08.09.2019 567 1 Perdues et retrouvées

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© 2021 Eloïz

Avant de sortir, Louise enroule un foulard bleu roi autour de son cou. Son collier de coton coloré disparaît sous ce nouveau ciel. Ses cheveux sont des lianes qui pendent souplement dans son dos. Elle ouvre la porte et tâche de ne pas soupirer.
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C’est un après-midi de printemps et la ville respire calmement. De la fenêtre du salon, Louise regarde passer la foule. Une femme traîne le pas, perdue dans ses pensées. Trois enfants se disputent sous l’œil lourd de leur père. Un couple à peine adulte tangue, doigts enlacés, ivre de lui-même. Des hommes se croisent sans un regard. Ou en regardant trop. Des femmes, qui parlent, s’arrêtent, repartent, sourient. Des yeux ronds, des bras longs, des jambes fortes ou fines. Des formes, des couleurs, des mouvements. Louise passe des heures à contempler ce ballet infini.

 

– Tu n’en as pas marre de rester postée à cette fenêtre ?

 

Dans la voix de sa mère, les tonalités familières : impatience, déception, incompréhension. Une fois de plus, Louise ne répondra pas à cette question. Elle est bien devant sa fenêtre. Mais sa mère ne le comprend pas et l’inévitable arrive.

 

– Va faire un tour Louise ! Je t’en prie, va prendre l’air, ça te fera du bien. Tu m’angoisses à rester plantée là !

 

Elle obéit à sa mère, faute de savoir quoi répliquer. Pourquoi aime-t-elle tellement regarder ces inconnus sans les approcher ? Pourquoi la fenêtre du salon et non pas celle de sa chambre ? Pourquoi faudrait-il qu’elle se mêle à cette foule ? Ne peut-elle pas l’aimer à sa façon ? Silencieusement. De loin.

Avant de sortir, Louise enroule un foulard bleu roi autour de son cou. Son collier de coton coloré disparaît sous ce nouveau ciel. Ses cheveux sont des lianes qui pendent souplement dans son dos. Elle ouvre la porte et tâche de ne pas soupirer.

 

***

 

Prendre l’air est, au dire de sa mère, un remède universel et tout puissant. Si elle parle trop peu, ne cligne pas assez souvent des yeux ou oublie de manger, le verdict l’attend au tournant :

 

– Va prendre l’air !

 

Et Louise s’exécute. Elle ne sait pas comment l’attraper ce bienfaiteur invisible, mais elle essaye de son mieux. Docile Louise, qui se force aujourd’hui encore à respirer un peu plus fort, se remplit d’odeurs et s’assied sur les marches en pierre de l’église, au centre de la place. Immobile, les jambes serrées contre sa poitrine, les bras autour des genoux, elle regarde de nouveau la foule. Si proche maintenant. Si bruyante. Elle pense à se boucher les oreilles, se rappelle qu’elle doit prendre l’air, inspire trop précipitamment et affole ses poumons. Toux, larmes, tremblements. Puis le calme revient. Louise se concentre. Elle respire, puis observe. Observe, puis respire. Quand elle se sent prête, elle fait les deux à la fois.

C’est alors qu’elle le voit pour la première fois. Assis à côté d’elle, à quatre mètres à peine. Il porte des chaussures usées aux lacets dépareillés. Un pantalon en velours vert, élimé et lourd de souvenirs. Une chemise claire sur un torse sec, noueux. Une tête digne des plus beaux épouvantails : masse de boucles blanches dégoulinant le long de ses joues pour se transformer en une barbe vigoureuse. Louise y voit des miettes et de la poussière entrelacées. Elle pense que si elle se rapprochait, elle y trouverait des brins d’herbe et même quelques fleurs. Mais elle n’en a pas le temps. A peine renseignés sur leur propriétaire, ses yeux sont hypnotisés par la danse folle des longues mains du vieil homme. Elles bougent tant qu’elles en sont presque floues. Mais est-ce vraiment elles qui bougent ? Car plus elle les observe, moins elle ne peut se défaire de l’impression enivrante que leurs sauts et sursauts ne servent qu’à faire valser la foule. L’homme ouvre les doigts : les passants font un pas de côté. Le pouce et l’index se frôlent : une famille se tient par la main. Son poing se ferme : c’est un public attentif qui contemple le clarinettiste et son chapeau parsemé de piécettes. Chacun de ses mouvements dicte ceux des hommes et des femmes qui l’entourent.

