13.09.2020 185 1 L’île de pierre

Nouvelle, Voyage

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© 2020 Jill S. Georges

En vacances dans les Cyclades, j’avais choisi Folegandros pour y rester quelques jours. Admirant la mer, marchant à travers les collines couvertes de murets magnifiques, Eole vint me chuchoter une histoire. Celle de ces hommes prisonniers politiques qui avaient peuplé cette terre aride et désolée.
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L’île des hommes de pierre

 

J’étais arrivé. Arrivé sur cette île. Enfin. Après le dernier interrogatoire, dans lequel j’avais fini par tout cracher, y compris mes dents, ils m’avaient dit que j’avais le choix. Le choix. Soit ils me finissaient, et c’était la fin de mes souffrances, soit ils m’envoyaient sur une île. Le choix entre le paradis, ici, tout de suite, ou continuer en enfer.

 

Ils avaient ri.

 

Dans mon souffle, celui qui me restait, j’avais, pour je ne sais quelle raison, poussé par je ne sais quel élan, opté pour l’enfer. Mon souffle voulait rester en vie. Coûte que coûte. Ensuite, je ne me souviens plus, j’ai dû m’évanouir.

 

Arrivé sur l’île. Je me souviens vaguement qu’on m’a jeté sur un sol dur et mouillé depuis le bateau. Puis qu’on m’a porté. Je ne sais plus si j’avais mal ou pas. Je flottais. En suspension, entre la vie et la mort, entre le ciel et l’eau. Des mains d’hommes me tenaient fermement. Je me sentais tellement bien. Des mains d’hommes me tenaient fermement. Quel sentiment de sécurité ! Depuis combien de temps n’avais-je eu que peur ? Je ne voyais rien. Je ne voulais pas ouvrir mes yeux. Ou bien est-ce que je ne le pouvais simplement pas ? J’ai senti que les hommes ralentissaient, faisaient des efforts pour bouger doucement, je sentis que mon corps était plus lourd, qu’il s’abaissait. Ils me déposèrent sur une couche. La matière dure contre mon dos me fit tressaillir. Puis, je me souviens que je ne me souviens plus.

 

Je dormis. Combien de temps ? Le temps nécessaire à reprendre mon souffle. A retrouver mon être. A apprivoiser la vie, petit à petit, à pas de fourmis. Comme quand enfant je jouais à «un, deux, trois, soleil», et qu’il fallait avancer à tout petit pas. Des pas de fourmis…

 

A mon réveil, quand mes yeux voulurent bien s’ouvrir, je vis sur une caisse à côté de moi un bol d’eau et un quignon de pain. Rien que de voir cette eau et ce pain, j’étais aux anges. Je souriais. Les yeux fermés, je souriais au bonheur de penser que quelqu’un avait déposé, pour moi, un bol d’eau et un morceau de pain.

 

Je ne pouvais pas bouger, alors un homme vint s’asseoir près de moi. Je le sentis à mon réveil. Sans ouvrir les yeux. Je sentis sa présence, son odeur. Il était là. Il attendait. Je restais longtemps les yeux clos. Il resta assis à côté de moi. Quand j’ouvris enfin mes yeux et que je le regardai, il détourna ses yeux. Je vis un soupir soulever sa poitrine, comme une grande vague. Il prit le bol d’eau et le porta à mes lèvres. Ses mains, calleuses, ses mains d’homme, qui me tendaient ce bol rempli d’eau. Ce moment restera toujours dans ma mémoire comme un moment magique, unique. Un moment où tu comprends que la vie est plus forte, toujours plus forte, que l’amour est plus fort, que l’homme soulagera toujours l’homme.

 

Chaque jour je bus, grâce à lui. Chaque jour je sentais que j’allais mieux. La lumière ne me faisait plus mal aux yeux, je pouvais presque bouger sans y penser. Un jour, il m’aida à m’asseoir. Les murs en pierre de ma cabane formaient une cellule, une cellule avec une porte sans porte, ouverte sur la colline et la lumière. Pas de porte, pas de clé. Nous étions prisonniers.

