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Des jumeaux aux pouvoirs télépathiques insolites ; leurs anges gardiens, alliés attentifs et solidaires ; un maléfice tombé sur Terre dans la nuit ; la disparition imminente de toute vie. Le scénario est posé. Le quartet s'organise pour activer l'antidote. Mais le temps disponible est compté.
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Dans l’aube incertaine de ce dimanche matin, Mike et Mikaela s’étonnaient de s’être réveillés si tôt. Pas d’école aujourd’hui : le réveil ne sonnerait pas pour les sortir du lit.

Un immense et étrange silence remplissait la chambre et la maison toute entière. Appuyés côte à côte à la fenêtre de leur chambre, ils observaient incrédules un extérieur qu’ils peinaient à reconnaître. Tout était couleur cendres ; un voile de tulle gris recouvrait les pots de fleurs du balcon; dans le parc, au bas de l’immeuble, des monticules informes et gluants remplaçaient les arbres qui, hier encore, étaient pleins d’oiseaux. Tout autour c’était pareil : plus un seul brin d’herbe, que de la poussière, une sorte de poudre inerte et impalpable, plus aucune couleur, plus aucun parfum.

 

Le frère et la sœur se regardèrent : de toute évidence le maléfice annoncé était tombé sur la ville et peut-être sur la planète toute entière. Aux fenêtres de l’immeuble d’en face, des dizaines de visages s’interrogeaient, inquiets et apeurés. Que faire ? Etait-ce le moment d’agir ? mais comment ?

 

Depuis toujours les jumeaux communiquaient simplement par la pensée, à toute vitesse, instantanément : qui pourrait les aider ? Là, en face, assis en tailleur au bord du toit, leurs deux anges gardiens et complices, se consultaient : les signes du désastre ne laissaient aucun doute possible. Le moment était venu d’apporter aux enfants le secours de leurs pouvoirs. Il fallait se tenir prêts.

 

Encore fallait-il que Mike et Mikaela imaginent une astuce pour quitter l’appartement sans réveiller leurs parents : ils auraient posé trop de questions – ça aurait fait perdre un temps précieux. Mais ils avaient promis de leur apporter le plateau du petit déjeuner au lit! Ce clin d’œil complice du dimanche matin était donc compromis ; à moins de programmer la machine à café, en laissant la porte de la cuisine ouverte : le parfum embaumerait à l’heure convenue tout l’appartement.

 

Ekim et Aleakim n’attendaient qu’un signe des enfants pour déplier leurs ailes, bien rangées et cachées sous leurs omoplates : un battement de cils leur suffit.

Rendez-vous en bas, là où se dressait jusqu’à hier soir le grand marronnier. Ni vus ni connus, les anges se laissèrent glisser comme des gouttes d’eau le long de la colonne de ventilation. Les jumeaux prirent l’ascenseur pour les rejoindre. La souche du grand marronnier n’était plus qu’un moignon repoussant d’écorces et de sèves gluantes et collantes : ce qui restait de l’arbre dégoulinait encore de larmes grises répugnantes, qui s’écoulaient dans la poussière. Que s’était-il donc passé depuis la veille et pendant la nuit?

 

Les quatre se mirent à échanger les questions, les hypothèses, les pistes possibles. Le jour d’avant était un jour particulier : le 29 février. Tous les quatre ans, l’année entière s’augmentait de ce jour supplémentaire : le fait qu’il tombait cette fois sur un samedi avait rajouté jeux, concours et festivités, apéros, musiques et danses diverses pour les grands. Un jour de vie en plus se voulait joyeux. Mikaela comptait mentalement pour donner une identité arithmétique à cette journée:

365 x 4 = 1460 + 1 = 1461. Ce chiffre contenait peut-être un message secret ?

Ce mode de calcul restait cependant abstrait ; en respectant le déroulement des jours du calendrier des 4 années successives, la formule pouvait se poser différemment :

365 x 3 = 1095 + 31 (mois de janvier) + 28 (mois de février) = 1154 + 1 = 1155.

Double 1 et double 5 : mystère insondable des chiffres.

 

Des esprits chagrins avaient tout de même tenté de gâcher cette insouciance en prédisant quelque malheur embusqué : mais où ? Rien d’inquiétant n’était apparu, dissimulé dans les buissons ou les allées du quartier. Une « chasse au malheur » avait bien démarré autour du bassin de la fontaine, mais très vite tous les enfants s’étaient lassés : le jeu n’était ni amusant, ni sérieux ; il y en avait tant d’autres, plus excitants et passionnants.

Le frère et la soeur repensaient à tout cela en observant le spectacle inquiétant qui s’offrait à eux ce matin. De toute évidence quelque chose leur avait échappé.

