2015 Témoignage de Thierry Villon – 1er prix

«Faites-nous rêver à partir d’une photo» C’est le défi que nous lance Helena Zanelli pour le concours Webstory 2015. Au premier abord, cet arbre sans feuilles se reflétant dans un miroir me laisse un peu sceptique.J’imagine dans un premier jet, cet arbre racontant au miroir tout ce qu’il voit dehors. Premier abandon. Puis c’est un paraplégique qui, du lit sur lequel il est cloué ne peut voir grâce au miroir que ce seul arbre qui lui raconte les saisons qui passent. Autre abandon qui sera suivi de bien d’autres.Lassé de ces tentatives infructueuses, je confie le tout à l’enfant que chaque artiste garde caché au fond de lui. Fidèle en imagination, celui-ci me souffle un beau matin la phrase par laquelle je vais développer le thème. Je n’ai plus qu’à puiser dans la source intérieure où tout est disponible, jeter mon cœur sur la page, écrire, corriger et finalement publier «Reflets» sur Webstory.Quelques mois passent. Puis un indice: Helena tient à s’assurer que je serai présent le soir de la remise des prix. Tiens donc… Lundi 16 novembre, je quitte ma Gruyère pour me retrouver à l’heure dite dans un restaurant très original au cœur du parc des Bastions: retrouvailles, visages connus ou inconnus. La cérémonie de remise des prix commence qui génère ces instants suspendus où chacun guette ses propres mots dans la voix mélodieuse de la lectrice.

Après, ce sont des moments délectables où je célèbre avec d’autres la joie d’une récompense inattendue: cadeaux, photos, félicitations, dédicaces.Du taxi qui me reconduit à la gare, j’aperçois les lueurs tremblotantes de quelques bougies qui brûlent encore à même les trottoirs. Ce sont les témoins lumineux du recueillement de centaines d’anonymes qui ont pleuré la mort d’autres anonymes sacrifiés par la folie meurtrière d’une poignée de fanatiques haïssant la vie. Et résonne en moi la chanson du grand poète que fut Jacques Brel: « Quand on n’a que l’amour pour parler au canon et rien qu’une chanson pour convaincre un tambour.» Je me dis que même si je n’ai que des mots pour répandre cet amour, j’ai peut-être une chance de faire taire les haines qui guettent notre humanité.

©Thierry Villon, 1er prix  REFLETS

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