Chanson du dedans

Il est parti sans moi et je reste seul sans lui. Il y a un trou. Alors j'ai gardé son sourire pour le remplir.
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Chanson du dedans

 

Derrière, plus loin, une cloche d’Arvo Pärt sonne comme un glas sourd et appuyé.

Moi je m’assois et me relève encore, pour chercher ce qui n’est pas ici et qui me fera oublier.

Hier, je lui aurais parlé de ce chœur qui pleure plus qu’il ne chante Bogoroditse Dievo,

Et lui m’aurait fredonné les mots rieurs de la vie de bohème jusqu’à à la fin des haricots.

 

La mer est bleue

Le vin est rouge

L’horizon est blanc

Le souvenir sépia

Guy ne reviendra pas.

 

Le rite commence avec la question “T’as connu ?”, et ma réponse évasive l’invite au partage.

Alors l’histoire fleurit le long du chemin que la vache rumine clopin-clopant jusqu’au jour qui s’étiole,

Car de Vollèges à Fully le temps est aussi long que la route et l’enfant qu’il était s’endort au fond de la carriole.

La cadence des sabots berce doucement sa nostalgie et je respire  avec lui le parfum suranné du voyage.

 

La mer est bleue

Le vin est rouge

L’horizon est blanc

Le souvenir sépia

Guy ne reviendra pas.

 

Malicieux, il me murmurait parfois

“Le vin, c’est le lait des vieux”,

Et heureux, il déposait au fond de moi

Ce sourire qui vivait au fond de ses yeux.

 

La mer est bleue

Le vin est rouge

L’horizon est blanc

Le souvenir sépia

Guy ne reviendra pas.

 

Chez moi, dedans, là-bas,

Quand tout autour sera fané,

Quand tout viendra à passer,

Ton sourire de complicité,

Ton regard de fraternité,

Eux ne passeront pas.

Commentaires (1)

Thierry Villon
21.09.2020

Beau texte poétique, à mettre en musique, qui sait ?

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