 

Je pus boire. Puis je pus manger un peu de ce pain. Son odeur me remplissait avant de pouvoir le goûter. L’odeur du pain. L’eau. La vue sur la colline, verte, un coin de ciel bleu, bleu comme un matin lavé à grande eau. La nuit je voyais les étoiles, je les regardais voyager tout doucement dans le ciel. J’avais tant dormi que j’avais du temps à rattraper.

 

Un jour j’entendis les hommes devant ma cellule. Je ne compris pas tout ce qu’ils se disaient, mais celui qui s’occupait de moi répéta deux fois le mot «pierre». Quand il entra pour me voir, je lui fis un signe de la main. Je le regardais et lui demandai : «Pierre» ? Il sourit, de sa grande bouche édentée, un sourire au milieu de la forêt de sa barbe, un sourire ouvert sur la sympathie et la joie, et il répéta « Pierre», en me montrant du doigt. Pierre, c’était mon nom. Ici, ce serait mon nom. Je ne m’appelais pas Pierre, mais j’aimais l’idée de commencer une vie avec un nouveau prénom. Une nouvelle vie. Ici, dans le souffle de la terre, au milieu de cette ile.

 

Avec le temps, je pus me lever. Les hommes travaillaient, tous. Ils étaient burinés, parlaient peu, ou pas. Que savaient-ils les uns des autres ? Rien, ou pas grand-chose. Parler à l’autre implique qu’il faut aussi se parler à soi. Comment dire ses crimes quand ils sont liés à tant de souffrances ? Autant ne rien dire, les garder au fond de soi, comme dans une grotte profonde, et vivre à la surface des choses, avec la lumière, les olives, le pain et l’eau.

 

Tous les hommes travaillaient, Il y avait des chèvres. Un faisait le pain. D’autres s’occupaient du jardin où poussaient quelques légumes. La mer était partout, ils péchaient. Comment s’était organisée cette communauté ? A qui demander ? Je ne demandais rien. Je me levais, je savais que j’allais avoir ma tâche. A moi de décider ce que j’allais faire.

 

Ce que les hommes faisaient chaque jour, tous, sans fin, était de construire des murs. Des murs et des murs. Baissés sur la terre aride, ils arrachaient les cailloux dont regorgeait le sol et ils les mettaient en tas sur le côté. Puis ils construisaient des murets, mettant ainsi le terrain à plat, créant des bandes de terre entre des murs de pierres. Des murs, des pierres, des murs, des pierres. A perte de vue, à perte de jour, de la mer à la mer.

 

Tout, mais pas ça. Je ne voulais pas finir mes jours à construire des murs. Non. Jamais.

Personne ne me demandait rien. Je reprenais des forces. J’allais mieux. Je les regardais, burinés, travaillés comme la terre qu’ils travaillaient. Chaque jour après chaque jour. Chaque pierre après chaque pierre.

 

Pierre était mon nom.

Parfois, le bateau arrivait, un corps tombait sur le sol, les hommes descendaient lentement de la colline, ils se baissaient, et le prenaient, avec douceur. Ces hommes fermés avaient des gestes d’anges quand ils prenaient un corps au sol. J’en avais les larmes aux yeux, je pensais sans doute à moi, à mon arrivée, à tout ce que je voulais oublier, ou que j’avais oublié. Ici, en enfer, j’étais en vie.

 

Puis j’ai commencé. Je ne sais plus comment, ni quand. Il n’y avait pas de jours, d’un accord tacite, il n’y avait qu’aujourd’hui. Pas de lundi, de mardi, de samedi ou de dimanche. Il y avait : «aujourd’hui» et demain. Hier non plus n’existait plus. Quels étaient ces passés que ces hommes voulaient fuir ? On ne riait pas non plus. Prisonniers de nos souffrances. Les hommes construisaient des murs.

 

A trop regarder la mer je voyais des souvenirs. Je ne savais plus si c’étaient des souvenirs que j’avais vécus ou que j’imaginais. Je me voyais enfant, petit garçon qui courait, qui descendait à la mer. Si bleue, toujours aussi bleue. Je n’osais pas aller plus loin, car mes larmes commençaient à couler. Car ce petit garçon avait une mère, un père. Et dans ces souvenirs-là, je n’osais pas m’aventurer.

