Créé le: 05.07.2026
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Les douze Légions – TOME 1 – Temps – Chapitre 4
D'où viennent ces histoires dont notre conscience porte la marque indélébile ? Elles sont peut-être à chercher au coeur de l'enfance.
Oui...oui, c'est bien là que se cachent ces récits, ces trésors qui nous ont tant marqués.
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CHAPITRE 4
Le bout du tunnel
Nous étions poussés en avant, toujours par le même courant, au point qu’il nous fallait utiliser les dernières forces de nos bras pour nous accrocher tant bien que mal et tenter de faire du surplace. Nous nous agrippions au peu de prises que la paroi rocheuse et glissante nous offrait. Mais nous ne pouvions pas tenir longtemps ainsi. C’est pourquoi j’insistai :
– Gert, je vais bientôt lâcher et je vais te foncer dessus ! Mais, c’est pas vrai, qu’est-ce que tu attends ?
– Écoute ! s’obstinait-elle.
Je tendis alors un peu l’oreille et, en effet, j’entendis progressivement des voix, et de plus en plus distinctement, comme si les personnes qui parlaient se trouvaient dans une pièce juste au-dessus de nous. Je pouvais même distinguer le bruit de leurs pas sur un plancher de bois. Le son produit par leurs déplacements était lourd et sourd à la fois, comme si elles portaient de vieux sabots. Ces individus se mirent à laper un liquide, sans doute de la soupe. C’était incroyable à quel point on pouvait les entendre. Je me joignis à ma sœur pour écouter attentivement ce qui se disait. Les voix étaient celles d’un homme et d’une femme. Ils parlaient comme de vieux paysans qui auraient vécu à une époque très lointaine. On entendait même certains mots qui devaient appartenir à une sorte de vieux dialecte ou de vieux français. En tendant bien l’oreille et avec étonnement, je finis par reconnaître certaines expressions appartenant au patois jurassien que grand-père Charles et grand-mère Pauline utilisaient parfois. Ces gens devaient sans doute vivre dans le Jura, dans la région de Porrentruy, où nos grands-parents maternels habitaient.
– Quel courage çté-ci[1]! s’exclama l’homme en gloussant comme une poule. Tu te figures, ma bonne fanne[2], notre Pierre Péquignat a tellement tenu tête au Prince que celui-ci a fini par la lui trancher, ce matin-même !
Et on les entendit à nouveau laper leur soupe à grosses gorgées. Mon sang ne fit qu’un tour. Ils parlaient d’un homme auquel on avait coupé la tête ! Et cet homme n’était pas n’importe qui. Grand-père nous avait déjà parlé de lui. Et je me souvenais même que Gertie était effrayée par son buste de bronze, qui se trouvait à Courgenay, un village voisin de Porrentruy. Etant plus petite, elle croyait que c’était sa véritable tête ! Ce Pierre Péquignat était mort guillotiné en 1740 pour sauver les libertés des gens de Porrentruy. On se trouvait donc dans le Jura du XVIIIème siècle ! Gert devait être à peu près dans le même état que moi, si je pouvais en croire ce qu’elle murmura :
– Au secours !
– Bon, ne restons pas ici, suggérai-je.
– Si, je veux écouter la suite.
La femme prit alors la parole pour répondre à ce que son mari venait de lui apprendre :
– Oh, dis-moi pas que t’es allé te traîner à l’exécution du bonhomme ?
– Et comment que j’suis allé m’y traîner, vociféra l’autre. Et ce que j’y ai vu, c’est pas chose à raconter aux bonnes fannes, répondit-il dans un rire tonitruant.
Nous nous sentions tellement épuisés à cet instant-là qu’il nous était impossible de réagir. D’ailleurs, nous ne pouvions rester plus longtemps au même endroit, car toujours poussés par le même courant, il était devenu impossible de ne pas se laisser emporter. On s’aperçut vite que d’autres voix se faisaient entendre, des voix qui surgissaient au-dessus de nous, plus on avançait. On continuait tout de même à tenter de ralentir, mais c’était de plus en plus difficile. Le courant qui nous emportait était de plus en plus fort. Tout un tas de bruits étranges et inconnus parvenaient jusqu’à nos oreilles. À un moment donné, nous crûmes nous trouver sous un champ de bataille médiévale. On reconnaissait parfaitement un galop de chevaux lancés à toute allure et des hurlements d’hommes. On pouvait également entendre ce qui ressemblait à des impacts violents de coups d’épées et à des corps tombant au sol. Tout cela semblait toujours se passer juste quelques mètres au-dessus de nous.
– Gert, l’heure sur ma montre et sur ton téléphone. Et maintenant ces voix et ces bruits qui viennent d’un autre temps. Je crois que ce qui se passe au-dessus de nous se trouve dans le passé. Et plus on avance dans le tunnel, plus on recule dans le temps.
