Collaborer avec un élu de la République peut être une magnifique expérience ou un cauchemar. J’ai expérimenté les deux. Cette lettre je pourrais l’adresser à la Sénatrice qui m’a fait plonger dans une terrible dépression de plus de trois ans.
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Madame la Sénatrice,

 

Durant les neuf mois qu’a duré notre collaboration, j’ai pu mesurer toute l’étendue de votre bêtise, de votre arrivisme, de votre cruauté.

Neuf mois c’est le temps nécessaire à créer la vie, la beauté et l’espoir ; en neuf mois vous avez créé le chaos, le désordre et le chagrin.

Votre cruauté, votre besoin d’avilir vos collaborateurs est probablement égal à votre incapacité à comprendre la fonction à laquelle vous avez accédé.

Vos faveurs distribuées avec générosité à quelques potentats vous ont hissée à une noble fonction que votre incompétence déshonore.

Votre besoin d’affirmer votre autorité ne s’exprime que par l’avilissement. Vous n’ordonnez que pour avoir la joie d’accuser ceux qui vous ont obéi. Vous convoquez pour avoir le plaisir de rabaisser devant témoin.

Votre plaisir ne s’exprime que dans la joie malsaine de ressentir le pouvoir que vous avez sur autrui. Maigre pouvoir au demeurant, l’exercer sur un subordonné ne fait pas de vous l’égale des plus grands politiciens. Bien au contraire. Ce besoin viscéral de ne vibrer qu’en sentant ce maigre pouvoir d’humilier vous rabaisse. Vous devenez un personnage ridicule, un pantin nourri à l’adrénaline de votre toute-puissance illusoire.

Vous criez, vous vitupérez, vous ordonnez, vous mentez, mais avec si peu de talent que nul n’est dupe et vos jours sont comptés en tant que sénateur.

Alors éperdument, maladroitement, vous cherchez des alliés pour, vous l’espérez, devenir députée. Quitter une assemblée pour une autre, pour toujours garder cette autorité conférée par un titre.

Vous n’existez pas par vos actions, vous n’agissez pas, vous en êtes incapable, vous ne comprenez ni les enjeux, ni le fonctionnement des institutions que pourtant vous devriez servir. Vous n’existez que par le regard que les autres portent sur vous, vous la sénatrice, vous l’élue… Élue, quel joli mot, quasi-religieux. Mais vous n’êtes qu’une élue et non pas l’élue, cette nuance vous échappe.

 

De notre collaboration il ne me reste qu’un goût de cendre, de désolation. Plus je résistais à vos crises, à vos délires, à vos mensonges, plus vous deveniez violente, agressive, mordante. Vous jouissiez pleinement de me voir tomber dans une spirale d’angoisse, d’hésitation, de peur et plus vous en jouissiez plus vous abusiez de cette domination envers un subordonné. Je suis tombée au combat mais je n’ai pas plié. Vous m’avez déclaré la guerre. Pourquoi moi plus qu’une autre ? Mon expertise, mon expérience vous faisaient-elles de l’ombre alors que justement vous m’aviez choisie pour ces qualités. Votre manque d’assurance en vos propres capacités, mon assurance en les miennes, vous ont fait perdre le peu de raison dont vous êtes pourvue.

Je suis donc tombée au combat, il y a trois ans de cela. Trois longues années pour revenir d’entre les morts.

Alors me voilà, je me tiens face à vous, et je vous écris tout mon mépris.

Profitez des quelques mois que durera encore votre mandat.

Vous vous voyez députée ? Mais qui vous portera cette fois vers cette assemblée-là ? Vous n’avez pas de réseau, pas d’allié. Vos charmes se fanent d’année en année, les ans, l’alcool et la clope commencent à vous ravager alors que ceux qui vous ont faite ont rejoint leur dernière demeure. Qui pour vous aider à durer ? Il semble que cette année les investitures pour l’Assemblée seront données par une femme. Et s’il est vrai que les hommes s’entre-aident en politique force est de constater que les femmes, elles, ne s’entre-aident pas.

Alors pendant que je me reconstruis, je vous vois vous déconstruire. Je vous vois chercher des appuis, apeurée à l’idée de retomber dans le néant de votre vie. Avant d’être élue vous n’étiez rien, quand vous ne le serez plus vous retournerez au néant alors que je continuerai ma route en écrivant.

 

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mon plus vif mépris.

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