 

Puis j’ai commencé. J’ai marché avec eux, je suis allé voir leur mur. Je regardais leurs mains, qui prenaient ce fruit de la terre, ce caillou, et qui le plaçaient sur la pile devant eux. Une pile de cailloux, de la dentelle, de la force, de la beauté. Comment arrivaient-ils à faire tenir ces caillasses ensemble ? Ces murs s’allongeaient, à la lenteur de leurs bras, de leurs mains calleuses. Ces hommes silencieux, baissés, qui, un par un, prenaient un bout de rocher et en architectes magiques, en créaient un mur. Ils construisaient leur histoire, j’en étais sûr. Chacun portait sa pierre et en faisait son mythe. Un chapelet pour expier, un mot pour une phrase. Chaque petit bout tout seul ne voulait rien dire, mais le tout était magistral.

 

Puis j’ai commencé. Je me suis baissé, comme eux. Je me suis baissé, j’ai regardé les pierres. J’en ai choisi une. Je l’ai tenue longtemps dans la main, comme hésitant à la poser. Les hommes s’étaient arrêtés. Le temps s’était suspendu. J’allais poser ma première pierre. Je pris conscience que j’allais enfin faire partie de la communauté. Dans le silence du vent, dans la lumière de la mer, dans le regard des autres, comme au ralenti, je me dirigeais vers ce mur en construction. Lentement, sous le soleil, les ombres droites des hommes autour de moi m’entouraient de leur présence. Je pleurais je crois. Tout doucement, je tendis le bras et posais la pierre. Ma pierre, entourée des autres, je la calais, lui trouvais sa place. Elle était comme les autres, un fruit du sol aride. Et pourtant, elle était unique, c’était la mienne. A travers mes larmes, je la regardai. Les hommes reprirent leurs gestes, et bientôt, ma pierre se trouva entourée par d’autres pierres. Bientôt, elle se trouva recouverte. Bientôt je ne la vis plus. Alors je me baissais et pris une nouvelle pierre.

 

J’avais commencé. Je faisais partie de la communauté. En rentrant le soir, avec les rayons rouges du soleil qui se noyait, je sentis une grande fierté. Je sentis mes compagnons se rapprocher de moi. Je sentis que j’étais comme eux. Depuis, chaque jour, avec eux, je construisis des murs.

 

Jusqu’au jour où le bateau cracha un nouveau corps. Ce jour-là, j’étais sur l’ile depuis combien de temps ? Depuis une éternité de présent… Ce jour-là, je descendis avec les autres. Lentement. Je descendis sur la plage. Avec eux, je me baissais, avec eux, je tendis mes bras, burinés, noircis, noueux. Avec eux, je tendis mes mains, calleuses, dures. Avec eux, je me penchais et te portais. Tu étais si jeune. Si jeune. L’avais-je jamais été ? Moi le vieux Pierre ?

 

Avec eux, je te portais dans une cellule. Sans fenêtre, sans porte. Nous t’avons déposé avec grande douceur. J’ai su que c’était mon tour. Je suis allé chercher un bol, le remplis d’eau au puits, pris un quignon de pain dans la pièce qui nous servait de foyer. Je portais ces trésors à côté de ta couche. Tu dormais. Je veillais.

 

Je suis resté assis à côté de toi jusqu’à ce que tu bouges, que tes yeux tremblent, que ta bouche marmonne un mot. Tu apprendrais le silence, comme nous tous. Je t’ai aidé à boire. Tu te souviens ?

 

Tu as regardé la mer, longtemps. Tu nous as regardés. Longtemps. Nous ne t’avons rien demandé. Puis un jour, tu es venu avec nous, au mur. Tu allais commencer à raconter ton histoire, dans ce mur, dans ton mur, dans notre mur. Chaque pierre allait t’alléger d’un souvenir. Chaque pierre allait rejoindre nos pierres et notre histoire commune devenait une, une seule histoire. L’histoire de ces hommes prisonniers sur une île. Nemosis. Une île qui n’existait pas.

