Créé le: 15.05.2024
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FantastiqueAu-delà 2024

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© 2024 Yo-Xarek

© 2024 Yo-Xarek

Que faisons-nous de notre vie? Et s'il nous fallait revenir pour corriger nos erreurs passées?
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Je me relève doucement. Bon sang j’ai dû glisser et tomber dans ces toilettes sordides de ce bar miteux. Heureusement que je ne me suis pas fait mal.

Je ne ressens aucune douleur.

C’est même étrange mais je me sens bien…plus exactement je ne sens plus mon corps. Woaw cette fois c’était de la bonne. Je plane complètement.

Il y a un corps allongé par terre.

Il est couché sur le ventre entre la cuvette des WC et le mur et on dirait qu’il porte les mêmes habits que moi, je reconnais le T-Shirt « HATE » avec la tête de mort dans le dos et même les baskets « On The Run » sont pareilles que les miennes.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Mais quelqu’un ouvre la porte qui bute contre les jambes du gars allongé au sol. Des sons me parviennent mais ce n’est pas clair. C’est comme si j’entendais à travers un brouillard. Il y a des cris. Des ordres hurlés. On enlève la porte de ses gonds et un homme en uniforme tâte le pouls du mec. On le retourne et…mais…c’est moi ! Un petit objet cylindrique roule sur le sol avec un petit « ploc », c’est une seringue. Je me rappelle avoir été pressé de gouter la came de Buster qui m’a assuré de sa qualité incroyable.

C’est impossible ! Je suis là debout et je me vois, là, sur ce sol humide d’urine et jonché de bouts de papier et de mégots de cigarette. C’est dégueulasse !

Un type en uniforme prend une photo et deux hommes en blouse blanche emportent ce corps (mon corps ?) sur une civière.

Je crie : « Que faits-vous ? Que se passe-t-il ? » Personne ne m’entend. Je dois halluciner complètement. Ce n’est pas réel. Bon sang Buster ! Qu’est-ce que tu m’as vendu ?

Je sors du bar. Personne ne semble me voir. Je suis invisible pourtant j’ai la sensation d’être toujours le même avec mon T-Shirt et mes baskets. Je marche dans la rue. Il n’y personne. Il fait nuit. Une voiture approche. Je dois en avoir le cœur net, je fais signe au conducteur de s’arrêter. Je suis au milieu de la rue. Il ne peut pas ne pas me voir et pourtant la voiture passe au travers de moi comme si je n’existais pas.

Suis-je mort ? Est-ce que c’est ça la mort ?

 

Je pense à mes parents et soudain je me retrouve chez moi, dans le salon. Mon père regarde la télévision. On sonne à la porte. Ma mère sort de la chambre en chemise de nuit et va ouvrir. Un policier en uniforme lui montre une photo et ma mère titube en la regardant. Mon père se précipite pour la soutenir. Mes parents pleurent serrés l’un contre l’autre.

-Je suis là, ne pleurez pas. Je suis à côté de vous. Je crie mais ils ne m’entendent pas. Je m’approche pour les toucher. Ma mère frissonne. Elle lâche dans un râle : « Qu’avons-nous fait ? »

 

Je ne sais pas pourquoi elle a dit ça. C’est moi qui ai quitté la maison parce que j’en avais assez de leurs reproches continuels. Range ta chambre ! Coupe-toi les cheveux ! Trouve-toi un travail ! Est-ce que tu te drogues ?

Aujourd’hui cela me semble si loin ; un peu comme si c’était la vie de quelqu’un d’autre mais pas la mienne. Je suis submergé par un sentiment d’amour. J’ai envie de le leur dire…mais ils ne m’entendent pas. Je me sens mal.

J’entends une voix au loin. Je crois entendre mon nom. On m’appelle ? Qui m’appelle ? Je ne vois rien. Tout devient noir…

 

Je suis dans un cimetière. Comment suis-je arrivé là ? Mes parents sont devant un trou. Ce n’est pas une tombe, c’est beaucoup plus petit. Mon père dépose un vase au fond de ce trou. Ce n’est pas un vase. C’est une urne funéraire. Ils m’ont incinéré !

Il y a d’autres personnes avec mes parents. Je reconnais ma cousine Sylvie et mon oncle Jean et ma tante Henriette. Je vois certains de mes camarades de classe que je n’ai plus revus depuis au moins deux ans : Rico, Daniel, Suzie et…Buster ? Il doit se sentir responsable de ma mort. Bien fait pour lui.

Je vois comme une lueur au loin près des arbres qui entourent le cimetière. J’ai l’impression d’entendre des voix mais je ne comprends pas les mots.

 

Soudain je suis à nouveau à la maison chez mes parents. Il y a du monde dans toutes les pièces. On dirait une fête. Il y a des plateaux chargés de canapés et de feuilletés. Les gens boivent. On parle. Tout le monde parle. C’est bruyant.

