Créé le: 19.03.2013
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Le peuple de l’ombre

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© 2013-2021 Serge Bach

Bonjour, Le peuple de l’ombre - un texte  en parallèle à la Journée de la femme.
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Le peuple de l’ombre – 1

Le peuple de l’ombre

Si l’homme ne ressent pas qu’il est né d’une femme,

Qu’il s’est construit avec soin cellule par cellule,

De longues minutes, qui ont duré finalement des mois.

L’homme est ici aujourd’hui grâce à cette femme.

Elle lui a donné la vie dans l’enceinte de son corps.

Mais, iI veut croire que la femme est son pire ennemi.

Il veut croire qu’elle ne veut que sa ruine.

Il peut penser qu’elle est la cause de tout malheur sur Terre.

Alors, s’il se regarde, là, maintenant, tel qu’il est,

Il devrait penser qu’il ne serait rien sans la femme.

Vraiment, rien, aucune apparence humaine possible.

Il ne serait qu’un concept vague d’une vie qui se développera peut-être en d’autres temps.

 

Le peuple de l’ombre – 2

En vérité, il reste aveugle à qui il est.

Il ne voit pas d’où il vient, il sait encore moins où il va.

Reniant la source de vie en niant l’humanité des femmes,

Il ne fait que détruire tout futur,

En anéantissant tout espoir d’un chemin ouvert à la vie.

L’homme se croit superbe, à l’égal d’un dieu.

Comme toute divinité, il veut autour de lui des vierges, toutes plus chastes les unes que les autres.

Pour lui, un harem de chastes vierges sera parfait. Un idéal.

Il y voit sa suprématie sans limite ainsi que sa toute puissance.

Mais pourquoi Dieu n’aurait-il pas aussi créer la femme à son image ?

Dieu semble le seul à le savoir en vérité…

Pourquoi ? La femme est beaucoup plus proche de la vie que l’homme.

Elle ne transige pas avec la réalité des cycles de vie.

 

Le peuple de l’ombre – 3

L’homme, quand il pense à la femme, ne voit en elle que son ennemi juré, son ennemi éternel.

Il ne raisonne alors que par pulsions irrationnelles voulant détruire, contrôler, amener à l’obéissance, rendre servile.

Il invente toute sorte de façon d’arriver à ses buts, mu par son impulsion à réduire à néant son pire ennemi.

Cette destruction peut être ouverte, cachée, mais elle est bien réelle.

Il veut arrêter tout mouvement, il veut soumettre l’ennemi à sa loi.

Il se déguise en “dieu tout puissant”, en pratiquant l’infibulation, l’excision ou autres opérations mutilantes.

Il s’assure surtout que cette femme restera chaste, mal gré plutôt que bon gré.

Ici, une ceinture en sera le gardien.

Là, une morale de plomb dictera la loi “divine”.

 

Le peuple de l’ombre – 4

Mais si cela devient par trop visible, l’homme pratique la dégradation.

Obtenir que la femme soit complètement dévouée à son service.

Il semble adorer le jeu de réduire la volonté de toutes femmes à rien.

Ainsi, il n’hésite pas à immobiliser son corps,

Il l’empêche de parler, il la muselle, telle une esclave.

L’homme peut aussi décréter que la forme parfaite pour le corps de la femme est proche de l’anorexie.

Ou bien que sa poitrine, ses fesses doivent s’inspirer de certains mammifères ruminants.

Pour cacher son impulsion réelle à détruire, il colore ses actions avec un vernis érotique.

Il invente des vêtements qui rendent les mouvements douloureux ou complètement mal aisés.

L’empêcher de courir pourrait en être une illustration.

Il invente l’idée de “petits pieds” qui sont, d’après lui, le summum de la beauté.

Une autre voie s’offre à lui, en prenant un docte point de vue médical.

Pendant un temps, l’homme médecin pensait que l’hystérie, réservée en majorité aux femmes,

Résultait “d’un déplacement de l’utérus dans le corps de ladite femme”…

 

Le peuple de l’ombre – 5

Dans un autre contexte, la religion lui sert de prétexte à renier une fois de plus la femme.

Certaines d’entre elles ne reconnaissent pas à la femme le droit de célébrer des offices religieux.

L’impureté de la femme, un concept mis en exergue, par l’homme et uniquement par lui.

Impureté, virginité, chasteté…

L’homme veut être certain de “devenir le propriétaire d’un champ génital vierge”, selon son bon plaisir.

Un champ génital vierge, sous-entendu la femme telle qu’elle doit être.

Avant que de devenir la propriété d’un mâle.

Il peut travestir toute femme se trouvant sur son passage en zombie uniforme, indifférencié, sans âme.

“Tu ne montreras aucune partie de ton corps à quiconque sauf à moi”.

“Tu ne parleras pas et surtout jamais à d’autres, sans mon consentement”.

“Tu n’exprimeras pas de pensées personnelles. Jamais !”

 

Le peuple de l’ombre – 6

L’homme croit que là se trouve sa solution. Perpétuer et régir le peuple de l’ombre.

Les femmes n’existent plus – un peuple d’ombres est juste toléré.

Elles ne sont pas vraiment des êtres, simplement une sorte de corps,

Uniquement là que pour servir son maître.

Et si d’aucune regarde un tant soit peu un autre homme,

Cela ressort immédiatement comme un crime terrible.

Un crime de lèse Majesté !

Cette femme pourrait vouloir parler avec un être du sexe opposé.

Le sexe opposé, qui s’oppose, non, juste l’autre sexe, pourtant.

Plutôt une dualité qui s’unit en un tout, comme l’eau et la lumière.

L’homme se croit l’être le plus en apesanteur possible.

Il est certain qu’il peut initier n’importe quel mouvement,

Que tout est à créer, que lui seul peut le faire.

Mais, qu’en est-il de sa rationalité ?

 

Le peuple de l’ombre – 7

Non, il est résolument aveugle à qui il est.

Il est aveugle au fait qu’il est là pour aider, soutenir.

Que ses actions ont pour but la survie de tous les êtres.

Que la femme fait partie de son futur.

Cette femme, peut-être, portera puis donnera vie à ses enfants.

Ses enfants, les siens.

Il sera père via une femme.

Alors, il peut ironiser, laisser l’insémination à tout ce qu’elle a d’artificielle.

Il peut dire que deux hommes forment un couple plus fort que la mort.

Il peut croire qu’il a suffisamment d’amour pour se substituer à l’épouse.

Il peut vouloir jouer la mère, alors qu’il n’arrive pas à jouer l’homme.

La vérité n’est pas un mensonge, mais un mensonge n’est pas vérité.

Si l’on veut échanger l’un pour l’autre, il n’y aura aucune sanité au bout du voyage.

 

Le peuple de l’ombre – 8

Si l’homme ne respecte pas la femme, il ne se respectera pas en tant qu’homme non plus.

Les droits de l’homme sont ceux de chaque être humain, qu’il soit homme, femme ou enfant.

Qu’il soit jeune, vieux, de telle couleur de peau ou telle religion.

L’homme peut trouver le chemin vers la liberté, mais s’il s’y rend seul, il se sera perdu.

Etre libre seul, c’est comme être perdu en mer.

L’immensité de l’espace ne fait pas de vous un unique être libre.

L’homme esclave de son aveuglement.

Qu’il regarde les étoiles, qu’il se rende compte qu’il est attendu.

L’amour, l’affinité, le partage, la liberté l’attendent !

La vie l’attend !

Serge Bach © 2012

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