Créé le: 27.03.2026
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Le Cantique des Quantiques

Science fiction

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© 2026 a Philip Mosiva

Le temps soigne les plaies... ou il prolonge les peines.
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— Tu as quelle heure ?

— 15 heures 56.

— Parfait. Dans quatre minutes on saura si notre théorie est juste.

— Je suis tellement impatiente mon ange, j’ai un bon pressentiment !

— Espérons qu’il sera juste chérie, espérons.

 

Le couple était assis sur leur canapé, côte à côte. L’excitation les maintenait dans une sorte de transe qui les déconnectait de la réalité. Le brouhaha de la ville en ébullition ne leur parvenait plus au travers des fenêtres, comme s’ils étaient isolés dans une bulle hors du temps. Bientôt ils allaient savoir si leur théorie était exacte et, par la même, s’ils seraient capables un jour de la mettre à profit. Un rendez-vous parfaitement protocolé avait été pris avec leurs doubles du futur, comprenant notamment tout le matériel d’enregistrement nécessaire.

 

En réalité, ce n’était pas exactement une rencontre qui était prévue, puisqu’ils n’auraient aucune interaction avec ces doubles. Ils allaient plutôt leur céder la place dans leurs corps. Leur théorie prenait racine dans un phénomène contre-intuitif : l’intrication quantique. On savait maintenant que deux particules, même séparées par une grande distance, pouvaient être liées de telle sorte que tout changement d’état d’une des deux provoquerait un changement identique et simultané sur la deuxième. Comme d’un point de vue physique, il n’existe pas de différence entre une distance dans l’espace et une distance dans le temps, il était logique de conclure que deux particules pouvaient partager cette même intrication sur une longue période. En partant de ce phénomène et en essayant de l’extrapoler à des regroupements de particules très complexes — ici donc, le corps humain — le couple avait commencé à imaginer une machine qui permettrait à une personne de « transférer » sa conscience vers un soi du passé. Bien sûr, cela ne venait pas sans difficultés, contraintes ou limitations. Par exemple, il était impossible de remonter à un temps antérieur à l’existence de la machine, puisque celle-ci était indispensable pour prendre une « image » de l’état de l’individu à un temps T. Image qui servirait à l’individu futur de référence pour que l’intrication se fasse au moment où il entrerait dans la machine.

 

Ils avaient pris cette image d’eux-mêmes un peu plus tôt, dans deux machines complexes de leur fabrication. En théorie, celles-ci étaient opérationnelles et avaient mémorisé l’état de chacune des particules qui les composaient, mais comment en être sûrs ? Même si pour l’instant aucun des deux ne savait comment ces machines — ou des futures que leurs doubles construiraient — transféreraient leur conscience, il ne restait qu’une minute avant le verdict final. Ils étaient nerveux, presque tremblants. Main dans la main, une danse fougueuse entre l’impatience et la peur se jouait dans leurs esprits. Quelle que soit l’issue de cette expérience, ils auraient un choc. Quant à la nature de celui-ci, ils l’espéraient évidemment positive. Les applications et les conséquences d’une telle technologie étaient loin de toute considération. Ils faisaient fi également des récompenses, du prestige, de la reconnaissance. Seul le fait de potentiellement faire tomber une nouvelle barrière de la science les animaient. Et il leur était impératif qu’ils le fassent ensemble.

 

— Nathalie ?

— Oui ?

— Je veux que tu saches que quoi qu’il se passe, je t’aimerai toujours.

— Je t’aime aussi chéri, lui glissa-t-elle tendrement en lui serrant la main.

— Peu importe si on échoue cette fois, on pourra toujours réessayer… où trouver un autre sujet de recherche aussi passionnant.

— Aussi passionnant que le voyage dans le temps ? Bien sûr que non David, mais on trouvera bien autre chose de PRESQUE aussi passionnant.

