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Une nouvelle sur le thème de l’espoir. L’idée : l’espoir ne fait pas vivre, il tue - ne serait-ce que de désir inassouvi.    À ne pas mettre entre toutes les mains… c’est explicite :)
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Qui vit d’espoir mourra de désir (nouvelle version)

Comme tous les matins, j’enfile mon uniforme – je suis liftière dans une banque cossue du centre-ville. Un deux-pièces bordeaux agrémenté d’un coquin chapeau de groom, il est seyant, mais aujourd’hui c’est mercredi et je prends tout particulièrement soin de ma toilette. De l’aiguille de mes hauts talons aux amples boucles de ma rousse chevelure, tout en moi est lissé, pomponné, parfumé. D’élégants bas aux reflets satinés soulignent le galbe de mes jambes élancées, laissant le haut de mes cuisses et mes fesses savourer la douceur du fourreau interne de ma jupe. Ma blouse en soie légère invite au contact, d’autant que mes seins, excités par anticipation, tendent à déborder de la fine dentelle de leur nid pigeonnant. Ma gorge est tendre, à peine soulignée par un collier de quartz qui lance quelques feux. J’ai soigné mon maquillage, mettant discrètement en valeur mes lèvres charnues, mes hautes pommettes, mes yeux noisette qui brillent d’impatience. Je me sens belle ; je suis prête.

 

Il est 10h27 et, comme chaque mercredi, le voici. Je l’attendais et pourtant mon cœur tressaille à son entrée dans le grand hall ; de mon abri, je m’emplis les yeux de sa beauté arabisante, fredonnant en silence « il était grand, il était beau, il sentait bon le sable chaud… ». Quel homme ! Je le vois approchant de sa démarche souple, tel un félin dont il a le poil noir, les yeux étincelants, l’attitude prédatrice. La pointe de sa langue parcoure ses lèvres pulpeuses avant de m’offrir ce fameux sourire qui toujours m’éblouit.

– Bonjour mademoiselle ! lance-t-il d’un ton joyeux.

– Bonjour monsieur. Nous montons ?

– Certes !

 

Je referme derrière lui la porte de l’ascenseur et nous voici seuls, enfermés dans la luxueuse cage aux parois d’acajou. Debout devant mon tabouret, j’ose à peine lever les yeux. Je le sens qui m’observe, me hume ; mon cœur s’accélère, soulevant ma poitrine. Aujourd’hui, peut-être ? Oui, oui !

 

Je le sens qui approche, il relève mon menton de son doigt replié, m’invite à me noyer dans l’intensité bleue de ses yeux de lynx ; encore le félin, hypnotisant sa proie. Ses deux mains doucement encadrent mon visage, glissent vers l’oreille, s’enfoncent dans mes cheveux. Quelques centimètres, puis quelques millimètres séparent nos lèvres ; nous échangeons nos souffles dans une torture exquise, qui se prolonge encore et encore. Je ne peux retenir un gémissement et, telle une réponse qui fuse à ce signal, nos bouches s’unissent enfin, se dévorent, nos langues tournoient comme des chiots affolés. Fraîches et ardentes, nos salives mêlent leurs savoureuses épices. Je mords sa lèvre inférieure, l’aspire et c’est lui qui gémit. Sa main presse mon épaule, mon dos, descend jusqu’à la chute de mes reins qu’elle plaque contre lui. Je sens son corps fiévreux, son membre pulsant de désir à travers la toile.

En réponse je m’accroche d’une main à sa nuque, l’autre soulève sa chemise, caresse et griffe son dos, alterne pulpe et ongles sur son torse frémissant. Il quitte mes lèvres et plonge son visage dans mon cou, me lèche, me suce, me mord et me mignote, et ses mains impatientes s’emparent de mes seins, les soupèsent, les pétrissent, en pincent les tétons. D’un coup de reins il me hisse sur le haut tabouret et ses lèvres gobent mon sein gauche, l’aspirant si fort que je crie de douleur et de plaisir. Ce n’est plus un chat, je le sens comme un poulpe aux mille tentacules, je suis sa prisonnière ô combien consentante, ô con bien, con sentant !

