Créé le: 23.08.2026
1
0
0
Les douze Légions (1) : TEMPS – Chapitre 11 : L’hommage
Chaque Légion transmet ses acquis au fil des siècles à celles et ceux qui le méritent. Les Légions deviennent ainsi des lieux de formation et de transmission. Elles ne doivent en aucun cas devenir des lieux de vie. Sur une Légion, on ne trouvera ni hôpitaux, ni prisons, ni habitations.
Reprendre la lecture
Chapitre 11: l’hommage
L’après-midi fut quelque peu différent et surtout beaucoup moins sympathique. À 13h30, après notre pause, ce fut le moment de nous rendre à la cérémonie donnée en l’honneur de grand-père. Le Professeur Koffi n’avait pas précisé aux autres élèves que Maître Charles Gigon était un membre de ma famille. Cela m’avait à la fois surpris et soulagé. J’évitais ainsi les questions des autres. Même Ylva ne savait rien.
Nous devions nous rendre dans un endroit très élevé sur la montagne. La cérémonie avait lieu à l’extérieur, à 2800 mètres d’altitude, au bord d’un petit plan d’eau, le lac Mémorium. Le chemin à pied était long, étroit, raide et sinueux, mais nous fûmes tout de même à l’heure. L’endroit était si splendide qu’une fois arrivé là-bas, j’éprouvais un peu de réconfort à l’idée que grand-père s’en allait peut-être vers quelque chose d’aussi beau. Des sommets blancs nous entouraient. D’ailleurs, par endroits, il nous semblait que nos pieds pouvaient presque côtoyer cette neige déposée là par le glacier comme la mer dépose ses eaux sur la plage. Mais ici, ce décor était figé dans le temps. Les saisons pouvaient passer, ces neiges éternelles restaient. Je ne mis pas longtemps à comprendre pourquoi le professeur Koffi avait insisté sur l’importance de s’habiller chaudement. Il nous avait distribué bonnets, écharpes et gants avant notre ascension.
Des centaines de personnes étaient en train de s’installer. Le bord du petit lac bleu turquoise avait été aménagé comme on l’aurait fait pour une grande salle, mais en pleine montagne. Des dizaines de rangées de chaises se succédaient. Un homme se tenait devant, sur une estrade si grande, qu’elle ressemblait à une scène de théâtre. Je le reconnus immédiatement. Il s’agissait du Grand Maître du Temps Archibald Lester. C’était lui qui avait accueilli les nouveaux lors de notre premier passage sur la Légion.
Avant de prendre place, je me mis à chercher ma sœur des yeux, puisqu’on m’avait dit qu’elle et les autres Légionnaires de ma famille devaient être là. Après quelques minutes, je l’aperçus enfin, installée dans les premiers rangs, avec à ses côtés cinq autres personnes qui devaient avoir à peu près son âge, ainsi qu’un adulte très imposant. Je courus à sa rencontre et elle m’expliqua que sa classe et son prof avaient eu la gentillesse de l’accompagner sur la Légion du Temps pour la cérémonie prévue en hommage à grand-père. J’étais tout fier de lui montrer à quel point notre planète était splendide. Il faisait un temps magnifique, et les montagnes alentour étaient majestueuses. Ma sœur dut admettre que notre Légion était fabuleuse. Mais elle ne manqua pas non plus de m’indiquer que la sienne l’était tout autant. Je n’en doutais pas et j’espérais d’ailleurs bientôt pouvoir la découvrir.
La cérémonie débuta et le Grand Maître Archibald Lester, toujours debout sur l’estrade, prit enfin la parole. Nous étions probablement plus d’un millier de personnes à assister à cette cérémonie. Heureusement, il parlait dans un micro et le son de sa voix nous parvenait très clairement, grâce à de grands haut-parleurs qui avaient été installés là pour l’occasion. Il rappela quelques faits marquants de la vie du Grand Maître Charles Gigon. Je pris conscience à ce moment-là de ce que représentait notre grand-père pour tous les Légionnaires présents. Je voyais l’émotion des gens autour de moi. J’écoutais attentivement ce qui était dit à son sujet et tout cela me rendait encore plus admiratif. Je comprenais aussi progressivement l’importance que Gert et moi avions aux yeux de nombreux Légionnaires. Nous étions les petits-enfants d’un être exceptionnel.