– Arrête de me faire peur Ben, tu es fou ! me lança ma sœur dans un sursaut d’angoisse. C’est probablement juste notre imagination.
– Tu sais que j’aime tout ce qui est rationnel et scientifiquement explicable ! Mais là, je n’ai pas d’autre explication. Nous sommes en train de voyager dans le temps. Trop d’éléments l’indiquent. Et cette personne dont l’homme et la femme de tout à l’heure parlaient, tu sais qui c’était ?
– Oui, je crois. Grand-père nous avait emmené à l’Hôtel de Ville de Porrentruy pour nous montrer le tableau de son exécution. Et je me souviens de son horrible tête devant la mairie de Courgenay.
– Exact sœurette. J’ai même fait un exposé sur lui quand j’étais en 8ème. Madame Ranoir voulait qu’on choisisse un personnage qui avait changé le cours de l’Histoire. Alors c’était qui ?
– Pierre Péquignat ! Celui qui a essayé de libérer les Jurassiens de la domination du Prince-Evêque. Et qui s’est retrouvé condamné à la décapitation. Il est devenu le symbole de la liberté dans le canton du Jura, oui je sais.
– Exactement petite sœur ! Tout à l’heure, nous avons donc entendu une discussion entre un homme qui avait assisté à son exécution et son épouse.
– Je n’en peux plus Ben. Je ne sais plus ce qui nous arrive et je n’arrive même plus à réfléchir. Laissons-nous emporter par ce courant et on verra bien la suite, tu veux bien ? Tant pis pour l’Histoire ou pour le passé.
– D’accord, alors allons-y.
On lâcha alors les parois en même temps et on en éloigna instinctivement nos bras pour éviter toute brûlure due à la vitesse grandissante. On plaça alors nos bras en croix sur nos poitrines, comme dans les toboggans les plus rapides.
Presque au même moment, le courant se montra beaucoup plus violent. Je compris tout de suite que, dès cet instant, il ne nous était absolument plus possible de ralentir et de freiner si on le souhaitait. À cette vitesse-là, nous nous serions brûlé les mains rien qu’en frôlant les parois. Et nous prenions encore de la vitesse. C’était pire que dans les plus terribles des manèges à sensations fortes. Nous ne pouvions plus communiquer entre nous, mais nous parvenions tout de même à entendre des bribes de conversations au-dessus de nos têtes. Par contre, le langage employé devenait de moins en moins compréhensible. Nous entendions un enchaînement de dialectes étranges, puis je reconnus quelques termes en latin, mais je n’eus même pas le temps de m’attarder là-dessus que de nouveaux sons se faisaient déjà entendre.
Au bout d’un certain temps, ce n’étaient plus des voix humaines qui parvenaient à nos oreilles, mais carrément des cris et des rugissements d’animaux, sans doute énormes. Je pensais personnellement à des dinosaures, mais je n’eus évidemment pas la possibilité d’échanger avec Gert à ce sujet. Notre vitesse décuplait encore et les bruits commencèrent à défiler à une vitesse folle. Pour finir, les sons entendus semblaient se mêler à des éruptions volcaniques. On eût dit des vociférations provenant des profondeurs de la Terre et des mers. La vitesse augmenta encore, à tel point que j’eus l’impression que mon cerveau était dépassé par le reste de mon corps. Soudain, un halo coloré nous entoura. Le tunnel avait complètement changé. Il était devenu lumineux et un arc-en-ciel nous enveloppait en défilant à grande vitesse. On ne pouvait plus savoir si c’était nous qui avancions ou le halo de lumière autour de nous. Nos corps se déplaçaient si vite qu’ils semblaient se dématérialiser.
Puis, en un rien de temps, ce fut le calme plat. Nous commencions à ralentir et à nous poser lentement à nouveau sur le sol. Le halo de lumière qui nous entourait auparavant disparut en un instant, et nous nous retrouvâmes dans la même situation qu’avant. Le tunnel était à nouveau totalement plongé dans le noir et nous, couchés au sol, tous les deux, l’un derrière l’autre, Gert devant, moi derrière.
– Oh, non par pitié, pas encore ! m’écriai-je, totalement dégoûté par la situation.
– Ben, attends. Regarde, la roche a encore changé. Elle est beaucoup moins humide. Touche.
C’était vrai. Les parois étaient étonnamment sèches au toucher. Mais cela m’importait peu. Nous étions toujours coincés dans cet horrible tunnel, et ce voyage rapide et lumineux à travers le temps nous avait donné le faux espoir d’atteindre prochainement une sortie. Je me mis presque à maudire tante Susanne et grand-père à ce moment-là, tant j’étais épuisé et en souffrance. Mon corps et ma tête, à nouveau connectés l’un avec l’autre, n’en pouvaient plus de cet odieux voyage sans fin. C’était sans compter sur ma sœur qui me lança soudainement :
– Ben, mes yeux commencent à nouveau à s’habituer à l’obscurité. Et je suis sûre de voir une faible lumière au loin. Regarde, tu la vois aussi ?
