Créé le: 13.09.2021
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Maman

Histoire de famille

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© 2021 Mama_75

© 2021 Mama_75

Une mère. Une fille. Un calvaire. S’accrocher à sa colère pour rester vivante. Se relever à chaque nouveau coup dur. Tenir bon. Ne pas lâcher prise face à l’injustice. Et regarder l’avenir en espérant qu’un jour, même lointain, la vie sera plus douce.
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Maman,

 

Je n’oublierai jamais la haine dans tes yeux ce jour-là. Tu me l’as exprimée avec tant de violence. Que dis-je exprimée ? Tu me l’as vomi à la figure serait plus juste, sans être encore tout à fait assez fort.

 

Alors que je te faisais part de mon mal-être face à ton attitude et les dégâts que cela causait sur notre petite Justine tu m’assenais jugement sur jugement comme si tu détenais LA vérité. Tu es bien comme ta mère. Tu mets en avant ta carte de psychologue pour bâillonner les autres et imposer TA vérité. Mais il n’y a pas UNE vérité dans les sentiments maman. Tu ne dois pas le savoir, tu n’écoutes pas les autres.

 

L’Article 371-1 du code civil indique que « l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. ». C’est un devoir légal dont tu ne dois pas avoir connaissance. En tout cas je n’en ai pas bénéficié.

 

Ta séance de torture n’ayant pas suffi à apaiser le fauve en toi, tu as décidé de me faire payer encore plus. De me faire payer quoi au juste ? Le fait que je t’ai dit de t’adapter un peu aux autres pour une fois ? Ou quand je t’ai dit que parler à papa comme une merde devant tout le monde n’était pas exactement le modèle d’éducation que je voulais pour mes filles ?

 

Ta vengeance me semble disproportionnée par rapport à ces mots. En même temps cela a dû te surprendre. Depuis 36 ans je ne disais rien d’autre que ce que tu voulais entendre. Constamment sur le fil, à trier ce qu’on a le droit d’exprimer. Même pas le droit de caser que les huîtres c’est dégueulasse parce que Madame adore ça !

 

Il ne t’a donc pas suffi de me piétiner ce jour-là. Tu es passé au niveau deux. L’inimaginable. Digne d’un roman tellement c’est gros. Tu as fait un signalement à SOS maltraitance infantile disant que nous brutalisions Justine et que Benjamin l’agressait sexuellement. Tu avais même préparé des arguments imparables pour être sûre de ne rien laisser au hasard. Tu parles sans honte d’hymen déchiré, de doigt dans le sexe et d’infections urinaires à répétition. Tu oses même utiliser dans ton plan machiavélique la timidité de Justine et ses crises de colères pour lesquelles je me confiais pourtant à toi en toute sincérité. Chapeau, tu as bien préparé ton coup, nous avons eu droit au nec plus ultra, la brigade des mineurs ! Comment oses-tu raconter après ça que tu voulais juste des conseils et que tu t’es fait prendre au piège parce que l’appel était censé être anonyme ? Comment peux-tu ensuite changer ton fusil d’épaule et dire que finalement tu as agi pour le bien de Justine ? Les deux ne sont pas compatible maman. C’est flagrant pour tout le monde.

 

Grâce à toi nous avons subi une enquête de la plus haute brutalité pour nos âmes honnêtes et sensibles.

 

Notre petite Justine a eu le droit à une série d’auditions avec des questions plus tordues et sordides les unes que les autres. Elle n’a pas pu échapper à l’examen gynéco-anal de la police judiciaire. Justine 4 ans. L’hymen parfaitement intact et zéro infection urinaire au compteur ! Comment peux-tu te regarder dans une glace ??

 

Benjamin a eu droit à une garde à vue brutale et un fichage de toutes ses sécrétions biologiques possibles et imaginables.

 

Tu m’as jeté aux griffes d’une enquêtrice rêche et partiale qui avait déjà décidé que Benjamin était coupable et que j’étais tellement amoureuse que j’étais aveugle au point de le couvrir au détriment de mes petites filles. Elle n’a pas mis le doigt sur les dizaines d’incohérences de tes différentes versions car elle était sûrement pressée de faire tomber une tête de plus, pour « la bonne cause ». Nous avons pris ça de plein fouet : « la bonne cause » n’est pas toujours juste et le « principe de précaution » peut briser beaucoup de vies.

