Créé le: 24.09.2019
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La caresse de l’Ody

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© 2019-2021 Fabienne Bugnon

Simon, scientifique connu et apprécié dans le monde entier pour ses talents de vulgarisation, peine à trouver l'équilibre entre son travail qui le passionne et sa vie sentimentale à laquelle il est pourtant très attaché. Iris finit par en prendre ombrage et s'installe, seule, dans un appartement à Genève.
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– Hé vous !

 

Je sursautai. Apparemment, c’était bien à moi que s’adressait cette jeune femme, qui devait mesurer un bon mètre quatre-vingt et qui arborait sur son visage sévère, un terrible piercing qui transperçait son joli menton et lui procurait cet air dur qui ne semblait pas lui appartenir.

Je revins sur mes pas avec la sensation diffuse d’être soit pris en faute, soit reconnu.

 

– Oui ? répondis-je à la jeune personne qui venait de m’interpeller.

– Vous auriez pu vous annoncer !

 

C’était donc cela, j’étais bel et bien pris en faute pour être entré par effraction dans ce musée dont la modernité m’avait interpellé lorsqu’Iris m’en avait envoyé des dizaines de photos sous tous les angles et, aurait-on pu le croire, à toutes les heures de la journée, tant ses couleurs semblaient évoluer sous la lumière vive de l’après-midi, puis celle plus tamisée de la fin de journée. Un vrai bijou, m’avait-elle assuré en quelques lignes sur du papier mauve, « une pagode tout en losanges où les couleurs du temps se reflètent et celles de mon humeur également, car depuis que tu es parti, j’y passe de longues et délicieuses heures à découvrir les traces de l’origine humaine ».

Et comme pour s’assurer de me convaincre de la magie du lieu, elle avait ajouté qu’il venait d’obtenir, en 2017, le plus prestigieux prix décerné à un musée, le fameux European Museum Of the Year Award.

J’avais donc décidé de me rendre compte par moi-même du lieu qu’elle semblait tant affectionner depuis qu’elle s’était installée à Genève.

Je profitais du temps de battement accordé par l’agence qui avait organisé mon dernier voyage.

 

« Arrivé à Genève à 11h30, vous ne prendrez l’avion de Rio de Janeiro qu’à 20h, Genève est une petite ville, profitez-en pour aller visiter l’un ou l’autre des musées », m’avait dit le responsable de l’agence, il y a à peine quelques jours au téléphone, alors que je lui faisais comprendre que ces transferts dans les aéroports internationaux commençaient à fortement me lasser.

Je me souvins que sur le moment cette phrase m’avait interloqué, même presque peiné, Genève la majestueuse, une petite ville ? Je savais en tout cas depuis que je courais le monde en tous sens, qu’elle était sans aucun doute la plus connue des « petites » villes.

J’avais hésité à suivre sa proposition, sachant qu’Iris était si près.

Comment résister à ne pas débarquer chez elle à l’improviste, des fleurs à la main ? Mais je savais que ces moments, pour les avoir déjà vécus, étaient toujours objets de frustration pour elle. Elle prendrait ombrage de ces quelques heures que je « daignais lui consacrer », phrase mille fois entendue, se fâcherait et je repartirais avec une bonne dose de culpabilité, emportant avec moi, non pas son sourire éclatant et radieux qui ne cessait de me charmer depuis tant d’années, mais cet air revêche qu’elle seule savait prendre pour signifier à son interlocuteur qu’elle était très en colère. En fait, elle était triste, mais plutôt mourir que de l’avouer !

Non, décidément, il valait mieux que je m’abstienne de lui faire cette surprise et passer quelques heures au musée d’ethnographie me rapprocherait d’elle, du moins par la pensée.

 

Nous partagions de nombreux goûts culturels, littéraires et musicaux et, pendant plusieurs années, nous avions arpenté les musées et les expositions de France et de Navarre. Je me souvenais, avec amusement, des heures de file qu’elle m’avait imposées pour la découverte du Musée Branly à Paris, en 2006. Pour m’amadouer, car, mieux que quiconque, elle connaissait mon impatience, elle m’avait assuré qu’il s’agissait de l’unique musée à posséder de si importantes collections d’art premier.