Mes parents sont assis sur le sofa beige que mon père et moi avions transporté à pied depuis le magasin de meubles parce qu’il ne voulait pas payer la livraison. Il a toujours été un radin. C’était toujours ma mère qui me donnait de l’argent de poche. A les voir come ça blottis l’un contre l’autre avec les yeux humides, je prends soudainement conscience qu’ils m’aimaient vraiment. Je suis submergé par une vague d’amour incontrôlable. Je pose un baiser sur la joue de ma maman et un autre sur celle de mon papa. Ils arrêtent de pleurer et se regardent. Ont-ils senti ma présence ?

Henriette s’approche d’eux avec un plateau de canapés. « Mangez quelque chose » leur dit-elle et je vois pour la première fois les rides sur son visage. On dirait que ma tante a vieilli soudainement. Plus loin je vois Rico et Daniel qui s’empiffrent de friands au fromage. Susie est adossée près de la fenêtre. Je veux aller la consoler mais il y a trop de bruit. Ça me donne le tournis. J’aspire au silence. Je veux être tranquille. Je veux …la mer de la tranquillité…sur la lune !

Je suis sur la lune. Vraiment ! Comment est-ce possible ?

Je n’ai pas de combinaison spatiale et je pourtant je marche sur ce sol poussiéreux. Le ciel est constellé d’étoiles.

C’est magnifique !

Je peux même voir la Terre au loin. Elle ressemble à une moitié de bille en verre.

C’est incroyable !

Mais revoilà cette lumière elle me semble plus intense. J’entends mon nom. J’ai l’impression de connaitre cette voix. Ce ton un peu chevrotant qui me dit : « Viens, n’ait pas peur, Je suis là. Approche »

La lumière semble s’agrandir. Elle est d’une brillance incendiaire qui fait penser à du feu. Je m’approche en craignant la chaleur mais c’est un peu comme pénétrer dans du coton. Je distingue une silhouette. C’est de là que vient cette voix. Je m’approche encore et je vois un homme. Vieux. C’est mon grand-père ! C’est papi Roger ! Et juste derrière lui c’est mamie Inès. Je suis envahi d’une joie immense. J’ai adoré mes grands-parents. Ils sont partis trop tôt ; je n’avais que 9 ans.

 

Je suis avec eux et je me sens bien. Nous marchons ? C’est curieux mais je n’ai pas l’impression de marcher. Je fais les mouvements de la marche mais c’est comme si je flottais et que mes pieds ne touchent pas le sol.

Ils me rassurent en me disant combien ils m’aiment. Le paysage a changé. C’est maintenant une prairie en pente avec un lac en contrebas. Il y a une ferme avec des animaux. Des chevaux, des chèvres, des poules. Je n’ai jamais vu cet endroit mais je sais que c’était le rêve de mon grand-père de posséder une ferme et de quitter son emploi d’horloger dans la grande ville. J’ai tellement de questions qui se bousculent dans ma tête. Mamie Inès me dit que je peux rester là le temps qu’il me faudra.

Le temps qu’il faudra pour faire quoi ? je demande. Pour évoluer, me répondent-ils en chœur.

 

En effet je passe des jours heureux avec Papi et Mamie. Je ne sais pas combien de temps mais ça n’a aucune importance. Ils ne me demandent rien pourtant je pense qu’ils doivent savoir ce que j’ai fait dans ma vie et dont je ne suis pas fier mais non, ils sont juste présents et bienveillants envers moi. Ils sont tels que je les ai connus. Ils n’ont pas changé. Moi non plus je n’ai pas changé. Je porte toujours mon T-Shirt, mon Jeans et mes baskets. Les repas préparés par Mamie sont toujours aussi délicieux mais je n’éprouve pas vraiment de sensation de faim.

Je commence à douter de ce que je vis avec eux. Cette vie à la ferme est un peu ennuyeuse et je fini par trouver le courage de leur demander si c’est tout ce qu’il y après la mort.

Soudain je les vois se transformer. Leurs corps deviennent brillants. Leurs traits disparaissent et ils irradient de tellement de lumière que je distingue à peine encore leurs visages. Ils se ressemblent à un point que j’ai de la peine à définir qui est l’homme et qui est la femme.

« Voilà, maintenant tu nous vois sous notre aspect désincarné ». J’ai entendu mais je n’ai pas vu leurs lèvres bouger. « Nous pensons que tu es prêt pour consulter les annales akashiques ».

_qu’est-ce que c’est ? Je demande.

« Imagine une grande bibliothèque où toutes les actions de l’humanité sont consignées. Tu pourras y voir toute ta vie passée ainsi que les précédentes ».

_ Mais ce n’est pas possible, je m’étonne. Il faudrait une place énorme pour réunir tout ça !

« Tu es sur un plan différent d’existence que certains appellent les hautes sphères. Ici le temps, l’espace et la matière n’ont pas les mêmes facultés que sur terre dans le monde matériel »

Je les suis tout naturellement sans vraiment me déplacer. La ferme et le lac ont fait place à un décor immatériel fait de volutes de toutes les couleurs. C’est fixe et en même temps ça bouge et ça prend diverses apparences. Il y a des chemins qui se croisent, enfin cela ressemble à des chemins. C’est apaisant et magnifique même si j’ai de la peine à réaliser où je suis vraiment.

