Créé le: 30.03.2012
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Noreace et Barestuve

Animaginal, Fantastique, Poésie

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Noreace et Barestuve s’en vont dans la Bilmanocyphère chanter une phylimoïne à la gloire du monde. Histoires poétiques et surréalistes
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Le printemps des mots

Ils étaient debout en rang, tous bien alignés sur les bords ondulés du grand champignon nacré. Suspendus à des fils de soie, certains avaient basculés dans le vide pour effleurer l’eau claire de leurs cheveux dorés. Alors que la nuit s’étendait, une multitude de lumières scintillantes vinrent s’ajouter aux étoiles. Elles étaient dans leur cheveux, le long de leurs vêtements et surtout dans leurs yeux. Le signe céleste annonçant que le printemps était enfin là.

Tout près du sol, on entendit un sourd fracas, un océan de bruits cherchant la surface: la sève se préparait à monter aux sommets. Chaque racine, chaque pierre se chargeait d’énergie nouvelle et la passait plus loin, plus haut chaque nuit. Car la vie naissait uniquement la nuit, le jour étant réservé à la contemplation du soleil. Au fil des jours, des pousses vertes gonflées de vie explosaient au bout des branches pour absorber la lumière qui lentement reprit le chemin des millions de veines l’amenant vers la source la plus profonde de la terre. Celle inatteignable et secrète où tout revient, se transforme et repart pour une nouvelle vie.

 

Je sentis tout cela en une fraction de seconde, durant laquelle la fragile frontière entre moi et l’immensité disparut. Il ne restait plus d’impossibles, de raisons, ni de limites. Pendant une fraction de seconde, la sève cristalline monta en moi pour me gratifier d’un amour profond que je n’oublierai jamais.

 

Le DICO. Définition de Mathématiques

L’ail est inversement proportionnel à l’oignon, quoique, avec sa circonférence multiplex, il est de la famille des poulpes aborigènes à encre noire. D’ailleurs, ils ont le même nombre de tentacules à ventouses odorifères, que nous trouvons également chez les nébloïdes de la région tétralopithèque. L’ail possède un nom étrangement parallèle dans la plupart des langues universelles et non-conformes: aï, aïaïaïe, araï, ouch aouch… Ce trait de caractère le rend facilement consommable malgré l’odeur repoussante qu’il génère dans la parole de ses sujets.

 

Le poisson sur terre

Le poisson ne sait pas qu’il est dans l’eau. Il s’en aperçoit une fois qu’il est péché par un être qui évolue dans l’air. Mais à ce moment là, il réalise qu’il et trop tard pour lui de retourner vivre dans son élément. Peut-être est-ce la même chose pour nous êtres humains? Tout notre univers se trouve peut-être dans un élément dont nous ne sommes pas conscients et lorsque nous changeons d’élément, nous ne pouvons pas retourner en arrière. Nous quittons l’air.

C’est seulement un passage d’un élément à l’autre et rien ne nous dit ce qu’il y a ailleurs. Bon voyage, mon oncle. Dans ce monde-ci on se souviendra de toi .

 

La marée

La marée est à son niveau le plus haut quand elle arrive à la moitié de la distance qui la relie au point le plus éloigné du tour elliptique de la lune, qui elle-même doit décroître d’un quart de cercle en son centre en passant autour du soleil.La marée est à son niveau le plus bas au cours du processus inverse.

 

La chicane

La chicane s’attrape en contournant les effets viadiques de la bernacule composée. Par contre, son parfum excelle à éloigner la brignasse de Matonge qui sévit dans ces contrées.

Un effet secondaire très apprécié des pernècles à une face.

Pour les autres il faudra faire virevolter la pressicule à la pleine lune suivante.

 

Le Dithorphile à chatoy moiré

De tous les marmènes que j’ai caressé, le Dithorphile m’a profondément marqué par sa longue tige entrelacée de piquertules verbeuses, à manipuler avec la plus grande précaution. Son regard fascinant, entouré de cils verts, se déplace aussi lentement qu’un soubert radicus.

Mon père en ramena deux de ses voyages d’Afrique Soutrale, point le plus éloigné du Tropique du Capricorne. Je me souviens encore la joie que nous éprouvions à la vue de ces étranges visiteurs qui vivaient dans le jardin à plumes de notre maison. Hélas, ils se mouchetèrent si vite que nous fûmes envahis de piquertules au bout de quelques lunes. Un soir de trop, mon père posa des pièges hybrides qui eurent raison de ces êtres fascinants. Il me reste un précieux chatoy moiré au fond de ma poche en souvenir de cette période heureuse.

 

Poésie cutanée

Une surface étendue de peau,dont certaines régions me sont à jamais dissimulées. Je ne connais que mon recto, le verso étant à jamais interdit à mon propre regard.

Lorsqu’un événement me fait froid dans le dos et que je sens une onde parcourir chaque poil, est-il possible qu’il y ait un lien lointain avec le coeur?

Pourtant, couché sur la terre, mon dos m’informe des émotions de la terre et de la chaleur du soleil.

 

Dans une flaque de soleil

Dans une flaque de soleil

un oeuf a donné naissance

à une pivoine

qu’un poisson japonais

est venu butiner.

 

Lèvres frémissantes à effet doré

Lèvres à faire frémir

le lait dans le bol

à l’échelle de la démesure

sur la branche de ce gâteau

qui seul saura transmettre

la chaleur de mon idée.

 

Photo: Pixabay GimpWorkshop

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