Créé le: 14.09.2021
47 6
Mon coeur m’a tué

Amour

a a a

© 2021 Ina

Chapitre 1

1

"Takotsubo, la maladie du coeur brisé." Parfois, la peine et le chagrin nous tordent et nous déchirent à un tel point qu'ils ne laissent que quelques débris.
Reprendre la lecture

Cher toi,

 

je t’écris pour t’annoncer que je pars. Tu vas me trouver lâche d’abandonner, de tout laisser derrière moi, et tu vas sûrement penser que je vais regretter de ne pas avoir réussi à te faire face. Tu as raison, je n’ai pas réussi, et je n’y arriverai pas. A chaque fois que je te regarde, le petit monde que j’avais reconstruit s’écroule de nouveau, et c’est de plus en plus difficile de le remettre en place. Alors je t’en prie, laisse moi m’en aller, laisse moi me dire que au moins une fois dans ma vie j’ai eu le choix et la force de faire quelque chose de moi-même.

 

Je t’écris pour te dire que j’ai grandis, que j’ai mûris, et que je ne veux plus m’accrocher à des choses inutiles qui ne me mèneront nul part. Tu me fais mal, et je n’arrive plus à le supporter. Toutes ces années, tu m’as couvert les yeux et m’as fait croire que ta réalité était la mienne, mais maintenant je sais, car ce matin quand j’ai ouvert les yeux après avoir passé la nuit dans tes bras, j’ai compris. J’ai compris que je ne pourrais plus te faire confiance, ni à toi, ni à toutes ces personnes qui sont en train de me fixer. Toutes ces promesses que vous n’avez pas tenues se sont transformées en excuses, vous vous êtes changés en parfaits inconnus et nos souvenirs sont devenus mes faiblesses. Des faiblesses qui me hantent chaque soir, avant de m’endormir. J’aurais voulu que tout ça soit éternel, je n’ai jamais eu un amour aussi pur envers quelqu’un. Puis j’ai réalisé après avoir pensé que notre liaison était la plus sincère, que mes sentiments envers lui n’étais pas réciproques et que je n’étais qu’un jouet. Quand je suis amoureuse j’aime de tout mon coeur, j’aime immensément, inconditionnellement. Mon coeur rencontre des centaines de personnes chaque jour mais il ne s’en est épris que d’une, que de lui. Je n’ai jamais connu une telle douceur dans un regard que celle qui apparaissait dans son regard quand il posait les yeux sur moi, mais mon coeur n’a sans doute jamais ressenti de douleur si forte que celle de notre séparation. J’ai placé tant de confiance et d’amour en lui qu’il ne me reste désormais plus rien à donner pour avancer. Je me suis effondrée, alors j’ai prié, tu le sais que j’ai prié. J’ai mis toute mon âme à la prière, toute mon âme à m’excuser auprès de Dieu pour avoir oublié de chérir le corps qu’il m’a donné, de me chérir. Même si parfois j’ai envi de m’arracher le coeur, je me dis que Dieu entend mon désespoir et qu’il me réserve un avenir meilleur. Car j’ai foi en lui, il sait ce qu’il y a dans chaque être et je sais qu’il m’aidera à traverser cette tempête.

 

Je suis quelqu’un de fière et de très têtue, j’essaie de garder la tête haute et le sang froid. Mais saches que quand je pleure, mes larmes viennent de mon coeur et pas de mon cerveau comme certains. Tout ce temps j’ai essayé de survivre dans ce monde qui m’empêchait de m’exprimer, et qui m’a enseigné à agir tel une poupée avec laquelle on joue et qui finit par être jetée. Tu m’as appris à respirer quand personne n’était là et être en apnée quand la salle se remplissait. A présent, je veux apprendre à voler, m’approcher de la lumière, quitte à me brûler les ailes, je veux juste ressentir de l’amour pour une fois. Je me sens vide, je ne sais pas ce qu’il me manque concrètement, mais quand je les vois dans la rue je sais que dans ma vie je me suis oubliée. Mon coeur bat pourtant je ne vis plus. J’ai perdu contre toi, j’aurais pu faire un million de choses et je ne l’ai pas fait, j’ai arrêté de lutter depuis bien longtemps. Et j’ai attendu, attendu, encore et encore, attendu cette rencontre qui remplira ma vie d’amour et de bonheur. Maintenant je sais que j’ai trop rêvé, et je ne veux plus mentir. Tu me rends malade à m’envoyer toutes ces images de l’époque où j’étais heureuse. Tu te moques et tu ris de moi.

 

Je t’écris pour te dire que je ne pleurerai plus, que j’enfuirai toute ma peine et mon désespoir dans le plus profond de mon coeur déchiré. Je vais prendre du temps pour moi et essayer de recoller les morceaux que tu as séparés. J’arrêterai d’accorder de l’importance à n’importe qui et d’essayer autant dur de les faire m’aimer. Je sais que ce ne sera pas facile mais je ferai de mon mieux. Je sais aussi que tu ne me souhaites pas de réussir parce que tu as espoir que je revienne vers toi, mais je peux t’affirmer que je ne reviendrai jamais, du moins de cette vie là je ne reviendrai pas. Il ne me reste pas beaucoup de temps à vivre alors j’ai envie de rire, de passer du temps avec les personnes qui sont encore à mes côtés, de les regarder dans les yeux et leur dire que je les aime, sans avoir peur de ne recevoir aucune réponse.

 

J’ai peur, tu le sais et tu en joues car tu sais que plus j’aurais peur plus je m’accrocherais à toi puisque tu es la seule personne que j’ai et qui ne m’a pas encore abandonnée. J’ai peur de ne plus avoir assez de temps, j’ai peur que demain soit déjà mon Jugement, j’ai peur de ne plus pouvoir me réveiller, ne plus pouvoir tenir la main à ma soeur et faire un câlin à mon père. J’ai peur, mais j’ai hâte. Je suis fatiguée de prétendre être forte, j’en peux plus, plus les jours passent et plus j’ai mal. Le temps n’a pas soigné mes blessures, mais m’a juste appris à vivre avec. Tu es le seul à voir mes blessures car tu es le seul à y faire un minimum attention. Ils ne comprennent pas ma douleur mais ils veulent faire semblant de partager ma peine. Je ne demande pas grand chose pourtant, je ne demande même pas d’être heureuse, juste de trouver la personne qui m’aimera pour ce que je suis, la personne qui me regardera comme si j’étais la plus belle chose qui existe, la personne qui ne me comparera jamais aux autres et qui me dira, droit dans le coeur, que tout ira bien, que j’irai bien… Mais j’imagine que rien de tout ça je ne mérite de recevoir.

 

Je t’écris car malgré tout, je n’ai pas réussi à partir sans te dire au revoir. Je sais qu’en retour tu n’auras jamais de tels mots pour moi, et tu ne vas pas me manquer, loin de là, mais tu es quand même celui qui me connaît le mieux, et pour ça je devais te dire merci. Merci de m’avoir consacré ton temps et ta présence. Merci de m’avoir écoutée quand j’étais joyeuse et quand je l’étais moins. Merci d’avoir séché mes larmes après m’avoir fait pleurer. Merci de m’avoir tenu compagnie quand j’étais seule et que les autres m’avaient oubliée.

Merci de m’avoir libérée.

 

Que Dieu te garde à plus jamais,

Ina.

Commentaires (0)

Cette histoire ne comporte aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir une expérience optimale de navigation. En continuant de visiter ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.

J’ai comprisEn savoir plus