 

Nous avons continué la suite du programme avec des invités inattendus comme ma nuit aux urgences après une crise convulsive et un diagnostic d’épilepsie, et des invités annoncés comme les services sociaux, les psychologues et les médecins. Saches qu’après chacune de leurs enquêtes, beaucoup nous ont félicité pour la façon dont nous élevons nos filles et tous été choqués et écœurés par notre histoire, par toi.

 

Après des mois à subir vague après vague tout ce que tu avais déclenché, nous avons reçu un jour sans prévenir une petite feuille à en-tête mal pliée qui disait que « faute de preuves, les faits n’avaient pas pu être prouvés et que l’affaire était classée sans suite ». Les faits ??? Rigoureuse (ou naïve) comme je suis j’aurais souhaité au minimum « les faits présumés ». Sans attendre que la Justice nous envoie une lettre indiquant que ma mère était une grosse mytho et que ce que nous avions subi était dégueulasse, j’aurais quand même espéré un entre-deux.

 

Puis souffler enfin. J’attendais ce moment depuis tellement longtemps. La fin officielle de ces accusations sordides et mensongères. Finalement c’est bête mais ça ne m’a pas soulagée autant que je l’espérais. Le combat avec les autorités terminé, je me suis rendue compte qu’il restait le plus dur à affronter : toi et le champ de mines que tu avais laissé.

 

Asphyxiée et blessée à mort par tes mensonges et par le mal que tu as fait à ceux que j’aime, j’aurais voulu démontrer au monde entier la saloperie que tu es. Mais est-il vraiment possible de gagner au jeu du « c’est ta parole contre la mienne » sans mourir d’épuisement ? Comment prouver quelque chose qui n’est jamais arrivé ? L’injustice est la couronne d’épines que nous devrons porter chaque jour.

 

Je dois avancer et arrêter d’attendre des excuses qui ne viendront jamais. Je dois apprendre à m’asseoir sur mon besoin viscéral de justice. Je veux juste la paix. Ne plus te parler sans cesse jour après jour dans ma tête pour te mettre sous le nez les horreurs que tu nous as fait subir. Je ne récupèrerai jamais ni l’année de torture qui vient de s’écouler, ni mes années de vie à me laisser manipuler et à te laisser choisir mon chemin. J’aimerais un bon d’échange pour ces années, mais on ne revient pas en arrière. Alors je voudrais juste du répit, pour moi et ceux que j’aime. Pour ma vraie famille. Celle dont tu ne fais plus partie.

 

On m’épaule gentiment et sans doute aucun sur le fond de cette histoire. On me dit de regarder l’avenir, loin des êtres toxiques, loin de toi. Pour l’instant je n’y arrive pas. Je ne regarde que ma famille en cendres à mes pieds. Benjamin et mes deux petites puces que tu n’as pas hésité à utiliser et sacrifier pour assouvir ta haine, aveuglée par ton orgueil et ton obsession de gagner, toujours, à n’importe quel prix.

 

Être en colère contre toi, te maudire, te détester ne me soulage même pas. Je n’en reviens pas que tu oses dire que tu es blessée de notre prise de distance. Une fois de plus tu ne regardes que ton nombril en tentant de jouer sur la corde sensible. Cette corde est cassée maman. Et ils ne font plus le modèle pour la réparer.

T’es tu une seule fois mise à notre place ? As-tu une seule fois regardé en face ce que tu as sciemment déclenché ? NOUS sommes broyés par ta méchanceté et tes mensonges. N’aies plus jamais le culot de te plaindre. TU as choisi tout ça. Nous n’avons rien choisi, nous avons dû subir. Que c’est lâche de ne pas assumer ses actes. Dans le minuscule cercle familial qu’il te reste et auprès des quelques personnes aveugles et naïves que tu n’as pas encore fait fuir et qui n’ont pas encore pris conscience de la noirceur de ton âme, c’est ta version qui va triompher « Je me suis fait prendre au piège. Euh non en fait j’ai fait ça car j’étais inquiète pour Justine ». Les imbéciles !

 

Mais il faut positiver me dis-je, pour tenir bon et ne pas te laisser gagner encore une fois. Je vais positiver alors : je vais tirer de cette horrible expérience quelque chose auquel m’accrocher. J’aurais appris, certes dans la douleur, mais j’aurais appris à voir clair en toi.

TU ES UN MONSTRE ET UNE MENTEUSE.

Et maintenant que c’est une évidence il va falloir que j’apprenne à vivre avec.

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