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© 2020 Aglaée

Ils le surnomment le jour fantôme, le jour qui ne compte pas, le jour effacé. Pour l'armée, c'est le jour de la liberté, des "tout permis", des sacrifices.
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Tapotant son index sur sa hanche au rythme d’une jive à quatre temps, Aleesha Hassan fixait le paysage macabre qui s’étendait devant elle. Cimetière métallique, mélange de rouille et de neige s’entremêlant comme une glace chocolat vanille… Elle se surprit à sourire devant cette métaphore absurde qui lui était soudainement venue à l’esprit. Cela devait faire des mois qu’elle n’avait pas eu le plaisir de déguster quelque chose de sucré…. Et il n’était pas question de considérer les vieux biscuits sableux d’Enguerrand comme quelque chose de mangeable tout court. Après la “catastrophe », les rations avaient été plus limitées que jamais auparavant. Le changement soudain de températures avait empiré les mutations des créatures et celles-ci occupaient maintenant tant de terrain que la construction de cités devenait presque impossible. Quant aux villes restantes, elles étaient séparées par d’énormes plaines de glaces vides que l’on surnommait “Terres rouges”. Surnom certes étrange pour des étendues plongées dans un hiver éternel, mais pour les soldats, le sang définissait bien plus ces régions que les quelques rhumes causés par le froid. Mois après mois, l’on tentait d’étendre les frontières dans l’espoir de créer un passage vers d’autre cités et de détruire ces immondes créatures qui empêchaient tout développement à l’extérieur des cités.

-Hassan.

Aleesha sortit de ses pensées pour se retourner vers le colonel.

-Vous avez tout?

-Évidemment Monsieur

Le monsieur en question lui envoya un regard noir. Il savait très bien qu’il n’avait pas le temps de réprimander cette insolente, tout comme Aleesha savait très bien qu’il ne fallait jamais appeler un colonel “Monsieur”. Surtout pas un qui avait déjà des cheveux gris, car cheveux gris signifiaient expérience, et expérience signifiait pouvoir. Elle ne baissa néanmoins pas les yeux. S’il y avait bien un jour où elle pouvait se permettre ce genre d’attitude, c’était aujourd’hui.

-Vous avez douze heures pour atteindre la tour et nous renvoyer un signal, est-ce clair?

La sergente grimaça devant l’inutilité de cette conversation et  se résolut à répondre en serrant les dents.

-Transparent monsieur.

Elle se tourna vers la patrouille de soldats qui l’accompagnaient et remarqua Emi, la plus jeune du groupe, tremblant nerveusement.

-Bonne chance soldats.

En guise de réponse, une vingtaine d’hommes et de femmes claquèrent les pieds dans ce qu’ils auraient voulu être simultané et saluèrent du poing sur la poitrine. Aleesha esquissa un rictus: une patrouille incapable de faire un salut, c’était bien la meilleure manière de réduire en pièce sa réputation de Sergente…Mais comment pouvait-elle les blâmer quand tous savaient ce qui les attendaient?

Sous le regard froid du colonel, la troupe se mit alors en marche avec la grâce d’un éléphant malade et le quinquagénaire n’eut que le temps d’agripper l’épaule de la sergente.

“Hassan, il se racla la gorge l’air gêné, sachez que je vous ai toujours soutenue…. Malgré votre insolence.”

Celle-ci lui répondit d’un sourire triste.

-Et bien vous êtes moins puissant que ce que je pensais mon Colonel.

Elle se dégagea alors et rentra dans le tunnel.

Il faisait sombre. Chose peu pratique lorsqu’on se trouvait au commandement d’une troupe d’environ vingt hommes et femmes et que l’on se dirigeait vers les terres rouges. Le choix d’envoyer une troupe delta au combat n’était en effet loin d’être anodin, surtout en un jour comme celui-ci. Ses compagnons le savaient bien et la tentation  de faire chemin arrière devait sûrement ronger les esprits de chacun. Elle se retint de frémir, et fixa le point de lumière devant elle.

