Julius répare la chaufferie du célèbre château de Gruyères, quand un événement inattendu bouleverse ce qui ne devait être qu’un travail de routine.
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Sommaire

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Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

 

Chapitre 6

Chapitre 7

                                  

 

Arrivée

Le château se dessine au loin. En dessous, la petite ville s’étire, au fond, immuable et fier l’emblème de la Gruyère : le Moléson. Quelques virages pour escalader la colline éternelle et atteindre le parking où un homme lui fait signe. Le concierge est là pour l’accueillir comme convenu : – Merci d’être venu aussi vite, Monsieur Magne. Avec ce froid et cet afflux de touristes, cette panne nous met vraiment dans l’embarras. Le château ne peut pas rester sans chauffage. – Cela fait partie de nos prestations. Vous me guidez ? Un arrêt à la petite borne électronique, la carte des résidents de la ville de Gruyères leur ouvre sans problème le passage. Julius conduit prudemment sa voiture de dépannage dans la rue du Bourg. Des touristes emmitouflés déambulent dans la rue pavée, photographient à qui mieux mieux les maisons aux façades centenaires, un pan de muraille, les échoppes de souvenirs et l’étrange maison de Chalamala. Au passage, Julius se souvient d’une bonne fondue au fromage, dégustée sur une terrasse un jour de printemps. Suzanne son épouse était ravie et les enfants avaient adoré la meringue arrosée de crème de Gruyère. Il demande : – Selon vous, quel est le meilleur restaurant de Gruyères ? Lequel recommanderiez-vous ? – Ils ont tous une très bonne réputation. J’ai une préférence pour l’Hôtel de Ville ou le Saint-Georges, mais c’est personnel.

 

Au travail

Quelques minutes plus tard, il est à pied d’œuvre dans la chaufferie du château, sa boîte à outils

« spécial dépannage » posée près de lui. La vérification des différents raccordements électriques ne montre rien d’anormal. Chercher la cause d’un problème, avoir de nouvelles énigmes techniques à résoudre lors de chaque intervention, c’est ce qu’il aime dans son métier. Ici, en plus, le client est très exigeant. Il se remémore les paroles de son patron : le château appartient à l’Etat de Fribourg, si c’est trop compliqué, tu agis en professionnel, tu appelles le bureau technique ou le fournisseur.

Le concierge revient de temps à autre voir comment les choses se passent :

– Vous pensez en avoir terminé bientôt ?

– J’ai encore deux ou trois choses à vérifier : la régulation, l’horloge, les différentes sondes… cela peut me prendre une bonne heure. Ça vous pose un problème ?

– Je devrais m’en aller dans une vingtaine de minutes. La réceptionniste termine plus tard et ferme la boutique. Ensuite, ce sera au veilleur de nuit de prendre le relais.

– Bon, si vous leur dites que je suis en bas, l’un ou l’autre pourra me faire sortir quand j’en aurai terminé. Mais je ne m’en irai pas avant que tout fonctionne.

– Parfait, on fait comme ça. Merci de votre intervention et bonne soirée.

– Merci, pareil pour vous.

 

Quand ça dérape

Julius se remet au travail. L’installation est plus complexe que prévu. Les minutes passent, puis l’heure. Depuis un bon moment, il n’a plus entendu personne parler à l’étage du dessus. Une pensée l’effleure : “Espérons que le concierge a bien fait passer le message à ses collègues, pas envie qu’on m’oublie dans ce local isolé”.

La chaufferie ronronne de manière régulière depuis un bon quart d’heure. La température remonte petit à petit. Julius est satisfait : “Tout est en ordre, mission accomplie, je vais pouvoir y aller… Mais qu’est-ce qui se passe là ? Pourquoi donc la lumière du plafonnier s’est-elle éteinte? J’ai une lampe de poche dans mon matériel, faudrait juste que j’arrive à mettre la main dessus. Et ce bruit métallique à l’étage du dessus, on dirait des clés qui tournent dans une serrure, c’est tellement régulier, ça doit être automatique, ça vient à mon étage, ah ! mais non, pitié, pas ça…”

Dans le noir, il se précipite vers la porte, se prend les pieds dans sa caisse à outils, manque perdre l’équilibre. A l’instant où il pose la main sur la poignée, un claquement caractéristique se produit. Il est enfermé :

“Zut alors, trop tard, quelle guigne ! Mon Smartphone…espérons qu’il y a du réseau dans ce trou…il faut qu’on me sorte de là. Autant rêver, rien à faire, pas de réseau, c’est bien ma veine. OoooH ! Y a quelqu’un ? Je suis le réparateur et je suis enfermé dans la chaufferie. Tu parles, sauf à me faire une extinction de voix, je n’arriverai à rien ! C’est vraiment galère, juste au moment de partir !”

