Créé le: 11.10.2026
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Une aventure au cœur d’un hôtel de luxe
4. Au bar
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Jimmy, déjà revenu à son poste, perçoit tout de suite, à la moue crispée de la cliente et à votre allure raide que la journée continue à être compliquée pour vous. Il hausse un sourcil. Vous inclinez la tête et désignez discrètement Mme Ducan. Il vous adresse alors un sourire d’encouragement, si chaleureux qu’il pourrait faire fondre toute une banquise. En tout cas, vous, vous fondez. Rassérénée, vous lui demandez tout bas en passant devant le comptoir en noyer massif :
– Et les Italiens ?
Il sourit et vous fait un clin d’œil de connivence. Il chuchote :
– À la terrasse du premier, ils sirotent leur apéritif, offert par la maison, bien entendu.
– Bien entendu. Le silence n’a pas de prix. Bien joué !
Jimmy vous indique le fauteuil le plus confortable, une bergère style Louis XV. Vous y installez Mme Ducan. Vous aimeriez vous aussi vous asseoir : votre abnégation professionnelle vous coûte décidément cher aujourd’hui.
Vous restez debout un instant, le temps qu’elle se détende – et vous aussi. Vous échangez quelques banalités – le voyage, la météo, un souvenir de son dernier séjour. Rien d’important, mais assez pour que son agacement disparaisse. Il sera ensuite temps d’aller chercher le Directeur, puisqu’elle veut absolument lui parler.
En posant son sac, vous voyez que Mme Ducan effleure sa bague, comme si elle touchait un talisman, comme si la morganite, d’un rose vif et saturé, pouvait l’apaiser.
Vous savez que la morganite protège les esprits sensibles, qu’elle ne choisit jamais les femmes sans histoire. Et Mme Ducan porte une blessure en elle, vous le sentez. Vous aimeriez la connaître. Peut-être l’aider. Comme vous l’avez fait pour d’autres clients. Si pour Marcel vous êtes Capitaine, vous êtes Mère Thérésa pour Claire et Sophie… Mais Cendrillon pour le Directeur, cela est certain… et pour Jimmy ? Vous le regardez discrètement. Derrière son bar, il a une classe folle avec son nouveau gilet ajusté, en soie verte. Et quel charme, quel humour…
La millionnaire vous fait signe :
– Aidez‑moi à m’installer correctement, ma petite… enfin, Cassiopée.
Vous soupirez… : « ma petite », décidément, elle aime vous appeler ainsi ; bon, elle a rajouté votre prénom, elle s’adoucit.
Vous l’aidez donc à ajuster le coussin de son dossier, à poser son sac, à trouver une position confortable.
Vous pensez : elle joue la tempête, mais le vent tombe dès qu’elle s’assoit.
Vous tenez sa main un instant, juste assez pour admirer la magnifique pierre.
Vous ne pouvez pas vous empêcher de murmurer, énigmatique :
– La morganite révèle ce qu’on cache derrière les apparences… et elle ne se trompe jamais.
Elle relève les yeux, un bref éclair d’irritation… ou de fragilité.
– Et mon cocktail ?
Le naturel revient au galop. Vous souriez, et lancez à Jimmy, tout en regardant Mme Ducan dans les yeux en désignant sa pierre :
– Votre morganite appelle une boisson tendre, élégante, qui apaise le cœur.
Vous réfléchissez un instant…
– Champagne rosé, pêche blanche, une pointe de fleur de sureau… et vous osez ajouter :
– Une boisson pour les femmes qui cachent leur douceur derrière une armure.
Vous regardez le barman :
– Jimmy, une Morganite Peach Fizz, s’il te plaît.
Il hoche la tête, impressionné.
Vous sentez que ce moment peut faire basculer votre relation : rester professionnelle… ou tenter de percer son armure.
Vous êtes professionnelle : vous avez promis de chercher le Directeur, et une promesse, au Colombus, vaut ordre.
Vous avertissez tout de même Mme Ducan. Si vous n’êtes pas revenue avec lui dans un moment, elle pourra monter dans sa suite. À la réception, Marcel l’aidera et l’accompagnera au premier.
Vous filez vers le bureau du Directeur. (8)
OU
Vous décidez de comprendre ce que cache cette femme derrière son arrogance. Vous voulez savoir. Vous voulez percer l’armure.
Avec son accord, vous vous asseyez en face d’elle. (15)
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