22.07.2020 29 0 Ma vie à Calembourg

Nouvelle

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© 2020 Serge Bach

Ma vie à Calembourg – Petite vélo-biographie (biographie écrite à vélo !)

Je suis né à Calembourg. Je m’appelle Jean Amédée. Ma venue au monde ? Ca s’est passé exactement un 29 février. Permettez-moi de vous présenter cette petite vélo-biographie. Elle se différencie d’une auto-biographie par le fait que l’auteur l’a écrite en roulant à bicyclette et non en voiture.
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Je suis né à Calembourg, non pas dans l’Aisne, encore moins dans le Bas-Rhin, mais à Calembourg dans la Somme. Oui ! Calembourg en Somme. C’est toute la différence…

Je m’appelle Jean Amédée. Jean comme mon père, et Amédée en souvenir de la voiture  de mon père, une (Amédée) Gordini bleue, avec les deux bandes blanches…

Donc roulez jeunesse mais pas dans le fossé…

 

Ma venue au monde ? Ah ! Ça a plutôt mal commencé : j’ai vu le jour une nuit.

Voir le jour une nuit, c’est comme dormir debout, non ? Ça laisse rêveur…

 

Heureusement, je suis né l’ainé d’une famille de un enfant. Ainsi ma mère ne pouvait pas me présenter en disant « le petit dernier » vu que j’étais le premier ! Mais je ne sais pas pourquoi, elle le faisait parfois…

 

Certains pourraient dire d’ailleurs que j’étais aussi le dernier, mais le doute plane…

Alors laissons-le planer ! Qu’il se pose, non pas le doute, mais d’autres questions, ça vaudrait mieux.

 

Et cette venue au monde, eh bien ça s’est passé exactement un 29 février. J’ai donc grandi lentement, très lentement vu que mon anniversaire, on le fête une fois tous les quatre ans ! Une sorte de quadriversaire, si vous me le permettez.

 

Au jour d’aujourd’hui, j’ai fêté mon 10ème anniversaire – j’ai dix fois quatre ans ! Comme quoi, la valeur n’attend pas le nombre des années puisque j’ai passé le bac à lauréat à l’âge de 5 ans ! J’étais le plus jeune diplômé de France et de Navarre !

Et de plus, je ne me suis pas trop mouillé pour ce coup-ci, mais je n’ai pas séché non plus. (Il n’y a pas eu de fuite au programme donc le bac n’est pas tombé à l’eau cette année là, heureusement.)

 

En outre, et je tiens à le souligner ici trois fois au minimum : je ne suis pas allé à l’école maternelle mais à l’école paternelle, vu que mon père s’est énormément occupé de moi.

 

Aussi tout le monde, y compris notre voisine Célestine, tout le monde disait que je lui ressemblais beaucoup, j’étais comme son portrait tout craché. (Curieuse façon de faire de la peinture, mais bon …) Mais lui, il avait pour habitude de dire « Tu ressembles à ta mère, tu boudes pour rien ! ». J’en ai déduit que le fait de bouder déforme nettement le visage. Alors je boudais dès qu’il avait le dos tourné, comme ça je pouvais bouder en paix.

 

Après l’école paternelle, je suis entré à la grande école, au cours préparatoire… Donc je me suis préparé, préparé… Mais c’était trop long cette préparation. Les voyelles qui n’arrêtaient pas de se battre avec les consonnes, les chiffres indéchiffrables, les opérations qui tournaient mal ou qui voulaient plus tomber… L’instituteur avait écrit dans mon carnet

« Jean Amédée – trop souvent dans la Lune ».

Mais qu’est-ce qu’il connaît lui, l’instituteur, de la Lune ! Il est bien trop terre à terre et surtout trop souvent mal luné ! Est-ce que je m’occupe moi de savoir si sa femme, elle vient de Vénus ou de Jupiter, en passant par la cuisse ?

 

Alors quand j’étais seul avec mes lego, je construisais des vaisseaux spacieux mais aussi spatiaux… Des maxi-vaisseaux ! Leur mission : décoller de la Lune et alunir sur Terre.

Et ceci, à volonté, je vous prie. Si je le décide, je peux rester dans la Lune, surtout j’adore me reposer sur sa face cachée et passer tranquillement ma Lune de miel.

Personne ne viendra me déluner là ! Jean Amédée de la Lune, ça sonne bien, non ?

 

Par chance, à la sortie de l’école, je retrouvais mon copain Marc.

Il m’invitait à jouer chez lui, j’étais l’invité de Marc ! Nous jouions à chat avec son chien Léon qui gagnait toujours. Il faut dire que Léon avait un certain avantage, premièrement il se donnait un mal de chien pour qu’on ne le touche pas et deuxièmement, c’est un joueur qui a du mordant.

