2026 La folle aventure des plantes – Saison 3/3
En résonance avec le thème du concours d’écriture 2026, nous explorons chaque mois l’univers des plantes et des champignons pour vous montrer que la créativité y est infinie…! Inspirez-vous!
1. Une chauve-souris amoureuse…
Originaire des Philippines, la Liane de jade (Strongylodon macrobotrys) est une plante grimpante tropicale célèbre pour ses impressionnantes grappes pouvant atteindre 90 cm de long et portant en moyenne près de 75 fleurs chacune. Leur teinte bleu turquoise unique, presque fluo, est due à une subtilité chimique : un équilibre entre deux pigments végétaux, la malvine et la saponarine. Dans son milieu naturel, elle est pollinisée par une toute petite chauve-souris, Anoura fistulata, qui ne résiste pas à la couleur légèrement lumineuse de ces fleurs au crépuscule. Suspendue la tête en bas, elle se gave de ce nectar enivrant, se couvrant au passage de pollen. En raison de sa rareté et de sa beauté – la liane de jade est malheureusement menacée d’extinction, notamment en raison de la déforestation – elle est très recherchée pour les jardins tropicaux.
Au Jardin Botanique de Genève : Elle est actuellement encore en fleur dans le jardin d’hiver du Jardin Botanique de Genève.
Sur Webstory : Les fleurs d’Hélène Page / Vile tentatrice de Renaud de Joux.
2. Le treize porte chance à la botanique!
C’est au cours de l’expédition Real de Botánica, financée par la Couronne espagnole, que les botanistes Martín de Sessé et José Mariano Moçiño ramènent le volumineux matériel botanique dont une collection de 1’300 dessins et aquarelles réalisés sur place. Or, en 1813, les évènements politiques de l’époque obligent Moçiño à s’exiler en France où il rencontre Augustin-Pyramus de Candolle, alors en poste à Montpellier. Il lui confie son trésor botanique pour étudier des espèces encore inconnues. En accord avec Moçiño, Candolle emportera ces dessins avec lui à son retour à Genève. Lorsque Moçiño peut enfin rentrer en Espagne, il réclame la restitution des dessins. Candolle fait part à une amie, Madame Eugénie DelaRive, de sa tristesse de voir partir ce précieux matériel scientifique. Emue, celle-ci lui propose que les dessins soient copiés. Le botaniste genevois réunit alors d’urgence les bénévoles pour copier ce gigantesque ouvrage. Une centaine de personnes, majoritairement des dames, relèvent le défi et copient près de mille planches en huit jours, permettant ainsi à ce patrimoine scientifique et artistique, communément appelé Flore des Dames, d’être conservé à Genève. Un élan citoyen collectif remarquable et peu connu.
Au Jardin Botanique de Genève : Flore des Dames de Genève
Lien vers les planches numérisées : e-codices – Bibliothèque virtuelle des manuscrits en Suisse
Sur Webstory : Destins rapprochés de Frank Desco / Le choix des arts de Ema Cera
3. Une floraison titanesque très attendue…
La plus grande fleur du monde, l’Arum titan (Amorphophallus titanum), originaire des forêts tropicales de Sumatra (Indonésie), est une plante extraordinaire qui croit lentement. Les « phallus de titan » mettent une dizaine d’années pour produire leur première inflorescence d’une hauteur de 3,5 mètres. Elle se distingue en raison de l’odeur pestilentielle de cadavre qu’elle dégage, déjà repérable à 800 mètres et qui attire des insectes pollinisateurs… friands de viande pourrie. Nez sensibles s’abstenir. Suivez la longue liste des floraisons de l’Arum titan depuis 1889 dans les Jardins botaniques du monde entier et agendez votre chance de la voir, en sachant que sa floraison ne dure que quelques jours.
JUN. 2026, la dernière floraison a eu lieu dans le Jardin botanique de Gand le 28 juin.
JUL. 2023, Papiliorama de Chiètres (Suisse)
Au Jardin Botanique de Genève : Amorphophallus, projet de recherche
Sur Webstory : Le tableau était presque parfait de Marie Vallaury / Vesuvio de Caroline Bench
DERNIER SCOOP: les plantes ont enfin leurs billets de banques suisses!
S’adapter, envahir, se défendre, planter, patienter, cultiver, séduire, semer, éclore, se reproduire, croître, embellir, végéter, dépérir, s’enraciner… Le monde végétal est loin d’être passif. Pour clore ce 3e épisode de la folle aventure des plantes, nous aimerions partager le modèle de vie de l’amélanchier (Amelanchier ovalis) présenté dans le livre L’arbre aux oiseaux de la botaniste Robin Wall Kimmener, qui plaide pour une économie basée sur la coopération autour de l’abondance naturelle et sur la réciprocité… suivant en cela l’exemple du monde végétal.
Inspirez-vous et inventez une aventure encore plus folle. Entre 10’000 à 12’000 signes (espaces compris). Délai pour publier votre texte: 15 août 2026.