 

Son doux sourire le calma et il s’enfonça profondément dans le canapé. Il prévisualisait l’ensemble du travail qui leur restait à effectuer lorsqu’il sentit la main de Nathalie serrer la sienne de plus en plus fort. Il tourna alors la tête et la vit en train de le regarder passionnément, une expression de grande tristesse sur le visage. Les mots bloqués par l’émotion sortaient sporadiquement, coupés de sanglots. David eut alors un bref soupir mais refusa de se laisser aller au désespoir.

 

— Ce n’est pas grave ma chérie, on l’avait envisagé.

 

Tremblante et fébrile, Nathalie réussit à se reprendre un bref instant.

 

— Non, tu ne comprends pas … ça a marché chéri, je suis la Nathalie du futur. Tu m’as tellement manqué !

— Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Si tu me fais une blague, elle est de mauvais goût !

— Non, je te promets que ça a vraiment fonctionné, lâcha-t-elle en l’enlaçant de toutes ses forces.

— Comment ça ? Et pourquoi ça n’aurait pas marché pour moi ?

— David, j’ai quelque chose de très difficile à te dire, mais c’est important.

— S’il te plaît, il n’y a jamais eu de tabous entre nous.

— Si le voyage n’a pas fonctionné pour toi, c’est parce que tu es … décédé avant qu’on ait réussi à protocoliser le transfert. Je ne suis parvenue à finaliser la machine que deux ans après ton décès.

 

Le coup était dur. Il avait beau penser qu’il pouvait tout encaisser, l’annonce de sa propre mort le sonna violemment. Son corps venait de s’enfoncer profondément dans le canapé tandis que son âme, elle, s’était envolée. Apathique, incapable de traiter une telle information, il regardait Nathalie, mais la voyait à peine. Comme si le monde s’effaçait autour de lui. Pas une fois l’idée que l’un d’entre eux puisse mourir avant leur réussite ne les avait effleurés. Nathalie se battait encore avec ses sanglots, mais elle trouva tout de même la force de saisir le visage de David pour l’embrasser comme elle ne l’avait jamais fait auparavant.

 

— Tu m’as tellement manqué chéri, tu ne peux pas savoir.

— Je… Je ne sais pas quoi dire. Que… Pourquo…

 

Un long soupir lui échappa en même temps que le fil de ses pensées.

 

— Je sais mon ange.

— Et comment … comment je suis mort ?

— David, tu sais que je ne peux pas te le dire. On n’a aucune idée de ce qu’une telle connaissance pourrait provoquer.

 

Malgré lui, des larmes perlèrent sur les joues de David. Ce n’était pas son décès à venir qui le pesait à présent, ni même un éventuel échec. Il s’était bien sûr préparé à une telle éventualité dès le début de leur entreprise. C’était sa détresse à elle, son affliction qui le perçait. Il ne l’avait jamais vue ainsi, et son cœur se broyait à chaque marque de douleur qu’elle affichait. Il essaya de la faire parler. Peut-être que la faire exorciser cette peine l’aidera à s’en remettre.

 

— Tu peux me dire quand, au moins ?

— Mon ange, c’est pareil ! Comment pouvons-nous être sûrs qu’une telle information n’entraîne pas des conséquences dramatiques ? Sur nous ou l’univers.

— Que veux-tu que ça change ? J’aurais beau savoir quand, sans le comment il me serait impossible d’essayer de l’empêcher, puisque tout ce que je pourrais faire, mon futur moi décédé aurait pu le faire lui-même. Ça pourrait même être la cause.

— Si tu as raison, alors à quoi te servirait une telle information ? À part peut-être à angoisser à chaque jour qui passe.

 

Il sentait que son approche faisait plus appel au cerveau cartésien de Nathalie qu’à ses émotions. Cette approche ne serait bénéfique personne.

 

— Je veux seulement savoir combien de temps il me reste à tes côtés et à chérir chaque instant encore plus. Et peut-être avec cette date limite, cela me motivera à trouver plus tôt la solution et réussir à vivre cette expérience !