Ou alors, on jouait à la marelle. Moi, Marc, Léon le chien plus Anita la tortue, nous finissions tous au Ciel ! C’est merveilleux de tous finir au Ciel ! Ça vous donne de ces ailes ! Vous imaginez Anita avec ses petites ailes, elle faisait concurrence à Dumbo, l’éléphant volant… Les aventures d’Anita, la tortue zélée !

 

Rapidement mon père m’a acheté un vélo. Un beau vélo tout bleu Gordini (cela va sans dire). Un vélo, c’est une machine parfaite pour remonter le temps…Tout de suite, je m’y suis mis. Je m’entraînais, j’apprenais à pédaler à l’envers. Oui, pour rouler en marche arrière, pour remonter le temps. Et non pas le démonter ! Voir la vie défiler à l’envers, c’est renversant ! Oui, vous savez, un vieux monsieur très très savant, Albert Une Pierre (non pas Albert Einstein, car ça c’est de l’allemand !), qu’il se nomme, je crois. Alors Albert Une Pierre a dit un truc comme quoi on ne peut pas aller plus vite que C. Et il a aussi dit que C, c’est la vitesse de la lumière. Une pensée qui en a éclairé plus d’un !

Donc moi, attention là, suivez moi bien. Quand je roule en marche arrière, je vais dans le sens opposé à C, puisque un rayon lumineux y va de A à B à la vitesse C… Et moi alors, je vais de B à A, donc en sens contraire à C ! Heure et Cas ! Je remonte le temps. Et hop, CQFD ! Là, j’suis trop fort ! C évident !

 

Après quelques heures de tâtonnements, d’essais, mon vélo me conduisait où je voulais en marche arrière. Et je pouvais rouler genre méga-vite, comme par exemple à moins 45000 m/h ! Je ne risquais aucune amende pour excès de vitesse, vu que je remontais le temps… Je me plaisais à imaginer le gendarme qui me sifflait. D’abord il y avait le son final du sifflement puis le sifflement rentrait dans le sifflet, puis dans la bouche du gendarme faisant gonfler ses joues, puis il revenait à une position de repos.

Trop drôle ! Ça coupe le sifflet un truc pareil !

 

Ainsi, j’ai pu remonter des journées entières, voire plusieurs jours. Ma plus grande remontée, c’était une semaine complète. Vous vous rendez compte. Vous commencez votre semaine le lundi matin, et arrive le week-end. Et là, dans la journée du Dimanche, vous remontez le temps pour arriver juste, de nouveau, au lundi matin précédent. Donc vous pouvez doubler ce que vous faites en une semaine sans faire plus d’effort. Si vous avez mangé des crêpes à la confiture de fraise le mardi précédent et que vous aviez trouvé ça trop géant, vous pouvez recommencer le lundi, le mardi, le mercredi… comme si de rien n’était. Je pense que vous comprenez toute la « magnifiscience » de « savoir aisément remonter le temps ». Tout ce que vous avez un peu raté, vous ne le ratez plus, vous le refaites en mieux. Et tout ce qui a été super et qu’il faut surtout continuer, vous le multiplier par 2 ou 3 ou XXXX… Votre vie quitte le rayon XXS et se catapulte au rayon XXL !

 

Vous voyez de suite comment cela pourrait vous rendre, alors là, je ne sais pas moi, mais Méga-Heureux !!! C’est Giga cool, non ?

 

A Noël, tout le monde, il est content – il peut y avoir des ratés !Je me souviens bien d’un certain Noël ! Quelle désillusion ! J’avais pourtant fait une lettre, tout ce qu’il y a de détailler, pour le Père Noël. J’ai l’impression qu’il y a eu une réelle erreur là…

On m’avait offert un bonnet de bain ! Vous voyez le style, rose avec Minnie dessinée dessus… De quoi ressembler à une autruche ! Et moi, je n’allais pas rester la tête dans le sable pendant toutes les vacances de Noël ! Moi j’avais demandé un passe-montagne. Un vrai passe-montagne ! Pour passer au travers d’une fière et noble montagne, pardi ! C’est une aventure bien plus passionnante que d’aller patauger dans le p’tit bain à la piscine municipale… Tout ça parce que certains disent que je ne sais pas nager ?

Eux, ils nagent dans quoi ? Pas forcément dans l’intelligence !

