étions au mois de mai. Une quarantième fois. Le fait, justement, d’y revenir. Un jour dans la saison, un instant dans la vie et le tout se perpétue. Le tout en soi qui nous convie et que nous percevons. Fleurs, herbes et sensation de mai, un espace profond, un devenir immédiat, une instantanéité fuyante. C’est la radio dans la voiture, probablement, j’étais allé courir, qui émis l’information. « L’éternité et un jour » était palme d’or à Cannes et j’en avais été content.

 

Angelopoulos, j’avais apprécié l’un des ses films, beaucoup et avec une douce émotion, des paysages, une intelligence des choses qui donnait un moment de répit à l’avance de l’absurde dans l’esprit du temps. Je ne sais plus de quel film il s’agit. Avec le mot brouillard, oui paysages, je les revois. Hier soir, un cinéaste sud-coréen a obtenu la palme. Théo est mort, renversé par une moto sur le Pirée en 2004 et Bruno est parti cette année en février. On repasse ses films au ciné-club, dont celui-ci, primé en 1998. Nous sommes une nouvelle fois en mai. Bien envie de m’éviter de ne pas aller le voir. Ne pas ajouter à la liste des occasions manquées qui s’allonge quoi qu’on y fasse. C’est tout à l’heure. Roger Federer joue à Roland Garros.

Son premier tour. Il est accueilli avec cœur par le public qui l’attendait depuis trois ans à Paris. Le triumvirat est bien en place. Nadal, monstre des cendrées, tonicité et chiffres en furie. Djokovic altier en son altérité, puissance faussement partageuse. Valable pour tous. Roger aussi qui est là, en short blanc, haut gris, un trait sur les flancs jusqu’aux cuisses,  en champion starifié, monument vu de loin, filmé de près. En 1998, il était junior et allait terminer l’année no 1 mondial dans cette catégorie. lI a gagné, l’orange bowl. C’est bien ce que le vainqueur reçoit un plat remplit d’oranges.

 

Il est très sérieux en servant, combien de fois l’épaule exerce cette force qui doit mettre la balle hors d’atteinte ou pousser l’autre à la faute? Roger persiste au fil des ans. Je le laisse là et me décide pour l’éternité. Plus un jour. Il est 16.12 à Paris, à Genève aussi. Rolex nous tient à carreau avec son heure de luxe visible derrière Roger. A la sortie du film, il fait encore jour ou à nouveau, ici aussi. Il a gagné 6-2 6-4 6-4. « Aut Man » était dans les tribunes. Sur l’Equipe, il  a publié à 17.02 un commentaire : « (…) il a sorti un match très costaud, bravo Roger. Pour ceux qui ne l’ont jamais vu en vrai dépêche vous, après il ne restera plus que Youtube ». Voir Roger en vrai. Je ne l’aurai vu qu’une fois, il y a onze ans. Dans le film de Théo, il y a une réplique ou un commentaire aussi, tout ne serait qu’attente du vrai. Le personnage parle le l’hypocrisie du printemps. En sortant de ce film, je me demande quels sont les moments qui comptent vraiment. Tous,  mais certains sont  plus importants à vivre avec justesse si l’on n’en est capable. Roger, à ce que j’en sais, a le même questionnement avec ses bons points aux bons moments et ce qu’il faut en dire avant et après. Bruno Ganz aussi était un très bel acteur.

 

Numéro spécial

Dans ce film, il porte un manteau très lourd, mouillé tout au long de sa dernière nuit et ne prend pas la peine de l’enlever dans ses rêves. Le scénario est assez lourd aussi, de même, il faut bien le reconnaître que le scénario de chaque vie. Acteur, spectateur. Il est question d’ ” hypocrisie du printemps », dans les songes de cet homme qui passe au bord d’une mer. C’est probablement vrai pour beaucoup d’entre nous. Pour Roger c’est encore différent, aucune hypocrisie dans ses printemps. Il le sait bien et  le confirme au plus loin de ses autres saisons qu’il ne prend plus la peine de nommer.

, j’avais apprécié l’un des ses films, beaucoup et avec une douce émotion, des paysages, une intelligence des choses qui donnait un moment de répit à l’avance de l’absurde dans l’esprit du temps. Je ne sais plus de quel film il s’agit. Avec le mot brouillard, oui paysages, je les revois. Hier soir, un cinéaste sud-coréen a obtenu la palme. Théo est mort, renversé par une moto sur le Pirée en 2004 et Bruno est parti cette année en février. On repasse ses films au ciné-club, dont celui-ci, primé en 1998. Nous sommes une nouvelle fois en mai. Bien envie de m’éviter de ne pas aller le voir. Ne pas ajouter à la liste des occasions manquées qui s’allonge quoi qu’on y fasse. C’est tout à l’heure. Roger Federer joue à Roland Garros.