— David. Je sais à quel point ce projet te tiens à cœur, mais il ne faut pas te mentir à toi-même. Si c’était le cas, tu serais là avec moi, et nous n’aurions pas la moindre idée de ta… de ton décès. Tu ne veux pas prendre un peu de temps pour y réfléchir ?

— Non, c’est tout vu, dis-le-moi s’il te plaît. Je me fiche pas mal de ce projet ! Enfin… Non, bien sûr, mais ce n’est pas ce qui compte le plus. Je crois que j’ai besoin de savoir pour surmonter cela. Tu en as trop dit, ou pas assez.

 

Elle marqua une très longue pause avant de céder. Après tout, elle avait déjà dit le pire, et elle ne se pardonnerait pas de voir cette ignorance le ronger et les détruire.

 

— J’aurais aimé te mentir. C’est ce que je voulais faire d’ailleurs. Mais c’était impossible, je n’ai pas pu. Lorsque je t’ai revu, je n’ai rien pu retenir…

— Je… Je ne voulais pas te faire culpabiliser en disant ça, c’était maladroit. Je suis désolé.

— C’est le 16 octobre 2031.

 

Le sparadrap était enlevé, brusquement, sans préliminaire. Et malgré tout, la douleur n’en était pas moins vive pour eux.

 

— Il me reste donc sept ans à vivre, lâcha-t-il, pensif.

 

A nouveau, et hors de tout contrôle, les flots reprirent de plus belle, marquant tragiquement le doux visage de Nathalie.

 

— Je ne peux pas rester beaucoup plus longtemps David, il y a une limitation de temps pour maintenir cet état de manière stable.

— Je… Je comprends.

 

Ils passèrent le moment furtif à s’étreindre tendrement, sans un mot. Juste avant que Nathalie ne doive repartir, David lui saisit les deux mains et la regarda droit dans les yeux.

 

— Chérie, il faut qu’on fasse la vidéo, comme prévu.

— Mais… et toi ? Que vas-tu dire ?

— Je ferai semblant, ne t’en fais pas. On s’était dit que si nous ne nous laissions pas de message, alors nous arrêterons les recherches. Il faut qu’on le fasse. N’oublie pas de me donner ton mot de passe.

— Mais tu veux que je me mente à moi-même ? Enfin, à moi du passé ?

— Crois-tu vraiment qu’il serait mieux que tu saches ?

— Oui, j’en suis certaine. Je sais que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher que…

— Donc tu voudrais faire ce que tu me demandes de ne pas faire, car on n’a pas la moindre idée des conséquences ?

— Non, je sais. Tu as raison. Mais quand même, on s’est promis de ne jamais se mentir. Je sais que moi du passé est assez forte pour l’encaisser. Et peut-être que ça apaisera ma douleur. S’il te plaît, ne me le cache pas.

— Bon, d’accord. Mais pour la vidéo on s’en tient au protocole, rien de plus.

 

Ils mirent la caméra en route et se laissèrent un message vidéo. David regarda alors Nathalie et ils s’embrassèrent sans ne rien dire. Main dans la main, ils s’enfoncèrent dans le canapé. Nathalie ne pouvait quitter du regard celui qu’elle avait perdu durant deux longues années.

Deux minutes plus tard, elle n’était plus là. Revenue à elle, la Nathalie du présent était un peu secouée. Elle se demandait pourquoi ses yeux étaient humides et son humeur maussade. Sans qu’elle ait besoin de le dire à David, il la rassura.

 

— C’est probablement un des effets secondaires du voyage, ne t’en fais pas. Moi-même je me sens bizarre.