Vous avez douze heures pour atteindre la tour et nous renvoyer un signal. Quelle bande d’hypocrites. Ils auraient pu au moins leur dirent les choses en face, tout idiot travaillant pour la prise de terrain connaissait très bien la signification du jour fantôme…

Une irrégularité sur la vieille route la fit soudainement trébucher et la sergente se retrouva à terre avec une dizaine de lampes de poche braquées sur elle.

-C’est bon, c’est bon. Je suis tombée, pas de quoi perdre son sang-froid…

Une cacophonie de “pardon” s’éleva de la masse de soldats qui la suivait et elle soupira intérieurement. Tout le monde savait, personne n’osait en parler.

Ils se remirent en marche et le silence reprit sa place de roi.

Lorsque le point lumineux devint plus grand que son pouce, Aleesha fit un signe à sa troupe et sortit son arme. L’air glacial griffait déjà leurs visages et un à un, les soldats remontèrent leur cols pour se couvrir le nez. A chaque pas, le vent se faisait plus violent, emportant avec lui des morceaux de glace qui rappelèrent à Aleesha la raison pour laquelle elle avait dépensé la moitié de son salaire du mois dans un casque à visière. Elle mit enfin un pied dans la neige et  s’arrêta une seconde pour s’habituer à la soudaine lumière aveuglante reflétée par les plaques de glaces qui s’étendaient devant eux.

Sa conscience commença alors à lui faire la morale.

Sors un discours Esha,… Allez, tu es leur meneuse, essaie au moins de leur donner un peu d’espoir.

Évidemment, rien ne lui vint à l’esprit et lorsqu’elle se retourna encore une fois vers les vingt êtres humains qu’elle s’apprêtait à condamner, sa gorge se serra. C’était leur seizième fois sur le terrain, ils avaient frôlé la catastrophe à presque chaque mission, avaient bu ensemble pour oublier leurs problèmes, fait des blagues sur l’un l’autre et théorisé sur les prénoms de leurs généraux. Chacun connaissait l’histoire de chacun : pourquoi ils s’étaient engagés, ce qu’ils voulaient faire après…

La sergente inspira.

-Hum… Je… Vous êtes un bon groupe. Enfin…Désolée.

Sérieusement? Je savais qu’on était pas doué en discours mais là

Un vingtenaire dont le visage recouvert de tache de rousseur lui donnait un air d’enfant posa une main sur son épaule. Evan….

-On y va ensemble ?

-Ouais….

Un grondement résonna à leur gauche et la main d’Evan se dirigea automatiquement vers les munitions.

-Restez en formation ! Quoiqu’il se passe, restez en formation !

Ils avancèrent.

Le concept était simple : atteindre l’ancienne tour de guet et la réactiver. La pratique, un peu moins. La troupe devait sécuriser autant de kilomètres possibles à l’aide de diffuseurs d’ultrason qui empêcheraient toute créature de s’approcher. Une fois à la tour, il fallait réactiver le diffuseur 440 qui s’y trouvait, plus grand et plus efficaces que les petites sphères qu’ils portaient il était soit disant supposé sécuriser à lui seul le périmètre entier et ainsi permettre l’extension de la ville.

Ce genre de missions étaient exécutées presque tous les deux mois et les dangers qu’elles représentaient avaient souvent été critiqué par la population. Malgré tout, le besoin de terrain avait toujours surpassé la mauvaise conscience des citoyens… Et puis, après tout, les soldats envoyés étaient toujours des volontaires… Désespérés par la pauvreté… Mais volontaires. D’habitude, une évacuation était prévue lorsque la mission dégénérait, que ce soit parce que le groupe avait été à moitié décimé, en raison de problèmes d’équipement ou autres. Aujourd’hui, ce genre d’option n’était pas présent.

Aleesha se remémora son briefing.

– Hassan.

-Colonel. 

-Vous serez envoyé en mission dans le mois prochain.

-Je sais.

-Le vingt-neuf février.

Silence.

-Vous savez évidemment ce que ceci implique, Hassan?

-Je…. Oui mon colonel.

-Et vous savez aussi que le contrat que vous avez signé ne vous permet pas de renoncer.