 

Ekim et Aleakim expliquèrent aux enfants l’origine du désastre. Les « Invisibles malfaisants » disposaient d’outils électromagnétiques très puissants, leur permettant de capter le contenu des pensées de tous les êtres humains; grâce à des filtres particuliers, ils en avaient extrait toutes les pensées négatives et destructrices et les avaient condensées en une substance qu’ils pouvaient répandre à loisir, à un moment imprévisible, comme par exemple ce samedi 29 février. Ils agissaient pendant la nuit noire, pour échapper à tout observateur.

 

Grâce à leurs ailes, qu’ils pouvaient actionner comme des antennes radar, et à leur perspicacité, les deux anges avaient réussi à casser le code numérique des messages cryptés des « Invisibles malfaisants » et à comprendre leur mode opératoire : après avoir matérialisé et concentré toutes les mauvaises pensées du genre humain, ces êtres redoutables les avaient compactées en une matière toxique hyperdense. Dispersée dans la nuit par les vents autour de la Terre, la substance obtenue avait étouffé et réduit en cendres tous les végétaux de la planète, sans exception. À terme, l’oxygène diminuerait progressivement et finirait par disparaître de l’atmosphère, condamnant à mort tous les autres êtres vivants.

 

L’humanité aurait juste le temps de réaliser et de comprendre l’ampleur et les conséquences de son ignorance et de sa méchanceté: mais elle n’aurait pas le temps de réagir, car la disparition de la végétation allait entraîner très rapidement son asphyxie.

Mike et Mikaela étaient sidérés : il restait donc si peu de temps à disposition ?!               Ils allaient tout faire pour tenter l’improbable sauvetage.

 

En effet il existait un antidote : la « pensée bienveillante » que très peu d’êtres humains savaient pratiquer. Ces êtres rarissimes étaient au nombre de 29, éparpillés aux quatre coins de la planète ; ils ne se connaissaient pas et vivaient totalement isolés les uns des autres dans des endroits inconnus et inaccessibles. Les enfants furent surpris par la coïncidence étonnante avec le chiffre du jour précédent : mais ce n’était pas le moment d’échafauder des rêveries et des explications hasardeuses.

 

Il n’y avait pas une seconde à perdre : Mike et Mikaela espéraient que leur capacité  à « penser instantanément » pourrait être mise à profit pour alerter tous les « penseurs bienveillants » capables de pratiquer l’antidote. Jamais encore les enfants n’avaient tenté de contacter en même temps autant de personnes ! L’enjeu était de taille, mais aucune hésitation n’était possible : il fallait tenter. Les anges Ekim et Aleakim les encouragèrent dans cette entreprise audacieuse ; ils se déclarèrent prêts à aller eux-mêmes prélever sur place les 29 penseurs, dans leurs habitats reculés, à les transporter sur leurs ailes jusqu’au lieu choisi et à les réunir tous ensemble au même endroit pour contrer le maléfice : c’était la condition incontournable pour que l’antidote soit efficace.

 

L’endroit de cette réunion devait rester absolument secret, faute de quoi les « Invisibles malfaisants » auraient débarqué avec leurs vaisseaux supersoniques et se seraient fait un plaisir de massacrer les « penseurs bienveillants » avec leurs rayons-laser.

 

Mike et Mikaela concentrèrent leurs pensées et entreprirent de les projeter en mode synchronisé tout autour de la planète. Le résultat était plus concluant lorsqu’ils se regardaient droit dans les yeux : comme saisis par un aimant de haute intensité, leurs regards bleus se soudaient avec une puissance inégalée. Pour tromper les écoutes des        « Invisibles malfaisants » les jumeaux optèrent pour une fréquence insolite et inattendue, celle du chant des rossignols ; les « bip bip » réglés sur cette longueur d’onde signalaient les lieux où un « bienveillant » était assis en céleste méditation. En une nanoseconde, leurs pensées instantanées eurent vite fait de les localiser, les informer, demander et obtenir leur accord et signaler à chacun d’entre eux le prochain passage de l’ange-taxi. Ekim et Aleakim se répartirent les zones géographiques : des itinéraires efficaces de prélèvement des « penseurs bienveillants » se dessinèrent et se croisèrent sur la carte du monde, en tenant compte de la direction des vents dominants pour réduire au strict minimum le nombre de déplacements et la durée des vols.

 

Le choix du lieu de réunion s’avéra ardu et délicat. Il devait être insolite et inattendu, si possible tout à fait déroutant pour les « Invisibles malfaisants ». Une première option pour l’île minuscule d’Heron Island, dans la Grande Barrière de Corail, fut rapidement abandonnée : beaucoup trop d’oiseaux nichaient dans les palmiers, à tel point que leurs cris incessants et stridents perturbaient la synchronisation des fréquences. Il fallait aller ailleurs, là où les « Invisibles malfaisants » auraient peur de s’aventurer, par exemple à cause du vent glacial qui désactivait toutes les connections informatiques. Le dernier camp de base sur la route de l’Everest, abandonné depuis le dernier séisme meurtrier du 25 avril 2015, ferait l’affaire.