Son premier tour. Il est accueilli avec cœur par le public qui l’attendait depuis trois ans à Paris. Le triumvirat est bien en place. Nadal, monstre des cendrées, tonicité et chiffres en furie. Djokovic altier en son altérité, puissance faussement partageuse. Valable pour tous. Roger aussi qui est là, en short blanc, haut gris, un trait sur les flancs jusqu’aux cuisses,  en champion starifié, monument vu de loin, filmé de près. En 1998, il était junior et allait terminer l’année no 1 mondial dans cette catégorie. Il a gagné, l’orange bowl. C’est bien ce que le vainqueur reçoit un plat remplit d’oranges.

 

Il est très sérieux en servant, combien de fois l’épaule exerce cette force qui doit mettre la balle hors d’atteinte ou pousser l’autre à la faute? Roger persiste au fil des ans. Je le laisse là et me décide pour l’éternité. Plus un jour. Il est 16.12 à Paris, à Genève aussi. Rolex nous tient à carreau avec son heure de luxe visible derrière Roger. A la sortie du film, il fait encore jour ou à nouveau, ici aussi. Il a gagné 6-2 6-4 6-4. « Aut Man » était dans les tribunes. Sur l’Equipe, il  a publié à 17.02 un commentaire : « (…) il a sorti un match très costaud, bravo Roger. Pour ceux qui ne l’ont jamais vu en vrai dépêchez vous, après il ne restera plus que Youtube ». Voir Roger en vrai. Je ne l’aurai vu qu’une fois, il y a onze ans. Dans le film de Théo, il y a une réplique ou un commentaire aussi, tout ne serait qu’attente du vrai. Le personnage parle de l’hypocrisie du printemps. En sortant de ce film, je me demande quels sont les moments qui comptent vraiment. Tous,  mais certains sont  plus importants à vivre avec justesse si l’on n’en est capable. Roger, à ce que j’en sais, a le même questionnement avec ses bons points aux bons moments et ce qu’il faut en dire avant et après. Bruno Ganz aussi était un très bel acteur. Dans mon esprit, il a un lien avec Bâle, mais mais ne sais plus lequel. Irais-je faire un tour à Bâle.

 

Numéro spécial

 

Dans ce film d’Angelopoulos,  il porte un manteau très lourd, mouillé tout au long de sa dernière nuit et ne prend pas la peine de l’enlever dans ses rêves. Le scénario est aussi lourd que le manteau de même, il faut bien le reconnaître, que le scénario de chaque vie. Acteur, spectateur. ” hypocrisie du printemps », dans les songes de cet homme qui passe au bord d’une mer. C’est probablement vrai pour beaucoup d’entre nous. Pour Roger ce sera encore différent, aucune hypocrisie dans ses printemps. Il le sait bien et  le confirme au plus loin de ses autres saisons qu’il ne prend plus la peine de nommer.

 

Les articles sur les sites et dans les journaux se multiplient, aux devantures des kiosques ces jours-ci, un numéro spécial sur Roger. Je ne lis pas tout. Il est bien de lire autre chose. Mais cet article, « entre ocre et crépuscule ». Une plume voudrait redéfinir le réel, le nommer prêtant à Roger une réflexion sur le temps qui passe, ses vingt ans dans le monde du tennis professionnel. Opposé à Casper Rudd, 20 ans, au troisième tour à Paris, il observe « je connais mieux son père ». On est en ferveur dans les gradins, la décontraction taquine de Roger à l’interview le fait apparaître différent. Autant là qu’il l’a été et moins qu’il ne le sera. Chacun sait, chacun regarde et considère. Pas vrai pour le jeune joueur prometteur, le novice, le débutant. On échange des balles et l’arbitre soudainement devaient diable, compte les points, dit qu’il n’en reste plus beaucoup, dit que l’arbitre, c’est quelqu’un d’autre et que ce quelqu’un ne sait pas qui il est. Roger n’en n’a cure, il balance son service, le suit au filet guette la balle de l’adversaire et laisse passer les commentaires des guetteurs de l’ombre montante. On rejouera demain.