-Oui mon colonel.

-Alors je vous souhaite toute la chance que je peux.

-Colonel ?

-Sergente ?

-Gardez vos souhaits pour quelqu’un qui y croit.

Il y eut subitement un tremblement sous ses pieds et elle recula d’un pas.

-Hassan?

Elle se tourna vers Evan qui lui lançait un regard interrogatif.

-Il est sous nos pieds.

Emi resserra sa prise sur le fusil d’assaut blanc dont la crosse était déjà contre son épaule. C’était un équipement nouveau à peine testé. Évidemment quel meilleur jour que celui-ci pour envoyer une troupe l’essayer ?

-Respire Emi, lança Enguerrand, le blagueur habituel du groupe qui soudainement semblait beaucoup moins sûr de lui.

Un nouveau grondement, Aleesha se posta dos à Evan.

La glace se fissura et les pâtes sortirent en premier. Personne ne tira, ils avaient assez fait d’erreur auparavant pour savoir que gaspiller ses balles sur l’exosquelette était aussi inutile que d’essayer de fraterniser avec Général Kzar.

Lentement, très lentement, les yeux apparurent, minuscules globes aux facettes cobalts qui semblaient scanner chacun d’entre eux.

-TIREZ!

Le sol craqua, Saryn, recrue de vingt-trois ans qui rêvait de devenir peintre, fut prise de panique et tomba à terre. Aleesha eu à peine le temps de crier son nom que les mandibules grises se refermaient sur le corps de son amie. Une trentaine de balles vinrent alors percuter la créature alors que celle-ci s’élançait vers eux. Deux d’entre elles transpercèrent le scutellum arrondi qui ressortait sur sa nuque et la créature se recroquevilla sur elle-même. Elle était petite… à peine deux fois leur taille. Sûrement un jeune.

-Evan!

Le jeune soldat avait déjà compris et  il courut vers la bête informe qui leur faisait face. Avec une rapidité fulgurante, ses mains sortirent un couteau et l’enfoncèrent dans la nuque de la créature. Il y eu un sifflement puis, plus rien.

Aleesha regarda autour d’elle.

Un mort. Ils étaient vingt et ils avaient perdu Saryn à une créature à peine sortie de l’enfance.

-C’était quoi ca?!

La troupe se figea.

-Je sais que vous êtes stressés ! Je sais que ce n’est pas un jour habituel ! Mais ce n’est pas une excuse pour gaspiller vos balles ! Je vous rappelle que vous avez répété cette attaque plus d’une fois. A part Evan et Siam je n’ai vu personne viser le Scutellum. Combien de fois dois-je répéter que c’est la seule manière de la paralyser ?

Elle posa son arme à terre.

-Camille !

-Sergente ? Fit la voix essoufflée d’un blond aux yeux noisette qui resserrait son écharpe.

-Si tu tires en l’air, autant de ne pas tirer du tout !

-Oui sergente…

– Bon, soupira-t-elle, prenez le badge de Saryn, il faut qu’on bouge.

Le temps de poser un diffuseur et ils repartaient.

A nouveau, le silence reprit sa place de roi, personne ne demanda pourquoi aucun mot n’était prononcé au sujet de Saryn, le temps était un allié précieux et vaniteux, penser que l’on pouvait laisser quelque secondes passer pour faire son deuil était une erreur de débutant, quelque chose qu’ils n’étaient plus depuis longtemps.

 

Aleesha marchait devant, les yeux fixés sur le sol blanc et lorsqu’Evan la rattrapa, elle eut un mouvement sursaut.

-Tu penses qu’on peut….

-S’en sortir?

-Ouais…

-Pour être honnête avec toi, je ne sais pas. Tu as vu la carte ? Notre record dépasse à peine la moitié de cette distance.

-Peut-être qu’ils changeront d’avis…

-Evan s’il-te-plaît…On accomplit la mission ou on ne sort pas, c’est très simple, n’essaie pas de te convaincre d’autre chose.

-C’est absurde, il se mit à trembler, pourquoi…?