Soudain, grand-père Jean, qui était assis au premier rang, monta sur l’estrade et prit la parole. Je m’étais assis à côté de Gert et nous nous jetâmes un regard interrogateur lorsque notre deuxième grand-père parla de La guerre des Légions de 1962. Il y avait donc bien eu une guerre entre Légions, comme grand-mère Pauline et grand-père Charles nous l’avaient raconté. Cela restait toutefois incompréhensible pour moi, puisque les Légions avaient justement pour rôle d’éviter les guerres. Grand-père Jean ne donna pas plus de détails sur ce conflit qui restait un mystère entier pour nous. Il ne fit qu’expliquer :
« On se souvient toutes et tous de la bravoure dont Charles a fait preuve lors de ce conflit. Rappelez-vous, grâce à son intervention, la Terre a été épargnée et on a réussi à y éviter le déclenchement d’une guerre de grande ampleur. Depuis cette victoire, nous avons connu une grande période de calme et de prospérité sur Terre comme sur nos douze Légions. Aujourd’hui, nous avons toutes et tous conscience des nouveaux défis qu’il va falloir relever pour éviter qu’une nouvelle guerre ne s’impose à nous. Notre monde est à nouveau exposé aux mêmes dangers, et il est de notre devoir d’être à la fois patients, braves et raisonnables face à ce qui nous attend. Charles, nous espérons être à la hauteur des espoirs que tu as placés en nous. Tu resteras dans nos mémoires celui qui a montré à cette génération la voie de l’équilibre et de la raison. Je suis personnellement très fier, en tant que Grand Maître de la Foudre, de savoir que ma fille Alice a épousé ton très cher fils Louis. Nos deux petits-enfants, Gertrude et Benjamin, font partie d’une illustre famille. Et ainsi, grâce à eux, nous sommes, toi et moi Charles, liés à jamais. Repose en paix, mon ami, mon guide. »
Au moment où grand-père Jean parlait de nous avec émotion, tous les regards se tournèrent dans notre direction. Gert et moi en fûmes très gênés. À tel point que ma sœur ne trouva rien de mieux que de faire un petit signe de main en guise de salutation à nos spectateurs. Moi, de mon côté, j’étais plutôt inquiet à la simple idée qu’on soit exposés à tout ce monde, et qu’on soit également si connus sur les Légions.
Grand-père Jean avait lui aussi parlé d’heures sombres à venir, ce qui était plutôt inquiétant pour nous, pour les Légions, mais aussi pour l’humanité comme l’avait prédit grand-père Charles. Je ne pouvais m’empêcher de repenser aux intempéries qui sévissaient un peu partout sur Terre depuis déjà un certain temps. Chaque continent était touché par de grosses perturbations météorologiques. Et d’après nos grands-parents, c’était mauvais signe. J’aurais donné cher, à ce moment-là, pour savoir ce qui nous attendait ma sœur et moi, nous qui étions apparemment impliqués sans le vouloir dans les événements liés aux Légions.
À la fin de la cérémonie, le professeur Archibald Lester appela quelques étudiants plus âgés qui avaient préparé une démonstration de Ragtime. Il s’agissait à nouveau du style musical si particulier sur lequel nos grands-parents avaient dansé à Noël 2018, en Alsace ! Que pouvaient bien cacher ces mélodies, qui semblaient tellement importantes pour notre famille, mais dont on ne savait rien ? Certains des étudiants choisis pour la démonstration formèrent un orchestre grandiose d’instruments en tous genres et commencèrent à jouer.
D’autres se mirent en mouvement. Ils portaient des tenues datant du tout début du XXème siècle et ils dansèrent par deux, en couple, de manière éblouissante et parfaitement synchronisée, sur un morceau que je reconnus immédiatement. Il s’agissait de Castle House Rag, celui que j’avais préféré le soir de Noël, chez grand-père Jean et grand-mère Anne ! On ne nous donna pas plus de détails sur ce choix musical, mais je pus apercevoir, dans l’assistance, de nombreuses joues mouillées par des larmes fraîches. Ce fut contagieux. Gertie et moi ne pûmes nous retenir… Nous savions très bien que beaucoup de secrets se cachaient autour de cette danse, de cette musique si entraînante, de ces larmes et de nos grands-parents. Mais ce qui nous touchait le plus à cet instant, c’était la reconnaissance et l’admiration que toutes ces personnes éprouvaient pour notre grand-père. La musique et le décor environnant apportèrent quelque chose de majestueux à ce moment si particulier.