Encore une passion que nous partagions et que nous n’avions jamais réussi à assouvir malgré nos nombreux voyages.

Et voilà que depuis quelques années, je n’avais plus le temps de rien, me reprochait-elle souvent et avec justesse. « Que cherches-tu autour de la planète que tu ne pourrais trouver ici ? Comme l’Alchimiste de Paulo Coelho, tu finiras par trouver ta voie au fond de mon jardin ! ».

 

Cette dernière phrase prononcée avec son ton des (très) mauvais jours m’avait un peu blessé. Elle aurait pu être fière de ma réussite, elle qui avait contribué par ses encouragements et son abnégation, à me permettre de m’affirmer jusqu’à devenir ce scientifique de renom, capable de vulgariser la plus incompréhensible des découvertes scientifiques, ravissant un public toujours plus nombreux aux quatre coins du monde.

Mais, elle trouvait que tout était allé trop loin, que je n’avais pas su canaliser ma notoriété et que j’étais incapable de refuser un engagement; ce qui s’avérait tout à fait exact !

 

Pris dans mes pensées et encore shooté par le décalage horaire, j’arrivais péniblement devant le guichet de l’entrée du MEG, c’est ainsi qu’on appelle le musée d’ethnographie de Genève.

Ayant repéré quelques tables, j’avais cru qu’il s’agissait d’un bar et il m’avait semblé lire quelque part « entrée libre » !

 

– Excusez-moi, dis-je à mon interlocutrice perchée sur d’interminables talons aux couleurs fluorescentes, je pensais, à tort sans doute, que l’entrée était libre et je n’ai pas de devises suisses, puis-je vous régler en euros ?

– Euh non, c’est que…, dit-elle, prenant conscience devant mon air contrit qu’elle avait sans doute exagéré le ton pour me héler. C’est juste que je dois enregistrer votre âge et votre code postal à des fins de statistiques et si je n’arrête pas les visiteurs à l’entrée, il m’est difficile de les coincer à la sortie car ils sont toujours pressés. Donc, année de naissance ?

– 1965, articulais-je en pensant qu’elle devait trouver cela très vieux.

– Et code postal ?

Comment lui expliquer que j’étais devenu un pigeon voyageur, que je n’avais plus réellement de port d’attache et que je dormais plus souvent dans des chambres d’hôtels que dans mon lit ?

Iris n’avait d’ailleurs de cesse de me le reprocher. Mais il n’y avait vraiment aucune raison que je partage mes turpitudes avec cette gamine.

– 75001, répondis-je sobrement.

– Waouh, c’est à Paris non ? Vous avez de la chance de vivre à Paris. Je rêve de vivre à Paris ; j’étouffe à Genève et passer mes journées auprès de ces trésors des quatre coins du monde me donne chaque jour l’envie de m’évader au loin. J’ai l’impression que Paris représente le point de départ de toutes les destinations !

– Bon, merci Monsieur et bonne visite, ce n’est pas que je m’ennuie avec vous, mais il y a du monde qui attend.

Je voyais en effet qu’une petite dizaine de personnes s’impatientait derrière moi.

Je saluais donc la maîtresse éphémère du lieu, statisticienne à ses heures et grande voyageuse dans ses rêves et j’entreprenais la descente dans les antres du musée. Ma guide m’ayant indiqué le deuxième sous-sol pour l’exposition permanente et l’obligation de revenir vers elle si je souhaitais voir l’exposition temporaire, qui, elle, était payante.

 

Arrivé dans la salle, je m’habituais peu à peu à la pénombre et retrouvais avec beaucoup de tendresse des objets connus et en découvrais d’autres totalement inédits à mes yeux malgré leur très grand âge. Je compris immédiatement l’amour que ce lieu à taille humaine inspirait Iris; elle devait se plaire parmi des objets souvent évocateurs et ne pas se lasser de déambuler dans ces petites allées.

Une petite heure était passée et j’étais toujours seul ; les autres visiteurs devaient découvrir l’exposition temporaire.

