Créé le: 30.09.2012
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La magie des mots

Journal personnel, Poésie

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© 2012-2021 Chantal Girard

Ils peuvent être beaux comme  “florilège”, vilains comme ”rogaton”, rigolos comme  ”calembredaine”, désuets comme “freluquet”! Mais une chose est sûre, tous ils  sont  étonnants… les mots!
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La magie des mots

 

Il était une fois…

Que quelqu’un énonce ces quatre mots et voilà que, d’un seul coup, tout ce qui nous entoure prend une dimension différente. Rien vraiment n’a encore été dit et pourtant chacun déjà devient plus attentif, tend l’oreille, s’apprête à s’évader sur cette promesse : “Il était une fois…” Quelque soit l’âge, la provenance ou la culture de celui qui écoute, en entendant ces mots le voilà plus curieux, plus intéressé, il attend quelque chose… Quoi ? Il ne le sait pas encore mais ce “quelque chose”, il en est sûr, l’intéressera.

Il était une fois…

Quatre mots : un pronom, un verbe, un article, un substantif. Quatre mots seulement pour emmener tout un auditoire en voyage et, sans bouger, l’amener par des chemins de traverse dans un lieu où – sans ce “Sésame ouvre-toi !” – il ne serait probablement jamais allé ! Et tout cela par la magie de quelques mots !

 

Ah les mots ! Les mots ! Ils sont là, toujours présents… Que dis-je présents : omniprésents ! Nous n’y échappons pas ! Ils nous entourent, nous précèdent ou nous suivent, hésitent, se bousculent, courent, traînent, caracolent, chantent, vocifèrent ou susurrent, bredouillent ou parlent clair ; se mettent au goût du jour, s’anglicisent ou se démodent. Ils sont austères, primesautiers, coquins, beaux ou laids, rigolos, idiots, subtils, étonnants, charmants… Certains nous plaisent, d’autres nous rebutent.

 

Les mots sont prodigieux, ils sont capables de transformer nos pensées en une substance tangible, palpable et concrète, tant et si bien que ceux qui nous écoutent peuvent, par ce biais, connaître notre pensée, la comprendre, la saisir ! Le plus mystérieux pourtant reste caché dans le corps des mots, dans ce fabuleux trésor composé de petits signes : les lettres. Et par l’intervention de quelques-unes d’entre elles, pas plus de trois ou quatre parfois, une idée, un paysage, un événement tout entier peut être relaté.

Pour citer un exemple n’importe quel mot ferait l’affaire, cependant il y a en a tant, lequel choisir pour qu’il soit parlant ? Pourquoi pas le mot “mot” ? Il n’en donne pas l’impression comme ça mais, rien que par ses trois petites lettres, il chapeaute toute la littérature ! Celle-ci étant faite essentiellement – non : uniquement – de mots, chacun appréciera !

Reprenons ce mot “mot” et donnons-lui un autre air en lui ajoutant justement un “R” ! Hélas l’intervention n’est pas innocente, le simple fait de lui insérer cette lettre l’étouffe et voilà notre “mot”… condamné. De MOT, l’air de rien, il devient MORT. Étrange, lorsqu’il manque d’ “R” il respire et lorsqu’il le retrouve, il expire !

 

Jouer sur les mots, est un loisir de tous les instants qui peut se pratiquer sans même que l’on s’en doute ! A l’instar de monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nous faisons un bon nombre de choses – côté langue française – sans nous en apercevoir ! Ainsi, par exemple, en disant simplement “mon nom” je fais un palindrome… ! N’est-ce pas extraordinaire ?!!

 

Incontestablement les mots sont remarquables tout autant qu’ils sont redoutables, c’est bien là leur génie. En effet, si leur puissance est fabuleuse elle peut également être dangereuse et il serait bien imprudent de ne pas s’en méfier. Entre le moment où, sortant de notre bouche le mot se concrétise par la parole, et celui où il atteint l’oreille à qui nous l’avons destiné, il peut se passer tant de choses… Un mot lancé peut ricocher ou dévier de sa trajectoire pour atteindre un objectif auquel il n’était pas destiné. Il peut aussi se perdre, pire : être intercepté par quelque falsificateur ou quelque vaurien et, finalement, arriver à destination complètement transformé voire défiguré.

