Créé le: 10.10.2012
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Le faux banal

Fiction

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© 2012-2021 Aydan

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Histoire de…

1

D'où vient-il ? Mais surtout... Où est-ce qu'il va...?
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C’était l’histoire d’un mec. C’est l’histoire d’un mec. Ça sera l’histoire d’un mec. Il est seul, ou tout du moins, il le pense. Il contemple les gens dans la rue. Il les scrute, les observe, telle une fourmilière qu’il a parfois envie d’écraser du pied.

Souvent, toute cette population autour de lui l’indiffère. Comme s’il avait une double vision, comme s’il voyait sans voir. Des petits insectes bouger, se grouper, se rendre dans toute direction et, en décalage, des avenues, des rues, des trottoirs vides et morts. Vides de vie, vides de sens. Il se demande ce qu’il fout là.

C’est un mec qui croit avoir tout compris à la vie et pour finir, il a rien compris. Un mec qui passe la majorité de tout son temps à tout analyser, tout prévoir, le moindre coup d’avance. Il pense que c’est bien. Que ça va l’aider. Moi j’ai envie de lui dire de se réveiller, d’être un minimum réaliste. Rien n’est joué d’avance, tout reste imprévisible. Il se croit malin mais, comment dire, il ne dupe personne finalement. Il peut surprendre, changer du tout au tout, mais il reste celui qu’il est. Le feu sous la glace. Le doux sous le dur. Un sucré-salé. Un bonbon acide…

Il est fatigué, exténué. Et brûle encore et toujours d’une énergie sans fin. Une énergie qui lui fait office de mystère. Une énigme irrésolue. Une force qui lui fait peur. Il a peur de perdre le contrôle. Il sait qu’il peut devenir dangereux. Il le sent. Comme si c’était inné chez lui. L’électricité… Elle alimente tout de nos jours, mais il ne faut guère oublier qu’elle électrocute…

Comme quoi, le courant reste le fil conducteur de la vie. Ou de la mort…

Le décalé

2

Ce mec a sans cesse l’impression d’être à part. Comme s’il vivait sa vie en décalage. C’est un décalé de tout. Est-ce qu’il veut vraiment d’une vie banale ? Je n’en sais rien. A-t-il envie d’une petite vie peinarde et bien rangée, le stéréotype même du mâle européen de base ? Je ne crois pas. Souhaite-t-il une vie déchirée d’excès, déchirée de but, déchirée de tout ? Il connait. Il s’y est aventuré à maintes reprises. Il a détesté et en même temps… Adoré…

 

L’excès, le vice, la tentation. Des mots qu’il a souvent côtoyé, des mots qu’il connaît bien. Comme une deuxième famille. Comme le typique oncle éloigné qui est en prison. C’est oncle là qui peut ressortir à tout moment et venir lui rendre visite. Le tonton flingueur qui, d’ailleurs, est de passage en ce moment dans sa vie.

 

Alcool. Doux breuvage, tendre venin. Morsure exquise qui désarme l’inhibition. Euphorie quand tu le tiens. Rideau de fumée, stores d’une nature verdoyante et fumable. Il est libre. Il vole. Il rêve. Ce mec là, connaît ses limites. Il sait qu’il ne doit pas dépasser le point de non-retour. Un point qu’il a franchi il y a quelques années de cela. Un point final s’il se risquait à y succomber à nouveau.

 

Les gens l’exaspèrent… Il est posé, tranquille dans un bar. Entouré de personnes qui sont sensées avoir fini leur job. De quoi parlent-elles ? De travail. C’est d’un pathétique. Où est le plaisir de s’oublier à ce point ? Ces gens-là, pour lui, sont déjà morts et ne le savent même pas. Il lui faut une deuxième bière. Un peu de fraîcheur d’orge, merde ! La table d’à côté lui fout les boules…Il a passé commande. Ouf… Sauvé.

Cartes sur table

3

Ce gars-là, il en a marre d’être catalogué de gentil. Si les gens savaient, ils ne jugeraient pas aussi vite. Le dicton : « Se méfier de l’eau qui dort » lui colle à la peau. Il passe sa vie à se canaliser, à se contenir, à ne rien laisser percevoir. Lui aussi joue bien son jeu. Il bluffe à merveilles. Il se défie à lui-même. C’est son sport quotidien.

 

La vie finalement, c’est comme se promener dans une ville. Il y a certaines rues qui sont pleines de lumière, de soleil, de clarté. Puis d’autres qui sont sombres, stressantes, inquiétantes. La vie c’est pareil. On a beau parfois vouloir se diriger vers ces premières, l’atmosphère change du tout au tout. Parfois il suffit d’un rien. Ou peut-être bien d’un tout. Il a ce putain de jeu de cartes en tête…

 

Il a envie de changer la donne de son existence mais il devra, à mon humble avis, attendre une nouvelle distribution de cartes. Un jeu qui peut se faire en musique, les percussions sont belle et bien là. Toujours rythmées mais jamais le même tempo. A contre-emploi, à contre-vie, à contrecœur, envers et contre tout…

 

© 2012, Aydan

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