Elle lui prit la main. Quelques secondes. Juste…. Quelques secondes…

Ne te perds pas Esha, tu n’auras pas le temps de rassurer tout le monde, avance. 

Il lui jeta un regard gêné.

-Je voulais, il ricana, je voulais goûter les nouvelles pâtisseries de chez Damien.

-Je sais…

-C’est si absurde.

-Tremble pas, t’es mon meilleur tireur, ça serait bête que tu rates ta cible pour un gâteau…

Ils se mirent à rire. Un rire froid et amer qui réussit tout de même à calmer ses tremblements.

Aleesha accéléra la marche. Ils avaient déjà perdu trop de temps.

-Evan?

-Hm?

-J’y ai goûté au pâtisseries… Elles sont trop sucrées.

Elle se retourna sans attendre sa réponse et fit signe aux autres d’accélérer.

Les heures passaient et le sac de diffuseurs s’allégeait.

Ils avaient croisé sept créatures, toutes enfants…. Rare et donc inquiétant.

Emi regarda la sergente faire le compte. Trois morts en tout. Le discours accusateur d’Hassan avait fait assez d’effet pour que la troupe se reprenne et les tirs avaient été calculés et efficaces depuis. Camille, qui avait succombé à la troisième créature, n’avait pas eu l’opportunité de se plaindre encore une fois du froid sec et Eiko avait prit la relève, pestant sur ses articulations qui grinçaient à chaque mouvement.

Emi, quant à elle, la “plus jeune du groupe”, l’odeur de parfum d’Enguerand l’empêchait de se concentrer. Son écharpe s’étant envolée, Hassan lui avait ordonné de ramasser celle de son compagnon qui avait rejoint Saryn et Camille. C’était rationnel, une heure sans équipement dans ce froid signifiait une mort plus rapide qu’une attaque de créature, mais elle n’arrivait pas à s’y faire.  Comment Aleesha pouvait-elle rester si calme? Etait-elle au courant des circonstances? Evidemment… C’était la sergente. Les mots que sa soeur lui avait crié la veille résonnèrent dans sa tête.

Tu es folle?! Tu ne peux pas y aller le vingt-neuf! C’est le jour fantôme, Emi. Le Jour Fantôme ! Ils vous envoient faire quelque chose d’impossible ! Vous n’êtes que des cobayes pour tester leur nouvel équipement. Ils s’en fichent Emi! Ils ne gardent pas les archives pour ce jour, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent et personne ne dira rien!

Elle prit une grande inspiration, se remémorant le jardin japonais qu’elle avait mis en place dans la cour de son immeuble. Elle adorait la végétation, le cinquième de son salaire allait toujours dans l’achat de nouvelles plantes et sa chambre minuscule ressemblait déjà à un jardin botanique. C’était la seule chose qui pouvait la calmer dans les situations insensées qui remplissaient ses journées. Les battements affolés de son coeur ralentirent et elle se sentit reprendre le contrôle de ses mouvements.

Ses yeux se posèrent sur la carte et elle eut une moue de dégoût. Trois camarades et si peu d’avancement.

Un nouveau bruit retentit.

Elle se rapprocha d’Hassan.

-Tu as soif ?

-C’est un prétexte pour discuter ?

-Peut-être….

Elle lui sourit.

-Alors oui j’ai soif.

-On avance?

-Un peu.

-Assez?

La sergente se tut un instant.

-Non.

Il ne fallait pas avoir fait des études de psychologie pour reconnaître qu’Emi était terrorisée et Aleesha regretta immédiatement sa réponse. Malheureusement, elle n’était pas Evan et sa capacité à réconforter les gens se rapprochait plus du détournement de conversation ou de l’ironie.

-Allez Emi! Garde la tête haute, toi qui es d’habitude si motivée, elle lui lança un sourire forcé, qu’est-ce qu’on fait si tu perds le moral !

Celle-ci se figea soudain et pendant un instant, Aleesha pensa que ses mots avaient réveillé une lueur d’espoir dans l’âme de son amie. Pensée qui vola en éclats à la vue de l’effroi qui se reflétait dans les yeux noirs corbeaux de celle-ci.

