Créé le: 27.10.2026
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Au Remor

Genève, Journal personnel, Poème en prose

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© 2026 André Birse

Chapitre 1

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A la fin de l'été, je procédais par petits textes. En voici un écrit en un lieu d'habitudes ...
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Au Remor

 

Ambiance profonde jusqu’à la couleur inaltérée de mon jus de pamplemousse. Musique américaine des années cinquante, piano délicat et voix d’une star montante en duo avec une autre, fatiguée. Jour férié à l’extérieur. Pas de théâtre, malgré le gros catalogue pris en passant sur le meuble à journaux. J’ai quelques voix plantées dans le cœur. Des classiques et le « to be … », qu’il faut relire souvent avec d’autres extraits. C’est très fort le théâtre, à Genève ou ailleurs, bien que j’y sois peu allé. Pas de cinéma, quand on y pense. J’ai tout vu et je n’y suis presque jamais entré bien que j’en sois ressorti parfois, plus interloqué que pacifié. Présence de lui en moi, comme cette dernière scène au couchant ensanglanté. Pas de musique alors qu’ils en donnent et de belles ici à côté. Les quintettes au plus profonds des cieux, ceux-là même qui sont en soi. Les entr’actes comme autant de souvenir abîmés. Le sentiment d’avoir, par elle la musique, perçu la sublimité. Pas d’art de la peinture malgré ces tableaux aux murs accrochés. Ce travail amateur qu’une note de jazz vient blanchir et renforcer. Le travelling voiture à l’extérieur dans l’écoulement de sa constance. Le même depuis un siècle, trams, voitures différentes au fil du temps. Je vois passer l’ancienne Aston Martin de mes parents fiers à l’idée qu’elle était d’occasion. L’histoire de la peinture m’attendra au grenier ou à la cave descendra. Je garde en un lieu inconnu de ma personne, fût-ce en moi, le marc de café que tout ce réel laisse déposer. Voudrais-je laisser libre cours à ma négativité que je n’y parviendrais pas. L’expérience que nous fait faire la vie est indéniable comme l’est le poids du fardeau des envies dépassées. Ces fulgurances qui me saisissaient et m’emportaient comme un aigle protecteur, je ne les éprouve plus. À pleine vitesse j’ai traversé les aubaines et tenté de contourner les contraintes. L’existence allait nous épouser. Je n’ai toujours pas reconnu la voix de la chanteuse peut être bien Billie Holliday. J’apprécierais que ce soit elle mais elle ne me doit rien. Elle a tenu toutes ses promesses malgré les épouvantables difficultés par elle rencontrées. Cette atmosphère est la même en ce lieu de tout temps. Elle est aussi une circulation. Le potentiel qui nous invitait à tout tenter. Je suis tout de même étonné de n’avoir à ce point aucune idée de la vérité des choses. Je vais faire comme les autres. Payer et m’en aller. M’attendent une rue un escalier, d’autres jours de congé et cette sensation de n’avoir ni tout reçu ni tout donné.

 

10 septembre 2026

 

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