 

Ton premier geste pour faire partie de la communauté fut celui d’ensevelir l’un des nôtres. L’avait-il seulement été ? C’était un de ces sacs, jetés sur la plage par le bateau. Tu étais venu avec nous. Tu nous avais aidé à le porter, à le coucher. Le corps lourd de celui qui arrivait pesait sur nos bras. Il pesait de son passé, de son histoire, qui était la nôtre à tous. Tu es resté à ses côtés, comme je l’avais fait avec toi. Au bout de trois jours, les oiseaux nous apprirent la nouvelle. C’était leur rôle, aussi. Tu étais toujours là, assis à côté de ce corps. Corps sans vie.

 

Tu marchais devant moi, déjà vouté, si jeune. Tes épaules tombaient. Tu tenais le corps avec moi, nous étions à gauche, toi devant, à côté de son coeur. Je me demandais si la vie l’avait quitté ou bien si tu l’avais aidée. Si tu avais mis un terme à ses souffrances, en l’étranglant de tes mains. Ou bien te l’avait-il demandé ? Ses yeux suppliants t’avaient-ils imploré ? Il ne voulait plus l’enfer, il voulait le paradis, là, tout de suite ? Je regardais ton dos, ta nuque. Je ne saurais jamais, c’était à toi de le porter, c’était à toi, ton histoire.

 

Nous sommes arrivés au mur que nous étions en train de construire. Nous déposâmes le corps vide sur le sol. Au bout du mur, nous avons enlevé les pierres jusqu’à creuser une sorte de nid dans le sol, un creux, assez grand pour recevoir la dépouille. Nous l’avons pris comme un cadeau et délicatement déposé dans le nid. Puis chacun de nous a pris des cailloux, petits, pour le recouvrir, l’ensevelir. Tu nous regardais. Et là tu nous as rejoints. Tu as pris une pierre, ta première pierre, et tu l’as déposée sur son cœur.

 

Nous avons travaillé toute la journée, toute la journée nous avons déposé des pierres sur le corps, puis sur les pierres. Toute la journée. Les oiseaux nous regardaient. Ils ne l’auraient pas, nous allions créer une muraille, un château, une sépulture de pierres pour protéger ce corps, sa mémoire, son passage sur cette île. Quand la nuit fut bien avancée, que le mur avait mangé le corps, nous nous assîmes. Enfin. Personne ne dit un mot, pourtant, chacun fit une prière, pour soi, pour lui, qui serait nous, quand ce serait notre tour.

 

En regardant les murs, je voyais ces renflements de pierres. Combien étaient-ils ces inconnus, ces prisonniers, ces hommes, à s’être fondus dans le corps de la terre ? A être retournés dans le cœur de la nature ? Chacun avait écrit son histoire dans le mur qu’il habitait, dans celui qu’il avait aidé à construire, dans celui qu’il avait réparé. L’histoire commune de prisonniers de droit, commun. Des hommes sans histoire, sans histoire personnelle, des vivants de l’enfer.

 

Les jours suivaient les jours, les nuits suivaient les nuits, comme les pierres de ces murs, inlassablement, sans but et sans sens. Qui dessinait ces parcours de murs ? Qui décidait si c’était une ligne droite ou une boucle arrondie ? Qui ? Personne, nous étions à Nemosis.

 

C’était un 29 février. Le 29 février 1976. Comment oublier une date pareille ? Le bateau était venu, comme parfois. Nous étions prêts à accueillir encore un des nôtres. Un prisonnier. Un corps, une âme. Nous descendions lentement à la plage. Mais le bateau n’a rien lancé, n’a rien jeté sur le sable, comme un détritus rejeté par la mer. Le bateau s’est amarré. Une échelle s’est déroulée. Des hommes en uniforme en sont descendus. Avons-nous tremblé ? La vue des uniformes a rappelé des vieux souvenirs au fond de moi. La peur ? J’étais trop vieux pour avoir peur. La peur de la mort m’avait brutalement séduite il y a longtemps et depuis, elle dormait dans mon lit toutes les nuits. Je la connaissais bien. C’était mon amie. J’étais serein, j’avais construit mon histoire en construisant mon mur, notre histoire à tous, secrète, cachée dans les pierres. L’île m’avait pardonné.