 

Les « penseurs bienveillants » se préparèrent en temps record et chacun à sa manière, en prévision du rendez-vous avec l’ange-taxi : les plus prévoyants avaient sorti chaussettes, baskets, pullovers et coupe-vents, d’autres avaient enfilé un bonnet et s’étaient enroulés dans une écharpe. Le 29ème transportait même un sac de couchage et une petite luge ! Ils s’accrochèrent à tour de rôle aux ailes des deux anges : certains devaient fermer les yeux pendant le voyage, car ils souffraient de terribles vertiges ; d’autres avaient très peur de l’obscurité, car il fallait voler de nuit depuis les endroits les plus éloignés. On fit voyager le 29ème et dernier seul, lui sur une aile, ses bagages sur l’autre.

 

Ils se rencontraient tous pour la première fois ; et pourtant, à peine atterris dans les décombres du camp de base des alpinistes du Toit du Monde, ils s’étaient compris au premier regard échangé, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Ils se sentaient comme une équipe prête à affronter toutes les difficultés, soudée par une mission insolite et dramatique.

Le temps était compté : l’oxygène commençait à manquer dramatiquement dans les couches basses de l’atmosphère.

 

Les habitants de la planète, en détresse respiratoire, cherchaient désespérément à monter vers les lieux les plus élevés possibles, en croyant y poursuivre l’oxygène qui se raréfiait : ils montaient sur les toits des maisons, des églises, sur les pointes des clochers et sur les plateformes des plus hauts buildings des métropoles ; des grappes humaines s’étaient agglutinées de bas en haut de la Tour Eiffel ; déjà les derniers arrivés sur les quatre piliers de la Tour, à hauteur du premier étage, tombaient sans forces au sol, asphyxiés par l’effort, morts. On ne comptait plus les grues de chantier déséquilibrées par le nombre de personnes qui tentaient d’y grimper, et dramatiquement effondrées.

 

L’urgence devenait de plus en plus angoissante : le premier exercice des « penseurs bienveillants » devait réussir du premier coup. Insouciants de la neige, du vent et du froid, ils s’installèrent et concentrèrent leurs regards sur une magnifique pierre de granite rose : les rayons du soleil, aspirés par la puissance de leurs pensées, se laissèrent glisser à travers l’épaisseur des nuages et entreprirent une danse de lumière, circulaire et tourbillonnante. La chaleur de cette lumière avait le pouvoir de dissiper les cendres épaisses du maléfice et de redonner du souffle à la vie végétale. La constance et la durée de cet effet était fondamentale : elle dépendait de l’intensité de concentration des « penseurs bienveillants » et de l’harmonisation de leurs longueurs d’ondes.

 

C’est là que leur exercice révéla son talon d’Achille : les longueurs d’ondes étaient instables et variaient d’un « bienveillant » à l’autre en fonction de la langue dans laquelle il pensait ; et chacun d’entre eux pensait dans une langue différente ! On était à deux doigts d’une nouvelle Tour de Babel et de la volatilisation de tous leurs talents. Consentir à utiliser « Google traduction » revenait à s’exposer à un risque extrême, car les « Invisibles malfaisants » auraient immédiatement capté cette utilisation.

 

Ekim et Aleakim approchèrent alors leurs pensées du groupe des «bienveillants». Ils proposèrent de s’accorder sur le choix d’un message réduit à une consigne unique et essentielle, scandée sur un rythme bien connu et reconnaissable par tous les êtres humains: le battement du cœur qui les accompagnait sans faille depuis l’origine de leur vie dans le ventre maternel. Sur ce rythme immuable et universel le mot lancé fut

 

!   RÉ – VEIL – LONS – NOUS   !

 

Les 29 « penseurs bienveillants » fermèrent les yeux et concentrèrent à nouveau toute la force de leurs pensées sur cette consigne.  Ils découvrirent émerveillés que le rythme de ces quatre syllabes était plus puissant que la différence des langages. Les longueurs d’ondes s’harmonisaient et s’alignaient spontanément. La consigne était puissante et universellement compréhensible ! Il y eut pourtant un instant de flottement lorsque trois «bienveillants» se laissèrent distraire par la cadence des syllabes en imaginant de l’accompagner d’une percussion, d’une caisse claire, de cymbales etc. C’était évidemment très séduisant, mais pas indispensable pour l’instant, vue l’urgence de la situation. Les trois « penseurs bienveillants », musiciens dans leur âme, se ravisèrent rapidement : la seconde d’après ils étaient à nouveau concentrés avec tous leurs camarades sur l’essentiel absolu.