 

Louise reste longtemps fascinée par ce vieil homme. Elle qui, toujours, se tient à l’écart, voit ce magicien magnifique donner vie à un ballet délicat. Elle sent naître en elle un désir indistinct Elle aurait voulu dire à cet homme qu’elle l’aimait. Ce vieillard, avec sa tignasse de neige et ses mains volantes. Elle aurait voulu poser sa main sur son épaule, le secouer gentiment, juste assez pour qu’il se tourne vers elle. Alors elle lui aurait dit :

– Je vous aime.

Tout simplement. Sans besoin d’autres mots. Il comprendrait. Il sourirait. Et cette vie qu’il offrait à la foule, il la lui donnerait à elle, toute entière. Elle serait à nouveau… quelque chose. Quelqu’un qu’elle n’était plus. Qu’elle avait été ? Louise se sent confuse. A l’intérieur nagent des pensées informes qui la remuent.

 

Elle y pense, assise sur les marches en pierre en regardant le soleil clignoter derrière les nuages. Entre ombres et lumière, la frontière s’effrite. Les moutons se parent de gris. Les rangs se resserrent et elle craint que bientôt tout devienne sombre pour de bon. L’air lui-même tourne. Une odeur de mégot lui fait froncer le nez et inspirer un peu moins pleinement. Une moto contourne la place à grand renfort de gaz bruyants. Des relents de cuisine grasse s’échappent de la roulotte d’un vendeur ambulant. Louise comprime encore un peu plus ses poumons et se retient de lever la tête vers le soleil qui se fait engloutir.

 

La foule continue à s’agiter, mais la magie est perdue. Louise n’a pas besoin de regarder à côté d’elle. Elle le sait. Le vieil homme est parti. La danse est finie. Louise est seule assise sur la pierre froide et le ciel se met à gronder.

 

***

L’averse a été brève, mais efficace. Louise est trempée de la tête aux pieds. Le tissu fin de sa blouse colle à sa peau. Ses cheveux gouttent dans son dos. Autour de son cou, le foulard et le collier de coton pèsent lourd.

 

Elle n’a pas cherché à s’abriter, a préféré regarder la foule se disperser puis se reformer, morcelée, sous des abris de fortune. Seule désormais aux pieds de l’église, elle ferme un instant les yeux. L’odeur du bitume mouillé la ramène toujours au même souvenir.

 

Elle devait avoir quatre ou cinq ans. Accroupie sous la passerelle d’un échafaudage, elle écoute les gouttes s’écraser en cadence. La poussière donne aux flaques naissantes une teinte grisâtre, comme si le béton coulait des murs pour rejoindre le sol. Les tuyaux métalliques qui l’entourent forment une forêt luisante et sans feuilles. Louise est seule, mais sans crainte. Elle ne sait pas comment elle est arrivée là, ne se rappelle pas d’un avant. Comme si elle avait surgi du néant, là, sous cet échafaudage. Vêtue d’un imperméable trop grand et de bottes en plastique. Juste pour écouter, voir et sentir la pluie qui tombait du ciel.

 

***

Louise est rentrée chez elle et a troqué ses habits mouillés contre d’autres, similaires, mais secs. Elle est revenue à son poste d’observation dans le salon familiale. Dans la rue, la foule a repris sa marche, le pas un peu pressé, les yeux au ciel, guettant la prochaine averse.