-Hassan…

-Qu’est-ce qui se passe ?

En guise de réponse, l’index de sa collègue se leva, pointant quelque chose à sa gauche. Aleesha eut à peine le temps de se retourner qu’un cri s’éleva derrière eux.

– Dos à dos ! Hurla-t-elle d’une voix étranglée.

La réaction fut immédiate, chacun se tourna vers son camarade le plus proche et en un instant, la sorte de file indienne désordonnée se transforma en formation parfaite de défense. Seul Eiko restait figé, fixant avec horreur le trou dans la glace à quelques mètres de lui. Tout s’était passé si rapidement, il n’arrivait pas à enregistrer la situation, Léon, son ami, marchant à ses côtés, un bruit de craquement, une pâte grise sortant du sol, un cri, Léon disparu.

-Eiko recule!!! Que quelqu’un le tire en arrière !

Le soldat ne réagit pas.

-EIKO!

La glace s’ouvrit sous lui et Emi ferma les yeux.

Aleesha se mit à compter. Compter le nombre de camarades restant, le nombre de kilomètres qui les séparaient de la tour, le nombre de balles qu’elle avait encore, et surtout le nombre de créatures qui sortaient du sol à une allure torrentueuse. Mais, à part lui rappeler à quel point elle adorait les maths, ses calculs superflus ne lui donnèrent aucune solution pour la situation désespérée à laquelle ils faisaient face. Elle ordonna de tirer, incapable pourtant de savoir s’il fallait tirer sur celles de droite, celles de gauche, ou même dans les trous qui se formaient à leurs pieds. La panique déchira peu à peu la concentration qui retenait le mental de la troupe et la formation se défit.

Dans cet instant, alors que la haine lui faisait monter le sang à la tête, l’insolence impardonnable pour laquelle Aleesha était connue auprès des généraux parut insignifiante. Elle regretta chaque acte de politesse, chaque salut réussi et chaque sourire qu’elle avait dû forcer. Ils étaient tombés sur un nid. Le nombre insensé de jeunes créatures, les bruits inquiétants qui les suivaient depuis tout à l’heure. Tout semblait évident. Aussi évident que le destin qui les attendait. Il fallut quelques secondes pour qu’ils comprennent qu’ils étaient perdus, quelques minutes pour que le groupe diminue de moitié, et quelques soupirs pour qu’Aleesha lâche son arme.

J’abandonne. Une phrase qu’elle avait refusé de prononcer tout au long de sa vie. Aucun entraînement, aucun combat, aucune mission n’avait arraché ces mots de sa bouche. Pourtant, alors qu’elle se remémorait la première fois qu’elle avait entendu parler du jour fantôme, elle sentit cette maudite phrase se frayer un passage jusqu’à ses lèvres.

-Tu vois Esha, le vingt-neuf février est surnommé le jour fantôme. Tu sais ce que ca signifie ? 

– Non ?

Ça signifie que les archives de ce jour sont effacées. Il n’y a donc aucun moyen de prouver ce qui est fait ce jour-là et l’armée en profite souvent pour se permettre des choses qui ne seraient d’habitude pas acceptée par la population.

Comme quoi ?

– Tu connais les missions de prise de terrain ?

– Oui, ils envoient des troupes pour avancer jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus, ensuite, ils les évacuent ? 

– Exact… Sauf que durant les jours fantômes, l’évacuation n’a pas lieu.

Aleesha expira lentement alors que la phrase résonnait à nouveau dans ses oreilles.

L’évacuation n’a pas lieu.

La réalisation glaciale, plus glaciale que les vents auxquels elle faisait maintenant face, glissa le long de sa colonne vertébrale, de sa nuque, de son coccyx, elle paralysa ses membres et sa main laissa tomber les diffuseurs.

Ceux-ci émirent un grésillement et les voix de ses camarades devinrent floues.

L’évacuation n’a pas lieu.

Alors qu’autour d’elle, ses amis tombaient, un murmure sortit de sa bouche.

Imitant Emi qui n’avait pas oser faire face à la mort d’Eiko, elle ferma les yeux.

-J’abandonne…

 

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