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© 2020-2021 Chantal Girard

On ne remonte pas le temps...

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La mort de celui qui était l’autre partie de nous, celui que l’on aimait plus que tout, entraîne une douleur si vive, si insupportable, si profonde qu’il n’existe aucun mot pour la décrire, aucun exemple pour l’expliquer.

 

Certains l’ont expérimentée : cette douleur est inconcevable, inexprimable. Elle ravage l’être tout entier, dévaste le cœur, ruine les espoirs qui avaient cours tant que la vie palpitait et, d’une certaine façon, efface l’avenir…

 

Quand le dernier soupir de l’être aimé s’éteint c’est d’abord l’hébétude… Mais, paradoxalement, c’est également l’impression fulgurante que notre puissance d’amour va pouvoir faire reculer cet inéluctable seconde, lui faire faire un pas en arrière, remonter le temps l’espace d’un seul – d’un unique – soupir, pour simplement retenir à l’infini cet instant juste avant.

Mais on ne remonte pas le temps…

 

Quand on aurait donné sa vie pour sauver celle de l’être que l’on chérit ; quand on a mis toute son énergie, et bien plus encore, pour repousser à la force de l’amour et de la rage de vivre, cette horrible maladie qui ronge de l’intérieur celui que l’on tient contre son cœur ; quand on a repoussé les limites de tout ce que l’on pouvait imaginer et que, malgré toute cette détermination et cette espérance chevillée au corps, ces mots, tel le couperet de la sentence, tombent : « C’est fini » alors le monde s’arrête.

 

Il faudra vivre longtemps encore pour retrouver un jour le goût de l’existence sans l’autre.

Il faudra vivre mille souffrances, mille regrets, mille remords peut-être pour voir s’estomper petit à petit son chagrin.

Il faudra… que sais-je encore ?

Et puis un matin la douleur ne sera plus aussi violente, la guérison sera en chemin. Plus tard, bien plus tard, on verra encore la cicatrice mais celle-ci ne fera plus souffrir autant sauf au changement de temps, de saisons, d’humeur, de rencontres avec les souvenirs…

 

Profite bien de tous ceux que tu aimes et de ceux qui t’aiment car, lorsqu’ils s’en vont, les mots, les attentions, la présence des autres nous aident, c’est vrai, mais la lame de fond qui nous fauche à ce moment, lamine notre être tout entier et nous anéanti pour longtemps.

 

Commentaires (1)

Thierry Villon
04.04.2021

Merci, Chantal, de l'avoir si justement décrit, cet instant où soudain toute la force de la vie abandonne l'être aimé, ne reste au survivant que la grande question : et après ?

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