Comme souvent un air fredonné qui fait aller voir jusqu'à se laisser absorber. Là, j'ose pas dire qui ni quoi. Il y a des philosophes sur le site.
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D’une mienne nièce Mylène était la star et 2000 devait encore advenir. Sa musique tournait dans un coin de la maison entre les bougies et les emballages cadeaux. Attention. « Oh! ben oh! », c’est pas dangereux et Farmer c’est beau. Elle a dû m’inoculer la mélodie et les sons en appui que l’on appelle harmonies. Une femme rousse sur la couverture et un corbeau. Encore un. Pas nouveau, pas plus ancien. Oublie. Pas fréquentable, ni l’un, ni l’autre et la nièce s’en ira. Les souvenirs de fêtes aussi. Seuls de pierre les murs n’ont pas bougé. Le temps m’a déplacé et de rangements en dérangements, je ne me suis plus concentré. Si encore un peu, mais pour de vieux lendemains que personne n’ose remplacer. Le temps, venu s’inscrire aux objets trouvés.

 

A certains coins de rues, que je sais ensoleillés dans mes souvenir repus, je reprenais le refrain qui ne servait à rien. Je me réenchantais à chanter désenchantée et n’en pouvais plus de n’avoir rien voulu ni même su. La semaine passée, j’ai pris un risque vidéo et je l’ai fait tourner. J’étais seul, j’ai osé. Je l’ai vu sourire et danser dans son grand bastringue scénique avec des milliers de mains qui a… ttendaient. C’est précieux, impossible et même interdit aujourd’hui – par conférences, tous les mercredis – des milliers de mains. Et la béatitude des foules n’a plus la possibilité de se mirer.

 

Il faut le vivre seul. Le refrain me revient souvent depuis 30 ou 40 ans, aux tournants des rues. « Tout est chaos ». Elle ajoute à côté et une jeune guitariste montante, au nom de fruit, a repris sa chanson aux temps « appropriée ». D’Aragon « c’était hier et c’est demain » me revient tout aussi souvent. Doit-on apprendre à pleurer pour saisir le temp?. Construire de nouveaux étonnements. Le hier de prière, édifier nos agenouillements, une danse avec Mylène qui eût parlé aux divinités. Un pas léger que surprendraient les prises de son, les milieux de l’ennui et ce qui se passe dans nos carafons. L’appréhension du saisissement.

 

L’indifférence n’est plus un sujet quand on sait que la nature broie du noir aussi et qu’elle nous rend tout. J’ai sublimé l’indifférence et l’ai statufié dans un petit coin de mon hors réalité. Nous parlerons aux mots de Mylène qui persiste à danser devant des parterres vides au beau milieu de ses anciens partenaires qui sauront s’absenter. Le vent est dans le temps. Attends, tu repars à point sur « tout est chaos ». Scrute l’avenir dans le contre-temps de ces années déchiffrées qui ne prendront plus la peine de pleurer. Tu pourras « oh! ben oh! » y retourner et t’avertir de bien le ressentir par la force d’une émotion fluide valant prière en ne te refusant rien, pas même l’effort de n’en plus faire. Mylène se retire et ses vidéos attendent jusqu’aux prochains passéistes désenchantés et sautillants. L’idole s’envole, et nous on redescend pour fendre le destin des « mots abîmés ». Plus rien ne va et ça ne cesse de disparaître et de recommencer. A demain vous dis-je.

 

« Rien ne va » est un euphémisme qui annonce le refrain. Et justement la suite des refrains dans la vie, comme les alvéoles de nos poumons, n’engendre qu’un à peu près rien répétitif, une vétuste entrée de paradis rappelant les velléités obsédantes de l’adolescence et du premier âge de maturité où l’on a rencontré Mylène sortant de son cocon scénographique. Les sauts, les circonvolutions des bras, pas de danse et sourire naturel par renvoi à celui des midinettes, femmes devenues.

 

Benoîtement, l’on crut n’avoir pas accès à l’amour alors que c’est le réel qui déjà ne voulait plus de nous. Ce à quoi l’on aspire quant « rien ne va » et que « rien ne va » ne sais plus quoi dire. Le titre du livre sur la table :« ce que parler veut dire ». Pourvu qu’elle fût douce et que l’enchantement ne dépendit plus de l’outre-tombe et moins encore des avants-vie que tout le monde oublie à l’approche des saisons mortes. Farmer est une star qui se conçoit comme telle. Voulant revenir à moi, j’ai pris pied dans sa foule et n’aspire plus à être que le redoux des virtuelles harmonies. Douce enchanteresse à peine née des espaces nus et fluidifiés de la genèse du passé.

 

Beaucoup de joies dans la représentation du tout coloré et dépourvu de dissonance visibles. Elle sourit, du haut de ses mécaniques interférences, animée par une facilité gestuelle qui honore l’anonymat des regards enchantés au milieu desquels je me suis, par essence autant que par indolence, laissé absorber.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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