D’ailleurs à l’école, c’est moi qui fait du sous-l’eau le plus longtemps. Je détiens le record d’apnée juvénile de tout l’établissement ! Alors pas besoin d’apprendre à nager à la surface quand on se sent déjà comme un poisson dans l’eau. Vous imaginez la honte, patauger dans le p’tit bain ! Là, tu meurs de ridicule. Et cette fois là, le ridicule, il tue. « Bam », t’es mort ! « Bam, bam », remords !

Heureusement, en fouillant dans une vieille friperie quelques semaines plus tard, j’ai trouvé un vieux passe-montagne. Après l’avoir remis d’aplomb comme le fil, j’ai pris le bus pour la Montagne de l’Oubli, non loin de chez nous.

Arrivé à destination, la Montagne m’attendait, noble et fière, comme j’ai dit. J’ai enfilé mon passe-montagne tout en marchant d’un pas alerte et décidé. Et là, c’était comme je pensais. J’ai traversé l’enveloppe de la Montagne assez facilement. Et je me suis dirigé vers son centre. Cela l’a brusquement réveillé. Elle était à la fois surprise mais contente que quelqu’un vienne enfin lui faire la causette. « Vous tombez à pic ! », elle m’a dit en guise de salutations. J’ai répondu « J’aime le rock ! », en la saluant poliment. Il faut conserver l’étiquette, vu qu’à l’intérieur des montagnes, les pierres, de toutes tailles, abondent. Et les pierres sont très polies de nature.

 

Ensuite, elle m’a parlé de sa vie depuis le Jurassique, je crois… Elle connaissait une montagne de choses ! Quelle merveilleuse histoire ! Si un jour nous avons le temps, je vous la conterai. Elle est très belle mais très très très longue. Vous voyagez entre monts et merveilles… Je lui ai promis que tous les soirs, je lui dirai « bonne nuit » de ma fenêtre, car pour elle, l’amitié dur dure.

 

Revenons à nos moutons, nos brebis, nos vaches et notre cochon ! (Comme l’aurait dit Perette, je crois, en ajoutant le pot au lait.) Permettez que je vous relate la suite de ma biographie, le dessin de ma vie… Ainsi, à un moment, j’ai fait mon service militaire.

(« my military service » pour les bi-lingues, soit MMS.) Et hop, j’ai atterri dans la Marine Nationale. Mais très vite on m’a mis à pied. J’avais le pied marin, mais quand même.

J’ai compris que dans la Marine, tout ne coule pas toujours de source tout en n’étant pas claire comme de l’eau de roche…

Nous avions un capitaine, un vrai « insistateur » sur la discipline !

Il répétait à longueur de temps : « Dans la flotte, y a pas de flottement, vous suivez impérativement le règlement ! ». Il fallait absolument répondre comme un seul homme « Oui, mon capitaine ! » On aurait pu l’essayer sous forme choral à 4 voix, façon Jean Sébastien, mais non, il lui fallait ce « Oui, mon capitaine ! » laid et surtout balourd !

Pas drôle !

 

On m’a raconté qu’un jour, il a été envoyé en mission dans un pays lointain, là où il y avait des carrières, normal pour un militaire de carrière! Mais c’était au moment de la saison des pluies. Alors il a tellement flotté que notre capitaine est tombé sacrément malade, une pluviose carabinée ! Sa femme, un vrai gendarme, lui a ordonné de quitter l’uniforme après l’avoir noyé sous un flot de reproches. C’est la mer vérité !

 

Alors, redevenu civil, il a fini par obtenir un poste à la météo. Et là, qui sait, peut-être qu’il fait la pluie et le beau temps… Serait-il la cause de tous ces dérèglements climatiques… perturbations, précipitations, cyclones et anti-cyclones (?)…

 

Finalement, je pense qu’au lieu de mariner en tant que capitaine, il aurait du faire comme Jacques : offrir à sa femme des perles de pluie d’un pays où il ne pleut pas… Là, elle aurait été vraiment baba ! Ils auraient pu vivre d’amour et de pluie fraîche…Ah l’amour fol… Pluie de Chine, pluie câline, pluie d’amour, pluie d’ivresse… (Comme l’aurait chanté mon grand père à ma grand mère.)

 

Mais au fait, une précision familiale, puisque j’y pense. Question de mon éducation, mon père a toujours été un homme vraiment sérieusement sérieux. (Pas mortellement sérieux, car là, personne ne s’en remet !)