 

Découverte surprise

Avec sa lampe frontale, il y voit plus clair. Cela fait bien un bon quart d’heure qu’il cherche en vain à dévisser la porte. Rien n’y fait, malgré l’outillage à sa disposition. Il s’assied sur le sol pour reprendre son souffle. A cet instant, il sent sur son bras gauche un courant d’air plus frais. Il imagine que l’air passe sous la cloison qui sépare la chaufferie du local d’à côté :

“A bien y regarder, je pense que cet air frais doit provenir du sol. Oui, il y a des fentes, tiens même qu’elles forment un carré. Pousser, écarter, tirer sur ce panneau, si c’est une trappe ou une issue, je veux le savoir. Ca y est, il a cédé, c’est bien humide par là en dessous, voyons voir… tiens des marches de bois. Bon, oublions que je suis un peu claustrophobe et allons-y.”

Au bas des marches, il découvre médusé une petite terrasse qui trône au beau milieu d’une grotte assez vaste taillée à même la roche. Sa lampe frontale n’éclaire pas bien loin, mais cela lui suffit pour descendre sans encombre quelques marches de pierre. A sa base, la grotte doit bien faire une centaine de mètres carrés. Ce qui semble être des tuiles concassées recouvre le sol, en lieu et place de gravier : “C’est quoi, ce dépôt ?”

De part et d’autre le long des parois, ont été déposés du mobilier d’âge indistinct, des épées et des hallebardes en piteux état, des coffres fermés par des ferrures et portant des inscriptions qui ne lui disent rien : Comte Pierre III, Comte Michel de Gruyères, Comte Rodolphe IV. D’étranges machines, faites d’un assemblage hétéroclite de roues, de cordes et de courroies, jettent des ombres mystérieuses sur les parois. Par endroits, des couloirs bas et très sombres partent dans différentes directions.

 

Etrangeté

Mais pour Julius, les surprises ne font que commencer : “Bizarre le matériel… Zut, un de mes lacets s’est détaché, vite le renouer, pas le moment de me casser la figure ! Tiens, des bouquins qui traînent par terre, reliés cuir et dorés sur tranche en plus, il n’y a que les musées et les bouquinistes qui tiennent ce genre d’articles. Voyons un peu…Tiens, c’est écrit à la main, en latin ou en vieux français. Et ces dessins sont un mode d’emploi pour ces étranges machines qui servaient… oh ! Quelle horreur… à torturer des gens. Brrr. Voyons si cet autre livre est un peu plus pacifique. C’est aussi manuscrit, des listes d’ingrédients inconnus, des chiffres, des lettres, on dirait des recettes. Ah ! Je crois savoir : c’est un grimoire. Dans quel autre bouquin est-ce qu’on représenterait le diable en train de danser autour d’un chaudron rempli de signes et de chiffres ?” Quand il repose le livre, il s’en dégage une poussière dense qui le fait tousser. Il se sent aussitôt nauséeux et oppressé, ses oreilles sifflent et il n’a qu’une envie : sortir de cet endroit au plus vite. Sa lampe éclaire la paroi en face. D’étranges vêtements affublé de chapeaux colorés s’y trouvent suspendus à des crochets de métal. Pour mieux les voir, Julius fait quelques pas, mais s’arrête aussitôt, glacé d’effroi. De chacun des costumes, dépassent des squelettes, ici un crâne, là des os de mains et de pieds, comme si on avait archivé sur ce mur les restes humains d’une époque, avec leurs vêtements de travail.

A suivre au Chap. 2

Commentaires (1)

We

Webstory
04.12.2016

Une histoire de suspens, de mystère et de fantastique. Tout cela commence dans le Château de Gruyères et ne s'arrête plus! La suite se trouve au Chapitre 2
Bravo Thierry de nous tenir en haleine avec ce feuilleton!

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