Créé le: 10.01.2018
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Déposition

Notre société

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La déposition d'une "aubergine" au poste de police. Attention, il n'y a pas de tendresse dans son histoire. (Pour les jeunes, l'aubergine était le surnom donné aux contractuelles françaises, qui portaient un uniforme de cette couleur)
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Déposition – Page 1

Ben voilà, je hais mon métier. Vous avez choisi le vôtre, vous ? Moi pardon hein mais je déteste les uniformes, il s’est imposé quand je me suis retrouvée sans le sou avec mes deux gamins, mon mec m’avait quittée pour une pétasse blanche pâlotte falote, une idiote quoi qui le trouvait exotique et bien membré, pour sûr il l’est mais inversement à sa cervelle de moineau, il la quittera aussi, sans doute après l’avoir engrossée c’est sa spécialité, la preuve de sa virilité, tu parles quelle misère… Bref. Tout ça pour vous dire pourquoi j’ai dû accepter ce boulot, la paie est correcte et surtout je passe mes journées dehors, je supporte pas d’être enfermée alors j’arpente les rues, je repère les infractions les dépassements de temps les mal garés les trottoirs envahis et je sors mon petit stylo mon petit carnet, et bon, bien sûr je me fais insulter par les conducteurs à qui je colle une contredanse, mes collègues aussi ça fait partie du job, mais vous l’avez remarqué je suis femme, noire et bien en chair alors j’ai droit à une panoplie particulièrement riche d’injures sexistes racistes et humiliantes. Mais là c’est pire, ça se voit non ? Je devais encore bosser pour atteindre ce maudit quota, le petit était malade alors j’avais pas pu travailler en début de semaine, la nuit tombait, elle tombe tôt en hiver, donc je suis allée au parking du centre commercial, là où normalement tu dois mettre ton disque bleu mais tout le monde l’oublie, c’est de bonne guerre et c’est vraiment rare qu’on y aille, c’est moche je sais mais bon faut bien vivre et je voulais m’en débarrasser au plus vite et rentrer préparer le repas, bref j’avais déjà collé

 

Déposition – Page 2

plusieurs voitures quand a surgi un gaillard immense, gros bide gros bras grosses bacchantes, qui m’a tout de suite hurlé dessus, j’ai tenté de garder mon calme « je fais mon métier, m’sieur » mais il m’a collé une monstre baffe qui m’a fait valser et il m’a chopée par les épaules et plaquée contre une camionnette, il a grincé entre ses dents « Si tu gueules je te tue ! » Oh putain j’avais peur m’sieur l’agent, il était comme fou et j’ai rien dit j’étais sonnée, alors il a soulevé ma jupe, en jeans je me serais sentie plus forte mais là, sa main serrée sur mon cou pendant qu’il sortait son bazar de son pantalon, moi je voulais juste qu’il en finisse, je ne suis pas une jeune vierge hein alors tant pis, je voulais juste pas mourir… Il m’a pénétrée tout en m’étranglant et en m’insultant « Sale pute, sale black, je vous déteste ! », heureusement il a vite joui et il m’a jetée par terre, il a encore murmuré « Toutes des salopes » puis il est remonté dans sa camionnette et a démarré, moi je pleurais par terre, j’avais mal partout et je pensais à mes petits qui devaient avoir faim mais je n’arrivais pas à me calmer, enfin une femme s’est approchée et m’a prise dans ses bras et j’ai pleuré pleuré… Et puis je suis venue vous voir, m’sieur l’agent, parce que c’est dégueulasse ce qu’il m’a fait, et pour rien, je l’avais même pas collé, donc non, j’ai pas le numéro de plaque, c’était une camionnette grise avec un logo rouge c’est tout ce que je sais… mais si vous le retrouvez dites-le moi, je lui mettrais volontiers un coup de pied où je pense !

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