 

Il avait une devise qu’il utilisait comme argent content vu que pour lui, elle lui était monnaie courante (vous suivez, j’espère ) : « Dans la vie, il n’y a que deux choix possibles, il y a ceux qui poussent et ceux qui tirent. » Et de rajouter « Pour certains,  une petite minorité que s’ils se débrouillent bien, ils peuvent pousser et tirer en même temps »…

« Ceux là poussent et s’en tirent bien… » Mais là, j’ai trouvé « qu’il poussait un peu, que c’était tiré par les cheveux ! » Je lui ai dit, mais cela n’a servi à rien. Il n’en a tiré aucune leçon. Il utilisait sa devise à toutes les sauces, même piquantes !

 

Revenons à moi, le dessin de ma vie.

Mon jour préféré, c’est le 1er Avril., tout est possible ! Exemple, une année, j’avais fait passer le message. Chut, chut,  c’est un secret…

Pour ce 1er Avril, tous les « personnages » que nous jouons plus ou moins pas bien dans la vie de tous les jours, seront inversés. Et le message avait fait son chemin, in-co-gni-to, que j’vous dis… Tout le monde avait planché sur un scénario. Mais le silence, il dort, comme chacun sait…

Reportage sur le vif, quelques situations en direct de Calembourg, non pas Calmebourg :

 

– A l’école, dans la classe de M. Jean-Marin, l’instituteur. Il s’est retrouvé au banc, non pas des accusés, mais des élèves. Il a du suivre la leçon faite par un groupe d’élèves, une leçon quelque peu farfelue dont le titre était « Deux droites parallèles se rencontrent, sous quel angle allez vous traiter ce problème ? ». Après, M. Jean-Marin a du répondre aux questions de l’interrogation écrite surprise ! Nous, les élèves, ah, ah, on a noté sa copie. Et on s’est pas privé de mettre une appréciation… « Vous avez oublié l’angle mort – peut mieux faire ! Poisson d’Avril ! »

– Mathias et Auguste, nous deux éboueurs ont eu la surprise de voir que les poubelles avaient déjà été vidées avant leur tournée. « Quelqu’un a vidé nos poubelles ?… Alors pas possible de vider des poubelles déjà vides, on ne peut pas remplir notre rôle ! » Ils sont allés au Café des Sports raconter cette histoire extraordinaire contre une bonne tasse de café, offerte gracieusement par le patron. Et la tasse était pleine cette fois !

– Lucien est arrivé à la gare de taxi. Il a demandé à un chauffeur de taxi où il voulait être conduit. Après un moment de confusion, le chauffeur a dit : « Euh, conduisez moi à la piscine, je rêve de nager aujourd’hui »… Arrivé à la piscine, il a remercié chaleureusement son chauffeur bénévole pour cette course si inattendue.

Lucien lui a répondu « Je vous en prie. Et bien, nagez dans le bonheur aujourd’hui ! »

– M. Constant, le docteur est arrivé comme à l’accoutumée pour visiter l’un de ses patients. Il le connaissait depuis bien des années. Le patient a tout de suite pris la parole : « Comment allez-vous mon cher docteur ? Avez-vous surveillé votre tension et pris consciencieusement vos médicaments ? Je vois que vous avez le fond de l’œil terne. Je vais vous ausculter. » Sur le coup, M. Constant n’a pas su quoi panser, ni penser.

Mais il a effectivement ressenti qu’il était très fatigué et pas trop en forme. « Je vois, je vois, attention à l’un fractus du Myo Carde, mon cher Henri ! Je vous prescris tout de suite un traitement des plus efficaces ! » Henri est reparti avec une prescription de tilleul menthe à prendre tous les soirs. « Vous dormirez mieux et vous ferez de beaux rêves ! » dixit le patient, qui a aimablement reconduit le docteur à sa voiture pour éviter toute chute ou rechute !

– Place du Marché, vers 8 heures du matin, Jeanne, Hugo, Blandine et Christophe arrivent à la boulangerie pâtisserie «Au croissant pétillant ». Ils passent la porte et tendent un grand carton au boulanger : « Ouvrez-le ! C’est pour vous ! ». Le boulanger ne comprend pas, il reste interloqué. Finalement, il ouvre le carton, un beau grand gâteau lui sourit. Il y est écrit : « Aujourd’hui, la vie, c’est du gâteau ! Merci à vous, vous êtes la crème des pâtissiers ! ». Réalisant que nous sommes le premier avril, le boulanger, bonne pâte, appelle joyeusement sa femme, son commis, les enfants, le chat : « Un gâteau, nous sommes gâtés ! Nous avons du pain sur la planche ! Partageons-le ! Qui veut un thé ou un café, enchérit-il ! »

– Toujours le 1er avril, le facteur, M. Nouvel, a eu la surprise de recevoir plus de 100 lettres personnelles dans sa propre boîte à lettres ! Des lettres de remerciements. « Merci M. Le Facteur de distribuer si consciencieusement et par tous les temps le courrier dans tout Calembourg ! » M. Nouvel s’est senti rajeunir. Il a décidé de les afficher toutes sur un grand tableau. Il a immortalisé la scène en faisant une photo. Ce jour ne sera pas resté lettre morte dans sa mémoire…

 

Vous voyez, le 1er Avril, ce n’est pas le jour de l’impôt cible, tout est permis !

