Créé le: 04.01.2021
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Arbres

Nature Environnement, Notre société, patrimoine

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© 2021 Chantal Girard

"Un arbre qui tombe fait beaucoup plus de bruit qu'une forêt qui pousse." (Proverbe africain)
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C’était en août, il y a bien des années de cela. A la recherche d’un appartement à louer, j’avais déjà visité au moins une vingtaine de logements tous plus laids, sombres et bruyants les uns que les autres. Mais ce jour là, occupée à tout autre chose – et sans raison apparente – l’idée me traversa l’esprit d’appeler une vague connaissance qui vendait des appartements. Je n’étais pas intéressée pour acheter mais sait-on jamais. L’idée était bonne, la personne en question avait justement « et exceptionnellement pour rendre service à un ami » un appartement en location. Cependant comme cet appartement n’avait pas trouvé preneur mon interlocuteur était sur le point de rendre les clés à cet ami. Je demandai s’il était possible de le visiter.
« Si vous voulez mais je vous averti tout de suite que vous allez perdre votre temps, l’appartement est dans un état déplorable et ça m’étonnerait vraiment qu’il vous plaise. »

J’insistai.
« Alors venez tout de suite car le propriétaire vient reprendre ses clés dans une heure. »

 

Ni une, ni deux, je sautai dans ma voiture et couvris les quinze kilomètres qui me séparaient du lieu de rendez-vous. La personne m’attendait et me redit encore « Vous vous êtes déplacée pour rien, l’appartement n’en vaut vraiment pas la peine, je vous assure. » Il se trompait! Contrairement à tout ce que j’avais vu précédemment, celui-ci me plût d’emblée. Certes, le groupe de quatre petits immeubles où se trouvait l’appartement n’était pas très attirant. Côté route les murs couleur grisaille faisaient plutôt penser à une caserne. Mais, un peu comme au théâtre, ce n’était que l’envers du décor… L’entrée principale, elle, était côté jardin et là tout changeait : les balcons à claies de bois s’embellissaient de géraniums florissants et l’environnement était verdoyant et ensoleillé. Le seuil de l’appartement à peine franchi, j’ai su que j’allais habiter là. Et pourtant, c’était vrai, la première impression surprenait: toutes les pièces étaient à refaire du sol au plafond! Mais j’avais eu le coup de foudre et ce genre de ″détails″ n’entra pas en ligne de compte. Mon accompagnateur tenta une nouvelle fois de me dissuader. Peine perdue, c’était là que je voulais habiter.

 

L’appartement en lui-même n’avait rien de particulier si ce n’est son exposition et sa situation exceptionnelle. Orienté Sud-Est, les trois pièces avaient des portes-fenêtres donnant sur un balcon dominant le petit parc privatif traversé en arrivant. Au-delà de ce parc, champs, bois et montagnes se suivaient en enfilade offrant une vue splendide du deuxième – et dernier – étage de ce petit immeuble.

 

Quelques arbres, harmonieusement plantés, agrémentaient l’espace de la propriété. Pourtant je ne les remarquais pas particulièrement au moment de ma première visite, ils faisaient partie d’un ensemble et c’est cet ensemble qui me séduisit au premier regard.

 

Quelques mois plus tard, aux portes de l’hiver, j’emménageai dans mon nouvel appartement complètement rénové… à mes frais!

 

Malgré les premiers frissons de la saison, le soleil fût de la partie ce matin-là ainsi que les jours qui suivirent. Je pus donc profiter du balcon aux belles heures de la journée et admirer à loisir ce paysage qui s’offrait à moi.

 

Le lieu était vraiment joli et reposant. Le bruit de la route toute proche se cognait contre la façade nord de l’immeuble et ne parvenait pas jusqu’à mes oreilles. Je me sentais en vacances dans cet appartement qui s’ouvrait largement sur la nature et, tandis que mon regard apprivoisait les lieux, je réalisai qu’il y avait plus d’une douzaine d’arbres dans mon champ de vision. Parmi ces arbres, un pin magnifique s’élevait à quelques mètres de mon balcon. La cime de ce pin masquait en partie la vue de ceux qui logeaient au-dessous de chez moi mais n’entravait en rien la mienne car l’arbre atteignait à peine la hauteur du balcon.

 

Sur la droite, devant la fenêtre de ma chambre, trois petits conifères de variétés distinctes, dont les tons allaient du vert soutenu au vert bleuté, m’assureraient une végétation permanente d’un bout à l’autre de l’année tout en laissant mon horizon dégagé.

 

Sur la gauche, deux jeunes sapins jumeaux se côtoyaient alors que, plein sud, devant la haie définissant le terrain de la propriété, trois modestes peupliers s’alignaient comme s’ils s’apprêtaient à prendre le départ d’une improbable course! Enfin, plusieurs prunus plantés ici et là ainsi qu’un érable champêtre complétaient ce riche assortiment arborisé.