 

Il faisait tout son possible pour lui cacher la vérité et ne pas s’effondrer. Il était impératif pour lui qu’elle ne sache rien des évènements à venir. Il ne pouvait lui imposer un tel fardeau et la peine l’accompagnant. Il venait de mentir à Nathalie du futur, et il allait maintenant devoir mentir durant sept ans à celle qui était à ses côtés. Devant eux se trouvaient le matériel d’enregistrement. Ils allumèrent l’écran afin de visionner le message vidéo. Leurs versions hertziennes ne dirent qu’un seul court message chacun. Une phrase cryptique qu’ils ne s’étaient pas encore échangée. Ils avaient décidé chacun d’un code, qu’ils ne devaient se dire que trois semaines plus tard. Leurs versions futures devaient alors transmettre celui de l’autre alors même qu’ils ne pouvaient les connaître. Et ce fut le cas. David avait réussi à convaincre Nathalie de faire comme si tout avait fonctionné pour la vidéo. Elle aurait dû se douter que David n’allait rien dire à sa version passée, mais elle était si diminuée par la peine qu’elle ne s’en rendit même pas compte. Un bref message d’encouragement finissait la vidéo.

Il y eût un flottement, léger, presque imperceptible. Il avait une cause différente pour les deux, mais ils en eurent la même expérience, simultanément.

 

— Je n’y crois pas ! Tu te rends compte chéri ? On avait raison et on va y arriver ! Il faut fêter ça dans un bon restaurant.

 

Le mensonge avait déjà formé une boule sombre dans la poitrine de David, et elle pesait à présent sur son âme comme un cri déchirant la nuit. Il voulu dédramatiser par une imitation puérile, mais le tout sonna bien plus dramatique qu’il ne le souhaitait, du moins de son point de vue.

 

— Longue est la route, qui mène de l’ignorance au savoir. Mais tu as raison, l’heure est à la célébration !

 

******************************

 

Les minutes agiles et furtives qu’il avait tant voulu chérir avaient fui comme le dernier rayon de soleil. Du temps qu’il lui restait, il n’en avait rien fait. Ou plutôt, il avait trop fait, mais en s’égarant de son objectif premier. L’amour n’avait pas diminué, bien au contraire, mais la douleur le ternissait sans cesse de sa crasse malsaine. Le poids du mensonge courbait la joie de David, et par écho Nathalie souffrait aussi, sans rien savoir du mal qui les rongeait. Parfois, le projet suffisait à prendre la place de la peur, la tristesse ou la douleur dans son esprit. Elle, de son côté, interprétait cela comme de l’obstination. Elle imaginait qu’une fois réussi, tout redeviendrait comme avant.

 

******************************

 

L’alarme sonna et tira David de son sommeil. Il attrapa son téléphone pour l’éteindre et regarda l’heure.

 

7h36, le jeudi 16 octobre 2031

 

Il lâcha un léger soupir et alla boire un grand café. Il en aurait bien besoin pour affronter cette journée. La veille, il avait travaillé tard sur la théorie du voyage quantique, et avait préféré dormir dans leur laboratoire. Il devait rejoindre Nathalie à 9h pour un petit déjeuner, mais il savait déjà qu’il n’irait pas. Son plan était de laisser la journée se dérouler normalement, mais d’annuler à la dernière minute toute activité. Depuis sept ans il réfléchissait au moyen d’échapper à la fatalité. Difficile de dire si ça fonctionnerait, mais c’était sa seule chance. Il souffrait de ne pas partager ce qui serait certainement ses derniers instants avec celle qui avait accompagnés tous ceux qui comptaient le plus à ses yeux. Mais voilà sept ans qu’il lui mentait, et aujourd’hui il ne s’en sentait plus la force.

 

Son téléphone sonna, et lorsqu’il alla pour éteindre ce qu’il pensait être sa deuxième alarme, il se rendit compte que c’était un appel de Nathalie.

 

— Allô ?

— Coucou chéri, ça va ? Tu n’as pas travaillé trop tard hier soir, hein ? Je ne voudrais pas que tu sois fatigué pour notre rendez-vous.

— Non, non, ça va.

 

Il voulait déjà annuler ce rendez-vous, mais avait du mal à trouver une justification crédible auprès de Nathalie. Il laissa donc la conversation suivre son cours et annulerait au dernier moment. Cela lui laissera quelques précieuses minutes encore pour réfléchir à une excuse.

 

— Tu passes me chercher à 8h30 et on y va ?