 

Noviciat.

 

Pris l’habitude de regarder le sport en lisant un magazine. Un titre dans la rubrique philosophie « essayez donc de sortir de maintenant ». Un défi, que Roger m’aide à réaliser. Avec lui, je vivais demain pour lui permettre de gagner, et ressassais le maintenant de ses combats contre Nadal ou Djoko. L’avenir devait ne plus revenir, puis Roger recommençait, origine de l’action, comportement utile, aces, sets, retours, coups droits, revers, regards, attente, genoux pliés, corps bondissant, regard perçant, puis profond, naturel et modestie, panoplie. A chaque point, c’était une disparition du moment d’avant. Une bonne chose de faite. Le sport est une riche vérité déréalisée autant qu’un grand mensonge débriefé qui se nourrissent de milliers de petits instants.

 

Des myriades d’images, de références, de clics à son propos et, dans une séquence pour une tv française, lors de son passage à Paris, Roger assis au bas d’un escalier dans son costume jeans du jour répond franchement aux questions en nous permettant de comprendre qu’il ne faut peut-être pas aller le chercher là où il n’est pas. Il se souvient bien de sa victoire contre Sampras en 2001, la plus importante selon lui. C’est la deuxième fois qu’il est tombé à terre après le point gagnant. Il peut encore décrire comment, le flanc, l’épaule, s’il se retourne, et roule. Étrange tout de même. On gagne et l’on se souvient comment on est tombé en apprenant que l’on a gagné. Ce sont eux qui tombent, Rafa et Roger et c’est moi, avec quelques autres, qui n’arrive pas à me relever. Interrogé sur ses regrets Roger répond sur ses appréhensions. Les vingt prochaines années ne seront pas faciles. Si jamais ce le fut.

 

Ses parents sont sexagénaires. Ma génération. Il se soucie de nous. Distant, lucide et jamais inamical, Roger dans la généralité. Ce qui est commun dans l’esprit de quelqu’un d’aussi singulier. La star télé lui dit « bienvenu dans notre clique ». Le mot a ses richesses, militaires, sémantiques sociales et psychologiques. A prendre avec soi. Mais clique, pour Roger, ça ne va pas. Il suffit de le regarder jouer à nouveau, nous réapprendre à percevoir ce qu’il invente. Sur terre battue cette année, il a bien travaillé à sa façon, virtuose et légère. Certes, il faut prendre acte de la supériorité de Nadal à Roland. Plus de discussion, et à l’entame du troisième set, sur une aire de repos d’autoroute, arrêté là pour m’informer, quand j’ai compris qu’il n’y arriverait pas, treize plus tard, ça mal fait mal … au cœur… un tout petit peu. Et, là pour une fois, je peux l’observer sans réserve : ce n’est plus important, si jamais ce le fut.

 

Aux premiers jours de juillet, le gazon est parfaitement vert à Wimbledon. Plus dense que chez le voisin, pelouse extra-verte et tondue, à s’y rouler. Apparaissent les chaussures blanches de Roger, avec ses titres dessus. L’été vient de commencer, traditions, cérémonial. Roger dit souvent ces temps-ci, que le temps, justement, de sa carrière est si vite passé. Il gagne un match, puis deux, trois en ce dimanche où personne n’a joué, avant le lundi des huitièmes. Quand l’a-t-il dit, je ne sais pas, les journalistes ont leurs répertoires et leurs fiches, mais il semble bien avoir parlé du plaisir essentiel de jouer et de la professionnalisation de ce plaisir, que ne parviennent pas à développer les jeunes pousses, les champions en herbe. Les trois sont au sommet et ce devrait être l’un d’eux dimanche prochain. Professionnalisation de la rivalité.

 

Par jeu

 

Le rite de célébration est une signature biologique. La façon de célébrer dit tant du tout, de l’ensemble individualisable. Roger est superbe de profonde simplicité dans ses exultations de vainqueur. Celle d’hier à Wimbledon après sa victoire en demies contra Rafa. Il parle au ciel avec un cœur aguerri que brise la conscience à l’instant du triomphe. Le corps s’élance et le regard cherche vainement l’immobilité, la perpétuation d’une suprême seconde, la foule, l’azur, le gazon ou l’adversaire, pour n’être finalement que soi dans un silence qui reviendra. Mais là, avoir agi, à nul autre pareil, dans ce qui fut un combat avec un adversaire ami, un ennemi que l’on n’élimine par jeu.

