Créé le: 22.08.2026
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Soit un ciel en soi

Poème en prose, Poésie

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© 2026 André Birse

Nous avons toujours de nouvelle façons de poétiser la nature de nos pensées et de nos rêves, notre confrontation aussi à toutes les réalités. Voici un petit bout de texte de ce type.
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Soit un ciel en soi

Personne ne le saura

A la belle étoile

Dis-moi ce que tu vois

 

 

L’infini est une donnée de l’âme. Elle autant que lui insaisissable. Permettez qu’un instant je vous confie l’un de mes ciels, celui-là même qui jamais ne nous absorbera. Nous ne partirons pas sans ni même avec lui.

 

Ce qui est insondable ou le dévoilement qui en un tout se ferait apparence. Un matin, ce pourrait être sans mystère que nous comprendrions. Un vide néantisé qui accueillerait la matière. Un caillou ici sur Terre au milieu de la vallée. Un autre lui répondrait chez le dieu de la guerre. Plus loin encore autres planètes et divinités, continuum de voyage de mers en terres, éthers ou sphères semblables et différentes de celles de Baudelaire qui nous a tous devancés par les mots d’«Elévation». Mais il y aura toujours d’autres choses à nommer par chacun de nous, les meilleurs et les autres, dans le ciel avec de pareils mots. Ce doit être un peu la même chose, minerais, couleurs, aspérités. De gare en gare, à vingt minutes de l’enfance, en milliards d’années-lumière chez les saints de l’exubérance.

 

Dans nos rêves nous devions l’un et l’autre courir à Los Angeles en août sur la piste. Aux jeux de l’ère Reagan, un an après Challenger de si haut tombée un matin de janvier. En confiance dans nos nombreux univers intimes. Nous nous retrouvâmes déçus, et bientôt perclus cœurs et corps, dans un pierrier des Aravis. Il gagna la course, que nous improvisâmes, avec chacun en main une tome de chèvre, protégée par le coude. Cet instant, qui me paraissait lourdement perdu, était en vérité une course anonyme et universelle jusqu’à la voiture toute petite depuis le bas du rocher. Quand on pose un pied à terre, c’est un rêve de pierre que nous traversons.

 

Un moment perdu est un plus pour l’univers. Nous commençons à comprendre pourquoi. Tout cet ennui, tout ce mal, se distingue en un plan. Comme le métier qui attend l’ouvrage. Je ne citerai pas Boileau. Mais voyez qu’en une page, cherchant à monter sur un bateau nous nous fîmes ensemble passagers d’un vaisseau. J’ai oublié les noms des passagers de Challenger, mais crois connaître ceux de tous les habitants de la Terre.

 

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