Sur le sentier qui montait à l’Everest, une éclaircie fit reluire dans la lumière du soleil le rose du granit dans tout son éclat.

 

*   *   *

 

Stupeur : les êtres humains ouvrirent les yeux tous ensemble au même instant. Chacun respirait normalement sur ce rythme fondamental de la vie, qui battait imperturbable dans sa poitrine. Ils se regardèrent tous, émerveillés d’être en vie, sans comprendre comment le danger s’était évanoui de manière aussi inattendue, et comment chacun retrouvait qui sa ciboulette, toute fraîche dans le verre d’eau sur la table de la cuisine, qui le petit sapin du balcon, bien droit dans sa robe d’aiguilles vertes, qui sa pelouse grelottante sous le givre. Sans comprendre comment ils avaient tous en tête une idée fixe identique : faire le ménage dans leur esprit, chasser toute pensée mauvaise, méchante, négative, égoïste ou destructrice. Certes, de telles pensées reviendraient à l’assaut régulièrement, mais alors ils les repousseraient avec force aux confins de l’univers, dans le trou noir le plus éloigné de la galaxie. C’était possible: on savait depuis peu que le grand trou noir existait vraiment et que, malgré sa couleur, les astronomes venaient de le photographier.

 

C’était donc un cauchemar ?

 

Mike et Mikaela se regardèrent, eux aussi surpris par le prodige : mais était-ce vraiment un prodige ? ou étaient-ils encore en train de rêver ? Dans l’immeuble d’en face les locataires s’embrassaient : par les fenêtres ouvertes on pouvait les entendre chanter. Et même sur un balcon s’était avancé un joueur de congas, bientôt accompagné de l’intérieur par une batterie et plus loin, penché à sa fenêtre, par un saxophoniste. Un feu d’artifice de sons et de musiques avait démarré, comme dirigé par un chef d’orchestre invisible.

Un parfum de café flottait dans l’air : la cafetière programmée s’était bien mise en route ; les parents les appelaient de leur chambre en s’étirant mollement sur leurs coussins.

 

Un immense soupir de soulagement souleva les épaules des deux enfants et les fit se redresser, heureux et confiants. Leur mission était accomplie. En face, Ekim et Aleakim, réinstallés sur le toit, leur firent un petit signe complice : ils étaient en train de ranger soigneusement leurs ailes, en les repliant plume après plume entre leurs omoplates ; ensuite ils se faufilèrent sous les tuiles des cheminées pour une petite sieste.

 

Un doute demeura pourtant dans l’esprit des enfants : le grand marronnier, celui du premier rendez-vous entre eux et les anges, manquait à l’appel. Sa souche n’était plus grise et gluante ; elle offrait au regard une surface un peu inclinée, sentant bon la résine fraîchement coupée, où s’élargissaient les cernes concentriques de toutes les années de sa vie. Les enfants les comptèrent : il y en avait 29 !

Le Service des Parcs et Promenades était-il vraiment passé par là pendant la nuit ? C’était impossible, puisque c’était dimanche. Les jardiniers cantonaux ne travaillent pas pendant le week-end. Oui, mais hier c’était le 29 février, le « jour en plus » de l’année bissextile en cours. Y avait-il un lien entre ce 29ème jour, les 29 « penseurs bienveillants », le marronnier disparu et surtout ses 29 cernes ? Mikaela se surprit à calculer quelle était l’année de naissance du marronnier : 2020 – 29 = 1991.  Double 1 et double 9 : l’énigme des chiffres la laissait toujours perplexe.

 

Mike et Mikaela auraient bien voulu rappeler les anges pour leur poser toutes ses questions. Mais ils se reposaient maintenant, bien au chaud sous les tuiles, après tous les voyages effectués pour transporter les « penseurs bienveillants » et les ramener chacun dans leur abri. Les jumeaux allaient attendre patiemment leur réveil ; entretemps ils feraient l’inventaire de tous ces mystères restés sans réponse.

Le souci le plus important était d’intercepter le prochain maléfice des « Invisibles malfaisants », pour préparer un nouvel antidote. Il est vrai qu’ils disposaient de quatre nouvelles années, mais il ne fallait pas baisser la garde pour autant : les « Invisibles malveillants » avaient plus d’un tour dans leur sac; ils étaient capables de tout, et même de ne pas attendre le prochain 29 février 2024.

Ils initièrent ainsi, méthodiquement, une nouvelle liste intitulée « mystères et questions ».

 

De l’autre côté de l’appartement, les parents les attendaient avec impatience et gourmande complicité. Les enfants emmenèrent donc le plateau du petit-déjeuner « royal » : rien n’y manquait! Un dimanche heureux pouvait démarrer.

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