Nous approchons d’une grande construction luminescente. C’est comme un bâtiment qui serait constitué de milliers de cristaux. « Entre » me disent-ils. Je demande « Vous ne venez pas ? » Ils me font comprendre que c’est une étape que je dois réaliser tout seul, mais qu’ils seront là quand je ressortirai.

 

Alors je franchis l’entrée de amas cristallin qui devrait me faire ressurgir mon passé. C’est comme pénétrer dans un gigantesque couloir aux couleurs changeantes de l’arc-en-ciel mais il y a bien plus de couleurs et j’ai même l’impression que chaque couleur émet un son différent à mesure que je m’avance.

Je suis au centre d’un espace géodésique dont on aurait aboli les distances. Mais très vite le décor change et je vois ma vie défiler. Non je me revois dans ma vie qui défile. Je ressens ce qu’a té ma vie et je réalise que j’ai eu d’autres vies avant celle-ci.

Je suis au pied d’une pyramide et je pousse un chariot. Je suis nu dans la savane et armé d’une lance je chasse une antilope. Je suis noir. Je suis une femme dans les rues de Londres. Je suis un militaire tentant de d’extraire une famille sous des décombres alors que pleuvent des bombes. Je suis un mécanicien. Je suis un peintre. Je suis…

Je ressens toutes ces vies, je les revis et connais absolument tout de ces différents destins, avec chaque fois l’espérance de faire mieux dans la prochaine incarnation.

Finalement je me retrouve dans ma dernière incarnation : Celle d’un jeune crétin qui a gâché sa vie en faisant n’importe quoi. Je suis mon propre juge !

 

Quand je quitte le Hall des souvenirs je constate que mon corps a changé. J’irradie de lumière. Avec une certaine variation de couleur, j’ai presque l’aspect que revêtent mes grands-parents, si je peux encore les appeler comme ça.

 

Je veux leur dire combien je suis désolé de n’avoir pas su me réaliser dans ma dernière vie mais avant que j’aie pu exprimer quoi que ce soit, leur bienveillance me fait comprendre que ce n’est qu’une étape vers l’élévation.

« Chaque incarnation comporte son lot d’avantages et d’inconvénients. Les épreuves que nous traversons sont là pour nous faire grandir ».

 

A présent je vois d’autres êtres ressemblants à mes ancêtres incandescents. Certains ont l’air de méditer. D’autres ont l’air affairé à créer quelque chose qui ressemble à des sculptures. D’autres encore produisent des sons qui se transforment en volutes colorées et se désagrègent. Certains vont par deux ou se réunissent en groupe. Je demande : Que font-ils ?

« Ils maintiennent la cohésion de l’univers ».

Je ne comprends pas.

« Nous nous trouvons ici sur un plan vibratoire d’énergie pure. Il y a plusieurs plans d’existence qui vibrent à différents niveaux de fréquence. Tous ces univers sont interconnectés et celui-ci régit également le monde physique dont tu as eu un bref aperçu au cours de tes vies passées. Pour que l’univers existe il faut une cohésion entre la matière et l’énergie. C’est cette énergie qui fait grandir les plantes, qui nourrit la terre, qui donne la vie. Elle est en contact avec les consciences de tous les êtres vivants sur le plan physique ».

_Vous voulez dire que ces esprits lumineux que je vois sont en contact avec tous les habitants de la Terre ?

« Pas seulement les humains mais aussi les animaux, les végétaux, les minéraux. Tout est vivant et chaque catégorie a son propre rythme de croissance. Ces esprits lumineux comme tu les appelles font un énorme travail pour faire évoluer la vie ».

_Mais comment peuvent-ils savoir ce qu’ils doivent faire ?

« Pour comprendre le monde physique il faut s’incarner dans le monde physique. Les vies successives leur apportent la connaissance nécessaire pour insuffler l’énergie depuis ce plan d’existence ».

_ Vous voulez dire qu’ils sont capables d’influencer notre conscience ? De lire dans nos pensées ? Depuis cet univers ?

« Non, personne n’influence personne. Les êtres désincarnés que tu vois ici ne font que donner suffisamment d’énergie à une âme physique pour qu’elle comprenne par elle-même ce qu’elle doit faire de sa vie ».

 

J’aperçois flottant au-dessus de nous plusieurs globes lumineux.

« Ce sont des entités vivant sur un plan supérieur au nôtre, nous ne pouvons les percevoir que sous cette forme depuis ce niveau d’existence. L’évolution continue. L’univers n’a pas fini de révéler ses mystères, même pour nous qui sommes ici ».

 

_Que va-t-il advenir de moi maintenant que je suis ici ?

« Tu vas rester sur ce plan le temps qu’il faudra pour te préparer à ta prochaine existence et choisir ton incarnation ».

Mais ça peut prendre longtemps ?

« Le temps linéaire n’existe pas ici. Toi seul décidera quand le moment sera venu de retourner dans une vie physique »

Ma compréhension de l’univers s’est soudainement élargie et je prépare doucement mon retour sur Terre en me faisant la promesse de faire mon possible pour réparer ce que j’ai gâché dans ma dernière vie. Je ne sais pas encore où et dans quel corps je revenir mais je sais que je dois revenir.

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