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L’imaginal, néologisme du philosophe français Henri Corbin, est une zone intermédiaire entre le monde sensible et le monde intelligible, où vivent des êtres qui attendent que nous les imaginions pour naître. Les Animaginaux font partie du monde imaginal. Ils attendent patiemment que vous les rêviez
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Dans le tarot de la mythologie imaginaire de la constellation du Grand-Chariot, le wahWheHa occupe une place particulière, puisqu’il arrive juste après le Cocher et avant l’Étoile du Monde. Cette position fait dire aux spécialistes de la cartomancie sacrée que le wahWheHa symbolise, lorsqu’il se présente à l’endroit, le guerrier qui combat tout en étant détaché du résultat de sa lutte, car défait de la notion de bien et de mal, et lorsqu’il se présente en position renversée, l’incrédule qui ne peut lire qu’à la lumière de sa chandelle.

La forme extérieure du wahWheHa est celle d’un dauphin terrestre, marchant sur deux grosses et robustes pattes arrières. Il est déjà sorti de la mer mais n’y est pas encore retourné.

Suivant les époques, l’iconographie le représente soit en train de suivre une route qui tourne et dont la fin du virage se termine hors du cadre de la carte, soit gravissant un somment sur lequel se trouve parfois un serpent endormi. Une seule image parmi toutes celles qui ont été retrouvées et reconnues comme authentiques –c’est-à-dire élaborées en tenant compte des impressions objectives que l’image déclenchera chez le taromancien– montre le wahWheHa de nuit. Il semble en outre que les images du wahWheHa le représentant marchant dans la neige soient d’une époque bien postérieure à celle de son apparition dans le tarot du Grand-Chariot. Selon les spécialistes, elles auraient été fabriquées par une école dont le but était de détourner les valeurs symboliques du tarot au profit des lâchetés d’une morale morbide.

Le wahWheHa chemine toujours seul, même si dans le tarot, il demeure la figure dont le nombre de relations significative –c’est-à-dire possédant une valeur interprétative importante– avec une ou plusieurs autres lames est le plus élevé. Dans les contes qui lui donnent un rôle à jouer, le wahWheHa est le plus souvent un marcheur solitaire qui parle à tout le monde mais que personne n’entend. Dans tous les récits, il finit par disparaître et par être complètement oublié, après n’avoir pas été compris. Ne pas être compris jusqu’à finir par se faire oublier, voilà l’expérience que fait le wahWheHa de la solitude.

Il est également relaté -mais toutefois sans aucune preuve historiquement défendable- que le propre père du wahWheHa aurait également fini par l’abandonner.

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