– Une lumière, tu dis ? Non, je ne vois rien, et de toute façon mes bras sont totalement détruits. Je ne ferai plus un seul mouvement pour avancer. Cette fois, c’est fini Gert. Je n’en peux plus de cette torture. Je ne sens même plus mes membres.
– Mais, Ben. Je ne plaisante pas. Regarde bien. C’est tout près. Tu n’aimerais tout de même pas mourir cent mètres avant le bout du tunnel ? Allez, courage !
– Non, vas-y sœurette. Moi, je ne bouge plus.
Étonnamment, ma sœur avança sans rien me répondre. Elle s’éloignait progressivement de moi, élément qui s’ajoutait à mon état désespéré. De mon côté, je sombrais gentiment dans un sommeil profond, un sommeil dont je pensais ne plus revenir. Malgré la situation, je remarquai quand même à quel point le sol était plus agréable au toucher. Il n’était plus recouvert de petits cailloux douloureux, mais il était au contraire très lisse, voire doux. « Tiens, Gert avait raison au sujet de la roche, elle a vraiment changé », me dis-je à ce moment-là, juste avant de m’endormir.
« Ben, Ben, tu m’entends ? Viens vite me rejoindre ! Viens ! Tu n’en croiras pas tes yeux, je te jure ! Ben ! Je ne peux pas retourner vers toi, tu te souviens ? Ben, réponds ! » C’était la voix de ma sœur, faisant écho dans le tunnel, qui provoqua mon réveil. Je relevai ma tête et jetai un bref coup d’œil devant moi. Personne. Je ne la voyais pas. Mais pourtant je l’entendais. Elle répéta plusieurs fois à peu près la même chose, et je mis du temps à me décider. Mais je finis par lui répondre avec une voix totalement cassée et difficile à faire porter au loin. J’avais certainement trop crié dans la partie toboggan de notre aventure.
– Je suis ici … articulai-je péniblement.
– Oui, ça je sais, mais viens me rejoindre ! Ben !
Je mis un certain temps à remettre mon corps endolori en mouvement. J’avais l’impression de ne plus avoir bougé depuis un millénaire, et d’être figé comme une momie. C’était très douloureux d’avancer à nouveau. Ce que je ressentais était semblable à ces matins où l’on se réveille complètement cassé après une journée trop sportive la veille. En ce qui me concernait, chaque activité physique était assez vite « trop sportive », justement. J’avais toujours détesté le sport, et à l’école, la salle de gym était le lieu favori de mes harceleurs. Ils n’aimaient pas seulement frapper dans des ballons. Ils aimaient surtout utiliser ces derniers pour me frapper moi, et j’amusais la galerie par ma maladresse. La classe tout entière riait tant que, parfois, je me mettais moi-même à sourire avec eux. Dans l’objectif de ne plus être totalement à part, je me joignais à leurs rires, même si intérieurement, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Mais eux ne voyaient rien, car ces larmes-là restaient à l’intérieur.
Le tunnel de Tante Susanne m’avait au moins apporté une chose, me dis-je à ce moment-là. J’avais grâce à lui bravé mes peurs les plus profondes et je m’étais totalement dépassé. Malgré tout, à ce stade du voyage, je sentais bien que je n’avais plus la moindre ressource. Mes bras et mes genoux étaient en sang et mon corps devait ressembler à un vieil épouvantail dévasté par le passage d’un ouragan. Mais il fallait tout de même que je rejoigne ma petite sœur. Si elle m’appelait avec autant d’insistance, c’était qu’elle avait une bonne raison de le faire. Tante Susanne nous avait bien spécifié de ne jamais nous retourner. Je ne devais donc pas m’attendre à ce qu’elle revienne en arrière pour récupérer son mollusque de frère. Après quelques mouvements péniblement rampés pour me rapprocher de ma sœur, j’aperçus ce qu’elle souhaitait me montrer.
– Gert ! appelai-je. De la lumière ! De la lumière ! Tu as vu ça ? Je te vois.
– Allez, Ben, encore un peu de courage ! On arrive au bout. Si ça se trouve, dans quelques minutes, nous serons enfin sains et saufs, et probablement en train de siroter un thé chaud et d’engloutir des petits gâteaux.
– Tante Susanne va m’entendre, maugréai-je en poursuivant mon trajet pour rejoindre ma sœur. Tu es dans un état Gert ! C’est presque effrayant à voir.
