Créé le: 03.08.2026
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Lurminthoa

Amour, Contes, PoésieAventure botanique 2026

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© 2026 a Herve

© 2026 Herve

Il y a des rencontres qui ne durent que quelques instants. Un chat de gouttière, pousse un soir les grilles du jardin Lurminthoa. Il n'y cherche rien. Il y trouve tout. Une puce qui brille. Des animaux qui parlent. Un univers enchanté.
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Un été.

Un soir.

 

Un soleil. Brille. Mille feux.

Des couleurs. Jamais vu.

Rayonne. Tout sur son passage.

 

Le soleil. Illumine.

Pas la nuit. Mais cette fois.

Nuit se pause. Nuit s’arrête.

Laisse sa place. Lumière.

 

Un été.

Un soir.

 

Jardin. Des terres. Brûler.

Nuit étoilé. Une seule. Étoile.

Je regarde. Elle.

 

Elle.

Puce frivolante.

Chante. Danse.

Rigole. Rayonne.

 

Moi.

Chat timide. Me cache-cache.

 

Moi. timide.

Reste dans l’ombre.

Moi. Chat. Observe.

 

Me file. Et me faufile.

Entre branches. Entre feuilles.

Yeux ronds. Yeux gros.

Émerveillé. Curieux.

 

Moi.

Me rapproche.

 

Une odeur. Du sucre ? Du caramel ? Elle ? Non.

Un Katsura. L’arbre. Au caramel.

Elle ? Sent l’été.

 

Un bruit. Un cri. Un paon.

Il braille. Il criaille.

Je sursaute.

Elle se retourne.

 

Trop tard.

Elle m’a vu.

 

Je reste. Immobile. Invisible.

Elle. Me pique.

Sacrée puce !

 

Elle. Me regarde. Yeux de biche.

Moi. Hisse.

Moi. Chat de gouttière. Pas de jardin.

Chat sauvage. Malgré moi. Citadin.

 

Je. Continue.

Mon chemin.

 

Me file. Et me faufile.

Entre fleurs. Et odeurs.

La nuit me suit. La nuit s’assombrit.

 

La puce disparue. La piqûre reste.

Un feu. Sur la peau. Sur le cœur.

Elle. Partout. Dans chaque ombre.

Elle. Nulle part. Dans chaque doute.

 

Le jardin. Ne dort pas.

Pas le même. Que le jour.

 

Chaque bête. Une voix.

Chaque plante. Un secret.

Chaque sentier. Une question.

 

Un lapin. Sort des fougères.

Deux bonds. Puis s’arrête.

Oreilles dressées. Nez qui tremble.

“Toi. Le sauvage. Que regardes-tu ?”

 

Moi.

Ne réponds pas.

 

Je regarde ailleurs.

Il repart. Sans attendre.

Comme si la réponse. Importait peu.

 

Une luciole. Cachée dans son herbier.

Lente. Brillante. Fulgurante.

“Toi. Le sauvage. Que cherches-tu ?”

Moi. Ne réponds pas.

 

Elle rit. Doucement.

“Va. Voir les pins. Là-bas. Ils savent des choses. ”

 

Je grimpe pas. Je longe.

L’odeur de résine. Piquante. Franche.

Rien à voir. Avec du caramel.

 

Les aiguilles. Craquent. Sous mes pattes.

Me piquent. Et repiquent. Pic !

Un écureuil roux.

Me toise. Une seconde.

 

Puis disparaît. D’un bond.

Trop vite. Trop haut.

 

Moi. Je reste. Au sol. Les pattes lourdes.

Plus loin. Des goélands.

Posés. Calmes. Face au vent.

 

Ils lèvent le bec. Vers le ciel.

“Regarde en haut. Le séquoia.”

Moi. Je lève les yeux. Trop haut.

Je grimpe. Je grimpe encore.

 

L’écorce. Rêche. Sous mes griffes.

Les branches. Se font fines. Se dérobent.

 

Je m’arrête. Je ne suis pas. Oiseau.

Je redescends. D’en bas. Je regarde.

Ce qu’eux voient. D’en haut.

 

Sans un bruit. Sans un mot.

Un héron. Immobile. Statue grise.

