Créé le: 15.09.2026
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Le train de l’angoisse

Fiction, Horreur

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© 2026 Thierry Villon

Vu du quai

Ce qu'il aperçut du quai provoqua chez lui un brusque haut-le-coeur et moults regrets inutiles, parce que face à cette situation, il n'y avait plus rien à espérer.
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Le wagon bleu pétrole avait à peine quitté le quai qu’il s’était dit : “J’aurais dû y aller !” Mais il était trop tard. Il pouvait encore à peine apercevoir la vitre du dernier wagon s’éloignant de la gare.
Et là ! Oui, dans l’encadrement de cette vitre arrière, il reconnut sans aucun doute le visage de celle qui pouvait d’un seul geste enlever la vie de ses précieux enfants ! Eux ne se doutaient certainement pas de la menace, occupés qu’ils étaient à regarder défiler le paysage.
Il eut d’abord comme un haut le cœur et pensa qu’il pourrait prendre sa voiture et rouler comme un fou jusqu’à la prochaine gare où devait s’arrêter ce train, ou alors, téléphoner au poste de police le plus proche. Mauvaise idée, pensa-t-il : ils ne te croiront pas, pensant avoir affaire à un piège ou à une mauvaise plaisanterie…
Il sut qu’il ne tiendrait pas la distance, si ses craintes venaient à se vérifier. Qu’est-ce que cette dangereuse psychopathe pouvait faire dans ce wagon, si ce n’était pour s’en prendre à ses chers petits.
Vite, avertir les autorités, le service de sécurité des chemins de fer. Ils doivent avoir un agent dans ce train, comme dans tous les autres convois.
Peine perdue, déjà l’arrière du train avait disparu. Il ne restait que le bruit de la gare, avec ses annonces et le crissement des rames qui défilaient sur un quai ou l’autre.
Il était si paniqué qu’il n’avait même pas pensé à appeler Jacqueline, son amie qui accompagnait les enfants dans ce voyage. Elle était censé les surveiller jusqu’à l’arrivée à Gerland, où Monique, leur mère, serait sur le quai pour les prendre en charge.
Avec fébrilité, il extirpa son téléphone de la poche de son veston et composa le numéro de Jacqueline qui prit l’appel dès la deuxième sonnerie.
La voix qu’il entendit le glaça sur place : “Alors, mon mignon, on s’inquiète déjà pour sa progéniture ?”

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