J’exagère ?

Mais qui pourrait se targuer de n’avoir jamais eu ses propos travestis par quelques langues savantes – ou ignorantes ! – et venimeuses ?

Vous voyez !

Toutefois, malgré les conséquences que l’usage des mots peut engendrer lorsqu’ils sont utilisés à mauvais escient, on ne peut qu’être admiratif face au trésor que détient notre langue. Moi, cela m’épate ! Et cela m’épate bien plus encore dès le moment où les mots prennent un ton badin et nous font, en passant, de véritables clins d’œil. Quel délice ! Enfin… pour quelques-uns “délice” rimerait plutôt avec “supplice”. Eh oui ! Tout le monde n’est pas forcément tombé amoureux des mots dès son plus jeune âge. Quel dommage ! Pour ceux-là, bien sûr, le français reste à vie leur bête noire. Franchement on peut les comprendre car, il faut bien le reconnaître, la langue de Molière ne s’appréhende pas toujours facilement, elle joue volontiers des tours et, vraiment, excelle en la matière ! Usant des exceptions, des difficultés de conjugaison, des variations, sans parler des homonymes, des synonymes, des paronymes !

Il me semble percevoir, comme venu de toute part, un soupir à fendre l’âme :

“Comment s’y retrouver ?!?”

Comment ? En s’amusant, tout simplement !

Alors, bien entendu, il y a des règles à respecter mais au-delà de ces contraintes le français possède tant de charme et tant de fantaisie, pourquoi ne pas y succomber ?

Le langage s’apprivoise. Et, comme le Petit Prince de Saint-Exupéry face au renard, il faut être patient, se donner le temps. Au début de leur rencontre le renard expliquait : “Je ne puis pas jouer avec toi. Je ne suis pas apprivoisé”. Il en va de même pour le français, lorsqu’on le méconnaît on ne peut pas jouer avec. Il faut avant tout l’approcher progressivement, s’habituer à lui, le comprendre.

Ainsi vous vous laisserez apprivoiser par ces mots qui semblent sérieux au premier abord mais qui, très vite, s’encanaillent ! Autour de nous plein de “mots errent” (ceux-ci nous réchauffent !) les uns ne sont jamais contents, on peut dire que ces “mots râlent”, d’autres au contraire, très enjoués, nous apprennent que parfois les “mots rient” ! Pardonnez-moi ce jeu de mots facile, je n’ai pas résisté à la tentation de vous séduire avec ces mots… cœur !

 

Entre les difficultés et les atouts de la langue, chacun peut louvoyer comme il lui plaît en respectant un minimum de grammaire ! Oh rien de bien sorcier, uniquement le genre et le nombre des noms. Le genre, lui, est obligatoirement masculin ou féminin. La neutralité, en français du moins, n’existe pas. Quant au nombre d’un substantif, selon les règles grammaticales, s’il est seul ou à plusieurs, il sera singulier ou pluriel. Même pour les anciens cancres que certains furent peut-être, cela coule de source ! Oui, mais… pas toujours ! En effet si l’on vous demandait de mettre un article devant “écritoire” ou “apogée” il est probable que beaucoup choisirait le masculin pour le premier et le féminin pour le second, alors que, correctement, c’est le contraire ! Eh oui, Il existe ainsi quelques cas où la confusion entre “un” ou “une” est courante, et ces méprises, à force de se répéter, s’ancrent petit à petit dans notre vocabulaire et finissent par sembler correctes !

Bref, si les anciens écoliers que nous sommes trébuchent ici ou là sur le genre de certains noms, n’est-ce pas finalement la faute du français lui-même ? Comme nous l’avons déjà remarqué, cette langue aussi belle, aussi riche soit-elle, joue parfois sur les mots et il lui arrive de se laisser aller à des fantaisies pour le moins surprenantes…

Par exemple quand, passant du singulier au pluriel, elle s’amuse à métamorphoser le genre d’un mot, il y a de quoi s’étonner. Et l’on s’étonne d’autant plus lorsque ce mot est “amour”. La langue française souligne-t-elle là une subtile différence… ou nous fait-elle simplement un clin d’œil malicieux ?! En tout cas si l’on observait à la lettre cet exemple, on arriverait très vite à cette conclusion : que seul l’amour “fou” est vécu par les hommes tandis que la vie ne propose aux femmes que de “folles” amours… !

