Créé le: 05.05.2018
1834 1
Coucou, it’s me!

Humour

a a a

© 2018-2022 Mouche

© 2018-2022 Mouche

Fille ou garçon ? Vous l'ignorez, mais moi je me régale !
Reprendre la lecture

Coucou, it’s me! – Page 1

Ça y est, j’y suis !

 

Comme toujours, j’ai choisi ma génitrice avec soin. Une femme sûre d’elle, brillante et drôle, disposée à m’offrir amour et énergie – dont elle déborde – pour prendre soin de moi le temps qu’il faudra. Elle a les hanches larges (sybarite, je chéris mon confort) et la poitrine à l’avenant, facteur fondamental si je ne veux pas mourir de faim, ou qu’on me gave de laits recomposés additionnés de produits louches et dangereux pour ma santé.

 

Pour le géniteur, c’est moins évident : ma future mère a grand cœur et peu de complexes inutiles. Toutefois, je sens l’un des potentiels s’affairer autour d’elle et visiblement s’apprêter à m’accueillir comme venant de lui : soit ! Je ne piperai mot. D’ailleurs, sincèrement, je ne sais rien avec certitude. « Je » n’existe vraiment que depuis qu’un spermatozoïde a pénétré, après une folle course et des efforts surhumains, l’ovule de celle que j’appellerai désormais « Maman ».

 

J’explore mon nouvel antre : il est spacieux, rougeoyant, confortable. Un large cordon me relie à un grand tout. Je flotte et plane, profitant du beau temps pour stimuler mon cœur et mettre en place mes yeux, ma bouche et mes oreilles, qui seront mes antennes. Au fil des mois, je grandis. Petit haricot du début, je m’épaissis et pousse bras et jambes, mon cerveau bourgeonne et se connecte au système nerveux qui m’amènera toutes les informations dont j’aurai besoin, et ce, très prochainement.

 

Coucou, it’s me! – Page 2

J’explore mon nouvel antre : il est spacieux, rougeoyant, confortable. Un large cordon me relie à un grand tout. Je flotte et plane, profitant du beau temps pour stimuler mon cœur et mettre en place mes yeux, ma bouche et mes oreilles, qui seront mes antennes. Au fil des mois, je grandis. Petit haricot du début, je m’épaissis et pousse bras et jambes, mon cerveau bourgeonne et se connecte au système nerveux qui m’amènera toutes les informations dont j’aurai besoin, et ce, très prochainement.

 

La vie s’écoule gentiment. L’une de mes principales distractions me vient de l’extérieur : Maman s’agite, elle chante, elle rit ! Tout son corps me transmet son bonheur d’être en vie, de me porter en elle, et je lui réponds en trilles et trémolos qu’elle n’entend sans doute pas, mais qu’elle doit bien sentir, non ?

 

Peu à peu je discerne les sons, les distingue plus clairement. De quoi parlent-ils ce soir ? Ah oui, de politique – beurk, rien ne me presse. De musique ? C’est mieux ! Dansant dans son ventre, je leur fais comprendre que j’aime le jazz chaloupé, Vivaldi, les ballades romantiques. De prénoms ? Aaah ! Enfin ! J’entends défiler des noms rigolos, magnifiques, vieillots ou tendance… Parfois je lance un bon coup de pied pour qu’ils comprennent que « Non, Théodore, il n’en est pas question ! » Plus le temps passe, plus ils abordent le sujet avec sérieux. Mais reste la grande inconnue : serai-je fille ou garçon ? Moi je le sais, bien sûr, mais ça me fait marrer de les voir cogiter…

 

Coucou, it’s me! – Page 3

Dans quelques jours, je vais débarquer. Ces doux naïfs croiront que je nais à l’instant. J’en rigole en sourdine, moi qui les ai choisis et qui sais pertinemment ce qu’il va arriver ! Mais bon, et je le sais aussi, je vais devoir baver, meugler, chier et sourire aux anges pendant bien longtemps, avant que mon corps ne me donne tous les moyens de m’exprimer clairement. Cela fait partie du jeu… un jeu qui décidément me plaît.

 

Coucou, it’s me !

 

Êtes-vous prêts à m’aimer ? Moi, oui !

 

C’est partiiii !

Commentaires (0)

Cette histoire ne comporte aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir une expérience optimale de navigation. En continuant de visiter ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.

J’ai comprisEn savoir plus