Petit défi relevé : placer les 54 mots d'un billet de loterie à gratter dans un texte. Cherchez-les ! Si vous voulez immédiatement la réponse, une seconde version du texte, à la suite du premier, vous la donnera.
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Ils se rencontrèrent par hasard au bord du lac de Tanay un soir d’automne. Lui, dans son jeans usé et sa veste en pur cuir de porc, sortait d’une kermesse. Elle, le menton enfoncé dans son pull en mohair vert à peine utilisable, un ancien arc en bois d’orme en bandoulière, efficace mais démodé à l’ère des matériaux synthétiques, sortait d’un tournoi de tir sur des cibles de paille à 70 mètres.

Jeunes, échevelés, ils se plurent immédiatement. Il n’eut pas besoin de faire le coq pour la séduire. Elle n’eut pas à user du charme des trémolos suaves de sa voix trop souvent off pour qu’il soit fan d’elle.
L’entame de leur conversation, le premier set du derby dirons-nous, se déroula sans accroc majeur. Elle tourna autour de leurs récents voyages. Il raconta son dernier séjour au Kasakhstan, durant lequel il fut mordu par un serpent, ce qui l’obligea à recourir à la technique du garrot. Elle lui raconta son périple en Perse, l’Iran aujourd’hui, où un élu local lui expliqua comment exploiter une nappe de pétrole récemment découverte près de son village, au milieu du désert. « Nous devons d’abord la cartographier avec plusieurs arcs de cercle entrecroisés, installer le forage, puis nous acclamerons la première gerbe du gisement (sic) », lui confia-t-il.
Le jeune homme buvait ses paroles. Il tombait des nues. Puis, se ressaisit et s’enhardit. Il proposa à sa compagne de boire une petite coupe d’asti. Prévoyant, il avait glissé la demi-bouteille de mousseux dans sa poche en quittant la kermesse, afin de la déguster plus tard. Il se réjouissait maintenant d’avoir agi de la sorte.
Le soleil couchant se reflétait sur la surface du lac. Une légère brise faisait ondoyer un genet à côté d’eux. Bientôt le ciel et l’eau se confondraient et fonderaient du gris entre chien et loup. Le jeune homme se décida à passer la vitesse supérieure avant que l’effet romantique du coucher de soleil ne disparaisse. Leurs impatiences étaient réciproques. « Qu’est-ce qu’il attend ce type ? », se demandait-elle. Elle osa lui lancer : « C’est pour aujourd’hui ou pour demain ? »
Un brin offusqué, il l’embrassa, et dut faire de gros efforts pour disjoindre les dents de sa partenaire. Est-elle vraiment consentante, ou est-ce un jeu ? se demanda-t-il. « Vous annihilez mes efforts. Pourquoi faites-vous ça ? », lança-t-il, étonné.
« Il ne faut jamais s’arrêter après le premier essai, répondit-t-elle, l’air amusé. Je n’ai pas l’intention de vous flouer en vous faisant croire que vous vous heurtez à un mur ».
Ragaillardi, il se rua sur elle, la déshabilla et s’acharna sur son entrejambe touffu. « Dans ce magma, vous désherbez à la main ou plutôt avec les dents », s’exclama-t-elle en riant. Il s’arrêta net, vexé. L’ambiance romantique s’était totalement estompée, remplacée par la froideur du monde réel. Une lumière blafarde, semblable à celle d’un néon, enveloppait les rives du lac. Voilà ce qui me pend au nez, quand je suis trop pressé, pensa-t-il. Et si je m’excusais ? songea-t-il. Ce qu’il ne fit finalement pas.
Le charme était rompu. Confrontés à cette situation, les uns auraient abandonné la partie de jambes en l’air, les autres auraient remis l’ouvrage sur le métier. Il hésitait. Elle attendait. « Sciera-t-il la branche sur laquelle il s’est déjà couché ? se demanda-t-elle, fatiguée par ce petit jeu qui l’usait.
Plongé dans sa réflexion et son profond dilemme, le jeune homme, épuisé par l’extraction de beaucoup trop de matière grise pour son petit cerveau, s’endormit, en rêvant de sa compagne d’un soir accouplée à son meilleur ami. « Ma parole, il ronfle ! », s’exclama-t-elle, avant de partir l’anglaise.

