La malédiction du miroir. Suite de L’Engagement(1), en co-écriture avec PongPing. Continuez l'histoire quand vous voulez!
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La malédiction du miroir

Dans le désordre qui suivit l’accident du rideau, Ping ne réalisa pas tout de suite ce qui se passait. Elle se fraya un chemin dans la bousculade et se dirigea vers le miroir sur les traces de Pong. Avec facilité, elle avança dans la direction du miroir qui, de profil, semblait réfléchir une lumière inexistante. A mesure qu’elle s’approcha, elle entendit de faibles murmures. Y aurait-il encore des gens dans les coulisses? Ping ressenti un mauvais frisson la parcourir lorsqu’elle réalisa que les voix venaient du miroir. Elle resta immobile et entendit nettement des rires. A pas feutrés, elle s’approcha du miroir, le cœur battant toujours plus fort, tellement, qu’elle craignit un instant de se faire surprendre. Elle se plaça lentement devant le miroir dont la surface métallique lui renvoya sa propre image de frayeur. Elle vit Pong. Il était au Café Thalie, buvant et enlaçant Amanda, qui avait dû être délaissée momentanément par Maurice. Le reste de la troupe était là, comme de coutume, après la représentation.

Ping sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et passa de l’incrédulité à la colère la plus noire. Pong avait fuit en l’abandonnant dans le couloir du passé! L’image de l’autre côté du miroir se faisait de plus en plus pâle. Elle ne vit bientôt plus que les petites étoiles des lustres du Café Thalie et les rires s’estompèrent jusqu’au silence. Sans hésiter, elle tenta de traverser le miroir pour rejoindre Pong, mais elle se heurta à une paroi lisse et dure comme du métal. Elle ferma son poing et frappa plusieurs fois le miroir sans que la moindre brêche s’ouvre. Elle ne pouvait pas savoir que le miroir ne laissait passer qu’une personne sur le chemin du retour et c’était Pong qui avait saisi cette chance. Ping était prisonnière du temps. Mais quel temps ?

Elle pleura de rage, de tristesse, d’impuissance… et quand toutes les larmes s’épuisèrent en pure perte, un plan diabolique se forma dans son esprit. Elle pouvait tout endurer mais pas la passivité, l’acceptation de cette tragédie. Si seulement elle pouvait…

Courant dans les coulisses, elle arriva sur la scène, là où gisait le cadavre de Maurice le Vieux. S’agenouillant à ses côtés, elle pris délicatement sa tête ensanglantée dans ses mains et faillit la laisser tomber quand les yeux de Maurice s’ouvrirent faiblement.

– Maurice, reviens ! REVIENS ! NE ME LAISSE PAS ICI TOUTE SEULE !

– …

Aucun son ne sortit de sa bouche. Elle demanda de l’aide aux autres comédiens et ils le portèrent à douze mains jusqu’à la loge de Ping. Se souvenant de ses maigres gestes de premier secours… mince, elle aurait dû mieux suivre le cours… elle se hâta de laver, panser le blessé, tout en se maudissant de n’avoir pas mieux suivi le secours de sauvetage obligatoire qu’elle avait suivi dans sa jeunesse. Mais qu’importe, c’était toujours mieux que rien. Un médecin arriva pour constater – mais cela, elle l’avait déjà remarqué – qu’une jambe avait été écrasée par la poutre qui avait cédé avec le poids du rideau, toute rongée qu’elle était par les termites. Il fit un garrot pour arrêter le sang. Comme dans les plus mavais films de navires en guerre, le vieux médecin appela quelques hommes pour tenir le malheureux Maurice qui n’avait toujours pas repris connaissance et c’est tant mieux. Ils firent l’amputation et lorsque l’acier froid de la hache entra dans la chair, le corps de Maurice fit un tel bond que les hommes eurent du mal à le maintenir. Le mal était fait. Le bien aussi.

Il restait à faire confiance au corps pour qu’il fasse son travail de réparation ou qu’il se rende à tout jamais.

Ping sentit tout à coup l’épuisement de la journée et s’endormit dans un lourd sommeil agité de néant. Lorsqu’elle se réveilla, Mathilde, la servante du théâtre, s’affairait autour de la cheminée. Elle servit l’eau chaude dans un bol de tisane amère et l’apporta à Ping.

– Je peux rester Mam’zelle Patricia. Le vieux est inconscient et il va le rester, ma foi, que Dieu le bénisse. Mais vous, Mam’zelle, vous devez reprendre rapidement des forces. Dieu ne peut plus rien pour vous.

Que voulait-elle dire par là ? Mathilde s’était adresser à elle par son nom. Comment était-ce possible ? Vivait-elle dans deux époques à la fois ? Ses pensées se troublèrent. Quoi qu’il en soit, elle devait poursuivre son plan. Une rapide analyse de la situation confirmait ses craintes :

– Elle était prisonnière d’une époque pas formidable

– Pong l’avait lâchement abandonnée

– Il fleurtait avec sa pire ennemie, Amanda

– Qui prendrait sa place au Théâtre D’Aubaine

– Maurice n’était pas mort… ou presque.

Et si elle pouvait accomplir sa vengeance grâce à Maurice… Que lui restait-il comme issue de toute façon ? Son imagination s’emballa. Maurice devait vivre !

Elle resta auprès de lui, ne ménageant aucune peine pour lui être agréable, pour faire en sorte qu’il vive. Une saison entière passa et le printemps apparut. Ping s’était péniblement habituée à sa nouvelle vie. Un monde étrange où tous ses repères s’étaient volatilisés. Curieusement, vivre au jour le jour, avec des gens simples, où chaque jour suffisait à lui-même était une expérience rafraîchissante. Cette plénitude ne lui enleva pas son désir de vengeance.

Lorsque les feuilles vinrent aux arbres, Maurice se sentit revivre. Il sautillait sur sa jambe devenue plus robuste et une canne faisait office de paire. Malgré son caractère renfrogné, Ping s’attacha à lui. Tout deux s’occupaient du théâtre jusqu’à tard dans la nuit après la représentation. Et un soir, plus doux, plus mystérieux, ils s’unirent avec passion et sans préméditation comme s’ils s’étaient reconnus.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, de cet amour hors du temps naquit un enfant. Au creux de son cou, une petite tâche en forme de triangle, la même que sur la nuque de Pong…

13 mai 1714

 

Chaque webwriter continue l’histoire de son côté. Elle n’a pas de fin, car vous pouvez aussi écrire la suite, et la suite des suites…
L’engagement (1) écrit à quatre mains par PongPing
L’engagement (2) écrit par Starben Case
L’engagement (3) écrit par Priam

 

A VOUS DE CONTINUER L’HISTOIRE !

Les webwriters PongPing vous invitent à rejoindre leur expérience de co-écriture.

Pong et Ping sont arrivés à la page 14 de l’histoire L’ENGAGEMENT, une expérience de co-écriture commencée le 27 août 2012. Une histoire mystérieuse de meurtre et de fantastique. Pong et Ping ont commis le meurtre tant attendu et vous invitent à continuer l’histoire.

Comment participer:

– Lisez le début du récit.: L’engagement (1)
Inscrivez-vous si sur Webstory (si ce n’est pas déjà fait)
– Ecrivez votre version de la suite et terminer l’histoire
– Choisissez la catégorie > Co-écriture L’Engagement (la suite)

Ceci est une expérience proposée par des webwriters à des webwriters. Participation libre
Si vous aussi, vous avez des idées de jeux d’écriture que nous pourrions organiser, n’hésitez-pas à nous en faire part.
Ecrivons ensemble!

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