Créé le: 04.05.2017
2869 0
Le mystère de Pâques

Fiction, Nouvelle, Polar

a a a

© 2017-2022 Starben CASE

L'inspectrice Sabine Jeannot terminait enfin le rapport qui allait changer sa vie
Reprendre la lecture

Le mystère de Pâques

Il était près de 23h30. L’inspectrice Sabine Jeannot terminait enfin son rapport sur ce fameux week-end de Pâques au cours duquel eu lieu la disparition. Malgré les nombreux témoins, les versions se contredisaient et son équipe avait eu toutes les peines du monde reconstituer le puzzle. Mais le mystère restait entier et rien n’expliquait la disparition des trois oeufs de la fameuse collection Martel.

 

Le commissaire Alèze De Monmerlan, son supérieur, l’attendait au contour. Elle le savait. Tout allait si bien dans sa carrière jusqu’à l’arrivée de ce jeune blanc-bec d’Olivier Castell, qui roucoulait comme un jeune premier, mais qui cachait bien ses dents de prédateurs. Elle ne connaissait pas la relation qu existait entre les deux hommes, mais elle avait senti le vent tourner dès le moment où Castell avait rejoint l’équipe. Il avait joué des muscles, du charme… ah ça! Pour mettre tout le monde dans sa poche, il savait bien y faire. Tandis que Sabine, elle faisait son boulot et c’est tout.

 

Cette affaire de vol, sans voleur, sans traces, sans alarme… ça sentait l’arnaque! Au début, tout le monde y avait mis du zèle pour impressionner De Montmerlan, mais plus le temps passait, plus les pistes se brouillaient et Castell y était pour quelque chose.

Son portable sonna .

– Allô, Jeannot, Commissariat du quartier de la Scie.

– Bonsoir Sabine! Mais vous travaillez encore!?

Sabine reconnut la voix de Castell, qu’elle n’appelait jamais Olivier…

– Je termine mon rapport, mais… y a-t-il une urgence?

– Non ma grande, mais je voulais juste voir si tout allait bien, car vous avez l’air épuisée ces temps.

Elle pouvait bien être épuisée, il avait tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues, ce salaud!

– Ecoutez, Castell, il est tard et si vous n’avez rien de spécial à me dire, j’aimerai bien terminer et rentrer me coucher.

– Vous voyez! Vous êtes encore sur les dents ! Détendez-vous, je m’inquiétais pour vous, c’est tout. Et entre collègues, franchement, il faut s’épauler.

– Je ne comprends pas… pourquoi vous me dites ça?

– Ben, parce que tout le monde est au courant que cette affaire a un peu cafouillé et que l’enquête n’a pas abouti à grand-chose. Mais ne vous inquiétez-pas, quoi qu’il arrive, vous pouvez compter sur mon soutien.

Sabine était de plus en plus mal à l’aise et se demandait quel piège se cachait encore derrière les paroles mielleuses de Castell.

– Bon, je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à demain

– … Et elle interrompit la conversation, qui n’en était pas une.

Sa décision était prise, cette affaire avait trop duré et le moment était venu de terminer le rapport. Punkt schluss.

Elle se remit devant l’écran de ses tourments et rédigea:

” Tenant compte de toutes les recherches et des témoignages, une hypothèse a été retenue qui permet de conclure, dans un premier temps, l’enquête dite du ” Mystère de Pâques”. Trois oeufs manquaient à la collection Martel, qui en comptait trente-trois. Les seules personnes sur les lieux au moment du vol étaient les trois gardiens en faction ce jour là. Trois oeufs, trois gardiens. Depuis lors, l’un des trois a pris sa retraite, l’autre s’est mit à son compte dans la surveillance de plantes rares et le troisième s’est exilé en Syrie. Conclusion: chacun a commencé une nouvelle vie et il est fort à parier que ces trois personnages ont eu à ce moment là, une opportunité, que leur donnait la vente de ces objets recherchés.”

 

Sabine sourit. Elle cherchait des coupables pour terminer son rapport. D’autres cherchaient des oeufs rares pour changer de vie. Qui avait raison?

 

Elle enregistra son rapport, l’envoya par messagerie à Castell en lui laissant le soin de transmettre à qui de droit. Dans le post scriptum, elle précisa qu’elle prenait un mois de vacances pour observer les oiseaux migrateurs en Bretagne.

 

Pour certaines choses, elle pouvait faire confiance à Castell: il saurait utiliser son travail et son absence pour son propre avancement.

Commentaires (0)

Cette histoire ne comporte aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies afin de vous offrir une expérience optimale de navigation. En continuant de visiter ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.

J’ai comprisEn savoir plus