Il ne dit rien. Il attend.

Moi aussi. J’attends.

 

Sans savoir quoi.

Quelque chose. Devrait arriver. Peut-être.

 

Le vent. Bouge. Les bambous.

Lui. Ne bouge pas. Jamais.

Peut-être. Sait-il. Patienter. Mieux que moi.

 

Un paon. Encore. Fait la roue.

Mille yeux. Bleus. Verts. Me regardent.

“Toi aussi. Tu voudrais. Qu’on te regarde ainsi ?”

Moi. Je n’ai que mon pelage. Terne. Discret.

 

Moi. Je n’ai qu’une piqûre.

Sur la peau. Sur le cœur.

 

Ça suffit. Peut-être. À briller un peu. Aussi.
Pas pour toutes. Juste pour une. Nuit.
Et c’est déjà. Beaucoup.

 

Des poissons. Sous l’eau verte.

Ils tournent. Lents. Silencieux.

Ils ne me disent. Rien. Ils me regardent. Passer.

Un chat. Sur la berge. Ça les amuse peut-être.

 

Moi. Je regarde mon reflet. Flou. Tremblant.

Un chat sauvage. Qui cherche une lumière.

 

Une odeur. Une douceur.

Du miel ? Non.

Un tilleul.

 

Une autre odeur. Une autre douceur.

Du jasmin. Des roses.

Je marche. Je pense à elle.

Sa piqûre. Encore là.

 

Un point. Minuscule. Qui brûle un peu. Beaucoup.

Qui me tient éveillé.

 

Les abeilles. Autour des lavandes.

Elles bourdonnent. Sans me voir.

Un ballet. Sourd. Incessant.

 

“Elle est partout. Et nulle part.”

Dit une voix. Ou le vent. Je ne sais plus.

Un rouge-gorge. Sur une branche basse.

Petit. Rond. Poitrine de feu.

 

Il penche la tête.

“Tu regardes loin ?”

 

Moi. Je regarde. Encore plus loin.

Il s’envole.

Il emporte. Quelque chose. Avec lui.

 

Je passe. Devant les rhododendrons.

Pourpres. Denses. Silencieux.

Personne. Ici. Pour me parler.

Juste des pétales. Qui tombent. Un à un.

 

Je m’arrête.

Je respire. Ce parfum lourd.

 

Peut-être. Elle aimerait. Cet endroit.

 Je lui montrerai. En silence.
Tout ce qu’elle. Ne voit pas.

 

Un merle. Caché dans un if.

Une note. Puis deux.

Puis plus rien.

Comme s’il gardait. Le reste. Pour lui.

 

Moi. Je ne siffle pas. Je ne sais pas chanter.

Mais je sais. Regarder.

 

Les nénuphars. Flottent. Immobiles.

Blancs. Roses. Presque irréels.

Une grenouille. Coasse.

 

Une fois.

Se tait.

Deux fois.

Se tait.

 

Le silence. Après. Plus grand encore.

Moi. Je m’assois.

 

Au bord. Je regarde l’eau.

Elle ne me dit rien.

Elle me montre. Mon propre visage.

 

Fatigué. Un peu perdu.

Les bambous. Claquent. Dans le vent léger.

Un son sec. Presque une phrase.

Je tends l’oreille.

 

Rien à comprendre.

Juste à sentir.

 

Le jardin entier. Respire.

Sans un mot. Avec tout pourtant.

Un vieux corbeau. Sur la terre froide.

 

Il me regarde. Longtemps. Sans ciller.

“Parfois. Les lumières. Ne font que passer.”

C’est tout.

Puis il détourne la tête.

 

Moi.

Je n’aime pas ses mots.

 

Trop courts.

Peut-être. Trop vrais.

Je m’éloigne.

 

Les pivoines. Lourdes.

Repliées sur elles-mêmes.

Roses. Presque rouges.

Épuisées de beauté.

 

Je passe.

Sans m’arrêter.

 

Le cœur. Ailleurs.

Même les plus belles fleurs. Aujourd’hui. M’ennuient.

 

 Il manque. Quelque chose. Pour les voir.

Un lézard. File. Entre deux pierres chaudes.

