Une maman qui en a assez de la trouille de Tao. Et un petit garçon qui s'accroche à sa trouille parce qu'il ne peut pas faire autrement.
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LA TROUILLE DE TAO

La Trouille de Tao ne ressemble à rien. Elle est moche. Elle est sale. Et en plus, elle sent mauvais.

Mais Tao aime sa Trouille. C’est comme ça. Elle le suit partout. Jusque dans son lit.

Il prend sa Trouille à l’école aussi.

Et à la garderie quand maman n’est pas là.

Parfois les copains se moquent de sa Trouille. Tao n’aime pas ça.

Mais alors, pas du tout.

Un jour, il faudra t’en débarrasser, dit maman. Tu es grand maintenant !

Tao ne l’entend pas de cette oreille. Il sert très fort sa Trouille. Il y est très attaché.

Tu entends ? Elle veut nous séparer !

Tao part en courant. En pleurant aussi. De grosses larmes d’amour inondent sa Trouille qui manque de se noyer.

Ce matin, à l’école, le maître dit : Demain c’est piscine ! N’oubliez pas vos maillots !

Et ma Trouille, qu’est-ce que j’en fais ? crie Tao.

Elle n’a rien à faire là-bas ! répond le maître. Tu l’oublies, un point c’est tout !

De retour chez lui, Tao est triste. Et en colère.

Je vais dire que je suis malade ! Comme ça, je resterai avec ma Trouille. Un point c’est tout !

Le problème, c’est que Tao n’a pas envie de mentir. Son petit cœur lui dit que ce n’est pas bien.

Une serviette, un maillot de bain. Maman a pensé à tout.

Sauf à la Trouille !

Allez viens ! On y va ! dit-elle gentiment.

Maman sait que Tao n’est pas dans son assiette. Il a à peine mangé ce matin.

Car Tao va faire une chose qu’il n’a jamais faite.

Son petit sac renferme un lourd secret. Un secret unique ; qui ne se partage pas.

Entre la serviette et le maillot, la Trouille s’est glissée.

Au bord de la piscine, Tao est mal à l’aise. Il cache la Trouille dans son maillot. Mais la Trouille a de grandes oreilles qui dépassent jusqu’au nombril.

Qu’est-ce que c’est ? gronde le maître.

Ben…Euh…ma Trouille ! avoue Tao.

Elle n’a rien à faire ici. Ramène là au vestiaire !

Et Tao obéit au maître. Il revient sans sa Trouille.

Mais avec une grosse peur au ventre.

Tao ne sait pas nager.

On lui met une bouée. Il ne risque pas de couler !

Il met un pied dans l’eau. Puis deux. Enfin le corps tout entier.

Je flotte ! s’étonne-t-il.

Tu viens Tao ! On va rigoler ! disent les copains.

Tao les rejoint. En oubliant sa trouille. La vraie. Celle qu’on appelle aussi la pétoche, la frousse, la tremblote. La peur, quoi.

Et ce soir, la Trouille, l’autre, sera dans son cœur mais plus dans son lit. Ainsi en a-t-il décidé.

Je suis grand maintenant !

C’est maman qui le dit !

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