Créé le: 29.07.2012
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Poésie, Création

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© 2012-2021 Serge Bach

Un essai sur la poésie et la création... Ne laissez pas passer ce pouvoir qui vous appartient ! Allez au devant, tout au devant de vous-même…
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Essai sur la poésie

Parole – Ecoute

Je voudrais vous parler de tout et de rien, mais surtout de rien.

Et pour aller à l’essentiel, essentiellement de ce rien qu’est la poésie.

Au début était le verbe, la parole, et la parole était Dieu…

La parole, un symbole du monde, de la vie, devenue poème dans

les mains de l’homme créateur…

Au début était la parole, il y a donc celui qui s’exprime par la parole,

celui qui vous parle.

Ce qui veut dire que vous l’entendez, vous l’écoutez peut-être.

En parallèle à la parole, il y a l’écoute. Il faut savoir écouter la parole…

Ecouter la parole, écouter les sons, cet échange entre celui qui parle et celui qui écoute,

c’est l’échange de la vie entre les hommes, d’un être à un autre être.

Parole, écoute… les deux pôles de l’humain…

La poésie se situe à ce confluent, entre parole et écoute.

Elle fait apparaître l’invisible d’un mot à l’autre, d’une ligne à la suivante…

Et même souvent, entre les lignes.

Silence

En contrepoint, le silence comme l’espace entre chaque mot devient indispensable.

Il rythme les sons et leur imprime profondeur et expression.

L’art du mot devient musique, la poésie ouvre le chant intérieur.

Savoir écouter la parole et comprendre ses silences…

Les silences deviennent éloquence, ils deviennent parole…

Le silence s’incarne en symbole, marquant le doute, l’hésitation ou au contraire la détermination,

la froideur d’une décision sans appel.

Parfois accusateur, parfois évocateur, parfois baigné d’une intensité religieuse,

le silence habite le son.

Son, silence, l’alphabet du rythme aux mille facettes.

Le silence s’est enrichi, il est devenu l’écrin du mot, la lumière de l’image, la grandeur du sentiment.

Il est aussi l’arme de la détermination, d’un désaccord marqué, des « je préfère garder le silence »…

L’art de la parole, l’art du mot vers l’illimité

Certains ont découvert qu’ils pouvaient parler à demi-mot, à mot couvert…

D’autres ont des mots très durs, dur comme le diamant, des mots secs comme un coeur désséché,

des mots qui blessent, des mots assassins…

Des mots doux apaisent ou au contraire enflamment la passion, décuplent le désir…

Parler pour ne rien dire est aussi une méthode pour garder la parole, allonger le temps

en sa faveur ou simplement faire semblant d’être…

Et si aujourd’hui je vous parle haut et fort, je peux en même temps vous parler peu,

vite et bien, comme un capitaine donnant des ordres précis à ses troupes.

Cette parole qui manifeste sa pertinance, son intention directe semble se dissocier de la poésie,

« cette hésitation prolongée entre le son et le sens (Stéphane Mallarmé). »

Cette sensibilité de la vie que la poésie sublime et dont l’intensité se révèle à celui qui l’écoute.

La poésie est beaucoup plus qu’une simple parole, elle ne peut être restreinte à une façon de parler.

J’ai dit ça, mais c’est une façon de parler, comme on dit.

La poésie se veut parole du fond du coeur, langages des mains, du corps et de l’âme.

Elle prend toute entière la parole pour la donner à l’autre, par un échange

qui rejoint l’universalité d’une musique.

« La poésie est cette musique que tout homme porte en soi ». (William Shakespeare)

L’écoute

Le poète souhaite-t’il trouver des oreilles distraites ou bien des oreilles attentives ?

Mais qui distrait les oreilles ?

La poésie ne devant pas tomber dans l’oreille d’un sourd.

Beaucoup disent et répétent tout au long de plusieurs vies, « c’est entendu », mais

pourtant cette entente semble s’arrêter dans le mécasnisme de l’oreille.

Le marteau, l’enclume et l’étrier ne faisant que battre tambour sur la peau du tympan…

Ils entendent, mais n’écoutent pas, sauf leur propre intérêt…

Ils ont cultivé une surdité à la vie, ils sont sourds aux autres et finalement à eux-mêmes.

« La poésie, c’est l’un des plus vrais, des plus utiles surnoms de la vie. » (Jacques Prévert)

Cette qualité de l’écoute qui fait écho à la qualité de la parole ouvre la voie

à une réelle communication entre les êtres.