Rapide. Insaisissable. Comme elle.

Je le suis des yeux.

 

Trop tard. Déjà loin.

Une seconde.

 

Puis plus rien.

Tout ici. Passe.

Tout ici. Glisse.

 

Peut-être. Faut-il. Partir.

Je me demande.

Si je suis fait.

Pour retenir.

 

Quoi que ce soit.

Je passe.

 

Sous les arches. Sous les serres.

Vitres. Chaleur. Plantes grasses.

Cactus. Épines.

 

Fleurs. Closes.

Le vieux corbeau. Rit. Fort. Trop fort.

“Fou d’amour. Le chat. Fou d’amour.”

Je m’en vais.

 

Vexé.

Un papillon. Se pose. Sur mon nez.

 

Bleu. Fragile. Silencieux.

Il repart. Aussi vite.

Tout. Ici. S’envole. Un moment ou l’autre.

 

Je regarde. Je laisse. Partir.

Des tortues. Sous un rocher plat.

Lentes. Sûres. Anciennes.

Elles. Ne courent pas.

 

Elles. N’ont rien à poursuivre.

“Le temps, jeune chat. Ne se rattrape pas. Il se laisse. Simplement. Traverser.”

 

Moi. Je ne comprends pas tout.

La nuit continue. Tomber. Doucement.

Le jardin change encore de peau.

 

Le ciel. Ferme. Les yeux.

Les couleurs. S’effacent.

Les ombres. S’allongent.

Les bruits du jour. Se taisent.

 

Un à un.

Et là.

 

Encore.

Une lueur. Petite. Vive.

Elle.

 

Elle revient.

Moi. Chat timide. Me fige.

Moi. Cœur. Qui cogne.

Mon cœur. Petit tambour. Résonne.

 

Moi. Pattes. Qui tremblent.

Elle danse. Autour de moi.

 

Elle rit. Sans bruit.

Elle se pose. Presque. Sur ma truffe.

Elle repart.

 

Elle revient.

Elle joue.

Moi. Je n’ose pas. Bouger.

Moi. Je n’ose pas. Respirer.

 

Moi. Je reste. Émerveillé.

Elle. Si légère. Si vive.

 

Moi. Si lourd. Si sauvage.

Je regarde. Sans savoir dire.

Je regarde. Sans savoir pourquoi.

 

Je garde.

Un chat.

Une puce.

Une nuit.

 

Rien. De plus banal.

On reste.

 

Un instant. Ensemble.

Elle. Qui brille.

Moi. Qui regarde.

 

Les étoiles. Au-dessus.Complices.

Le temps. S’oublie. Autour de nous.

Pas de mots.

Pas de gestes.

 

La nuit. Nous garde.

Juste elle.

 

Juste moi.

Juste ce soir-là.

Juste ce jardin.

 

Qui nous prête. Un instant.

Elle tourne. Une fois. Deux fois.

Autour de mes moustaches.

Elle se pose. Sur ma patte. Une seconde.

 

Une seule. Mais tout d’elle.

Moi. Chat sauvage. Devenu doux.

 

Moi. Chat des rues. Devenu sage.

Je voudrais. Lui dire.

Que je ne suis rien. Sans jardin.

 

Que je ne suis rien. Sans elle ce soir.

Mais les chats. Ne parlent pas d’amour.

Les chats. Regardent. Simplement.

Et c’est déjà. Beaucoup.

 

Elle s’échappe. Un instant. Revient.

Comme pour vérifier.

 

Que je suis encore là.

Moi. Je ne bouge pas.

Je ne bougerai plus.

 

Tant qu’elle reste.

Je reste.

Tant qu’elle brille.

Je regarde.

 

L’amour. Pour un chat sauvage.

Ça tient. En une nuit.

 

En une lumière.

Ça tient. En un instant.

Qu’on voudrait infini.

 

Mais l’été. Ne dure pas.

Mais la nuit. Finit toujours.

Mais l’amour. Parfois.

Ne dure. Qu’un instant.

 

Un souffle.

Un rien.

 

Le moment. Se brise.

Elle vacille.

Elle s’échappe.

 

Je tends la patte.

Trop tard.

Elle.

