Un instantané à la terrasse de la maison d'hôtes où le temps s'écoule au rythme lent que la chaleur exige.
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Il n’y avait pas de clim sur la terrasse et la chaleur au petit matin avoisinait les 39° (oui je sais, cela ressemble au titre d’un film, mais c’est fortuit !) Malgré cela, cet instant était parfois le plus précieux de la journée. Avant de plonger dans la poussière des rues, je vivais un instant d’amitié avec celle qui me recevait dans sa maison d’hôtes. Parfois, son ami se joignait à notre petit déjeuner tout simple, un peu de pain frais, beurre, confiture, café en poudre. Derrière le mur de clôture, le bruit des véhicules, surtout des motos, brisaient la quiétude de l’aube. Mais sitôt éloigné, le silence reprenait ses droits. Bientôt, viendraient les voix enjouées des gosses qui circulaient en grappes vers le chemin de l’école. Un margouillat traînait ses pattes de lézard sur le mur, avant de disparaître. Le lapin inconnu traversait discrètement l’allée de gravier. Je pensais parfois qu’à force de se goinfrer dans les jardins avoisinants, il finirait par donner des idées à notre cuisinière.

 

La discussion portait souvent sur le programme du jour, sur la situation politique tendue ici et catastrophique là-bas, dans le pays d’à-côté, où deux présidents s’affrontaient par milices interposées, l’un s’accrochant à son pouvoir qu’il avait rêvé de transmettre à son propre fils, l’autre, vainqueur des dernières élections, voulant prendre au plus vite sa place. Le bon droit n’est pas toujours ce qui domine la marche de la société, ni ici, ni ailleurs. Parce que l’intérêt égoïste des humains prend si souvent le dessus sur ce qui serait juste, les cris de souffrance s’élèvent un peu partout, les révoltes contre les dictateurs s’organisent et les moutons continuent de produire de la laine. Les tondeurs passent leurs mains grassouillettes dans ce qu’ils ne vont pas tarder à récolter. Les bêlements montent de partout, tandis qu’on prend soin de bien refermer l’enclos pour qu’aucune de ces précieuses bêtes n’aie l’idée saugrenue de s’enfuir.

 

Je digresse, je digresse, mais pendant ce temps, la température a encore augmenté. On est parti pour atteindre les 45°… ouch, très chaud.

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