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© 2012-2021 Priam

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Ma suite de l’Engagement…

L’inspecteur Raymondin était perdu dans ses pensées, attablé dans un coin du café Thalie. Toute cette histoire l’avait plongé dans une perplexité la plus dense : des histoires de miroir, d’actrice disparaissant soudainement, de bruits bizarres dans les coulisses… enfin, un cadavre sur scène. Un vieil homme, vêtu comme un sac, que personne – bien entendu – ne connaissait ni même n’avait déjà vu. Un accident ? Absolument, du moins personne ne dit le contraire. C’est toujours la même chanson, un cadavre et une foule de suspects qui se disculpent dès les premières questions posées. Raymondin avait une longue et belle expérience du métier. Il avait déjà mener à bien une vingtaine d’enquêtes et à chaque fois trouvé le coupable.

Un rideau de scène peut peser très lourd, surtout lorsqu’il est tissé d’un velours au coton très dense et de la meilleure qualité. Le moteur électrique qui l’actionnait s’était subitement emballé, et le rail qui datait de Mathusalem, était rouillé et ébréché en bien des points. Le cadavre, inconnu, n’avait aucun papier d’identité sur lui, âgé d’environ 75 ans, paraissant en bonne forme physique quoique d’une stature plutôt fluette. Les kilos de tissus qui s’étaient abattus sur lui avaient brisé sa nuque instantanément. Aucun avis de disparition à la police municipale, ni sur Interpol qui aurait pu correspondre. Aucun membre de la troupe, ni du personnel d’accueil et d’entretien ne connaissait le personnage, et personne ne savait comment il avait pu apparaître soudainement sur scène, en pleine représentation. Les comédiens en scène avaient pensé sur le moment à une fantaisie de dernière minute du metteur en scène.

 

Plongé dans ses réflexions, l’inspecteur fit une pause en sirotant un peu son café qui refroidissait. Des analyses sanguines et ADN avaient été demandées sur la base de prélèvements effectués sur tous les membres de la troupe et du personnel. Une des comédienne, Amanda, avait d’ailleurs poussé des cris d’orfraie ne voulant sous aucun prétexte accorder un peu de sang et de salive de star pour les besoins de l’enquête. Elle se collait, cherchant un soutien, à son amant du moment, Raoul, le metteur en scène. Pour sûr que cette prétentieuse n’avait rien à se reprocher ; la seule chose qui l’intéressait au plus haut point était la disparition mystérieuse de sa collègue, Patricia Inglewoods alias Ping, qui lui laissait ainsi le champ libre. Si le cadavre sur scène avait été celui de Ping, elle aurait été assurément la suspecte numéro 1.

Le lendemain le labo transmit à Raymondin une première analyse qui mettait clairement en évidence un lien de parenté entre le mort et Gilbert Aubaine alias Pong. Celui-ci avait d’ailleurs été frappé, dès le début de l’enquête, par une certaine ressemblance : il retrouvait des traits de visage de son grand-père paternel dans le visage du mort…

Plusieurs jour plus tard, l’inspecteur reçu enfin les derniers résultats de l’analyse ADN. Attablé comme toujours au café Thalie, devenu une sorte de quartier général, il ouvrit fébrilement la grande enveloppe celée qu’il attendait.

Le dossier détaillait les analyses et les résultats de la vingtaine de personnes concernées. Raymondin n’avait qu’une seule idée en tête. Une seule et unique personne l’intéressait au plus haut point. Les analyses sanguines et les propos de Pong l’avait mis sur une piste qu’il valait la peine d’exploiter. Le dossier était constitué de pages pleines de chiffres, de diagrammes et de formules que seul les initiés pouvaient comprendre. Les seules lignes qui intéressaient Raymondin étaient les conclusives. Celles qui suivaient, en bas de page, le charabia au-dessus, et ce pour chaque personne analysée.

Le pressentiment de Pong avait été fondé. Sa fiche d’analyse mettait clairement en évidence un lien de parenté direct, à savoir père-fils. Cette découverte stupéfia Raymondin. Dans quel pétrin se trouvait-il plongé tout soudain? Le mort était le père de Pong! Etait-ce un remake du “Retour des morts vivants”??

La mort d’Albert Aubaine, le père de Pong, était attestée, et ce depuis 30 ans. Il était mort paisiblement à la suite d’une méningite, dans son lit, à l’âge de 40 ans. Son fils était alors âgé de 10 ans et c’était ainsi compréhensible qu’il n’ait pas gardé un souvenir très précis des traits faciaux de son père. Le seul désir du père avait été de se faire inhumer sous la scène de son théâtre…

Une telle demande était impossible, à l’époque comme de nos jours, à satisfaire. Néanmoins, la chose fut faite. Oh, il y avait bien 5 à 6 personnes qui avaient manigancé pour réaliser cette mise en scène à la fois morbide et théâtrale. Notamment le curé avait été dans le coup, succombant sous les dons généreux de la veuve Aubaine et acceptant que le cercueil, après la balade traditionnelle jusqu’au cimetière, reparte en direction d’un crématoire. D’après les souvenirs de l’assistance, la veuve se serait souvenue juste au moment de le mettre en terre que son cher mari voulait en fait se faire brûler. La suite, on la devine sans peine…

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