Vibrionnant, ses lèvres et sa langue agile explorent chaque courbe, chaque colline, chaque vallon de mon corps, son nez s’attarde sous mon aisselle, ses dents mordillent gentiment, puis mordent avec ardeur, marquant ma chair de leur feu. Peu à peu ses mains soulèvent ma jupe, découvrent avec plaisir la part libre et vibrante qui l’accueille au haut de mes cuisses. Mes doigts plongés dans ses cheveux soyeux, je l’accompagne, l’encourage ; mon corps n’est qu’intense vibration. Ses doigts pétrissent mes fesses, puis, avec une surprenante douceur, retirent lentement ma culotte ouvragée, la faisant glisser dans une longue caresse. Ses lèvres font le chemin inverse, remontant à petits suçons le long de mes jambes qu’il hisse au-dessus de ses épaules. Je tremble d’impatience. Sa bouche approche lentement entre mes cuisses qui s’ouvrent pour l’accueillir, s’attarde longuement au-dessus des jarretelles, mordille cette chair si sensible. Je suis folle de désir ; ma source s’écoule et l’invite à plonger. Il pose enfin ses lèvres sur les miennes, en écarte les pétales, et sa langue comme une délivrance atterrit large et chaude sur mon tendre bouton. Sublime.

 

Qui vit d’espoir mourra de désir (nouvelle version)

Il s’empare de ma chatte avec passion, léchotte, suçote, mordille, sa langue m’explore dans un rythme progressif et profond. Il humidifie et cajole mon anus et le pénètre d’un doigt, sa langue lui répond de l’intérieur, stimule mon plaisir et je tressaille et vibre, vibre… un rire de pure jouissance m’échappe en éclatant. Éperdue, bouleversée, je le sens boire mes sucs les plus intimes, câliner encore ma fleur avec tendresse.Quand je reprends mon souffle, je le relève doucement, caresse son visage d’homme dont j’ai tant rêvé, savoure dans sa bouche le goût de mon intimité. Tendresse.

 

Mais je sais son désir, et ma main caresse son flanc, descend jusqu’à faire rouler ses bijoux entre mes doigts avant de saisir son mât fièrement dressé ; je savoure sa puissance qui pulse entre mes doigts, je l’enrobe, le palpe, le masse de tout son long, le sens joyeusement bondir. Puis, mes pieds croisés dans le bas de son dos, je le guide, il frappe à ma porte et je l’invite à entrer ; il ne se fait pas prier, s’élance gaillardement à l’assaut. Il me bourre et me fourre, passionnément, son ardeur me brûle. Au début lent et profond son rythme se fait endiablé, son transport me transporte et je le veux et le reçois en moi, il me veut et se donne tout entier, de plus en plus fort, de plus en plus profond, jusqu’à l’explosion. Sa jouissance entraîne la mienne et nous atteignons la cime du plaisir, agrippés l’un à l’autre, l’un en l’autre. Nos cris et nos rires se mêlent. Essoufflés, tremblants, nous ne faisons plus qu’un.

 

Qui vit d’espoir mourra de désir (nouvelle version)

La sonnerie de l’ascenseur, telle une gifle, me tire de ma rêverie. À peine trente secondes se sont écoulées et nous sommes arrivés. Il se tourne vers moi :

 

– Au revoir, mademoiselle. Bonne journée.

 

Je reste coite et lentement, avec regret, je referme la porte.

 

Il ne s’est rien passé.

 

Comme disent les Italiens : « Qui vit d’espoir meurt de désir ». Un de ces jours, c’est sûr, j’en mourrai.

Commentaires (2)

Mouche
24.01.2020

'Merci beaucoup Allyce !'


24.01.2020

'Vous avez dévulgarisé le mot "con" tellement abusé et connoté négativement dans le langage commun, ça ne fait pas de mal. Sourire. '

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