Une joyeuse nouvelle qui sent bon la cuisine, les herbes, qui parle de couleurs, de fleurs et d'endroits bien réels. Il peut donner envie de  se promener en Belgique ou en zone de trois frontières : L'Allemagne, les Pays-bas et la Belgique.
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Dès l’enfance, ma soupe préférée fut la soupe à l’oignon.

Que cette plante potagère à bulbe, de la famille des liliacées, puisse à la fois ravir le palais de gens de toutes races et faire pleurer des millions de gens sans tuer un seul humain a quelque chose de magique..Aucune guerre de l’oignon, aucune revendication musclée, il reste pacifique, pour toutes les bourses, pour toutes les cultures,….pour beaucoup de sols.

 

De plus, dans toutes les couleurs , les oignons sont bons à manger: les jaunes, les blancs , les roses ou rosés mais les rouges restent mes préférés. Je ne suis pas adorateur de l’oignon, (il existe une secte), mais il récolte mon respect.

Enfin, comme un curateur est le porte-parole d’ expositions, l’oignon est le porte-odeur du hamburger et j’aime les hamburgers bien préparés et odorants .

 

Il a même une chanson, l’oignon et bien évidement,une sorte de musée, en France : la Maison des Johnnies et de l’Oignon de Roscoff.

L’auteur chilien Pablo NERUBA lui a dédié une ode « Ode à un oignon – Pablo Neruda et sa muse » , qui est une fiction avec une dimension documentaire.

 

Certaines variétés ont eu un appellation protégée, en France, en Espagne et aussi en Italie. Plus de 1000 variétés d’oignons (ou échalions) sont inscrites au Catalogue européen des espèces et variétés .

 

Par sa croissance et sa reproduction à la verticale, il symbolise aussi la résurrection solaire.Il était sacré en Égypte mais tant de choses étaient sacrées en Égypte, comme, avec raison, les chats. Chez les Ouzbeks des plateaux du Turkestan, on prêtait serment sur un oignon.

 

Il a aussi des usages médicaux: il est stimulant, diurétique, expectorant, vermifuge et rubéfiant ; pris modérément, il accroît l’appétit et facilite la digestion.

 

Il a aussi ses légendes et mythes : par exemple à Liège :pour faire souffrir un amant volage, on mettait dans la cheminée un oignon percé de treize épingles, et on allumait une chandelle dans laquelle on avait enfoncé un pareil nombre. La personne visée aurait dépéri au fur et à mesure que l’oignon se desséchait ou que la chandelle brûlait. Aussi dans le Morbihan,…et d’autres régions en France.

En Allemagne (Bas-Rhin) il était plutôt employé comme outil de divination : cela aurait permis de connaître le temps qu’il allait faire au cours des douze mois de l’année à venir. La veille de Noël, il fallait couper en deux six oignons, puis creuser chacun de façon à obtenir douze petites coupelles que l’on alignait sur un meuble. On devait ensuite donner à chaque oignon le nom d’un mois (janvier le premier ; février le deuxième, ainsi de suite jusqu’à décembre). Tandis que l’on nommait les oignons, on déposait dans le creux de chacun d’eux une pincée de gros sel. Huit jours plus tard, ceux dans lequel le sel était resté intact indiquaient que les mois auxquels ils correspondaient resteraient secs. A l’inverse, ceux dans lesquels le sel avait fondu annonçaient que ces mois seraient pluvieux.

Sur le plan spirituel, surtout en Afrique, il formait un outil de protection, de purification et de révélation. Intégré dans des rituels simples ou plus profonds, il pourrait aider à équilibrer les énergies et à mieux connecter l’homme à sa spiritualité.

 

Dans l’internat de Gemmenich, tenu par quelques pères (et frères) religieux de l’ordre missionnaire des Oblats, la soupe à l’oignon était fréquente et c’était tant mieux (pour moi! Et ma digestion) . Ils provenaient des jardins potagers internes.