 

J’allais partir lorsque j’avisais une longue table blanche que je n’avais pas vue en entrant. Je fis un tour rapide, lorsqu’une étiquette attira mon regard. Il était écrit, en minuscules lettres : pochette contenant des talismans ody pour la protection lors des voyages. Madagascar, fin du 19 – début du 20e siècle.

Je me frottais les yeux et cherchais un siège pour me laisser tomber.

 

A la vitesse de l’éclair, tout me revenait à l’esprit et de manière si claire. Cette ridicule histoire d’enfance qui me taraudait parfois des nuits entières était-elle en train de prendre corps ?

 

Iris avait tenté, maintes fois, de percer mon “secret”, angoissée par ces nuits où je prononçais des mots inaudibles et me réveillais l’air effrayé. Le mutisme qui suivait pendant de longues minutes n’avait rien pour la rassurer, mais le fait est que je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce que je venais de vivre et son insistance à me faire révéler, ce qu’elle taxait de cachoteries, finissait par m’horripiler.

Nous partions à chaque fois dans d’interminables discussions qui finissaient toujours par tourner vinaigre.

Iris rêvait sans doute d’une vie plus classique, d’un vrai port d’attache ; elle en avait assez de cette vie de nomade au gré de mes affectations et, ce qu’il lui était apparu par le passé comme une vie aventureuse, avait tout l’air désormais d’un fardeau.

De mon côté, je n’arrivais pas à me résigner à la stabilité, j’aimais cette vie faite de découvertes et j’étais flatté par l’attrait de postes de travail toujours plus prestigieux, dussé-je me trouver sur une ile.

D’où me venait cette réticence à m’engager qu’Iris avait fini par prendre pour du désamour ?

 

« Creuse dans ta mémoire et règle tes problèmes d’enfance! », m’avait-elle asséné un jour d’orage.

 

Elle demeurait persuadée que j’avais vécu un quelconque traumatisme, que je gardais enfoui, qui ressurgissait parfois la nuit et qu’elle attribuait au comportement régressif que j’adoptais ensuite. S’ensuivait une psychologie de comptoir qui avait le don de me mettre hors de moi.

 

Il n’en était rien; je n’avais aucun secret de famille, ni de traumatismes refoulés. J’avais eu une vie simple, grandissant entouré de l’affection de mes parents que je n’avais pas eu besoin de partager, n’ayant aucune fratrie. Cela m’avait permis de faire de longues et coûteuses études. J’étais un enfant plutôt solitaire, mais joyeux si j’en crois les nombreuses photos que j’avais gardées dans des cartons, dont je n’avais jamais réussi à me séparer, malgré mes innombrables déménagements.

Il y avait bien ces rêves étranges et récurrents qu’il faudrait que je comprenne un jour, je le savais, mais cela n’était toutefois en rien lié à un traumatisme.

 

C’était si loin et pourtant très précis. Je venais d’avoir onze ans et je passais, comme chaque année, une partie de mes vacances chez mes cousins en Bretagne. Les vacances d’été étaient si longues qu’il était impossible pour mes parents de m’occuper durant près de deux mois dans la torpeur parisienne. Mes cousins se faisaient une joie de recevoir le petit enfant éveillé et curieux de tout, que j’étais alors.

J’ai passé dans ce hameau breton, à une dizaine de kilomètres seulement de Belle Ile en mer, les plus belles vacances de ma vie.

Il faut dire que ces cousins un peu âgés n’avaient pas pu avoir d’enfants, suite à un malheur dont on ne devait pas parler car « il n’intéressait pas les petits » ! Ma venue annuelle plongeait la maison dans les rires, la fête et un joyeux désordre dont ils semblaient étonnamment se réjouir.

J’étais traité comme un roi ; chacune de mes envies était devancée et l’un et l’autre se relayait pour faire avec moi d’interminables jeux dont je ne paraissais jamais rassasié !