 

Louise sent sa mère qui approche. Le bruit des talons sur le parquet du couloir. Le grincement des lattes du seuil du salon. Le froissement de sa robe lorsqu’elle s’appuie, bras croisés, dans l’embrasure de la porte. La moue contrariée que font les lèvres soigneusement dessinées. Louise sait le regard de reproche qui va de ses pieds nus à ses cheveux emmêlés.

 

L’air bouge imperceptiblement alors que sa mère inspire avant son éternel :

 

– Qu’est-ce que tu fais ? Le ton se veut anodin, poliment curieux, mais il transpire déjà le reproche.

– Je regarde la rue, maman.

 

Louise sent sa mère se crisper. L’air se cristallise, mais la femme s’entête.

– Tu es déjà rentrée de ta promenade ?

– Oui

– C’était bien ?

Louise ne sait pas quoi répondre. Une promenade. Pas de promenade. Quelle différence ? C’est la même foule à regarder, juste d’un endroit différent. Elle ne parle pas du vieil homme qui est entré dans sa vie. Elle garde ce trésor pour elle.

 

Le silence devient épais. Plus sa mère insiste de sa présence silencieuse, plus Louise se renferme. La même impasse jour après jour.

 

Puis, soudain, une question jaillit. Inattendue. Un peu hésitante, Louise s’entend demander :

– Maman ? Tu n’as jamais regretté de m’avoir recueillie ? Un silence différent, un peu mal à l’aise, qui voudrait gagner du temps.

– Pardon ?

– Est-ce que tu te dis des fois que tu serais mieux sans moi ?

– Mais enfin, ma chérie, qu’est-ce que tu racontes ?

– Pourquoi as-tu adopté une petite fille trouvée au milieu d’un chantier ? Tu ne me parles jamais de mon passé…

– Louise, voyons ! Tu as passé à peine dix minutes sur ce chantier pour je ne sais quel caprice. Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’adoption ?

Louise se retourne et observe sa mère. Elle semble sincère. Ses traits reflètent de mémoire la panique qui l’avait saisie lorsqu’elle avait cru sa fille perdue, il y a si longtemps. Elle avait ensuite interdit formellement à la petite de s’éloigner hors de vue. Mais aujourd’hui, à cause de l’averse et du souvenir, Louise croit percer des détails nouveaux derrière ce masque inquiet. Une lueur apeurée dans ses yeux. Des lèvres juste trop pincées. Un tremblement du menton… Alors elle poursuit :

– Je portais un imperméable vert, n’est-ce pas ?

– Hmmm… ?

– Quand… Je me suis égarée. Je portais un imperméable vert, non ?

– Oui, oui. Un imperméable et des bottes en plastique. Mais à quoi riment ces questions ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

 

Louise fait mine de ne pas entendre la détresse dans la voix de sa mère. Il faut qu’elle continue. Quelque chose la tire en avant . La pluie, les échafaudages, des odeurs mouillées… Un nom surgit du fond de sa mémoire. Un nom qui lui parle.

 

– Alice…

Ce n’est rien qu’un murmure. Elle s’entend à peine le prononcer, mais sa mère s’arrête de respirer.

– Alice ?

Un peu plus fort, cette fois. Ça sonne bien. Elle aime ce nom. Sa mère s’affaisse. Son dos fier soudain devient mou et ses mains s’agrippent au cadre de porte.

 

– Qui est Alice ?

Le nom prend de l’ampleur, secoue Louise pour qu’elle le laisse revenir, qu’elle se souvienne.

– Qui est Alice ? répète-elle en regardant sa mère qui la dévisage, les larmes aux yeux.

Il y a quelque chose de tendre dans cette détresse, de l’espoir dans sa grimace. Et lorsqu’elle parle enfin, sa voix est douce derrière sa tristesse.

– C’est toi…

Louise ne comprend pas, attend les explications.

