Créé le: 30.07.2022
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Prison maudite

Fiction, Poème en prose, Polar

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© 2022 Thierry Villon

Elle m'a serré dans ses mains crochues, j'ai tenté tous les recours, mais rien n'y fit, j'attends que les années passent.
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Je sens ta présence, Monstre gris qui avale les humains qu’on te fourre dans la gueule grande ouverte. Indifférent au goût des coupables comme à celui des innocents, tu plantes tes crocs acérés de glouton dans leurs âmes dont tu suces la liberté ! Et tu voudrais la mienne, sans que je me défende !
Je te sais, Hydre injuste, jamais repue, jamais gavée. Tu engloutis celles et ceux que les terreurs de l’Histoire et l’horreur des histoires te lancent, comme on jette de la viande à un fauve enragé. Et j’ai vu ceux que plus tard tu recraches, repartir errer dans ce monde, l’âme à moitié vidée. Tes éternels ex-prisonniers, “ont recouvré leur liberté”, sans jamais la retrouver tout-à-fait. Des lambeaux en restent collés aux parois grises de tes boyaux putrides, hantés par le claquement des verrous, par le bruit obsédant des chaînes et des fers et par les cris d’angoisse de ceux que tu broies sans pitié pour en faire des fantômes. Je les entend d’ici, mais je jure que tu ne me brisera pas.
Dans ton ventre géant à l’appétit sans limites, c’est le gris qui domine : gris les rêves des êtres enchaînés, grises les vies de leur geôliers, gris les jours sans fin, grise la cour où l’on traîne, gris les repas sans saveur, gris le soleil qui peine à filtrer dans ce cloaque de mort.

Un seul espoir en moi vivace
Celui qu’enfin je te terrasse
Que le mal termine son tour
Que Liberté rime avec Amour

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