Sur les 6 ans que j’y ai passé , j’ai du planter une bonne centaine d’oignons dans le parc qui entourait l’institut, plus pour l ‘espoir d’une ombrelle de fleurs que pour l’idée de manger mon oignon. Mes connaissances botaniques étant nulles, une seule boule/ombrelle colorée a résulté de mes efforts. J’ai pris une photo.

 

Le parc entourant l’internat était peu varié mais grâce à l’ancien vélo de mon ami d’enfance Günter(emprunté et jamais rendu), j’ai étendu mon horizon. Il habitait la rue qui longe le calvaire proche de Moresnet, et , grâce à lui, je me suis rabattu sur ce havre de paix et de diversité.A 10 minutes à peine de l’école à vélo :-). Un paradis discret bien fleuri.

 

Il était public et donc accessible mais pas à toute heure. Pendant ma période de collectionnite aiguë ,principalement de clefs, je me promenais avec un trousseau de clefs pour les essayer discrètement sur toutes les serrures. Je me suis arrêté au nombre magique de 34 clefs, 34 étant le nombre (sacré) de l’amour, de la spiritualité et de bien d’autres mystères créés par l’esprit fertile humain.(certains diraient tordu?)(34 = aussi un nombre semi-premier produit de deux nombres premiers distincts, …)

 

 

 

La seule clef que j’ai gardée précieusement, car la seule qui ouvrit jamais une vraie porte, bien réelle, fut celle trouvée sur le pas de sa porte par mon ami moresnetois. Elle ouvrait une porte discrète, réservée au personnel de jardinage du parc. Des religieux? OUI, au départ!

 

 

 

Jadis créé et géré par des frères Franciscains allemands , ce calvaire est désormais géré par une ASBL et a le mérite d’avoir été doté de 68 000 espèces de plantes différentes. (achetées à Orléans, bizarrement). En 2026, il en resterait 60 000 donc diversité assurée.

 

Moi, ce qui me séduisait, était, en période florale, surtout de jouir des odeurs et des couleurs et des sentiers interdits. Je jouais à cache-cache avec les jardiniers mais eux ne jouaient pas , ils devaient râler de voir un sale gamin qui piétinait leurs précieuses plantations…Je les ai observés, bien caché ou croyant naïvement être bien caché…

 

Comme étudiant, mon cours favori fut le cours d’esthétique (disparu comme tant de choses éphémères) . Divers enseignants de ce cours fourre-tout défilèrent et ma préférée fut Anne, une remplaçante qui parvint à nous initier à la vidéo et à l’écriture.

J’ai encore le cahier de brouillon (sur papier bon marché, encore une chose disparue) sur lequel j’ai pondu le texte dont je reste fier, le voici:

 

sur 20 minutes écrire une histoire avec 5 mots imposés soit : accident/libération/mur/saule/pelle. (20 ‘)

 

Un peu perdu, je regarde, avec ma pelle en main, le jeune saule, en pot, que je dois planter. Je me rappelle avoir longuement observé les jardiniers du calvaire fleuri de Moresnet.

Mais je n’ai rien appris, j’ai juste admiré leur travail et le résultat évolutif annuel. Je fus et suis toujours surtout fasciné par les odeurs et les couleurs des créations florales renouvelées.(sur, dans et autour des stations de prières en forme de grottes) 

Mais assez regardé, au boulot ! Au pied du mur, le jardinier très amateur !

Le temps de créer quelques cloches (pardon=belgicisme pour ampoules) aux mains et de la transpiration saine et joie … sans accident. Le saule pleureur est planté. Ma pelle et moi avons travaillé en bonne équipe.Quelle libération/jubilation 🙂

C’est amusant de penser qu’il sera encore là quand le jardinier d’un jour sera, lui, sous terre ou en pot. A chacun son tour!

Un jour que je suivis mon infatigable ami cycliste-amateur Günter jusqu’au gigantesque site de la jadis gare de triage ferroviaire de Montzen (également appelée gare de formation en Belgique), condamnée à mort selon les écolos de l’époque et à la restructuration selon certains opportunistes, j’avais les yeux rouges, de par une corvée matinale d’épluchage d’oignons rouges.