– Alice, c’est toi. C’était toi. Ton nom. Avant que tu ne reviennes du terrain vague, tu t’appelais Alice.

 

Il faut moins de cinq minutes pour que sa mère lui explique. Un jour, la petite Alice a lâché la main de sa maman qui l’emmenait chez une amie. Elle a filé sur ses jambes élastiques, malgré l’orage qui menaçait, sans prévenir, sans raison, comme appelée par un ordre qu’elle seule pouvait entendre. Elle a disparu dix minutes, jusqu’à ce que sa mère la retrouve sous l’échafaudage d’un chantier déserté. Elle n’avait rien, en apparence du moins. Mais depuis ce jour, elle ne se séparait plus d’un collier de coton coloré et ne répondait plus qu’au nom de Louise.

 

– Et tu n’as rien fait ?

– Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Tu étais en bonne santé, ni blessée, ni effrayée. Juste différente. Plus calme, plus retirée.

– Mais, et mon prénom ?

– Au début, j’ai cru que c’était un jeu pour toi. Puis je me suis habituée.

– Et ce collier ?

 

– Tu as refusé de l’enlever, même pour ton bain, même pour dormir. Tu le couvais comme le plus fabuleux des trésors. Tu ne m’as pas dit qui te l’avait donné, ni où tu l’avais trouvé, mais à ton regard chaque fois que je m’en approchais, je voyais bien que tu refuserais de t’en séparer. D’ailleurs, il n’a pas quitté ton cou depuis quinze ans.

 

Louise passe une main sur les fils usés qui reposent sur son cou. C’est un geste qu’elle fait des dizaines de fois par jour sans s’en rendre compte. Elle caresse l’entrelacs de coton, sent les jointures où une couleur passe le relais à une autre, puis saisi un à un les trois plumets centraux qui caressent doucement son décolleté. Ce collier fait partie d’elle, elle n’y pense jamais. Comme ses pieds sont au bout de ses jambes, sa langue dans sa bouche et son nez au milieu du visage, ce collier est autour de son cou.

 

***

Elle est ressortie prendre l’air, de sa propre volonté cette fois. Il y a au salon trop de passé et de résignation. Dans la rue, la foule anonyme lui fait du bien. Sur les escaliers en pierre, elle attend.

 

Le vieil homme ne réapparaît pas ce jour-là. Ni le lendemain. Ni le surlendemain. Louise passe désormais des heures les fesses collées à la pierre, les yeux suivant avidement des têtes, des jambes et des cheveux inconnus. Lorsqu’elle cligne des yeux, d’autres images s’immiscent. Des champs de blé bercés par un vent chaud. Des enclos où broutent des ânes trop maigres. Des routes parsemées de gravier. Et toujours, qui revient, un arbre noueux sur une colline. Il est si présent que, parfois, elle le voit même en gardant les yeux ouverts. Il est au coin de la rue, dans le bois d’une cane sur le pavé, reflété dans les vitrines, éclipsé par le soleil avant de devenir solide.

 

C’est au sortir d’une rêverie qu’elle remarque une photo comme abandonnée sur les marches à côté d’elle. D’un geste lent, elle s’en empare. Le papier est ancien, jauni et écorné. Une odeur de poussière s’en échappe et Louise se retient d’éternuer. L’image est de mauvaise qualité. On y voit une fillette au pied d’un grand chêne. Elle sourit à quelque chose ou quelqu’un, hors du cadre, qui semble la rendre heureuse. Ses yeux sont plissés face au soleil rasant d’une fin de journée qu’on devine torride. Et dans sa main, entre des doigts délicats, un collier de coton d’où pendent trois plumets dansant dans le vent.

 

– Mon collier… murmure Louise en portant une main à son cou.

Aucun doute.

Alors Louise comprend bien vite que cette photo n’était pas là par hasard. Elle l’attendait. Quelqu’un l’avait déposée ici pour qu’elle la trouve.