Fort heureusement, les mots ne sont que des mots ! Et masculins ou féminins, si par un caprice de langage ils changent de sexe, ils ne nous métamorphosent pas pour autant. Quoique… cela dépend des circonstances car désormais, dans notre société – où l’évolution a changé la donne – la transsexualité s’inscrit en parfait exemple pour nous prouver le contraire…

Mais je m’égare à tant vouloir illustrer l’espièglerie des mots ! Revenons donc à nos moutons !

Nous dissertions sur la capacité des mots à faire voyager, à transporter, à émouvoir ou à irriter. Cachés quelque part dans les méandres de nos esprits ou de nos mémoires, ils se baladent, paressent, s’agitent suivant l’instant, l’endroit, l’intention. Ils sautent à pieds joints au-dessus du courant de nos pensées ou jettent des ponts sur le présent, reliant ainsi passé et futur.

Relier… le passé au futur, les êtres entre eux, les idées, les pages d’un livre… Voilà ce que l’on peut faire par l’intermédiaire des mots.

 

Ces mots qui me passionnent, j’en avais déposé toute une ribambelle au fond d’un tiroir dans l’intention, un jour, de les organiser en histoires qui, peut-être, commenceraient par “Il était une fois”

Il y a bien des années de cela. Le temps a passé depuis, l’oubli s’en est mêlé et mon projet s’est endormi. Je ne pensais plus à tous ces mots choisis, bien rangés quelque part dans ce tiroir, jusqu’à la semaine dernière où une chose étrange s’est passée : chaque fois que j’entrais dans mon bureau, j’entendais “des voix” ! Comme une sorte de chuchotement léger. Léger, certes, mais persistant. J’ai fini par en saisir l’origine : c’était ces mots, impatients de sortir de leur prison, qui murmuraient

“Nous sommes nés de ta plume ! Laisse-nous maintenant nous envoler…!”

L’envie de leur offrir la liberté de s’exprimer m’apparut soudain comme une évidence, il suffisait d’ouvrir le tiroir et, comme ils me le demandaient, de les laisser s’envoler.

Ma main s’apprêtait à le faire quand une hésitation suspendit mon geste… De l’intention à la réalisation, il y a un pas. Un pas que je n’ai pas osé franchir, me trouvant soudain bon nombre d’excuses justifiant mon manque d’audace. La vraie raison était tout autre… Les mots, en suivant le chemin qui mène de la pensée à la plume, portent en eux une parcelle de celui qui les écrit. Et tant que l’auteur les garde à portée de main ces mots lui appartiennent encore. Mais s’ils s’en vont sous d’autres yeux… qu’advient-il d’eux ?

Lorsqu’on les livre, les mots prennent leur indépendance, ils nous échappent. Ils vont vivre leur vie, trouver une résonance ou se perdre sans que l’on ne puisse plus intervenir.

Est-ce par crainte de les voir se perdre que j’ai renoncé ? Probablement. Mais eux n’avaient pas dit leur dernier mot ! Leur chuchotement ne trouvant pas d’écho, ils se sont agités et leur rumeur s’amplifia au point de devenir assourdissante ! Que fallait-il faire ? Ouvrir le tiroir ?

Les mots ont finalement eu gain de cause. Il me fallait seulement un prétexte pour organiser en texte les mots que vous avez sous les yeux !

Je vous le disais plus haut, la langue française m’épate, m’enchante, m’amuse !

M’amuse ?…!

Ma Muse !

Mais oui bien sûr, c’est elle qui me souffle ces mots souvent galvaudés et pourtant toujours nouveaux ! Ma muse, elle pourrait s’appeler Melpomène ou Thalie selon les mots qu’elle m’inspire, faiseurs de larmes ou de rire.