 

Au fil des saisons je vis reverdir, s’épanouir, jaunir et se dépouiller les arbres à feuilles caduques du parc au même rythme que les prunus se couvraient de fleurs rose tendre avant de se parer de bordeaux sombre pour traverser les mois qui menaient à l’arrière saison. Les conifères, quant à eux, restaient bien sûr verdoyants tout au long de l’année et agrémentaient le paysage sans discontinuer.

 

Plusieurs années passèrent, mais pas un jour ne s’éteint sans que j’aie savouré, à un moment ou à un autre de la journée, la beauté de ce panorama.

 

Le pin, le plus proche de mon balcon, abritait mésanges, merles et moineaux qui, dès qu’ils me voyaient bouger dans l’appartement, arrivaient en force sur ma balustrade en piaillant à tue-tête pour me réclamer leur pitance! Quelques pinsons, parfois, se mêlaient à l’équipe pour profiter du festin. Un rouge-gorge, plus timide, me rendait visite quelques fois mais, dès que je faisais le moindre mouvement, l’oiseau apeuré s’envolait loin du danger pour se réfugier d’un coup d’ailes dans le pin accueillant.

 

Un jour pourtant, le rouge-gorge choisit de venir finir sa vie sur mon balcon. Je le trouvai un matin, inerte, encore tiède, devant la porte-fenêtre… Et oui, mourir fait aussi partie de la vie et la valse incessante des oiseaux entre mon balcon et le pin tout proche, ne s’arrêta pas pour autant.

 

Mais ce pin majestueux ne se contentait pas seulement d’abriter les oiseaux, il offrait dès le printemps des pives* d’une grosseur incroyable qui, tout au long de la bonne saison, mûrissaient pour tomber à l’automne et recouvrir le sol de fruits splendides; il suffisait alors de se baisser pour en emplir des paniers entiers. Mises dans une cheminée pour attiser le feu, les pommes de pin s’embrasaient d’un coup, embaumant la pièce d’une suave odeur de résine.

 

Au cours des premières années passées dans ce lieu je ne remarquai aucun changement dans le décor qui s’offrait à mes yeux. On s’habitue à tout ce que l’on côtoie régulièrement, que ce soient des lieux, des hommes ou des arbres…

 

Ces arbres justement, ils étaient toujours là, toujours aussi beaux, toujours aussi majestueux.

 

Et puis un jour l’un des deux sapins, sur la gauche du parc, dut être sacrifié. Plantés trop près l’un de l’autre, les deux arbres jumeaux se faisaient mutuellement du tord. Aussi, pour que l’un puisse s’épanouir il fallait supprimer l’autre. Ce qui fût fait sans autre forme de procès. Les deux sapins ayant été, pendant tant d’années, si proches l’un de l’autre, on ne remarqua pas de manque à l’endroit où ils s’étaient épanouis ensemble. Les choses se firent un jour où je n’étais pas là et c’est un peu plus tard qu’intriguée par un changement imperceptible je réalisai que l’un des deux sapins avait disparu. Comme quoi dans nos vies certains peuvent disparaître sans que personne ne s’en aperçoive…

 

Un an ou deux plus tard, pour une raison inexpliquée, l’un des trois peupliers à l’extrême limite de la propriété disparut à son tour de notre vue. L’arbre mis à mort par la main d’un paysagiste resta quelques temps sous la forme d’un amas de rondins au pied de ces deux autres compagnons, puis s’en alla un après-midi, ainsi débité, sur le tracteur d’un paysan voisin.

 

Ce peuplier manqua quelque temps à mon regard, mais avec le temps j’ai fini par oublier qu’avant, à cet endroit, il y en avait eu trois.

 

Sept années passèrent encore. J’étais devenue propriétaire de mon appartement et j’avais même acquis le studio contigu pour agrandir mon espace de vie. Désormais traversant, mon appartement donnait, côté nord, sur la route… Mais, là aussi, plusieurs sapins embellissaient le paysage et faisaient oublier les quelques désagréments engendrés par la départementale.

 

Au nord, deux sapins et un mélèze s’élevaient sur la gauche et deux autres conifères sur la droite. En face, de l’autre côté de la route, un somptueux résineux d’une quinzaine de mètres et d’une belle largeur masquait toutes les habitations de la rue perpendiculaire à mon immeuble. Certes le bruit des voitures parvenait jusqu’à cette partie de l’appartement mais mon point de vue, lui, n’était fait que de verdure.

