Créé le: 04.05.2026
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Un voyage inattendu
Certains voyages mènent vers un sommet, d’autres vers l’inattendu. Dans ce train de montagne, entre silence et paysages grandioses, une rencontre vient bouleverser la quiétude. Car parfois, l’aventure ne se trouve pas au bout du trajet, mais en chemin.
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La journée était particulièrement magnifique, la température était douce.
Il était 8:20. Sur le quai, un groupe de personnes attendaient l’arrivée du train qui allait les emmener sur les hauteurs.
Certains ajustaient les sangles de leur sac à dos, d’autres observaient déjà les sommets encore baignés de lumière matinale.
Lorsqu’il arriva, les passagers prirent place dans les deux wagons. Lorsque le chef de gare fit ressentir son sifflet, les voilà partis pour une belle balade sur les cimes.
À l’intérieur, les voyageurs, pour la plupart des randonneurs, au vu de leurs sacs à dos.
Il y avait également des groupes de touristes venus de différents pays avoisinants.
Certains avaient même embarqué leurs vélos. Selon le prospectus, ils avaient la possibilité de beaux circuits. Tous admiraient les sublimes paysages qui défilaient par les fenêtres et semblaient animés par la même attente silencieuse.
Le train serpentait lentement à travers les montagnes.
On entendait peu de bruit, peut-être juste le grincement des wagons sur les rails, comme si les gens avaient peur de déranger la nature.
Tout semblait parfait, soudain, sorti de nulle part, un personnage haut en couleur fit irruption dans un wagon.
Jacquot Bardu. Un homme apparemment de très grande taille, avec une longue chevelure orange en bataille et un chapeau de paille, évidemment pas adapté au lieu où le train se dirigeait. Ses habits étaient également en décalage qu’on l’imaginait sorti une plage des Caraïbes.
Dès qu’il mit un pied dans le wagon, il agita les bras en l’air comme s’il s’adressait à une foule invisible.
– Mesdames, Messieurs, quelle journée, mais quelle journée! Vous avez vu cette montagne? Elle est splendide, non? MAGNIFIQUE! » cria-t-il, brisant la tranquillité ambiante.
Sa voix résonna, brisant net le calme ambiant. Il tourna sur lui-même, désignant les sommets.
Les passagers échangèrent des regards amusés ou étonnés, certains tentant de se replonger dans leur livre ou leur contemplation silencieuse. Mais Jacquot n’avait pas fini. Loin de là.
– Non mais regardez-moi ça! Une œuvre d’art, je vous dis! On dirait que la nature s’est surpassée rien que pour nous!
Il posa une main ferme sur l’épaule d’un jeune homme assis près de la fenêtre.
– Vous, jeune homme! Vous savez ce que c’est, une ascension comme celle-ci?
Sans attendre de réponse, il se mit à lever les genoux de façon exagérée, comme s’il gravissait un escalier invisible ou qu’il grimpait une montagne.
– C’est un défi, un combat contre soi-même, une bataille épique!
Il poursuivait, toujours gesticulant, changeant de cible à chaque phrase, en s’adressant tour à tour à chaque passager.
– Vous là, madame, vous aimez les fleurs de montagne? Moi, je les adore! J’ai vu un edelweiss là-haut, et je peux vous dire qu’elle m’a presque parlé !
– Jacquot, tu es l’élu des cimes » qu’elle m’a dit!
Puis, sans prévenir, il sortit une longue vue de sa poche et la pointa à travers la vitre, comme un explorateur traquant un trésor perdu.
– AH ! Les bouquetins ! Ils sont là ! Une sacrée bande de filous, ceux-là Regardez bien, ils se camouflent ! Mais moi, Jacquot, je les vois toujours !
Le contrôleur, habitué à cette scène, passa, sans même un regard, adressant un sourire amusé aux passagers. Jacquot était une figure locale, et ce train de montagne, c’était son théâtre personnel. Quelques habitués hochèrent la tête avec indulgence, tandis que les touristes, d’abord interloqués, finirent par se laisser gagner par sa joie contagieuse.
Alors que le train ralentissait à l’approche du village, Jacquot s’immobilisa soudain, les bras écartés, comme pour embrasser la montagne toute entière.
– Regardez, regardez, mes amis ! Là, c’est le sommet! La gloire! La nature dans toute sa splendeur ! C’est ici que tout commence, je vous le dis !
Il se rassit finalement, laissant échapper un long soupir satisfait. Tout le monde dans le wagon le regardait avec un sourire, même ceux qui, quelques minutes plus tôt, étaient agacés par son agitation.
Jacquot, toujours gesticulant légèrement, croisa les bras derrière la tête et déclara, avec un clin d’œil .
– Ah, mes amis, il faut savoir vivre chaque instant à fond! Comme je dis toujours, la vie, c’est un train en route pour l’aventure!
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