– Tu ne t’es pas vu, cher frère. D’ailleurs, si je n’étais pas entrée dans ce tunnel avec toi, je ne t’aurais pas reconnu. Et je pense que si on doit rencontrer des gens, ils risquent d’être effrayés par notre allure. Allez, il faut avancer vers la lumière maintenant. On y est presque.
– Attends-moi Gert. Attends-moi, la suppliai-je en suffoquant. Je peux voir l’heure sur ma montre. Elle indique toujours 8h52 !
Le temps semblait donc s’être véritablement immobilisé depuis notre départ. Nous fîmes cette constatation tout en poursuivant notre avancée.
Et là, soudainement, face à nous, une bifurcation ! Le couloir se séparait en deux tunnels différents. L’un partait vers la gauche et n’émettait aucune lumière. L’autre, celui de droite, était celui d’où venait la lumière. Sans aucune hésitation, on se dirigea tous les deux, évidemment, vers cette source d’espoir. Mais juste avant de nous engager dans le tunnel lumineux, je pus apercevoir au centre de la bifurcation, deux symboles gravés dans la roche. Nous n’avions plus la lampe de poche du téléphone de ma sœur, mais nous avions par contre juste assez de lumière pour distinguer les deux symboles. Celui de gauche ressemblait à un cadran de montre, surmonté d’une flèche indiquant la gauche. Celui de droite avait l’allure d’un éclair. C’était la foudre. Il était également surmonté d’une flèche, mais indiquant la droite. Il n’y avait aucun doute possible. On se regarda un instant, avant de comprendre qu’il fallait nous séparer à cet endroit. Nous n’avions pas le choix, car ces deux symboles étaient la preuve que tout ce que tante Susanne nous avait raconté était bien vrai. Les deux gravures dans la roche représentaient chacune des deux Légions que nous devions rejoindre. Les paroles de tante Susanne résonnèrent alors en moi : « Ben, tu rejoindras la Légion du Temps. Quant à toi Gert, tu intégreras la Légion Foudroyante. Faites bien attention à vous rendre dans celle qui vous correspond. Le chemin pour y arriver vous semblera long et décourageant la première fois. Mais vous devez faire vos preuves et vous montrer dignes de votre destinée. »
Je pris conscience en cet instant, que si j’avais cru quelques secondes plus tôt que cette terrible aventure touchait presque à sa fin, je m’étais totalement trompé. L’espoir de voir enfin s’achever cet affreux voyage était revenu pour s’envoler à nouveau à la vue du tunnel sombre qui m’attendait, moi seul, cette fois. Je n’osai pourtant pas évoquer mes craintes devant ma sœur. Mais tante Susanne avait insisté sur l’importance de nous rendre sur la Légion qui nous était attribuée. Je devais donc suivre le cadran de montre indiquant la Légion du Temps.
– Alors, c’est ici qu’on doit se séparer Gert, lui dis-je gravement, comme pour accepter courageusement cette fatalité, alors que j’étais mort de trouille à l’idée de me retrouver seul.
– Oui, je crois, me répondit-elle en observant avec inquiétude l’entrée noire du tunnel qui m’attendait. Ben, je ne sais pas ce qui nous arrive, tout cela dépasse tellement la réalité qu’on a connue jusqu’à maintenant. Mais je veux continuer à croire que quelque chose de bien nous attend tous les deux et qu’on se retrouvera bientôt. Je …je ne peux pas m’imaginer continuer sans toi, mais dis-moi qu’on se reverra, s’il te plaît, parce que je ne sais même plus quoi espérer, et j’ai si peur d’affronter la suite seule, je suis si fatiguée, Ben, j’ai peur. J’aimerais tellement que tout ça ne soit qu’un simple cauchemar. J’aimerais me réveiller dans mon lit, au chaud, et avoir maman assise à côté de moi en train de passer sa main dans mes cheveux.
Ma sœur venait de dire tout haut ce que je pensais tout bas, et je crois encore aujourd’hui que c’était ce genre de détails qui la rendaient plus courageuse que moi. Elle affrontait ses peurs et savait les partager avec les autres, alors que moi, je conservais toutes mes angoisses et toutes mes larmes à l’intérieur. J’avais l’habitude de souffrir en silence. Mais le simple fait qu’elle évoque nos craintes à voix haute m’avait donné le courage d’affronter ce qui m’attendait.
Après une longue étreinte, on se sépara. J’empruntai mon sombre tunnel et Gert attendit le moment où je disparus pour partir dans l’autre direction, celle qui menait vers la lumière. Je ne pus m’empêcher de lui crier au loin :
– Si jamais on ne se revoit plus, tu as mes jeans en souvenir de moi !
– Et toi tu as les miens ! À bientôt grand frère !
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