Une gamine me vit , figé, devant une belle affiche qui condamnait la fin de ce site, site qui , selon cette affiche, procurait du travail à la région. Naïvement,elle crut que je pleurais parce que touché par le message triste de cette affiche. En fait, les affiches sont un besoin de collection personnelle qui n’a jamais guéri donc maladie permanente. Elle me fascinent. Il doit sûrement exister divers musées d’affiches en Europe mais je refuse d’y rentrer de peur d’acheter des affiches non affichables par manque de place. (ou choquantes pour des raisons très diverses!) ….J’ai même , jadis, couvert le plafond d’une pièce de posters, par manque de place. Cela n’a pas plu!

A noter qu’une idée glorieuse pour ce site serait d’y établir le site du hub pour le télescope européen “Einstein”, un projet très transfrontalier, qui donnerait à nouveau un avenir aux travailleurs de la région. Une grande partie serait souterraine, donc n’abîmerait pas le paysage. Une idée à creuser?

 

Ce fut ce jour que je fis là une chose qui changea ma vie, je pris un saule condamné (sans savoir que c’était un saule d’ailleurs) qui poussait , en tout liberté , dans une fissure d’un mur qui allait disparaître.

 

Les mains pleines de terre et avec le saule (et sa motte de racines) mis en équilibre instable sur le vélo, je suis retourné d’abord au collège puis au calvaire, avec une petite pelle empruntée (et rendue ensuite !) .

 

Là, je l’ai planté dans un coin discret, loin du parcours officiel des visiteurs (surtout pèlerins) . ( parcours qui fait un bon kilomètre)

On peut retenir que ce calvaire, très touristique, est un arrêt sur une route allemande des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle (venant de Cologne et Aix-la-Chapelle en direction de Liège) et les 14 stations sont des grottes construites de pierres laviques de la région.

Ce n’est qu’après, non sans mal, car internet n’existait pas encore, que je pus trouver que c’était un saule (sans doute pleureur) et vu ma journée spéciale de sa découverte et mes yeux rouges, je l’ai appelé Pleuré Rouge. Mon respect méritait bien un prénom et un nom.

Le nom latin du saule (introduit en Europe en 1692) vaut pourtant la peine aussi. Son nom latin  (Salix) Babylonica, lui a été donné par Linné d’après la légende selon laquelle il aurait abrité les pleurs des Juifs captifs à Babylone. Pour la petite histoire, Alfred de Musset demanda qu’on plantât un Saule près de sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise (Paris), mais il faut le changer tous les 4 ans, car le sol est inadéquat.Ce saule condamné pleure donc pour une rivière inexistante.

Je ne suis pas devenu botaniste, ni de métier ni comme hobby mais c’est grâce à Pleuré Rouge que je me suis intéressé aux plantes et surtout fleurs qui l’entouraient.

Mètre par mètre j’ai étendu ma culture botanique, toujours modeste et plutôt chaotique.

Quel hasard, ma famille préférée de plantes reste la famille cosmopolite des liliacées dont j’aime les lis (Lilium), les tulipes (Tulipa), les fritillaires (Fritilla) et par extension, aussi les jacinthes, les asperges (miam), les Roscoea, et encore les Alstromères.

Quand à mes chers oignons, j’ai enfin pu voir leurs ombrelles de fleurs dans toutes leur splendeur, en images et en globes floraux bien réels dans plusieurs pays.

Ais-je pu voir mon saule ,surnommé Pleuré (ou après coup Perdu) devenir un arbre? Non, car les jardiniers l’ont déplanté et j’ai beau eu chercher et chercher encore, je ne l’ai jamais retrouvé sur ce site , qui fait quand même 2,5 hectares.

Mais comme le vélo, il a étendu ma zone de curiosité, de découverte. MERCI!

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