 

L’émotion se généralise, saisit les anonymes et les plus grands qui face à ce qu’ils voient se font tout petits. Servir aussi bien que possible, c’est parfait et ça l’est à nouveau, puis il renvoie, bien et agressivement, chacun son tour, avec des cassures de rythme, puis celui-ci que l’on soutient, une fois encore.

 

« Encore une fois » dit cent fois, le commentateur, ami de Roger. Vendredi soir, clair comme tous ces deuxièmes vendredis de juillet. Il y a cinquante ans on marchait sur la lune, et c’était notre spectacle d’enfance, par le petit bout de la lorgnette pré-numérique. Aujourd’hui, Roger est notre marcheur lunaire, comme sur la terre, sans entrave, avec la clarté de son regard, face visible, face cachée, notre spectacle d’adulte à l’âge de ses parents. C’est lui l’enfant et c’est nous aussi quand il le souhaite.

 

Regarder avec ou sans le son. Sans, pour ma part, hier. Commentateurs oubliant de s’oublier, cris du frappeur ou de la foule. Grand écran ou smartphone. Assis ou en marchant, salon familial, avec qui le verrais-je. Son père à lui, dans un coin, le moins décalé de tous, dont la passion restera vibrante, essentielle et authentique. Avec les mots, sans y réfléchir, je parle au ciel.

 

Nadal a dans l’esprit de ses admirateurs une existence autre que la sienne. Djokovic, pense sa ferveur et se fait transporteur d’âme. Nous sommes sans l’adversité avec une conscience inaltérée de ce que nous avons en commun et en partage, dont les règles du jeu. Federer se fait le représentant de ce qu’il est, donnant aux autres, alter et adverses contemplateurs l’occasion de se faire admirateurs ou contempteurs.

 

Je me penche pour ressentir cette profondeur, tente de respirer puis d’expirer, nous aurons tous besoin d’oxygène, pour vivre déjà, et encore, puis pour assister à ces instants de défi, en opposition, la flèche, le retour, une géométrie, relativement descriptive. Ça n’aura servi à rien si ce n’est pas la gagne au bout du chemin.

 

Par défi

 

Le privilège est cette inconnue, le sort de la rencontre de cet après-midi. Tout ce qu’on y met. Les instants de Roger nous appartiennent alors que lui seul sera sur le court. En ce moment, il m’apparaît inconcevable que je ne sois pas de ce monde, pour être de ceux qui veulent la victoire de Roger et y assisteront. Il le sait. Ça l’aidera dans son jeu.

 

Ce que c’est qu’une conviction. Un destin se mesure aussi à son influence sur la multitude. Je me disais hier soir qu’il serait bien de mieux s’exprimer par la discrétion. Roger a des gestes devant lui qu’il doit accomplir à nouveau. Les enjeux, le drame qui se joue sans en être un, le frisson qui saisit tant de gens, un seul reste en vie et décroche le graal. Aux yeux des autres ce ne peut être que l’adversaire à nos yeux ce ne doit pas être lui. C’est actuel, c’est tout à l’heure et c’est ancestral aussi.

 

D’autres commentateurs s’extasient aussi souvent que possible. Par promotion de l’exploit, commercialisation de ce sport. Et l’on procède aux décomptes devant signifier quelque chose. Le chiffre 21 (victoires en grand chelem)  vient comme un félin s’offrir à Roger pour peut-être mieux lui échapper. La personnalité de Djoko en guerrier halluciné et inspiré par un ciel protecteur vient aussi le provoquer. A portée de main, comme un premier trophée, une nouvelle unicité.

 

Ce qui a lieu

 

Tendu, fatigué, soir de défaite (13 à 12 au cinquième), insupportable. On ne devrait pas consacrer tant d’émotion à une compétition sportive. Et pourtant, ça vous tient, je ne sais pourquoi à ce point. C’est là réalité. «Le monde est tout ce qui a lieu », écrit Wittgenstein au chiffre premier de son Tractatus. « It is what it is », c’est ce que c’est, c’est comme ça, c’est ainsi, répond Roger Federer, non à Wittgenstein mais aux journalistes qui l’interrogent sur le sentiment qui l’anime après cette défaite.

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Commentaires (1)

Webstory
30.11.2020

En 5e position des histoires les plus lues. Sur les traces de Roger Federer au travers du regard d'André Birse. Original!

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