Disparaît.

 

Moi. Je cherche.

Entre les branches. Entre les fleurs.

 

Sous les feuilles. Sous les pierres.

Elle ?

Non.

 

Elle ?

Non plus.

Le Katsura. Sent toujours le caramel.

Mais elle. N’y est pas.

 

Le tilleul. Sent toujours le miel.

Mais elle.

 

N’y est pas.

Le jasmin. Les roses. Le même parfum.

Mais elle. N’y est pas.

 

Je tourne.

Je retourne.

Le jardin entier. Je fouille.

La luciole me regarde.

 

Ne dit rien.

Les mouettes. Se taisent.

 

Le héron. Ne bouge plus.

Les tortues.

Ferment les yeux.

 

Même le corbeau.

Se tait.

Elle ?

Introuvable.

 

Elle ?

Envolée.

 

Dans. Le jardin.

La luciole. Enfin. Parle.

“Les lumières comme elle. Ne restent jamais. C’est leur nature. Pas ta faute, jeune chat.”

 

Moi. Je n’écoute qu’à moitié.

Le cœur ailleurs.

Moi. Chat sauvage.

Moi. Cœur. Vide.

 

Sans elle.

Le soleil. Se lève. Encore.

 

Mais plus le même soleil.

Les couleurs. Reviennent.

Mais plus les mêmes couleurs.

 

Le jardin. Continue. Sans moi.

Les fleurs. S’ouvrent.

Sans moi.

Les odeurs. Persistent.

 

Sans elle.

La vie. Ici. N’attend personne.

 

Le jardin. Continue. Sans nous.

Je repasse. Sous le Katsura.

Le caramel.

 

Toujours là.

Je repasse. Sous le tilleul.

Le miel.

Toujours là.

 

Les odeurs restent.

Elle.

 

Jamais.

C’est peut-être ça.

La différence.

 

Entre un chat. Et une puce.

J’en ai fini. Avec ce jardin.

J’en ai fini. Avec ces grilles.

J’en ai fini. Avec ces rêves.

 

Je pars.

Je passe les grilles. Une dernière fois.

 

Je jette un œil. Derrière moi.

Rien.

Juste le vent.

 

Juste le vide.

Juste un parfum.

Qui déjà s’efface.

La ville m’attend.

 

Le bitume. Le bruit.

 Le jardin. Derrière moi.

 

Disparaît.

Les lampadaires. Remplacent les étoiles.

Le béton. Remplace la mousse.

 

Les klaxons. Remplacent les paons.

Moi. Chat de gouttière.

Moi. Retour à ma nuit.

Moi. Sans jardin.

 

Sans elle.

Les rues. Sentent l’essence. Pas le caramel.

 

Les murs. Sentent la pierre froide. Pas le tilleul.

Je marche. Entre les poubelles. Entre les pas pressés.

Personne. Ici. Pour me dire où regarder.

 

Personne. Ici. Pour rire. Sans bruit. Près de moi.

D’autres chats. Me croisent. Me reniflent.

“D’où viens-tu, sauvage, avec cet air d’ailleurs ?”

Moi. Je ne réponds pas.

 

Je garde. Pour moi.

Le jardin.

 

La lumière.

La puce.

L’été.

 

Eux. Ne sauraient pas comprendre.

Eux. N’ont jamais vu. Une puce briller.

Eux. N’ont jamais vu. Une puce danser.

Eux. N’ont jamais senti. Le caramel d’un arbre.

 

Moi si.

Personne. Ne pourra me le prendre.

 

Mais quelque part. En moi.

Une lumière. Reste.

Petite. Vive.

 

Une piqûre. Qui ne guérit pas.

Les soirs. Où la lune. Se fait ronde.

Je lève les yeux. Vers le ciel de la ville.

Une étoile. Toujours la même. Toujours trop loin.

 

Et je crois. La voir.

Elle. Danser encore.

 

Elle. Chanter encore.

Elle. Rigoler encore.

Elle. Rayonner encore.

 

Moi. Chat des rues.

Moi. Qui garde. Une puce.

Quelque part. Dans le cœur.

Quelque part. Où le bitume. Ne touche pas.

 

Lurminthoa.

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