Ma Muse ?

Ce sont les mots !

 

 

 

 

 

La magie des mots

 

Il était une fois…

 

Que quelqu’un énonce ces quatre mots et voilà que, d’un seul coup, tout ce qui nous entoure prend une dimension différente. Rien vraiment n’a encore été dit et pourtant chacun déjà devient plus attentif, tend l’oreille, s’apprête à s’évader sur cette promesse : “Il était une fois…” Quelque soit l’âge, la provenance ou la culture de celui qui écoute, en entendant ces mots le voilà plus curieux, plus intéressé, il attend quelque chose… Quoi ? Il ne le sait pas encore mais ce “quelque chose”, il en est sûr, l’intéressera.

 

Il était une fois…

 

Quatre mots : un pronom, un verbe, un article, un substantif. Quatre mots seulement pour emmener tout un auditoire en voyage et, sans bouger, l’amener par des chemins de traverse dans un lieu où – sans ce “Sésame ouvre-toi !” – il ne serait probablement jamais allé ! Et tout cela par la magie de quelques mots !

 

Ah les mots ! Les mots ! Ils sont là, toujours présents… Que dis-je présents : omniprésents ! Nous n’y échappons pas ! Ils nous entourent, nous précèdent ou nous suivent, hésitent, se bousculent, courent, traînent, caracolent,

chantent, vocifèrent ou susurrent, bredouillent ou parlent clair ; se mettent au goût du jour, s’anglicisent ou se démodent. Ils sont austères, primesautiers, coquins, beaux ou laids, rigolos, idiots, subtils, étonnants, charmants… Certains nous plaisent, d’autres nous rebutent.

 

Les mots sont prodigieux, ils sont capables de transformer nos pensées en une substance tangible, palpable et concrète, tant et si bien que ceux qui nous écoutent peuvent, par ce biais, connaître notre pensée, la comprendre, la saisir ! Le plus mystérieux pourtant reste caché dans le corps des mots, dans ce fabuleux trésor composé de petits signes : les lettres. Et par l’intervention de quelques unes d’entre elles, pas plus de trois ou quatre parfois, une idée, un paysage, un événement tout entier peut être relaté.

 

Pour citer un exemple n’importe quel mot ferait l’affaire, cependant il y a en a tant, lequel choisir pour qu’il soit parlant ? Pourquoi pas le mot “mot” ? Il n’en donne pas l’impression comme ça mais, rien que par ses trois petites lettres, il chapeaute toute la littérature ! Celle-ci étant faite essentiellement – non : uniquement – de mots, chacun appréciera !

 

Reprenons ce mot “mot” et donnons-lui un autre air en lui ajoutant justement un “R” ! Hélas l’intervention n’est pas innocente, le simple fait de lui insérer cette lettre l’étouffe et voilà notre “mot”… condamné. De MOT, l’air de rien, il devient MORT. Étrange, lorsqu’il manque d’ “R” il respire et lorsqu’il le retrouve, il expire !

 Jouer sur les mots, est un loisir de touts les instants qui peut se pratiquer sans même que l’on s’en doute! A l’instar de monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nous faisons un bon nombre de choses – côté langue française – sans nous en apercevoir ! Ainsi, par exemple, en disant simplement “mon nom” je fais un palindrome…! N’est-ce pas extraordinaire ?!!

 

Incontestablement les mots sont remarquables tout autant qu’ils sont redoutables, c’est bien là leur génie. En effet, si leur puissance est fabuleuse elle peut également être dangereuse et il serait bien imprudent de ne pas s’en méfier. Entre le moment où, sortant de notre bouche le mot se concrétise par la parole, et celui où il atteint l’oreille à qui nous l’avons destiné, il peut se passer tant de choses… Un mot lancé peut ricocher ou dévier de sa trajectoire pour atteindre un objectif auquel il n’était pas destiné. Il peut aussi se perdre, pire : être intercepté par quelque falsificateur ou quelque vaurien et, finalement, arriver à destination complètement transformé voire défiguré.

 

J’exagère ?