 

 

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Réponse:

 

 

Ils se rencontrèrent par hasard au bord du lac de Tanay un soir d’automne. Lui, dans son jeans usé et sa veste en pur cuir de porc, sortait d’une kermesse. Elle, le menton enfoncé dans son pull en mohair vert à peine utilisable, un ancien arc en bois d’orme en bandoulière, efficace mais démodé à l’ère des matériaux synthétiques, sortait d’un tournoi de tir sur des cibles de paille à 70 mètres. Jeunes, échevelés, ils se plurent immédiatement. Il n’eut pas besoin de faire le coq pour la séduire. Elle n’eut pas à user du charme des trémolos suaves de sa voix trop souvent off pour qu’il soit fan d’elle.
L’entame de leur conversation, le premier set du derby dirons-nous, se déroula sans accroc majeur. Elle tourna autour de leurs récents voyages. Il raconta son dernier séjour au Kasakhstan, durant lequel il fut mordu par un serpent, ce qui l’obligea à recourir à la technique du garrot. Elle lui raconta son périple en Perse, l’Iran aujourd’hui, où un élu local lui expliqua comment exploiter une nappe de pétrole récemment découverte près de son village, au milieu du désert. « Nous devons d’abord la cartographier avec plusieurs arcs de cercle entrecroisés, installer le forage, puis nous acclamerons la première gerbe du gisement (sic) », lui confia-t-il.
Le jeune homme buvait ses paroles. Il tombait des nues. Puis, se ressaisit et s’enhardit. Il proposa à sa compagne de boire une petite coupe d’asti. Prévoyant, il avait glissé la demi-bouteille de mousseux dans sa poche en quittant la kermesse, afin de la déguster plus tard. Il se réjouissait maintenant d’avoir agi de la sorte.
Le soleil couchant se reflétait sur la surface du lac. Une légère brise faisait ondoyer un genet à côté d’eux. Bientôt le ciel et l’eau se confondraient et fonderaient du gris entre chien et loup. Le jeune homme se décida à passer la vitesse supérieure avant que l’effet romantique du coucher de soleil ne disparaisse. Leurs impatiences étaient réciproques. « Qu’est-ce qu’il attend ce type ? », se demandait-elle. Elle osa lui lancer : « C’est pour aujourd’hui ou pour demain ? »
Un brin offusqué, il l’embrassa, et dut faire de gros efforts pour disjoindre les dents de sa partenaire. Est-elle vraiment consentante, ou est-ce un jeu ? se demanda-t-il. « Vous annihilez mes efforts. Pourquoi faites-vous ça ? », lança-t-il, étonné.
« Il ne faut jamais s’arrêter après le premier essai, répondit-t-elle, l’air amusé. Je n’ai pas l’intention de vous flouer en vous faisant croire que vous vous heurtez à un mur ».
Ragaillardi, il se rua sur elle, la déshabilla et s’acharna sur son entrejambe touffu. « Dans ce magma, vous désherbez à la main ou plutôt avec les dents », s’exclama-t-elle en riant. Il s’arrêta net, vexé. L’ambiance romantique s’était totalement estompée, remplacée par la froideur du monde réel. Une lumière blafarde, semblable à celle d’un néon, enveloppait les rives du lac. Voilà ce qui me pend au nez, quand je suis trop pressé, pensa-t-il. Et si je m’excusais ? songea-t-il. Ce qu’il ne fit finalement pas.
Le charme était rompu. Confrontés à cette situation, les uns auraient abandonné la partie de jambes en l’air, les autres auraient remis l’ouvrage sur le métier. Il hésitait. Elle attendait. « Sciera-t-il la branche sur laquelle il s’est déjà couché ? se demanda-t-elle, fatiguée par ce petit jeu qui l’usait.
Plongé dans sa réflexion et son profond dilemme, le jeune homme, épuisé par l’extraction de beaucoup trop de matière grise pour son petit cerveau, s’endormit, en rêvant de sa compagne d’un soir accouplée à son meilleur ami. « Ma parole, il ronfle ! », s’exclama-t-elle, avant de partir l’anglaise.

 

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