— Euh… J’ai encore deux ou trois trucs à finir ici au labo, tu ne voudrais pas passer me chercher toi plutôt ?

— Ah ? Bon, et bien d’accord. Je passerai à 8h30, ne t’oublies pas.

— Non, non, ne t’en fais pas.

— Bisous.

— Bisous, je t’aime.

 

Après avoir raccroché, David se rinça le visage puis s’affala dans sa chaise de bureau. Il lui fallait trouver quelque chose de valable, et il n’avait pas avancé suffisamment dans ses recherches pour que Nathalie soit d’accord de laisser tomber leurs plans pour travailler. Il se laissa aller à ses pensées, oubliant toute notion du temps.

David regarda sa montre, elle affichait 9h10. En sursaut, il se jeta de sa chaise. Il était en retard. Il s’arrêta net cependant lorsqu’il se rappela que Nathalie devait le rejoindre, et plus l’inverse. ELLE était en retard. Ce n’était pas son genre, alors David décida de l’appeler. Après cinq sonneries, quelqu’un décrocha.

 

— Allô, Nathalie ? Tu fais quoi ?

— Bonjour monsieur, Lieutenant Hegard, de la gendarmerie.

— Bon… bonjour. Qu’est-ce qu’il se passe ?

 

David sentit un frison parcourir son échine. Sans même s’en rendre compte, il s’était tendu d’un seul coup et serrait un stylo à la limite du point de rupture. Une infinité de pensées enveloppaient son esprit, mais une particulièrement terrible se frayait un chemin plus précis.

 

— Monsieur, je suis navré, mais votre amie…

— Ma femme !

 

Le lieutenant lâcha un léger soupir de désespoir. Rien pour lui n’était plus difficile que d’être porteur de ce genre de nouvelles.

 

— Votre femme a eu un accident de voiture monsieur, je suis vraiment désolé.

— QUOI ? Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? Comment va-t-elle ?

— Monsieur… votre… votre femme est décédée, sur le coup. Elle n’a pas souffert, mais les secours n’ont rien pu….

 

Le reste de la phrase s’évanouit dans le néant lorsque David lâcha son téléphone et s’effondra au sol, en ruine. Il avait égoïstement voulu tromper la fatalité, pour qu’elle s’abatte finalement sur Nathalie. La boule sombre venait de grossir tellement qu’il était incapable de bouger. Elle semblait s’être hérissée de piques transperçant son âme. La suite fut interminablement instantanée.

 

******************************

 

Le temps n’avait plus cours, le monde n’avait plus d’emprise. Son univers s’était écroulé pour ne se réduire qu’à son appartement et son expérience. Sa peine avait réduit à néant l’essence de l’existence. Il s’était fait absorber complètement par la machine, pour ne pas se faire absorber par des pensées plus sombres.

 

******************************

 

David entra dans le caisson quantique et enfila son casque. Il tapota quelques chiffres sur un clavier et s’enfonça dans le fauteuil. Le casque bien enfoncé sur le crâne, il appuya sur le déclencheur. L’air grésillait autour de ses oreilles et les chocs électriques commencèrent leur œuvre sur son cerveau. Sa vue se troubla, mais il eut le temps de sentir la perte de contrôle de son corps avant de sombrer dans le temps. Des vagues d’ondes sonores chaudes faisaient vibrer son être, puis chaque sensation s’effaça doucement. Ou plutôt, tous les stimuli de ses sens fusionnèrent pour ne former qu’un amas d’informations informe. Cela n’était pas désagréable ou douloureux pour autant. C’était un état étrange entre le tout et le rien. Chaque stimulus repris progressivement le sens qui lui était associé, et il sentit dans sa main une douceur qui lui avait horriblement manqué depuis deux ans.

 

 

— Non, je te promets que ça a vraiment fonctionné, lâcha-t-il en l’enlaçant de toutes ses forces.

— Comment ça ? Et pourquoi ça n’aurait pas marché pour moi ?

— Nathalie, j’ai quelque chose de très difficile à te dire, mais c’est important.

 

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