 

Les hommes en uniforme ont apporté une table. Une chaise, puis deux. Se sont assis. Le premier avait une pile de papiers devant lui. Il m’a regardé, il m’a appelé. Avec un geste.

– Bonjour, je pense que vous êtes Monsieur Antoine, Antoine Territekis.

Monsieur. Dans ma tête ce mot raisonnait. Monsieur. Moi, un Monsieur ? Moi qui construisais des murs depuis des jours et des jours ? Moi qui n’avais pas de passé, pas d’amis, pas de vie, j’étais un Monsieur ?

– Monsieur, vous m’entendez ? Il insistait, me regardait avec douceur.

 

Je hochais la tête et marmonnais un « oui ». Le son de ma voix me fit sursauter. Je parlais tout le temps, tout le temps je me parlais, mais dans ma tête. D’entendre ma voix était un choc. Je répétai. «Oui, je vous entends».

– Etes-vous bien Antoine Territekis ? Il passait ses yeux de sa feuille à moi.

 

Antoine. J’entendis ma mère m’appeler quand je descendais à la mer. Ma mère qui me cherchait : «Antoine, Antoine, c’est l’heure du goûter!». Je me revoyais courir de toutes mes petites jambes sur le chemin de terre pour vite retrouver la cuisine et les tartines qui m’attendaient.

 

Antoine, c’était mon nom. Je regardais l’homme avec intensité. Il sourit.

– Je crois bien que c’est vous, la photo est ancienne mais c’est bien vous, n’est-ce pas ?

 

Il me tendit un papier, papier sur lequel était inscrit mon nom Antoine Territekis. Il y avait une photo, en noir et blanc. Une photo d’un bel homme, avec des yeux sombres, un grand nez, un air fier. Des cheveux bouclés. C’était moi. Sur le côté de la photo était écrit en grand la date :

 

Le 29 février 1976.

L’officier reprit doucement de sa belle voix.

– Le gouvernement a libéré tous les prisonniers politiques du pays. Nemosis est l’ile prison qui vous retenait tous, nous sommes venus vous annoncer que vous pouvez rentrer chez vous.

Il fit un silence, comme pour laisser de la place à ce qu’il venait de dire.

– Vous êtes le plus ancien de l’île, voulez-vous l’annoncer aux autres ?

Je hochais la tête. Nous étions libres. Libérés ?

– Encore une chose Monsieur Territekis, je préfère vous le dire tout de suite.

Encore un silence. Le vent chantait dans ma tête.

– Votre fils vous attend. Oui, vous avez un fils, il vous attend à Athènes.

Je me tournais vers mes compagnons, je me tournai vers toi que j’avais accueilli et c’est à toi que je parlais quand je m’adressai à notre communauté. Notre communauté d’hommes de pierres.

«Nous sommes libres».

Et je me retournai. Libre. Cela voulait dire que j’aurais une chambre avec une porte et une clé.

Libre, avec une clé, ma clé.

******

Ecrit à la baie d’Agali, Folégandros, île prison des prisonniers politiques jusqu’en 1974, fin de la dictature des colonels.

Commentaires (3)

Webstory
22.11.2020

Félicitations à Jill S.Georges, lauréate du 2er Prix du concours d'écriture 2020

Jill S. Georges
24.09.2020

Merci beaucoup pour ce retour. J'ai été tellement émue par cette île, et je voyais ces hommes. J'ai posté les photos sur Facebook. Jill Székely

Pd

Philomène d'Asuel
24.09.2020

L'écriture est précise, efficace, belle. L'histoire sonne terriblement juste. Et en plus le sujet est important et intéressant. Ce ne sont pas "juste des mots alignés" comme dans certaines histoires. Bravo !

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