 

Mais qui pourrait se targuer de n’avoir jamais eu ses propos travestis par quelques langues savantes – ou ignorantes ! – et venimeuses ?

 

Vous voyez !

Toutefois, malgré les conséquences que l’usage des mots peut engendrer lorsqu’ils sont utilisés à mauvais escient, on ne peut qu’être admiratif face au trésor que détient notre langue. Moi, cela m’épate ! Et cela m’épate bien plus encore dès le moment où les mots prennent un ton badin et nous font, en passant, de véritables clins d’œil. Quel délice ! Enfin… pour quelques-uns “délice” rimerait plutôt avec “supplice”. Eh oui ! Tout le monde n’est pas forcément tombé amoureux des mots dès son plus jeune âge. Quel dommage ! Pour ceux-là, bien sûr, le français reste à vie leur bête noire. Franchement on peut les comprendre car, il faut bien le reconnaître, la langue de Molière ne s’appréhende pas toujours facilement, elle joue volontiers des tours et, vraiment, excelle en la matière! Usant des exceptions, des difficultés de conjugaison, des variations, sans parler des homonymes, des synonymes, des paronymes !

 

Il me semble percevoir, comme venu de toute part, un soupir à fendre l’âme :

“Comment s’y retrouver ?!?”

Comment ? En s’amusant, tout simplement !

 

Alors, bien entendu, il y a des règles à respecter mais au-delà de ces contraintes le français possède tant de charme et tant de fantaisie, pourquoi ne pas y succomber ?

 

Le langage s’apprivoise. Et, comme le Petit Prince de Saint-Exupéry face au renard, il faut être patient, se donner le temps. Au début de leur rencontre le renard expliquait : “Je ne puis pas jouer avec toi. Je ne suis pas apprivoisé”. Il en va de même pour le français, lorsqu’on le méconnaît on ne peut pas jouer avec. Il faut avant tout l’approcher progressivement, s’habituer à lui, le comprendre.

 

Ainsi vous vous laisserez apprivoiser par ces mots qui semblent sérieux au premier abord mais qui, très vite, s’encanaillent ! Autour de nous plein de “mots errent” (ceux-ci nous réchauffent !) les uns ne sont jamais contents, on peut dire que ces “mots râlent”, d’autres au contraire, très enjoués, nous apprennent que parfois les “mots rient” ! Pardonnez-moi ce jeu de mots facile, je n’ai pas résisté à la tentation de vous séduire avec ces mots… cœur !

 

Entre les difficultés et les atouts de la langue, chacun peut louvoyer comme il lui plaît en respectant un minimum de grammaire ! Oh rien de bien sorcier, uniquement le genre et le nombre des noms. Le genre, lui, est obligatoirement masculin ou féminin. La neutralité, en français du moins, n’existe pas. Quant au nombre d’un substantif, selon les règles grammaticales, s’il est seul ou à plusieurs, il sera singulier ou pluriel. Même pour les anciens cancres que certains furent peut-être, cela coule de source! Oui, mais… pas toujours ! En effet si l’on vous demandait de mettre un article devant “écritoire” ou “apogée” il est probable que beaucoup choisirait le masculin pour le premier et le féminin pour le second, alors que, correctement, c’est le contraire ! Eh oui, Il existe ainsi quelques cas où la confusion entre “un” ou “une” est courante, et ces méprises, à force de se répéter, s’ancrent petit à petit dans notre vocabulaire et finissent par sembler correctes !

Bref, si les anciens écoliers que nous sommes trébuchent ici ou là sur le genre de certains noms, n’est-ce pas finalement la faute du français lui-même ? Comme nous l’avons déjà remarqué, cette langue aussi belle, aussi riche soit-elle, joue parfois sur les mots et il lui arrive de se laisser aller à des fantaisies pour le moins surprenantes…

 

Par exemple quand, passant du singulier au pluriel, elle s’amuse à métamorphoser le genre d’un mot, il y a de quoi s’étonner. Et l’on s’étonne d’autant plus lorsque ce mot est “amour”.La langue française souligne-t-elle là une subtile différence… ou nous fait-elle simplement un clin d’œil malicieux ?! En tout cas si l’on observait à la lettre cet exemple, on arriverait très vite à cette conclusion : que seul l’amour “fou” est vécu par les hommes tandis que la vie ne propose aux femmes que de “folles” amours…!