 

En retournant le carré de papier, elle découvre une inscription grossièrement tracée : Croisée de la cantonale et du chemin forestier. Au zénith. C’est un rendez-vous.

 

***

 

Lorsqu’elle arrive après un long trajet dans un bus bruyant, Louise remarque tout de suite le vieil arbre noueux. C’est celui de ses rêveries. Celui de la photo aussi. Tout concorde.

A côté de l’arbre, elle n’est pas surprise de découvrir le vieux monsieur qui ne se cache pas de l’attendre. Elle s’approche. En elle, les remous reprennent. Le sol est sec, mais une odeur de béton mouillé envahi ses narines. Le vent dans les branches les fait carillonner, comme une ancienne pluie sur des échafaudages chantants.

Il faut à peine deux cents mètres pour rejoindre l’arbre et l’homme. Louise a l’impression que cela lui prend une vie entière. Mais elle n’est pas pressée. Elle savoure le chemin. Lorsqu’elle est à quelques pas, elle s’arrête et attend.

 

– Bonjour Louise.

 

Sa voix est timide et interrogative. Il n’est plus le magicien puissant qui faisait danser la foule. Juste un vieux monsieur qui semble sur le point de pousser un très long soupir.

 

– Louise ? Tu te souviens de moi ?

 

Ce prénom. Ce prénom qui raisonne en elle. Ce prénom qui n’est pas Alice, mais qui est quand même le sien. Une vague enfle au creux de ses os.

 

– Louise, je t’ai enfin retrouvée.

 

Des larmes glissent sur les joues ridées et se perdent dans la barbe hirsute. La jeune fille sent les remous se transformer en une lame de fond qui prend son élan.

– Louise, reviens vers moi et laisse-la partir. On peut enfin rentrer à la maison tous les deux.

 

Alors le courant monte de ses jambes, traverse ses entrailles et propulse ses bras ! Pour la première fois, Louise passe ses mains sur sa nuque et cherche le petit crochet de métal qui tient le collier en coton. Il ne résiste pas longtemps. Un pincement de doigts et le bijou libéré tombe dans sa paume ouverte. Elle le tend au vieux monsieur qui le saisi délicatement.

 

– Merci Louise…

 

– Mon nom est Alice, réplique la jeune fille.

 

En le disant elle le sent, le ressent, le comprend de tout son être. Des images lui reviennent. Sa mère lui tenant la main. L’appel de l’orage et son besoin irrépressible d’aller ramasser le vieux collier en coton gisant dans un chantier abandonné. La joie d’avoir gagné un bijou. Le néant qui s’est abattu sur elle lorsqu’elle l’a passé à son cou. Puis les années de brumes, d’attente et de contemplation indécise. La sensation permanente de chercher quelqu’un, de ne pas être à la bonne place, d’être étrangère jusque dans sa propre maison.

Alice a dû laisser paraître sa confusion et son chagrin car le vieil homme reprend d’une voix tremblante.

– Merci d’avoir retrouvé ma petite Louise et de l’avoir abritée. Je savais qu’elle devait être quelque part, mais j’ai mis un temps infini à la retrouver. Je suis désolé que cela soit tombé sur vous…

 

A court de mots, il se tait. Il n’explique pas plus. Reste planté sur ses jambes maigres, des fils de couleurs dans les mains. Alice hésite à se fâcher ou à réclamer ses quinze années envolées. Elle pense à sa mère, triste et résignée d’avoir perdu sa petite fille. Elle voit la joie dans les yeux de celui qui a retrouvé la sienne. Alors elle décide qu’elle est heureuse que la vie ait rendu à sa mère et à cet homme leur enfant respectif.

 

Après un dernier regard, elle pivote d’un mouvement décidé et rebrousse chemin. Alice rentre chez elle, portée par une brise tiède et une odeur d’herbe coupée.

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