Dès l’âge de neuf ans, ils me permirent de jouer avec les enfants de la ferme voisine, ce qui fut très bénéfique à l’enfant unique que j’étais pour apprendre les rudiments de la vie sociale, le partage des jeux et du goûter notamment…

Dans ce havre de paix, une seule chose m’était interdite, soit me rendre dans une étrange maison située à peine à deux cents mètres de la ferme, dont les volets étaient le plus souvent fermés, mais d’où s’élevait, en quasi permanence, une musique mélodieuse, attirante et entêtante.

Une femme habitait seule dans cette maison ; je l’avais parfois croisée au village tirant une charrette remplie d’appétissantes provisions. Elle était très belle avec de longs cheveux bruns parsemés de petites fleurs colorées et elle arborait un sourire permanent. Elle me saluait gentiment et moi comme un idiot, je baissais la tête ne sachant quelle attitude adopter.

Mes cousins ne la fréquentaient pas et mes petits voisins feignaient de ne pas la connaître. Au village, certains l’appelaient la folle ou la sorcière et la disaient capable de mauvais sorts.

Tout ce mystère m’intriguait un peu, mais de retour à la maison, la vie reprenait son cours et j’oubliais la voisine de mes cousins et le mystère qui l’entourait.

 

Pourtant l’année de mes onze ans, tout allait changer.

 

C’était à la fin du mois d’août, peu avant mon retour à Paris. Alors que j’étais parti ramasser des mûres dans une forêt près du hameau, un terrible orage se déploya. J’avais beau prendre mes jambes à mon cou, je ne pouvais avancer tant la pluie était forte et je dus m’abriter sous le porche de la maison défendue.

Enchantée de cette visite impromptue, Madame Rivière, c’était son nom, me proposa d’entrer quelques instants pour me sécher. Oubliant toutes les consignes de sécurité maintes fois répétées et poussé par la curiosité, j’entrais dans la maison interdite qui ressemblait à une véritable cabane d’Ali Baba avec de multiples objets, principalement en bois tressé et joliment mis en valeur.

– Cela te plait ? me dit-elle souriant devant mon air médusé.

J’ai beaucoup voyagé tu sais et j’ai rapporté tous ces objets. Chacun d’entre eux a une histoire et si ta famille te le permet, je te les raconterai. Mais aujourd’hui tu ne dois pas t’attarder car, avec cet orage, tout le monde doit te chercher.

 

Me priant de saluer ma famille, peu au fait, apparemment, du rejet dont elle faisait l’objet de la part des miens, elle me raccompagna, non sans oublier de me cacher quelques friandises dans les poches et une étrange perle tenue par un bout de tissu très usé qui avait dû être frotté des centaines de fois. Au moment de me quitter, elle m’embrassa et me dit cette phrase qui allait me poursuivre : « tu auras une très belle vie, tu vas beaucoup voyager toi aussi, mais avant d’être pleinement heureux et de trouver ton port d’attache, tu devras toi-même rencontrer l’Ody ».

 

J’entendais ce mot pour la première fois et je n’osais pas lui demander ce qu’il signifiait. Je la remerciais de son hospitalité et m’en allais en courant, très inquiet de me faire attraper. Dès que je fus hors de sa vue, je me délestais à la fois des friandises, non sans un certain regret, mais surtout de la perle et de son vieux tissu.

Je me promettais toutefois dès mon retour à Paris, de regarder dans l’un des nombreux dictionnaires de la bibliothèque de mes parents, la signification du mot Ody.

Puis, pris par les préoccupations inhérentes à mon âge, j’oubliais Madame Rivière et son étrange présage.

C’est plus tard que ce moment fugace et surtout cette prophétie avaient commencé à hanter mes nuits, dès l’adolescence, me semble-t-il.

Et voilà que cela me reprenait soudain, en plein éveil, alors que je déambulais dans la pénombre du musée d’ethnographie de Genève, en 2018, près de quarante ans plus tard, entre deux vols internationaux.

J’avais pourtant fini par la trouver cette définition de l’Ody !