 

Fort heureusement, les mots ne sont que des mots ! Et masculins ou féminins, si par un caprice de langage ils changent de sexe, ils ne nous métamorphosent pas pour autant. Quoique… cela dépend des circonstances car désormais, dans notre société – où l’évolution a changé la donne – la transsexualité s’inscrit en parfait exemple pour nous prouver le contraire…

 

Mais je m’égare à tant vouloir illustrer l’espièglerie des mots ! Revenons donc à nos moutons !

 

Nous dissertions sur la capacité des mots à faire voyager, à transporter, à émouvoir ou à irriter. Cachés

quelque part dans les méandres de nos esprits ou de nos mémoires, ils se baladent, paressent, s’agitent suivant l’instant, l’endroit, l’intention. Ils sautent à pieds joints au-dessus du courant de nos pensées ou jettent des ponts sur le présent, reliant ainsi passé et futur.

 

Relier… le passé au futur, les êtres entre eux, les idées, les pages d’un livre… Voilà ce que l’on peut faire par l’intermédiaire des mots.

 

Ces mots qui me passionnent, j’en avais déposé toute une ribambelle au fond d’un tiroir dans l’intention, un jour, de les organiser en histoires qui, peut-être, commenceraient par “Il était une fois”

 

Il y a bien des années de cela. Le temps a passé depuis, l’oubli s’en est mêlé et mon projet s’est endormi. Je ne pensais plus à tous ces mots choisis, bien rangés quelque part dans ce tiroir, jusqu’à la semaine dernière où une chose étrange s’est passée : chaque fois que j’entrais dans mon bureau, j’entendais “des voix” ! Comme une sorte de chuchotement léger. Léger, certes, mais persistant. J’ai fini par en saisir l’origine : c’était ces mots, impatients de sortir de leur prison, qui murmuraient

 

“Nous sommes nés de ta plume ! Laisse-nous maintenant nous envoler…!”

 

L’envie de leur offrir la liberté de s’exprimer m’apparut soudain comme une évidence, il suffisait d’ouvrir le tiroir et, comme ils me le demandaient, de les laisser s’envoler.

Ma main s’apprêtait à le faire quand une hésitation suspendit mon geste… De l’intention à la réalisation, il y a un pas. Un pas que je n’ai pas osé franchir, me trouvant soudain bon nombre d’excuses justifiant mon manque d’audace. La vraie raison était tout autre… Les mots, en suivant le chemin qui mène de la pensée à la plume, portent en eux une parcelle de celui qui les écrit. Et tant que l’auteur les garde à portée de main ces mots lui appartiennent encore. Mais s’ils s’en vont sous d’autres yeux… qu’advient-il d’eux ?

 

Lorsqu’on les livre, les mots prennent leur indépendance, ils nous échappent. Ils vont vivre leur vie, trouver une résonance ou se perdre sans que l’on ne puisse plus intervenir. Est-ce par crainte de les voir se perdre que j’ai renoncé ? Probablement. Mais eux n’avaient pas dit leur dernier mot ! Leur chuchotement ne trouvant pas d’écho, ils se sont agités et leur rumeur s’amplifia au point de devenir assourdissante ! Que fallait-il faire ? Ouvrir le tiroir ?

 

Les mots ont finalement eu gain de cause.Il me fallait seulement un prétexte pour organiser en texte les mots que vous avez sous les yeux !

 

Je vous le disais plus haut, la langue française m’épate, m’enchante, m’amuse !

M’amuse ?…!

Ma Muse !

Mais oui bien sûr, c’est elle qui me souffle ces mots souvent galvaudés et pourtant toujours nouveaux ! Ma muse, elle pourrait s’appeler Melpomène ou Thalie selon les mots qu’elle m’inspire, faiseurs de larmes ou de rire.

Ma Muse ?

Ce sont les mots !

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