 

Sinon, qu’elle est mon occupation favorite dans la vie ? Et bien, je suis un jardinier qui jardine pour le plus grand bonheur de tout un chacun et toute une chacune. Et cela fait beaucoup de monde, car tout un chacun comprend nos amis les animaux, nos amis les insectes, nos amis les plantes et les amis des amis…

Jardiner, c’est merveilleux. D’abord, on sème, on sème d’un amour tendre! Vous plantez une petite graine, toute minuscule. On pourrait parfaitement l’oublier ou bien la jeter, tellement elle est insignifiante. Vous l’avez planté, et de quoi à t’elle besoin ? D’eau et de lumière. Mais ce n’est pas tout. Il vous faut avoir de l’admiration pour elle.

Vous l’admirez chaque matin, vous lui parlez tendrement. Si vous le souhaitez, vous pouvez lui chanter une petite mélodie « Petite graine deviendra grande et belle – tout le monde voudra l’admirer, l’admirer ! ». La petite graine sort, pour la première fois, la tête de terre. Elle voit le ciel magnifique. Elle ressent un élan irrépressible à aller vers lui.

Vous la complimentez pour cette énergie miraculeuse ! Vous continuez à l’admirer, à lui chanter sa chanson préférée, à vérifier qu’elle ne manque de rien. Tout en vous assurant qu’un autre rien ne l’empêche de monter au ciel.

De votre côté, vous ne doutez pas une seule seconde que ses fleurs seront les plus magnifiques qu’on n’ait jamais vues. Les jours passent. La jeune pousse devient demoiselle feuillue. Elle grandit, grandit. Des abeilles viennent régulièrement prendre de ses nouvelles. Les nouvelles sont bonnes. Le ciel devient de plus en plus proche…

Et un matin, le premier bouton est fin prêt pour saluer son premier rayon de soleil.

Notre bouton, lui aussi se sent pousser l’âme d’un papillon ! Il va s’ouvrir lentement, solennellement, et se gorger de lumière, de rosée. A cette seconde, voici le bouton le plus heureux de la Terre !

Et vous tout autant que lui. Vous pouvez lui chanter maintenant :

« Petite graine a fleuri, grande et belle – tout le monde l’admire, l’admire ! »

Les oiseaux gazouillent eux aussi pour la féliciter. Et bientôt ses amis les abeilles vont l’entourer de soins pressants pour rehausser encore plus sa beauté. A vos yeux, c’est effectivement la plus belle fleur que l’on ait jamais vue. Jardiner vous donne une sensibilité à fleur de pot ! Et ça s’arrose souvent ! Vos pensées fleurissent, fleurissent…

Et si vous aimez peindre, quelle merveilleuse source d’inspiration que ces couleurs subtiles et vives. Les fleurs ne manquent pas de pigments!

Je n’oublie pas les enfants qui sont tous des jardiniers en herbe, et pas seulement qu’au jardin d’enfant !

 

« Pousse la porte du jardin, découvre la fleur arc-en-ciel.

Elle t’attend depuis des lunes, à l’ombre d’un rayon de soleil.

Approche sans crainte de l’une, l’émoi, elle te donnera.

Pousse la porte du jardin, la vie belle te dévoilera. »

 

Voilà pourquoi je suis jardinier depuis que j’ai 6 ans (6 fois 4, cela donne une pair de douzaines d’années, si vous calculez de l’autre façon) !

En guise d’épi (logue) et pour conclure : Calembourg, c’est ma commune.

Nous partageons une vie commune.

Etre jardinier à Calembourg c’est demeuré dans la fleur de l’âge, avec toujours une capucine aux lèvres, des jardins de mille roses à humer sans compter, des pelouses douces et tendres pour s’étendre à l’improviste, un grand tilleul de Sibérie, né près du fleuve Amour, pour reposer en paix le dimanche. Et que dire des fruits cueillis sur l’arbre au goût si envoutant…Que dire des oiseaux, musiciens, mélodistes inouïs, des grillons éloquents…

 

Si vous passez près de Calembourg, un 29 février par exemple, arrêtez-vous. Marchez un peu, à votre rythme, vos pas vous conduiront certainement là où votre cœur s’émerveillera… Bienvenue!

 

 

 

 

 

 

 

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