 

Pour fêter mon acquisition j’invitai mes amis et à cette occasion je fis quelques photos des lieux ainsi que de l’extérieur et, pour faire la comparaison, je ressortis les premières photos prises, depuis mon balcon, à mon arrivée dans ce lieu quinze ans plus tôt. C’est en comparant les deux séries de prises de vues – faites à tant d’années d’écart – que je réalisai le changement incroyable de paysage qui s’était opéré, pourtant sous mes yeux, depuis que j’étais là.

 

Le petit sapin qui avait vu son compagnon sacrifié pour que lui puisse mieux s’épanouir n’avait dès lors pas perdu de temps! A l’époque il flirtait timidement avec le deuxième étage de l’immeuble et maintenant il le dépassait de plusieurs mètres. De nain il était devenu géant.

 

Mais ce qui me frappa le plus, car je ne m’en étais pas vraiment rendue compte, c’est l’ampleur qu’avaient pris le pin juste en face de mon balcon ainsi que les trois conifères proches de ma chambre. Tous avaient grandi de plusieurs mètres en quinze ans, et la vue que j’avais eu au début n’existait plus depuis longtemps. En croissant de deux à trois centimètres par mois – cela fait tout de même vingt-cinq à trente centimètres par an – on ne remarque pas le changement, il se fait subrepticement, tout doucement, régulièrement, irrémédiablement. Que je ne m’en sois pas aperçue m’étonna beaucoup car, ce qui m’avait tellement plu dès mon arrivée: la vue sur les champs, les bois, les montagnes, avait petit à petit été masquée au même rythme sans que je ne m’en aperçoive…

 

On ne réalise vraiment les choses que lorsqu’on les compare. Cette comparaison me sidéra mais je n’eus aucune nostalgie de ce temps où le panorama s’étendait à perte de vue. « Mes arbres » étaient si beaux – en particulier le pin avec ses locataires gazouillants et ses fruits superbes – qu’ils remplaçaient avantageusement n’importe quel paysage aussi étendu soit-il. Il ne me serait pas venu à l’idée d’imaginer désormais le paysage autrement que ce qu’il était devenu.

 

Je repensais souvent à cet étonnement ressenti devant la preuve – en photos – de l’évolution des choses, et en particulier devant celle de ces arbres qui avaient grandi sous mes yeux sans que je n’y prenne garde. J’étais désormais plus attentive à ce qui m’entourait, je ne me contentais plus de voir, je regardais. Et ce dimanche matin de janvier, en ouvrant ma fenêtre, c’est avec un regard émerveillé que je découvris le paysage entièrement recouvert d’un épais manteau blanc. Vingt centimètres de neige, tombée dans la nuit, métamorphosaient les arbres tout proches et soulignaient d’une beauté irréelle tout ce qui était alentour. Il y avait bien des années qu’une telle quantité de neige n’était tombée et ce spectacle féerique méritait quelques instantanés. L’immense pin ainsi paré de cette blancheur hivernale fût le premier à être immortalisé.

 

Les enfants de l’immeuble s’en donnèrent à cœur joie ce jour-là et façonnèrent, sous l’arbre majestueux, un bonhomme de neige grandeur nature.

 

Le lendemain la Bise se leva et commença à balayer à grands coups la poudre légère qui tenait en équilibre sur les branches des arbres. Le froid devint alors glacial et la Bise redoubla de violence. Partout le paysage se transforma en une petite Sibérie. Sur les bords du lac, les vagues déchaînées s’élancèrent hors de leur lit et, recouvrant l’asphalte sur des dizaines de mètres, léchèrent tout ce qui se trouvait sur leur passage, muant ainsi en une gigantesque œuvre d’art sculptée dans la glace, les arbres, les bancs et les bateaux tout le long des quais.

 

Dans notre petite propriété la neige gelée figeait le paysage et les arbres pliaient sous la force incroyable des rafales dévastatrices de ce vent du Nord que rien ne semblait pouvoir arrêter.

 

La Bise ne lâcha pas prise pendant plusieurs jours.

 

Quelque peu habituée aux craquements sinistres que cette tempête engendrait, je ne remarquai pas tout de suite le bruit différent qui me tira du sommeil ce jeudi matin. Rentrée tard la veille, c’était courbée en deux et le visage enfoui dans mon manteau que j’avais rejoint mon allée en courant, poussée par le vent froid qui, contrairement à son habitude, n’avait pas faibli à la tombée de la nuit.

 

Bien réveillée maintenant, je tentais de situer l’origine de ce bruit persistant et d’une régularité étonnante. Non, ce n’était pas le vent. Alors qu’est-ce que c’était ? Il fallait que j’en aie le cœur net, j’ouvris donc la fenêtre et là, ce fût le choc. De mon balcon je voyais les champs, les bois, les montagnes, plus rien n’arrêtait mon regard… Le pin majestueux qui avait fait mon bonheur pendant dix-sept années gisait à terre, terrassé par la Bise.