La magie des mots, des sons, des silences se mêlant à la magie de l’écoute…

Et cela se passe ici, juste là, maintenant, dans ce présent instant…

C’est là la grande richesse de la poésie, de la musique, du chant qui jaillit de l’intérieur

de nous-même…

Un partage qui nous rend prince, roi, dieu, et l’univers tout entier…

L’émotion, du rire aux larmes

L’homme peut se sentir oiseau, ouvrir ses ailes et découvrir de nouveaux points de vue,

avec des dimensions jusqu’à là inconnues.

Il peut aussi se sentir clouer au sol, incapable même de lever les yeux au ciel.

Il peut rire à gorge déployée, pleurer toutes les larmes de son propre corps.

Mais il peut aussi rire aux larmes, pleurer de joie…

Ses éclats de rire résonnent dans les rues de la vie et racontent

son existence.

Certains font mine de rire, et ne savent que rire jaune, rire sous cape…

Des rires sans éclat !

L’intensité de la poésie exerce l’homme à traverser les différentes sphères de l’émotion

et cela ne rime pas à rien…

Cette intensité lui permet aussi d’être anéanti s’il le désire…

Et de se retrouver serein comme le ciel quelques instants plus tard.

Pleures, Larmes, Chagrin, Espoir, Gaîté, Bonheur…

La poésie, telle une grâce donnée par Dieu, ouvre les portes de l’enfer

aussi sûrement que celle du septième ciel !

Elle est la clef des champs de l’âme humaine, elle est oiseau de paradis

ouvrant ses ailes à l’immensité de l’inconnu…

Une larme discrète au coin de l’oeil, un sourire esquissé, un rire qui se déploie…

Une liberté d’expression, une liberté d’émotion… La poésie est le droit des hommes…

« Tout homme ne peut pas se passer de poèsie ». (Charles Baudelaire)

Créer

La poésie, l’étoile du navigateur, oriente l’homme dans la découverte de son voyage intérieur…

Magique, la poésie à la fois fleur et oiseau de paradis.

Il faut désirer la cultiver pour qu’elle s’ouvre en fleurs aux couleurs magnifiques.

Il faut lui donner les ailes de la liberté pour qu’elle prenne son envol.

Comment accomplir ce mystère ?

Simplement être et décider de créer…

Ne pas se poser plus de question…

La création vient en créant, telle une source qui, au contraire de se tarir,

deviendra de plus en plus abondante dès que l’on boira de son eau.

Ne pas chercher à copier, recopier, paraphraser, parodier, pasticher, plagier…

Non, simplement créer à l’endroit de soi, là où l’on est.

Et les mots viendront se ranger sur la feuille…

Point n’est besoin d’un juge, d’un arbitre, d’un précepteur.

S’ouvrir à soi, à sa mesure, à sa vérité.

Non pas se montrer sous un bon jour ou au grand jour,

mais simplement être dans la lumière de soi-même,

quelque soit l’intensité première de sa flamme intérieure…

 

Essai sur la création

Etre là et se dire avec l’authenticité de l’instant vécu.

« La vérité devient poèsie quand elle emprunte sa flamme au coeur ». (Muhammad Iqbal)

La joie de créer

Mais que réserve l’avenir à cette création première ?

La joie de créer !

Cette joie, en perpétuelle mutation, vous prend comme au dépourvu…

 

Essai sur la poésie

Elle suit votre chemin et vous accompagne,

échangeant avec vous sa force instinctive.

Une nouvelle dimension de vous existe maintenant.

Une dimension qui ne raisonne pas par le calcul.

Vous êtes vous, vous parlez, vous écrivez, vous écoutez…

Votre parole, votre écoute… Vous…

Vous avez retrouvé une authenticité toute personnelle,

une humble valeur humaine dont l’universalité est inaltérable…

Vous êtes un potentiel de vie, créer et créateur et non pas une vie potentielle…

Et si Dieu a fait l’homme à son image, l’homme est à l’image de Dieu.

La joie de créer est cette parcelle divine qui irradie de chaque être, qui ne demande qu’à vivre.

Quelques uns parlent d’art de vivre, mais il semble qu’il ne s’intéresse que de très loin à la vie…

La poésie, un Art de Vivre, la richesse d’une existence qui s’ouvre à l’universel et à l’intemporel…

Ne laissez pas passer ce pouvoir qui vous appartient !

Allez au devant, tout au devant de vous-même…

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