L’Evanouie

«L’Evanouie» de Jean Bloch-Michel (Ed. Gallimard)De la toile tissée par ces trois récitations, celle d’un homme (le fils), celle de sa mère et celle d’un vieil homme étranger à ce «couple», deux histoires nous sont contées qui se déroulent autour de thèmes semblables: l’amour – le silence – la mort. Telles des mélodies, elles résonnent l’une en mode mineur (essentiellement tournée vers le passé et comme ensevelie dans le silence) et l’autre en majeur (sereine, limpide malgré la gravité des circonstances qui réunissent les deux acteurs). En ce sens, elles pourraient faire l’objet de deux livres distincts si l’une n’était indispensable à l’autre. En effet, l’aventure de la mère intervient dans la vie du fils comme un bouleversement salutaire. L’auteur privilégie la voix du fils et fait de son histoire -pourtant savamment dissimulée et apparemment plus plate et moins romanesque que l’autre- le sujet de ce roman. Cette voix est si insistante qu’elle vient même s’insérer, comme pour en heurter le cours, dans l’autre histoire qui nous est ainsi livrée par bribes, sauf lorsqu’elle arrive à son dénouement; à ce moment-là, le récit du vieil homme peut s’enchaîner à celui de son amie sans être interrompu par le fils, et c’est à partir de là que ce personnage (le vieil homme) va intervenir dans la vie du fils.L’espoir d’une renaissance pour ce dernier se situe à la confluence des deux histoires.

© Témoignage de Zabo

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