À la fin de la cérémonie, ma sœur me présenta à son prof, Monsieur Aziz Bols, Grand Maître de la Foudre. Il me salua rapidement, puis il demanda à ses élèves de se rassembler pour repartir sur leur Légion. De mon côté, je retrouvai Ylva qui me posa tout un tas de questions sur grand-père Charles. Je préférai vite changer de sujet en lui expliquant que moi-même je ne connaissais que peu de choses sur lui et que j’en avais appris tout autant qu’elle durant la cérémonie. On nous servit une tasse de thé aux pommes et à la cannelle, ainsi qu’un pain d’épices. Grand-mère Pauline était aussi là ! Je l’aperçus en train de discuter avec Archibald Lester. Soudain, les voilà qui venaient tous les deux dans ma direction.
Ce Grand Maître avait quelque chose en lui de très intimidant et déstabilisant, comme si c’était une personne à laquelle on devait un très grand respect. Pourtant, il avait lui-même l’air de se montrer très respectueux vis-à-vis de chaque individu qui venait à sa rencontre pour le saluer. Il semblait surtout très apprécié. Il se déplaçait avec un bâton qu’il utilisait comme une canne, malgré son jeune âge. Il ne devait pas avoir plus de 25 ans, mais il marchait avec difficulté. Son bâton légèrement tortueux était plus long que lui. Il était drapé d’un grand manteau beige, fin, sans manches et qui lui recouvrait seulement les épaules. En-dessous du manteau, il portait une tunique et un pantalon d’un brun terre. Ce pantalon était maintenu par une large corde attachée sur sa hanche. Cet homme me faisait penser à un jeune druide qu’on aurait mélangé avec un moine. Sa tenue était très surprenante pour un Maître du Temps, sachant que les autres adultes de notre Légion étaient tous habillés de manière très élégante, avec gilet et montre à gousset. Et son état général, sa manière de se déplacer, contrastaient étonnamment avec son apparence. Son visage était celui d’un jeune homme blond, portant une barbe soigneusement taillée. Il me faisait penser à ces acteurs de séries américaines devant lesquels Gertie et maman étaient en extase. Lorsqu’il arriva à ma hauteur, accompagné de grand-mère Pauline, il m’interpella et me demanda :
– Bonjour Ben. Ta sœur est déjà partie ?
– Bonjour Professeur…
– Ne m’appelle pas Professeur, me coupa-t-il. Je n’aime pas ce titre, car je considère que si on se croit trop sage ou trop savant, on finit par perdre la volonté d’apprendre. Et même les plus savants doivent apprendre des autres tu sais, et ceci jusqu’à leur dernier souffle.
– D’accord Monsieur, répondis-je timidement. Merci pour votre cérémonie et votre hommage à mon grand-père. Ma sœur était venue avec sa classe et elle a déjà dû rentrer sur Foudre.
– Bien sûr, je comprends. Je serai présent quelques jours ici avant de repartir sur Terre. Si tu as besoin de moi, n’hésite pas à venir me consulter Ben. Comme tu as dû le comprendre, la situation actuelle est assez inquiétante. Je sais que toi et ta sœur vous êtes très jeunes, mais j’ai déjà appris par votre grand-mère Pauline que vous n’en étiez pas moins courageux. Charles serait très fier de vous deux. Toutes ces dernières années, il a eu comme priorité de vous protéger et de protéger au mieux les Légions et leur fragile Équilibre. Maintenant qu’il n’est plus là, vous êtes beaucoup plus exposés à différents dangers. Certains individus, assoiffés de pouvoir et de gloire, sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Et l’un d’eux, le plus dangereux, qu’on croyait mis hors d’état de nuire, semblerait être réapparu, d’après certaines rumeurs. Je ne peux t’en dire plus, Ben, car ce serait t’exposer à plus de dangers. Mais, si je peux te donner un conseil, méfie-toi de ton entourage. N’accorde jamais aucune confiance à une personne qui souhaiterait s’approcher de ta famille pour obtenir certains renseignements. Tu as probablement pu observer les effets météorologiques annonciateurs du danger qui arrive. Ces intempéries sont très présentes sur Terre en ce moment. Tu comprends donc mes inquiétudes ?
