Créé le: 12.07.2017
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Matin blême

Journal personnel

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Réveil difficile… et prise de conscience ?
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Matin blême

Le miroir du matin blême me dresse cruellement le portrait. Bouffi, mafflu, yeux rougis cernés par la violette, des poils incongrus barbouillent mon visage. De gros tambours japonais martèlent ma pauvre cervelle (de veau), rythmant le sifflement strident qui résonne entre mes oreilles.

 

Pourtant, hier soir… qu’ai-je fait hier soir, déjà ? Ah oui. Les potes dans la cour, mix rapide de gin-vodka à peine allongé, quelques pétards pour lancer la soirée. Gros rires gras. Et après ? Ah oui. Jules avait « emprunté » sa tire à son beau-père, ce con, et on s’y est tous engouffrés. Direction le centre-ville, musique à fond, pied au plancher. Coincé entre Max et Momo, je bois à tous les goulots, tire sur tous les joints. La tête me tourne, je suis bien, bringuebalé par la bande.

 

Après ? Euh, je ne sais plus. Ah si ! On est allé au Duke, histoire de draguer les pépettes… Y avait Jo qui m’a fait signe, je l’ai suivi aux chiottes et on s’est fait une ligne. Wow, démarrage immédiat, du coup quand j’ai vu Martine, la jolie snob, qui, comme à son habitude, m’a délibérément tourné le dos, ben, moi, faut l’avouer, rien que de la voir, je bande… et j’avais envie de la prendre là, tout de suite, en levrette, devant ses amis bobos ! À cette idée, je me marre tout seul devant mon miroir… ça aurait fait un beau spectacle. Mais bon, elle ne mérite pas cet honneur. On n’offre pas sa trique à toutes les cochonnes !

Et puis… ah oui, les mecs en avaient marre, on est remonté dans la tire et là, Jules plus défoncé que jamais propose d’aller au lac, pour nous rafraîchir le nœud. Moi j’étais contre, faut dire qu’elle est froide en ce moment, pour me le rafraîchir j’aurais préféré la ronde bouche de Martine… Mais bon, ce n’est pas moi qui conduisait, hein, alors j’ai suivi le mouvement. Sauf que ce con de Jules, il a voulu aller jusqu’à l’eau… mais en voiture ! Il a forcé la barrière et foncé sur la plage, jusqu’à noyer la tire jusqu’aux portières. Putain les rires ! On était coincé, alors Frédo, qu’est tout petit, est sorti par la fenêtre. Lui tirant et nous poussant, la portière s’est ouverte. On a tous fini au jus – et bien sûr, l’eau s’est engouffrée dans la voiture, aggravant grave sa gravité.

 

Jules il a commencé à flipper. Et puis l’eau nous avait dégrisés, alors on s’est tous mis à pisser, non pardon, à pousser la voiture, jusqu’à la plage. Là il fallait écoper, à l’aide de petites bouteilles ce n’est pas bien facile, mais bon, on a fini par y arriver et – miracle – le moteur a redémarré. Juste à temps, les flics arrivaient ! Folle course pour les semer, heureusement que notre Julot connaît bien la région !

 

Enfin bref, après on est rentré, et je me souviens même pas d’avoir ouvert la porte… Mes fringues trempées forment un tas dans la baignoire, et le miroir me renvoie un verdict limpide : mon gars, il est temps de réagir. Un de ces jours, tu finiras au poste – ou à l’hosto. Dur dur !

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