 

A côté de lui, telle une insulte faite à ce gisant, le bonhomme de neige, lui, était toujours debout…

 

Le bruit perçu provenait des tronçonneuses qui, au lendemain de sa chute, débitaient sans attendre l’arbre grandiose en rondins que certains brûleraient dans leur cheminée, ignorant son histoire et sa vie, tandis que le bois gémirait sous les flammes…

 

De cet arbre splendide qui m’avait tenu compagnie pendant tant d’année, il ne restait rien.

 

Le vide qu’il laissait était démesuré. Les oiseaux, privés de leur refuge, désertèrent mon balcon. D’un seul coup tout avait changé, rien ne serait plus jamais comme avant. Et pourtant il ne s’agissait que d’un arbre…

 

Il en va ainsi des arbres comme des hommes, ils sont là, toujours présents, ils nous protègent, nous tiennent compagnie, ils font partie intégrante de notre vie et un jour, ils ne sont plus…

 

La mort fait partie de la vie, c’est une réalité, une dure réalité qu’un arbre peut nous rappeler.

 

Quelques mois plus tard, entre deux rayons de soleil, au milieu d’un bel après-midi de juillet, un ouragan s’abattit sur la région. En quelques minutes, dans un éclairage de fin du monde et dans un bruit d’enfer, des dizaines, voire même des centaines d’arbres, disparurent du paysage dans des craquements d’Apocalypse. Partie de chez moi juste avant ce mini cataclysme je ne reconnu pas le chemin au retour, la plupart des arbres et des haies n’existaient plus. Seul un parterre de feuilles, de branches et d’éclats de troncs hachés par la grêle jonchait le sol sous le soleil déjà revenu. Il avait fallu quelques minutes pour transformer la beauté de cette région en un spectacle de désolation.

 

Trois jours après cet événement, le splendide résineux, qui m’avait offert l’avantage de masquer de ma vue toutes les habitations côté nord, abîmé par les violentes rafales de l’ouragan, s’écroula à son tour.

 

Et pour ″parfaire″ l’œuvre de la nature, la copropriété vota l’abattement des deux sapins – dont l’un était malade, certes, mais pas l’autre – qui s’élevaient sur le parking sous prétexte que leur résine gouttait sur les voitures…

 

Aujourd’hui de tous ces arbres, il n’en reste que quelques uns. Triste constat.

Quelques années plus tard, mon grand et bel arbre vivant et protecteur, l’homme qui partageait ma vie, mourût.

C’était un jour d’août, un dimanche, le 22… Vingt-deux ans après mon coup de foudre pour l’appartement que j’habite.

 

Un peu plus tard, un matin de novembre, les trois résineux qui agrémentaient mon horizon côté nord ont été rasés sous prétexte qu’ils étaient malades… L’un l’était, c’est vrai, mais pas les autres. Il faut dire que le proverbe « Lorsqu’on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage » est tout à fait à propos dans ce contexte, certains copropriétaires veulent rendre notre terrain net et sans arbres. A force de démolir et de dénigrer, ils y sont arrivés…

 

Mon chagrin – comme si l’abattage de ces arbres, tant appréciés, avait relevé une vanne dans mon cœur – en est terriblement augmenté. Toutes les protections que j’avais s’en vont les unes après les autres et je ne suis pas sûre d’être assez forte pour surmonter cela…

 

C’est la vie, bien sûr, c’est la vie. Mais autant elle peut être belle grâce aux sourires de ceux que nous aimons et à la beauté des paysages qui nous entourent, autant elle peut être difficile lorsque tout s’en va et qu’il ne reste que le souvenir des sourires et des paysages…

 

Quatre ans plus tard, en août, le splendide cyprès bleu fut abattu après décision de la copropriété… Certains l’avaient décrété malade. Hélas, lorsqu’il a été coupé il s’est avéré qu’il était en pleine santé… Puis le second sapin, privé de son compagnon plusieurs années auparavant, a été sacrifié à son tour « il faisait de l’ombre »… Plusieurs autres prunus, arbustes et bosquets ont subi le même sort…

 

Tous manquent à ma vue, tous, sans exception manquent à ma vie…

 

 

 

* Pives = pommes de pin… à Genève !

 

 

 

 

 

Commentaires (1)

Starben CASE
19.01.2021

Cette histoire m'en rappelle une autre, près de chez moi. Un champ disparaît ici, un autre par là, des chemins autrefois bordés de vergers deviennent des avenues de petits immeubles cubiques et lisses où aucun oiseau peut s'abriter, des arbres disparaissent comme avalés par le sol. Petit à petit, on se retrouve en pleine ville alors qu'on était dans la campagne. C'est nul comme projet d'avenir!

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