– Euh, oui, nous avons même eu droit à une grosse tempête lundi matin. Un arbre est tombé sur notre maison, mais personne n’a été blessé.
– Alors, tu vois ? C’est aussi la raison pour laquelle il est temps pour ta sœur et toi de rassembler les documents de votre défunt grand-père et de les transférer ici, sur sa Légion, ou alors de passer par votre tante Susanne qui s’en chargera.
– Les enfants s’en occuperont dès que leur grand-père sera enterré jeudi, le rassura grand-mère. Je vais les aider dans cette tâche Archibald, ne t’inquiète pas trop.
– Je ne m’inquiète pas pour ça, Pauline, répondit le Grand Maître.
– Nous avons déjà retrouvé son journal de bord, et nous l’avons transmis à notre tante, mais nous n’avons aucune idée de ce que nous devons vraiment chercher, expliquai-je. Nous possédons aussi un recueil de codes-pas, mais c’est tout.
– Si vous avez réussi à mettre la main sur ces deux documents, alors vous réussirez également à retrouver le reste. Laissez passer l’enterrement de votre grand-père sur Terre, puis commencez vos recherches tous les deux.
– D’accord. C’est ce que nous ferons, le rassurai-je. Je vous le promets. Par contre, comment ferons-nous pour déplacer le Temporion jusqu’ici ?
À la simple énonciation de ce nom, Monsieur Lester regarda avec effroi tout autour de lui et me prit par le bras pour me tirer à l’écart, le plus discrètement possible. Grand-mère me montra également son mécontentement en me foudroyant du regard.
– Ben, personne ne doit savoir que le Temporion se trouve chez vous, murmura-t-il. On court à la catastrophe s’il tombe entre de mauvaises mains qui savent s’en servir. Ce serait même pire qu’une catastrophe. Vous devez utiliser le code-pas qui mène ici pour le déplacer. Parlez-en à votre tante Susanne. Elle vous aidera.
– D’accord. On va essayer alors. J’en informerai ma sœur.
– Vous pouvez faire confiance à Antony, Dès que vous arriverez sur Temps avec les documents, il nous transmettra le tout, et nous pourrons alors les mettre en lieu sûr.
– Très bien. Je peux vous poser encore une question ?
– Oui, dis-moi.
– C’est la deuxième fois que je vous vois sur Temps et vous portez des vêtements vraiment singuliers par rapport aux autres. Vous devez venir d’une autre Légion, j’imagine, mais laquelle ?
– Oui, tu as raison. Je viens d’une toute autre Légion. En plus d’être Grand Maître du Temps, je suis également Grand Maître de la Légion du Ciel.
– Ouah ! m’exclamai-je, émerveillé. Vous êtes donc une sorte de « Double Légionnaire » ?
– Oui, si on veut. Mais la Légion du Ciel est une Légion totalement à part, même si elle a, comme toutes les autres, sa particularité. La sienne, c’est non seulement de ne pas s’ouvrir à tout le monde, mais également de donner au corps de chacun de ses visiteurs l’aspect de son âme.
– Donner au corps de chacun l’aspect de son âme ? Mais…qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne comprends pas.
– Cela signifie qu’à peine arrivé sur Ciel, ton corps prend la forme de ton âme, tout simplement. Je te donne un exemple. Une personne qui aurait une âme noircie par de sombres actes, se verrait extrêmement enlaidie sur Ciel, et n’aurait ainsi pas envie d’y rester. L’aspect extérieur de cette personne serait si repoussant qu’elle ne pourrait pas supporter de s’y voir. Alors, elle quitterait rapidement notre Légion. Tandis que celle qui s’y verrait embellie par rapport à son aspect ailleurs, n’aurait qu’une seule envie, celle d’y rester. C’est ainsi que nous attirons sur notre chère Légion les individus au cœur noble. Plus ton cœur est noble et sage, plus notre Légion t’embellira, et plus tu t’y sentiras bien.