C’était après une de ces pénibles nuits où je me réveillais harassé et où mon rêve, plus que d’habitude, m’avait poursuivi en phase d’éveil. Je n’avais pas eu besoin de recourir aux dictionnaires de mes parents, les années avaient passé et la bibliothèque se trouvait désormais à portée de ma main, sur ce smartphone devenu, comme pour tant d’autres, mon compagnon des temps modernes.

Il était notamment indiqué que « dans les pratiques spirituelles malgaches, l’objet magique ou ody établit le lien entre le monde des ancêtres et celui des vivants. Ce «talisman», aux nombreuses formes, est principalement composé de matériaux organiques. (…) Les ody de protection servent à préserver l’union d’un couple, à rendre son possesseur invulnérable, (…)».

J’avais lu cela avec une distance remarquable, ne me sentant aucunement concerné ni aimanté par cette définition. Madagascar était loin, Madame Rivière aussi ; tout cela n’avait décidément aucun sens, cet étrange rêve prendrait fin, j’en étais sûr !

Ce musée était une merveille ; que de trésors, d’histoires et de légendes se dévoilaient là devant mes yeux ébahis. Mais j’avais beau regarder de tous les côtés, mon regard était irrémédiablement ramené à ce panier tressé qui répondait à la définition lue sur l’étiquette. Il était semblable à ceux que j’avais vus chez Madame Rivière et son contenu ressemblait à ce que j’avais imaginé dans mes rêves. Plus je le regardais, plus je me sentais régresser. J’étais en Bretagne j’avais onze ans et Madame Rivière me disait « ça y est mon grand, tu l’as trouvé ton talisman, tu n’as plus qu’à le toucher !».

Ce que je ne pouvais pas faire puisqu’il trônait dans une vitrine entre une corne divinatoire et un brassard d’amulettes. Je me mis sur la pointe des pieds et tentai tout de même d’approcher mon bras quand une faible alarme se fit entendre, au grand dam du gardien qui semblait pourtant somnoler une seconde plus tôt.

 

– Hé vous, vous ne savez pas lire ? Il est interdit de toucher les objets !

– Excusez-moi bredouillai-je, je ne sais pas ce qui m’a pris. Un objet m’a attiré et j’ai voulu m’en approcher.

 

Devant son courroux, je compris toutefois que la discussion s’arrêtait là et je feignis de m’intéresser au reste de l’exposition en maintenant une distance raisonnable avec les objets, ce qui calma aussitôt leur ange gardien.

Épuisé par toutes ces émotions et ce lot de remontrances matinales auxquelles je n’étais pas habitué, je m’excusais encore et me dirigeais vers la sortie, très ébranlé par ce qui venait de se passer.

 

Il était treize heure trente à peine, je n’avais pas mangé depuis mon départ de Saïgon hier après-midi, je me sentais vidé et affamé.

 

Ainsi, je venais de le rencontrer ce talisman dont m’avait parlé Madame Rivière. Je n’avais certes pas pu le toucher, mais le trouver dans ce lieu symbolique où Iris venait se ressourcer était porteur d’un message que je ne pouvais feindre d’ignorer.

 

J’avais beau me questionner, je ne connaissais rien de Madagascar malgré mes innombrables voyages.  Était-ce la raison pour laquelle ce talisman m’était demeuré inconnu ?

 

Mes pensées divaguaient de plus belle…

 

Le plus raisonnable aurait sans doute été de reprendre un taxi pour l’aéroport où je savais que j’allais trouver de quoi me sustenter tout en réfléchissant calmement et posément à la situation.

Mais je n’en fis rien.

Je m’assis sur la petite place de jeux jouxtant le musée où quelques enfants terminaient joyeusement et bruyamment leur pique-nique avant de venir explorer le musée à leur tour.

 

J’étais bien.

Serein et libéré d’un poids invisible, mais bien réel.

 

Et si je l’avais trouvé ce fameux port d’attache ? Si c’était Genève qui me l’offrait par l’entremise de la visite de cet écrin ?

 

Très bouleversé, mais profondément heureux, je  partis d’un pas décidé en direction de l’appartement d’Iris, regrettant seulement que la saison actuelle soit si peu propice à lui trouver une brassée de ces fleurs dont elle magnifiait le nom.

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