Pour un garçon comme moi, qui ne s’était jamais senti bien dans sa peau, c’était une chance inouïe si je pouvais un jour visiter cette Légion. Par contre, je n’étais pas sûr d’y apparaître vraiment plus beau qu’ailleurs. Mais cela pouvait être l’occasion pour moi de voir ce que je valais vraiment. Le Grand Maître poursuivait ses explications. Alors que grand-mère écoutait toujours, il insista encore une fois :
– Faites bien attention ta sœur et toi aux personnes auxquelles vous vous adressez. Suivez votre instinct pour savoir si l’individu avec lequel vous faites connaissance est bien ou mal intentionné. Je ne peux vous cacher que vous courez un grand danger tous les deux ces prochains temps. Nous avons besoin de vous. Vous allez jouer plus tard un rôle probablement décisif dans le nouvel Équilibre ramené sur nos planètes, y compris sur Terre. Alors, soyez très prudents. Comme je te l’ai dit, je serai encore ici quelques jours avant de repartir. En cas de problème, n’hésitez pas à m’appeler à l’aide. Vous me trouverez au chalet No 14.
– On fera attention, je vous le promets. Et on essaiera de retrouver tous les documents de grand-père à temps. Merci pour votre aide Professeur…euh je veux dire…Monsieur Lester.
Il me salua, se retourna et descendit accompagné de grand-mère en direction du grand village de montagne, sans doute pour y rejoindre le Centre de Téléportation. De mon côté, ma journée sur Temps touchait gentiment à sa fin. Mes trois camarades et le professeur Koffi s’apprêtaient également à rejoindre le village. Je partis à leur rencontre et nous descendîmes ensemble en direction du centre.
Durant la descente, Josh et Miranda me posèrent beaucoup de questions sur grand-père. Comme pour Ylva, je leur fis vite comprendre que je ne pouvais pas beaucoup les renseigner. Et de toute manière, il valait mieux suivre les avertissements d’Archibald et rester le plus discret possible. Tout en marchant vers le village, je pris malgré tout conscience qu’en trois jours, j’en avais appris plus sur mes grands-parents que durant ces quatorze dernières années.
De retour au centre, beaucoup de gens m’approchaient poliment pour me témoigner leurs condoléances. J’étais surpris de voir tant de personnes si émues et si concernées par la mort de grand-père Charles. Certains me prirent la main pour me montrer leur respect, et d’autres me rappelèrent quelle chance j’avais d’être le petit-fils d’un personnage si incroyable. Je finis quand même par pouvoir me frayer un chemin en direction du Centre de Téléportation et par rejoindre Antony qui remplit ma fiole de Voldrap et me permit de rentrer chez moi.
Arrivé à la maison, je jetai un œil à mon réveil. Il était 7h00. Je pris mon Voldrap et m’endormis aussitôt après avoir mis mon alarme à 7h20. Vingt minutes de sommeil avec un Voldrap, c’était presque un luxe qui allait me donner l’impression d’avoir dormi vingt heures ! Après ma toilette, à 7h35, je retrouvai ma sœur dans la cuisine.
Notre arrivée était mieux synchronisée que la veille, à tel point que nous commencions tous les deux à nous habituer à cette toute nouvelle vie. Nous entamions le mercredi 18 mai sur Terre, après avoir déjà vécu ce même jour sur nos Légions. Autant dire qu’il valait mieux regarder souvent sa montre ou son téléphone pour conserver un peu la notion du temps. Maman nous rappela que l’enterrement de grand-père avait lieu le lendemain, et nous partîmes pour l’école.
Personnellement, j’eus droit au même genre de journée que la veille au collège. Je dus d’ailleurs demander à ma sœur de ne plus intervenir pour me défendre face à mes agresseurs et de me laisser me débrouiller. Elle semblait avoir de plus en plus de difficultés à ne pas se mêler des agressions dont j’étais victime. La récré fut, comme d’habitude, le moment le plus difficile de la journée. Georges Smith et sa bande de petits copains ne manquèrent pas de me ridiculiser une fois de plus. Mais j’avais évolué sur un point, contrairement à Georges. J’avais compris qu’au final, l’attardé mental, ce n’était pas moi, mais c’était lui.
Commentaires (0)
Cette histoire ne comporte aucun commentaire.
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire